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	<title>Innovation Democratique</title>
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		<title>Pour un journalisme d'opposition...</title>
		<link>http://www.innovation-democratique.org/Pour-un-journalisme-d-opposition.html</link>
		<dc:date>2008-08-26T05:11:00Z</dc:date>
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<category domain="http://www.innovation-democratique.org/-La-France-.html">La France</category>


		<description>Devant 66 salari&#233;s de Marianne qui l'avaient invit&#233; le 30 mai, le philosophe Marcel Gauchet s'est livr&#233; &#224; un examen critique de la situation des journalistes face &#224; la situation politique pr&#233;sente.

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Devant 66 salari&#233;s de &lt;em&gt;Marianne&lt;/em&gt; qui l&amp;rsquo;avaient invit&#233; le 30 mai, le philosophe Marcel Gauchet s&amp;rsquo;est livr&#233; &#224; un examen critique de la situation des journalistes face &#224; la situation politique pr&#233;sente.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;M&#234;me arm&#233;s de leur charte, &#233;crite en 1997 lors de la fondation du journal, ceux de Marianne auraient-ils quelque chance de d&#233;jouer les pi&#232;ges de l&amp;rsquo;antisarkozysme et la crise du journalisme en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour d&#233;fier la pens&#233;e unique, de droite comme de gauche - de Minc &#224; Besancenot et Badiou - il s&amp;rsquo;agirait de pratiquer l&amp;rsquo;&#233;litisme populaire cher Jean-Fran&#231;ois Kahn cette d&#233;magogie responsable ou encore ce populisme sens&#233;, qui, sans m&#233;priser le peuple dans ses besoins et ses r&#233;actions ni pour autant l&amp;rsquo;approuver, fait l&amp;rsquo;effort de comprendre ses motivations et d&amp;rsquo;en rendre compte d&amp;rsquo;une mani&#232;re pond&#233;r&#233;e, avec des arguments r&#233;futables ; ce serait le credo auquel adh&#233;rerait un bon journal d&amp;rsquo;opposition.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais comment ne pas se figer en posture oppositionnelle face au personnage et &#224; la politique de ce Pr&#233;sident ? Putain, quatre ans ! titrait l&amp;rsquo;hebdomadaire, sans songer que le lecteur aussi, pendant quatre ans, devrait se farcir le m&#234;me journal... Car imaginer vaincre Sarkozy &#224; l&amp;rsquo;usure serait irr&#233;aliste. Voil&#224; un homme en campagne depuis cinq ans, sur qui, au plus bas des sondages, paraissent encore trois ouvrages par semaine dont au moins un se vend bien, dont les faits et gestes saturent la presse au point que les grands m&#233;dias baissent les bras et servent passivement de chambres d&amp;rsquo;&#233;chos. Sa facult&#233; de tenir le pays en &#233;tat hyst&#233;rique - positive ou non - ne tient sans doute pas qu&amp;rsquo;&#224; lui, mais &#224; un syndrome caract&#233;ristique de la France actuelle. La preuve, les traits communs de ses principaux rivaux &#224; la pr&#233;sidence, d&#233;goulinant de complaisance narcissique et de vacuit&#233; c&#233;r&#233;brale... L&amp;rsquo;opposition devrait avoir un boulevard, face &#224; un chef d&amp;rsquo;Etat d&amp;rsquo;une psychopathologie aussi patente. Or rien ne se passe &#224; gauche qui &#233;bauche la moindre alternative.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Cette situation tient pour beaucoup, dit Marcel Gauchet, &#224; la nature des &#233;lites de notre soci&#233;t&#233;, h&#233;riti&#232;res &#224; la fois des cl&#233;ricatures de l&amp;rsquo;Etat et de l&amp;rsquo;&#201;glise, que le syst&#232;me des grandes &#233;coles perp&#233;tue en personnel dirigeant homog&#232;ne. Une R&#233;publique des bons &#233;l&#232;ves qui de 1945 &#224; 70, a su diligemment appliquer les modernisations prescrites pour se retrouver d&#233;munie de toute imagination devant les mutations des derni&#232;res d&#233;cennies. Incapables de faire face mais profitant largement du syst&#232;me, elles en sont r&#233;duites &#224; piocher ailleurs ses recettes ou &#224; se soumettre &#224; une fatalit&#233; externe comme l&amp;rsquo;Europe. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le m&#234;me temps, le peuple reste attach&#233; aux mod&#232;les ant&#233;rieurs et ne se laisse pas dissoudre dans la r&#233;forme perp&#233;tuelle et irrationnelle qu&amp;rsquo;on lui inflige. D&amp;rsquo;o&#249; certains traits de populisme, refl&#233;tant une l&#233;gitime r&#233;action mais ne trouvant &#224; s&amp;rsquo;exprimer qu&amp;rsquo;&#224; travers une opposition radicale au changement ou les &#233;vasions de l&amp;rsquo;aller mondialisme, Dans ce monde d&#233;sempar&#233;, Sarkozy a eu l&amp;rsquo;habilet&#233; dc s&amp;rsquo;imposer comme porteur d&amp;rsquo;un message de rupture, alors qu&amp;rsquo;il proposait les m&#234;mes recettes. Tant que l&amp;rsquo;opposition n&amp;rsquo;aura pas trouv&#233; &#224; en sortir par le haut, elle restera &#224; la remorque des &#233;v&#232;nements, voire sourdement ralli&#233;e &#224; la politique gouvernementale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que peut le journaliste dans une telle situation ? Il vit un paradoxe &#233;vident ; d&amp;rsquo;une part, sa profession est estim&#233;e et envi&#233;e, de l&amp;rsquo;autre son image est n&#233;gative. La grande difficult&#233; r&#233;side dans l&amp;rsquo;effondrement des canaux sociaux qui contribuaient jadis &#224; solidifier l&amp;rsquo;opinion. Les trois composantes - catholique, communiste, r&#233;publicaine - &#233;tant maintenant atomis&#233;es, r&#233;duites au silence, chaque conviction est vou&#233;e &#224; se reconstruire radicalement de fa&#231;on critique. Le journaliste n&amp;rsquo;est plus, dans ce contexte, l&amp;rsquo;homme qui formule un jugement - tout le monde peut juger ! mais celui qui apporte la plus-value informative qui permet de savoir et comprendre afin de modifier le jugement pr&#233;con&#231;u.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le peuple a d&amp;rsquo;une certaine fa&#231;on, toujours raison face aux changements, m&#234;me s&amp;rsquo;il ne sait pourquoi. Faire &#233;merger cette conscience est le meilleur chemin pour acc&#233;der &#224; une opposition vraiment critique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ta&#239;wan ou Formose</title>
		<link>http://www.innovation-democratique.org/Taiwan-ou-Formose.html</link>
		<dc:date>2008-08-25T06:24:58Z</dc:date>
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		<description>Ta&#239;wan, ou Formose (la &#171; Belle &#187;, du portugais ilha Formosa), est une &#238;le, aujourd'hui si&#232;ge de la r&#233;publique de Chine, cependant que la r&#233;publique populaire de Chine la consid&#232;re comme une partie de son territoire.

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ta&#239;wan, ou Formose (la &#171; Belle &#187;, du portugais ilha Formosa), est une &#238;le, aujourd'hui si&#232;ge de la r&#233;publique de Chine, cependant que la r&#233;publique populaire de Chine la consid&#232;re comme une partie de son territoire. Elle est s&#233;par&#233;e de la Chine continentale par un d&#233;troit peu profond, large en moyenne de 160 kilom&#232;tres (vraisemblablement un foss&#233; tectonique), et est situ&#233;e sur le cercle volcanique et sismique circumpacifique, &#224; mi-distance des Philippines et de l'archipel japonais d'Okinawa.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ta&#239;wan s'est d&#233;velopp&#233;e progressivement pour passer, en trente ans, d'une &#233;conomie agricole traditionnelle &#224; une &#233;conomie de &#171; nouveau pays industriel &#187;. Son dynamisme &#224; l'exportation, &#224; partir des ann&#233;es 1960, a permis une croissance &#233;conomique r&#233;guli&#232;re. Depuis la fin des ann&#233;es 1980, celle-ci d&#233;pend de plus en plus de d&#233;localisations massives sur le continent et d'une reconversion technologique de grande envergure.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est sa situation insulaire qui a sans doute valu &#224; cette province chinoise, peupl&#233;e de Chinois depuis le XVIIe si&#232;cle au moins, d'&#234;tre s&#233;par&#233;e &#224; trois reprises de la Chine propre, sous les effets combin&#233;s de la dissidence politique et de l'intervention &#233;trang&#232;re : au XVIIe si&#232;cle, quand Espagnols et Hollandais tent&#232;rent de la coloniser, mais en furent chass&#233;s par des l&#233;gitimistes Ming eux-m&#234;mes s&#233;paratistes ; de 1895 &#224; 1945, quand le Japon s'en empara par la force et en fit une colonie d'exploitation ; depuis 1949, date &#224; laquelle la protection militaire et diplomatique am&#233;ricaine a permis au Guomindang [Kouo-min-tang], alors en pleine d&#233;b&#226;cle, de se r&#233;fugier dans l'&#238;le et d'y consolider les d&#233;bris de son pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Une des plus fortes densit&#233;s du monde.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ta&#239;wan compte 22,5 millions d'habitants environ en 2001, soit une des densit&#233;s les plus &#233;lev&#233;es du monde : 625 habitants au kilom&#232;tre carr&#233;, plus de deux fois sup&#233;rieure &#224; celle de la province du Fujian qui lui fait face. Cette population est tr&#232;s in&#233;galement r&#233;partie : les montagnes, refuge traditionnel des autochtones, sont tr&#232;s peu peupl&#233;es, souvent vides ; le littoral pacifique n'a qu'un peuplement ponctuel peu important au total (districts de Taitung et Hualien : environ 80 hab./km2) ; en revanche, les districts de Changhua, au centre de la c&#244;te ouest, et ceux de Taipei et de Taoyuan, au nord, ont une densit&#233; moyenne tr&#232;s &#233;lev&#233;e (plus de 1 000 hab./km2).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La population aborig&#232;ne de Ta&#239;wan &#233;tait encore repr&#233;sent&#233;e, en 1997, par 389 974 autochtones appartenant &#224; neuf tribus (Ami, les plus nombreux ; Atayal, Bunun, Saisiyat, Tsou, Puyuma, Rukai, Paiwan ; Yami, les moins nombreux, p&#234;cheurs de l'&#238;le de Lanyu) : ces tribus, sans doute austron&#233;siennes, rest&#233;es longtemps primitives dans les r&#233;gions les plus recul&#233;es qui leur sont r&#233;serv&#233;es (montagnes, Lanyu), s'int&#232;grent de plus en plus &#224; la population. Les mariages mixtes aidant, il est de plus en plus difficile de distinguer l'origine chinoise ou aborig&#232;ne des &#171; nouveaux Ta&#239;wanais &#187;, selon la formule de Lee-Teng-hui.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'accroissement de la population a &#233;t&#233; particuli&#232;rement rapide, puisque l'on ne comptait que 3 millions d'habitants en 1905 : la derni&#232;re vague d'immigration en est beaucoup moins responsable que l'accroissement naturel qui, de 1920 &#224; 1940, aurait &#233;t&#233; le plus fort du monde (2,4% par an, en moyenne). Gr&#226;ce au succ&#232;s de la planification, la natalit&#233; a aujourd'hui nettement baiss&#233; (de 41,4&amp;permil; en 1957, elle est tomb&#233;e &#224; moins de 30&amp;permil; en 1967 et &#224; 12&amp;permil; en 1998). La mortalit&#233; est exceptionnellement faible (5&amp;permil; en 1998), par suite de la jeunesse de la population, des remarquables progr&#232;s de l'hygi&#232;ne d&#232;s l'&#233;poque japonaise et de l'&#233;radication des grandes end&#233;mies, apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, qui a allong&#233; l'esp&#233;rance de vie de seize ann&#233;es entre 1951 et 1977, la portant, en 1998, &#224; soixante-douze ans pour les hommes et &#224; soixante-dix-huit ans pour les femmes ; le paludisme a &#233;t&#233; vaincu d&#232;s 1965 (alors qu'il y avait 1,2 million d'impalud&#233;s en 1952, sur 8,1 millions d'habitants), de sorte que la progression d&#233;mographique continue, att&#233;nu&#233;e (33&amp;permil; en 1957, 7&amp;permil; en 1998).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La qualit&#233; de ses ressources humaines constitue l'un des principaux facteurs de la r&#233;ussite &#233;conomique de Ta&#239;wan. Les &#233;coles primaires et secondaires instruisent plus de 99,8 p. 100 des enfants en &#226;ge scolaire. La densit&#233; des centres universitaires est de loin la plus forte &#224; Taipei, Taichung et Hsinchu. L'enseignement sup&#233;rieur met l'accent sur les sciences et la technologie, qui correspondent &#224; la demande du march&#233; de l'emploi. Le taux de ch&#244;mage n'&#233;tait que de 2,7 p. 100 en 1998.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Menaces ult&#233;rieures et modernisation.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ta&#239;wan attira tr&#232;s vite les convoitises des Occidentaux ; d&#232;s la premi&#232;re guerre de l'opium, les troupes anglaises avaient attaqu&#233; l'&#238;le. Apr&#232;s la seconde guerre de l'opium, les Occidentaux impos&#232;rent en 1860 l'&#171; ouverture &#187; des ports de Tamsui (Danshui), Keelung (Jilong), Anping et Takao (Gaoxiong). La &#171; politique de la canonni&#232;re&lt;/i&gt; &#187;, par laquelle les Occidentaux cherchaient &#224; rendre docile la Chine, fut particuli&#232;rement active &#224; Ta&#239;wan : en 1869, les Britanniques bombard&#232;rent Anping ; la m&#234;me ann&#233;e, les &#201;tats-Unis dirig&#232;rent une exp&#233;dition punitive contre une tribu de l'int&#233;rieur. En 1874, la menace se fit plus pressante et vint cette fois du Japon. Les milieux expansionnistes de Tokyo prirent pr&#233;texte de la mort de p&#234;cheurs des &#238;les Ryukyu, r&#233;gion traditionnellement tributaire de la Chine, mais sur laquelle le Japon pr&#233;tendait &#233;tablir sa suzerainet&#233;. Ces p&#234;cheurs avaient &#233;t&#233; tu&#233;s au cours de batailles contre les aborig&#232;nes de Ta&#239;wan. Une exp&#233;dition japonaise attaqua Jilong, le grand port de Ta&#239;wan. Devant la r&#233;sistance chinoise, le Japon recula, mais contraignit la Chine &#224; accepter le paiement d'une indemnit&#233;, bien qu'elle ait &#233;t&#233; la victime de l'agression. Il en fut de m&#234;me en 1884-1885, cette fois du c&#244;t&#233; de la France. Quand la Chine d&#233;cida de se porter au secours du Vietnam attaqu&#233; par la France, la marine fran&#231;aise attaqua et bombarda les ports de Jilong et de Danshui, et d&#233;cr&#233;ta le blocus de Ta&#239;wan ; le riz &#233;tait d&#233;clar&#233; contrebande de guerre. Jilong, un moment occup&#233; par les Fran&#231;ais, ne fut &#233;vacu&#233; qu'apr&#232;s la d&#233;faite compl&#232;te de la Chine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand, en avril 1895, le Japon imposa &#224; la Chine le trait&#233; de Shimonoseki, il se fit c&#233;der Ta&#239;wan ainsi que l'archipel voisin des Penghu (Pescadores). Mais la population chinoise de l'&#238;le se r&#233;volta contre cette cession, au sujet de laquelle on ne l'avait m&#234;me pas consult&#233;e. La gentry locale, &#224; laquelle s'&#233;tait ralli&#233; le gouverneur Tang Jingsong, tenta d'offrir &#224; l'Angleterre, qui refusa, le protectorat de l'&#238;le ; la France, pressentie &#224; son tour, refusa aussi. Ta&#239;wan fut alors proclam&#233;e r&#233;publique ind&#233;pendante, deux ans avant les Philippines, seize ans avant la Chine propre. Le gouverneur Tang accepta la pr&#233;sidence, une nouvelle bureaucratie patriote fut mise en place et un Parlement convoqu&#233;. La vraie t&#234;te du mouvement de r&#233;sistance &#233;tait Liu Yongfu (1837-1917), ancien chef de bandits, ancien commandant du corps des Pavillons noirs, que la Chine avait envoy&#233; d&#233;fendre le Vietnam en 1883-1885 contre l'agression fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les troupes japonaises d&#233;barqu&#232;rent au d&#233;but de juin 1895, une semaine apr&#232;s la proclamation de la r&#233;publique. Celle-ci s'effondra imm&#233;diatement dans le nord de l'&#238;le. Mais, au sud, la r&#233;sistance continua jusqu'en octobre sous la direction de Liu Yongfu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Une colonie japonaise.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ta&#239;wan passait sous la domination coloniale du Japon et devait y rester cinquante ann&#233;es. Pendant toute cette p&#233;riode, les rapports entre la colonie et la m&#233;tropole s'organis&#232;rent selon le mod&#232;le colonial le plus classique : subordination &#233;troite de l'&#233;conomie, contr&#244;le politique, oppression culturelle. Ces rapports furent mis en place sous le proconsulat de Goto (1898-1906), qui est le contemporain de Doumer en Indochine et de Curzon aux Indes britanniques ; il organisa le pouvoir colonial japonais &#224; Ta&#239;wan selon les m&#234;mes principes. Le Japon transforme Ta&#239;wan en producteur des denr&#233;es dont il a directement besoin : le sucre (la production passe de 45 000 t en 1902 &#224; 498 000 t en 1925), le riz, dont la production quintuple, la patate douce, la banane. La moiti&#233; du riz, les trois quarts des bananes partaient pour le Japon. Mais le th&#233;, qui concurren&#231;ait le th&#233; japonais et qui &#233;tait jusqu'en 1895 une exportation renomm&#233;e de l'&#238;le, d&#233;cline brusquement. Entre 1897 et 1935, le commerce de Ta&#239;wan avec la m&#233;tropole augmente plus de cent fois (de 5 millions &#224; 532 millions de yen), tandis que les &#233;changes avec les pays &#233;trangers ne font que tripler (de 25 millions &#224; 81 millions de yen).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Goto d&#233;veloppe en effet l'infrastructure ferroviaire, routi&#232;re et portuaire, pour permettre &#224; la fois le drainage vers le Japon des produits de l'&#238;le et la distribution des produits fabriqu&#233;s japonais. Il n'existe en revanche aucune industrie, sinon les sucreries n&#233;cessaires pour exporter le produit sous une forme plus maniable. La Banque de Ta&#239;wan, li&#233;e aux gros monopoles japonais (Mitsui, Mitsubishi), contr&#244;lait l'agriculture, le commerce, la monnaie, et fut de 1910 &#224; 1930 un des principaux instruments de la p&#233;n&#233;tration imp&#233;rialiste japonaise en Chine du Sud. Sur le plan politique, le contr&#244;le japonais est aussi strict. La &#171; loi 63 &#187;, promulgu&#233;e d&#232;s 1896, donnait au gouverneur g&#233;n&#233;ral japonais le pouvoir ex&#233;cutif et l&#233;gislatif int&#233;gral. Goto, en 1902, avait solidement r&#233;organis&#233; la police. Celle-ci contr&#244;lait les recensements, les changements de domicile, les naissances et les d&#233;c&#232;s ; un syst&#232;me de responsabilit&#233; collective, analogue au vieux baojia patriarcal de la Chine ancienne, fut introduit, &#224; peu pr&#232;s au moment o&#249; en Chine propre Chiang Kai-shek (Tchiang Kai-chek) le r&#233;introduisait pour tenter de placer la population sous l'autorit&#233; r&#233;pressive du Guomindang. Goto r&#233;organisa aussi le cadastre, dans le but de faire rendre davantage &#224; la machine fiscale, fond&#233;e essentiellement sur l'imp&#244;t foncier. Les grosses firmes japonaises ne payaient pratiquement pas d'imp&#244;t.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les efforts faits dans le domaine m&#233;dical (contre les &#233;pid&#233;mies et la consommation de l'opium) contribu&#232;rent &#224; l'expansion d&#233;mographique : il y avait deux millions et demi d'habitants en 1893 et cinq millions en 1935 (auxquels s'ajoutaient 270 000 Japonais).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aussi rigoureux &#233;tait le barrage &#233;ducatif et culturel. En 1935, la totalit&#233; des enfants japonais de Ta&#239;wan &#233;tait scolaris&#233;e, mais seulement la moiti&#233; des gar&#231;ons chinois et un quart des filles chinoises. Des quotas s&#233;v&#232;res limitaient l'acc&#232;s des Chinois &#224; l'enseignement secondaire et surtout sup&#233;rieur. L'universit&#233; imp&#233;riale de Tokyo ne fut ouverte aux &#233;tudiants de Ta&#239;wan qu'en 1928, les mariages mixtes ne furent autoris&#233;s qu'en 1932. Avec la Seconde Guerre mondiale et l'encerclement de l'Empire japonais par les Alli&#233;s, cette politique coloniale r&#233;pressive et s&#233;gr&#233;gationniste fut tardivement abandonn&#233;e pour une politique d'assimilation : trois Ta&#239;wanais furent admis &#224; la Chambre des pairs de Tokyo en 1939, les programmes de radio furent diffus&#233;s dans la seule langue japonaise ; en 1942, tous les Ta&#239;wanais furent autoris&#233;s &#224; prendre des noms japonais ; en 1945, le suffrage universel fut instaur&#233; dans l'&#238;le. Mais la capitulation japonaise du mois d'ao&#251;t &#233;tait d&#233;j&#224; toute proche.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La domination coloniale japonaise se heurta &#224; une r&#233;sistance intermittente mais r&#233;elle. Avec les aborig&#232;nes, elle prit la forme d'une lutte arm&#233;e. En 1912, pr&#232;s d'un millier de Japonais avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; tu&#233;s dans les zones montagneuses du centre. Le dernier grand soul&#232;vement des aborig&#232;nes eut lieu en 1930, pour protester contre les corv&#233;es, le despotisme des fonctionnaires japonais, les discriminations en mati&#232;re de salaires. &#192; l'appel d'un chef tribal, 145 Japonais furent tu&#233;s par surprise. Le soul&#232;vement dura un mois. Parmi la population chinoise, la r&#233;sistance prit surtout la forme de l'agitation politique. D&#232;s 1914 fut fond&#233;e &#224; Ta&#239;wan une Association pour les libert&#233;s civiles et les droits du peuple. En 1918, alors que se d&#233;veloppait en Chine la fermentation politique qui devait aboutir en 1919 au Mouvement du 4 mai, un groupe d'&#233;tudiants de Ta&#239;wan &#233;tablis &#224; Tokyo form&#232;rent une Alliance pour l'abolition de la loi 63. Ils publi&#232;rent une revue appel&#233;e La Jeunesse de Ta&#239;wan. 178 notables de Ta&#239;wan sign&#232;rent en 1921 une p&#233;tition adress&#233;e &#224; la Di&#232;te imp&#233;riale de Tokyo, demandant la cr&#233;ation d'une Di&#232;te de Ta&#239;wan. Mais les leaders du mouvement furent arr&#234;t&#233;s et emprisonn&#233;s. Pourtant, de telles p&#233;titions se succ&#233;d&#232;rent ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e. La neuvi&#232;me, adress&#233;e en 1928, fut sign&#233;e par plus de deux mille personnes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vers la m&#234;me &#233;poque fut form&#233;e une Association culturelle de Ta&#239;wan, o&#249; l'influence marxiste &#233;tait forte. Les &#233;l&#233;ments marxistes &#233;taient &#233;galement tr&#232;s actifs dans le monde paysan, et, en 1928 et 1929, un mouvement paysan militant inqui&#233;ta le gouvernement g&#233;n&#233;ral, qui le r&#233;prima brutalement. De leur c&#244;t&#233;, les nationalistes non marxistes cr&#233;&#232;rent en 1927 un Parti du peuple de Ta&#239;wan, qui exer&#231;a un moment une certaine influence parmi les syndicats qui commen&#231;aient alors &#224; se d&#233;velopper ; mais les autorit&#233;s l'interdirent en 1935. Pendant la Seconde Guerre mondiale, toute activit&#233; politique hostile au Japon &#233;tait totalement impossible dans l'&#238;le.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;La r&#233;publique de Chine.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;cid&#233;e &#224; l'occasion des conf&#233;rences internationales du Caire (1943) et de Potsdam (1945), la restitution de Ta&#239;wan &#224; la Chine devint effective en ao&#251;t 1945, imm&#233;diatement apr&#232;s la capitulation japonaise. Les forces a&#233;ronavales am&#233;ricaines permirent aux troupes du Guomindang de d&#233;barquer imm&#233;diatement dans l'&#238;le, d'obtenir la reddition de la garnison japonaise et de r&#233;occuper Ta&#239;wan.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais le pouvoir du Guomindang &#233;tait aussi pr&#233;caire &#224; Ta&#239;wan que dans le reste du pays. Les &#233;tudiants de Ta&#239;wan particip&#232;rent &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des &#233;tudiants chinois de d&#233;cembre 1946, pour protester contre le viol d'une &#233;tudiante de P&#233;kin par un soldat am&#233;ricain. Le 28 f&#233;vrier 1947, une r&#233;volte contre le Guomindang, dirig&#233;e par des &#233;l&#233;ments du centre d&#233;mocratique et soutenue par les communistes, &#233;clata &#224; Ta&#239;wan ; du 8 au 16 mars, plus de dix mille opposants furent tu&#233;s par la police et l'arm&#233;e du Guomindang. L'autorit&#233; de Chiang Kai-shek n'&#233;tait pas bien &#233;tablie &#224; Ta&#239;wan quand, en 1949, les communistes parvinrent au pouvoir. Accul&#233; &#224; la d&#233;faite, Chiang d&#233;cida de se r&#233;fugier sur l'&#238;le, avec l'aide militaire et l'appui politico-financier des Am&#233;ricains. En juin 1950, alors qu'une offensive communiste contre Ta&#239;wan semblait imminente, &#233;clatait la guerre de Cor&#233;e, fournissant aux &#201;tats-Unis l'occasion de renforcer leur contr&#244;le sur Ta&#239;wan.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Naissance de la R&#233;publique populaire de Chine, 1949.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; partir de 1927, le Parti communiste chinois opte, sous l'influence de Mao Zedong, pour une nouvelle strat&#233;gie r&#233;volutionnaire, appuy&#233;e sur les masses paysannes. Le pouvoir nationaliste de Tchiang Kai-chek entend r&#233;duire la r&#233;bellion communiste, notamment dans la province du Jiangxi, o&#249; Mao s'est proclam&#233; pr&#233;sident de la R&#233;publique...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le 27 juin 1950, un executive order du pr&#233;sident Truman d&#233;cidait que l'avenir de Ta&#239;wan ne pouvait &#234;tre d&#233;cid&#233; qu'une fois la paix revenue et que l'&#238;le &#233;tait provisoirement &#171; neutralis&#233;e &#187;. La VIIe flotte am&#233;ricaine, en cons&#233;quence, prenait position dans le d&#233;troit de Formose. Mais Washington abandonna vite cette solution d'attente. Une mission militaire am&#233;ricaine arriva dans l'&#238;le d&#232;s mai 1951. En 1953, le principe de neutralisation pos&#233; en 1950 par Truman fut officiellement abandonn&#233; par Eisenhower, qui annon&#231;ait que les nationalistes chinois de Ta&#239;wan &#233;taient &#171; l&#226;ch&#233;s &#187;, laiss&#233;s libres d'attaquer la Chine populaire. En 1954, apr&#232;s la fin des guerres de Cor&#233;e et d'Indochine, les &#201;tats-Unis signaient des trait&#233;s militaires avec Syngman Rhee, le pr&#233;sident sud-cor&#233;en, d'une part, Chiang Kai-shek de l'autre, garantissant leur pouvoir et leur accordant leur plein appui militaire, diplomatique et financier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ta&#239;wan &#233;tait donc compl&#232;tement int&#233;gr&#233;e au syst&#232;me g&#233;opolitique am&#233;ricain d'encerclement de la Chine populaire en Asie orientale, syst&#232;me fond&#233; sur une cha&#238;ne de r&#233;gimes autoritaires, impopulaires, largement subventionn&#233;s de l'ext&#233;rieur : Cor&#233;e du Sud, Philippines, Vietnam du Sud, Tha&#239;lande et Ta&#239;wan. Sur le plan diplomatique international, ce statut nouveau de Ta&#239;wan eut d'importantes cons&#233;quences pour le fonctionnement de l'Organisation des Nations unies. D&#232;s la fondation de celle-ci, en effet, la Chine d&#233;tenait un si&#232;ge permanent au Conseil de s&#233;curit&#233;, assorti du droit de veto. En 1950 (et jusqu'en 1971), la majorit&#233; proam&#233;ricaine de l'O.N.U. reconnut le gouvernement du Guomindang r&#233;fugi&#233; &#224; Ta&#239;wan comme titulaire de ce si&#232;ge, refusant du m&#234;me coup l'acc&#232;s de l'O.N.U. &#224; la Chine populaire. Ta&#239;wan se trouva ainsi constituer une sorte de test pour la politique ext&#233;rieure d'un gouvernement, tant en ce qui concerne le vote &#224; l'O.N.U. sur la question du titulaire du si&#232;ge chinois qu'en ce qui concerne les relations bilat&#233;rales entre &#201;tats. Pendant toute cette p&#233;riode, la d&#233;cision d'entretenir des relations diplomatiques avec Ta&#239;wan plut&#244;t qu'avec P&#233;kin &#233;tait un signe s&#251;r de l'orientation proam&#233;ricaine d'un gouvernement. Mis &#224; part le cas des r&#233;gimes autoritaires d'Extr&#234;me-Orient d&#233;j&#224; mentionn&#233;s plus haut, qui &#233;taient unis &#224; Ta&#239;wan par une solidarit&#233; naturelle, la comp&#233;tition entre Ta&#239;wan et P&#233;kin fut particuli&#232;rement vive dans trois r&#233;gions : l'Europe occidentale, l'Afrique noire et le Moyen-Orient. En Europe occidentale, alors que la Grande-Bretagne et les pays du Nord-Ouest traditionnellement li&#233;s &#224; elle (pays scandinaves, Pays-Bas, Suisse) pr&#233;f&#233;r&#232;rent reconna&#238;tre P&#233;kin d&#232;s 1950 et rompirent avec Ta&#239;wan, les autres pays &#171; atlantiques &#187; d&#233;cid&#232;rent de choisir Ta&#239;wan.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En Afrique noire, o&#249; de tr&#232;s nombreux territoires coloniaux grands et petits acc&#233;d&#232;rent &#224; l'ind&#233;pendance &#224; partir de 1960, les choix s'op&#233;r&#232;rent en fonction de l'orientation int&#233;rieure des nouveaux r&#233;gimes et de leur degr&#233; d'all&#233;geance envers les &#201;tats-Unis. En 1968, vingt et un nouveaux &#201;tats africains avaient choisi Ta&#239;wan, ce qui &#233;tait un facteur important de la majorit&#233; proam&#233;ricaine apparue &#224; l'O.N.U. sur la question chinoise ; aux relations diplomatiques s'ajoutait dans cette r&#233;gion l'assistance technique, notamment pour la riziculture. Enfin, au Moyen-Orient, Isra&#235;l maintint des relations &#233;troites avec Ta&#239;wan, alors que les gouvernements arabes m&#234;me autoritaires penchaient plut&#244;t vers P&#233;kin. Le statut politique international de Ta&#239;wan, fond&#233; sur l'anticommunisme militant et l'alignement sur les &#201;tats-Unis, impliquait aussi un &#233;tat d'agressivit&#233; permanente envers la Chine de P&#233;kin. Alors que celle-ci maintenait le principe de la &#171; lib&#233;ration pacifique de Ta&#239;wan &#187;, impliquant la renonciation &#224; toute tentative de reconqu&#234;te militaire, Chiang Kai-shek annon&#231;ait chaque ann&#233;e comme imminente la contre-attaque contre les &#171; bandits rouges &#187; (hong fei) ; en attendant celle-ci, les autorit&#233;s de Ta&#239;wan, avec l'appui des services am&#233;ricains, organisaient des raids de commandos contre les zones c&#244;ti&#232;res du Fujian, des parachutages d'agents, des l&#226;chages de tracts, des vols d'avions espions, des op&#233;rations de subversion diverses ; celles-ci s'appuyaient notamment sur les d&#233;bris des anciens r&#233;seaux du Guomindang, sur ce qui restait des soci&#233;t&#233;s secr&#232;tes, parfois sur certains &#233;l&#233;ments catholiques. Les services de s&#233;curit&#233; politique du gouvernement populaire chinois ont v&#233;cu constamment en alerte depuis 1949.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; deux reprises, cet &#233;tat de tension permanente a abouti &#224; une crise ouverte dans le d&#233;troit de Formose. En 1955, les troupes communistes tent&#232;rent de r&#233;occuper deux &#238;lots, Quemoy (Jinmendao) et Matsu (Mazudao), qui ne se trouvent qu'&#224; quelques kilom&#232;tres de la c&#244;te du Fujian et que les nationalistes avaient conserv&#233;s en 1949. La crise s'apaisa, &#224; la faveur des espoirs de d&#233;tente suscit&#233;s par la conf&#233;rence de Bandung. En 1958, les communistes commenc&#232;rent &#224; bombarder s&#233;v&#232;rement les deux &#238;lots, qui servaient de base de d&#233;part aux op&#233;rations du Guomindang vers le Fujian. Les &#201;tats-Unis envoy&#232;rent d'importants renforts militaires et la tension monta pendant plusieurs mois. Une sorte d'armistice de facto s'instaura en novembre, laissant les &#238;lots sous le contr&#244;le du Guomindang, mais mettant en &#233;vidence l'incapacit&#233; de ce dernier &#224; passer effectivement &#224; l'attaque de la r&#233;publique populaire de Chine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Devant ces contradictions, certains milieux am&#233;ricains, mais aussi japonais et ouest-europ&#233;ens, &#233;chafaud&#232;rent dans les ann&#233;es 1955-1965 la th&#233;orie dite des &#171; deux Chines &#187; : reconna&#238;tre simultan&#233;ment P&#233;kin et Ta&#239;wan, et leur assurer &#224; chacune un si&#232;ge &#224; l'O.N.U. Mais ni P&#233;kin ni Ta&#239;wan, qui affirmaient tous deux leur repr&#233;sentativit&#233; totale et leur l&#233;gitimit&#233; comme gouvernement de toute la Chine, n'acceptaient cette solution dualiste. &#192; partir des ann&#233;es soixante, le statut international de Ta&#239;wan, issu de la crise de 1950, se trouva progressivement remis en question, de m&#234;me que se trouva progressivement abandonn&#233;e la th&#233;orie des deux Chines. Du fait de la rupture sino-sovi&#233;tique, du fait aussi du rel&#226;chement partiel des liens entre les &#201;tats-Unis et plusieurs pays d'Occident, un certain nombre de ceux-ci reconnurent l'un apr&#232;s l'autre P&#233;kin, rompant de ce fait leurs relations avec Ta&#239;wan : la France en 1962, puis le Canada, l'Italie, etc. Cette &#233;volution modifia le rapport des forces &#224; l'O.N.U. et, en 1971, la majorit&#233; se pronon&#231;a pour l'octroi du si&#232;ge chinois &#224; P&#233;kin, donc l'expulsion de Ta&#239;wan. Ce r&#233;alignement des forces politiques aboutit m&#234;me &#224; une cons&#233;quence inattendue, mais logique : l'amorce d'un rapprochement entre Ta&#239;wan et l'Union sovi&#233;tique ; des ouvertures furent faites de part et d'autre, des propos favorables &#233;chang&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;La situation politique.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sur le plan politique, Ta&#239;wan se pr&#233;sente depuis 1950 comme une soci&#233;t&#233; domin&#233;e par des &#233;migr&#233;s (au sens politique et conservateur du terme), marqu&#233;e de nombreuses survivances archa&#239;ques et gouvern&#233;e de fa&#231;on autoritaire. Quand Chiang Kai-shek et son &#233;tat-major politique et militaire vinrent s'installer en 1949 &#224; Ta&#239;wan, ils y transplant&#232;rent m&#233;caniquement et artificiellement tous les rouages du &#171; gouvernement nationaliste &#187; de Nankin et tous les principes sur lesquels &#233;tait fond&#233; le pouvoir du Guomindang. On continue donc, &#224; Ta&#239;wan, &#224; r&#233;v&#233;rer Sun Yat-sen, &#224; compter les ann&#233;es selon le calendrier r&#233;publicain de 1912, &#224; nommer les titulaires des cinq yuan correspondant aux &#171; cinq pouvoirs &#187; de Sun Yat-sen (l&#233;gislatif, ex&#233;cutif, judiciaire, de contr&#244;le, d'examen), &#224; &#233;tudier en tant que doctrine officielle les &#339;uvres de Sun et ses &#171; trois principes du peuple &#187;, les &#233;crits de Chiang Kai-shek, combin&#233;s &#224; des survivances n&#233;oconfuc&#233;ennes traditionalistes et autoritaires. En novembre 1966, ce pass&#233;isme politico-culturel s'exprima dans un mouvement de &#171; r&#233;novation culturelle &#187;, destin&#233; ouvertement &#224; contrebattre &#224; l'&#233;tranger le rayonnement de la &#171; r&#233;volution culturelle &#187; de P&#233;kin. Cette r&#233;novation culturelle reprenait, au travers des &#233;crits de Chiang, les th&#232;mes n&#233;oconfuc&#233;ens d&#233;j&#224; pr&#233;sents dans le mouvement Vie nouvelle, que le leader du Guomindang avait lanc&#233; en 1934.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;De l'isolement international &#224; la reprise de liens informels.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ta&#239;wan se trouve en d&#233;cembre 1978 dans la situation internationale la plus difficile de son histoire depuis 1949 : le pr&#233;sident Jimmy Carter annonce la reprise des relations diplomatiques avec la Chine populaire, ce qui entra&#238;ne le retrait de l'ambassade am&#233;ricaine &#224; Ta&#239;wan. La fin de l'appui am&#233;ricain exclusif, bien qu'elle e&#251;t &#233;t&#233; largement anticip&#233;e par le rapprochement sino-am&#233;ricain depuis 1972, consacre la quasi-disparition de Ta&#239;wan des relations diplomatiques internationales. En 1988, il ne reste plus que quelques petits &#201;tats du Pacifique, d'Am&#233;rique latine, l'Afrique du Sud, la Cor&#233;e du Sud et l'Arabie Saoudite pour maintenir celles-ci avec Taipei. La Chine populaire, d&#233;j&#224; pr&#233;sente &#224; l'O.N.U., va entrer dans tous les grands organismes internationaux, du F.M.I. &#224; la Banque mondiale, obligeant ainsi Ta&#239;wan &#224; s'en retirer au nom de l'unicit&#233; de la nation chinoise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourtant, cette d&#233;b&#226;cle diplomatique va se muer petit &#224; petit en une situation plus nuanc&#233;e. L'&#233;volution des relations avec les &#201;tats-Unis est &#233;loquente. D&#232;s d&#233;cembre 1978, Jimmy Carter a indiqu&#233; qu'il subsistait un d&#233;saccord avec la Chine concernant les livraisons futures d'armes am&#233;ricaines &#224; Ta&#239;wan. Au Congr&#232;s, les partisans de Ta&#239;wan imposent le Taiwan Relations Act qui institue une fiction promise &#224; un bel avenir : sous couvert d'associations priv&#233;es, les &#201;tats-Unis resteront parfaitement repr&#233;sent&#233;s &#224; Ta&#239;wan, de m&#234;me que bient&#244;t le Japon et d'autres nations occidentales. La campagne &#233;lectorale de Ronald Reagan, tr&#232;s influenc&#233; par les th&#232;ses protaiwanaises, est marqu&#233;e de d&#233;clarations imprudentes contre l'accord sign&#233; avec P&#233;kin, mais consacre aussi la poursuite de livraisons d'armes &#224; Ta&#239;wan. Celles-ci ne ralentiront, apr&#232;s d'innombrables pressions chinoises, qu'&#224; partir de 1983 ; encore les transferts de technologie et l'effort de recherche et d&#233;veloppement militaire taiwanais sont-ils alors en mesure de combler cette diminution. En 1988, outre des rumeurs renouvel&#233;es concernant la mise au point de l'arme nucl&#233;aire, Ta&#239;wan se trouve en possession d'un missile sol-sol de 1 000 kilom&#232;tres de port&#233;e, par exemple, qui constitue sans doute une assurance contre une solution par la force du probl&#232;me taiwanais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; Mais, surtout, le dynamisme &#233;conomique de l'&#233;conomie taiwanaise assure le maintien de l'&#238;le dans les courants internationaux. D'environ 1 500 dollars par habitant en 1978, le P.N.B. taiwanais atteint 5 000 dollars en 1987, d&#233;passant par exemple la Gr&#232;ce, le Portugal et l'Irlande. Ta&#239;wan est devenu le plus grand exportateur mondial par habitant, le deuxi&#232;me d&#233;tenteur mondial de r&#233;serves en devises (plus de 75 milliards de dollars &#224; la fin de l'ann&#233;e 1987). Loin de d&#233;cliner, les relations avec les &#201;tats-Unis se sont intensifi&#233;es, l'&#238;le &#233;tant responsable &#224; elle seule de pr&#232;s de 19 milliards de dollars du d&#233;ficit commercial am&#233;ricain en 1987. Pour une part, cette &#233;volution est due aux pr&#233;occupations strat&#233;giques : si Ta&#239;wan est aujourd'hui le plus fid&#232;le acheteur mondial de bons du Tr&#233;sor am&#233;ricain, acceptant ainsi, entre 1985 et 1988, de voir son capital d&#233;valu&#233; de pr&#232;s de 30%, si les autorit&#233;s mon&#233;taires taiwanaises ont poursuivi une politique tr&#232;s conservatrice, minimisant l'inflation, accumulant des r&#233;serves st&#233;rilis&#233;es et acceptant une tr&#232;s forte r&#233;&#233;valuation de leur monnaie, c'est non seulement pour forger un capitalisme national puissant, mais aussi pour rendre Ta&#239;wan indispensable aux financiers internationaux. Aussi le courant semble-t-il s'inverser en 1988. Pour la premi&#232;re fois, Ta&#239;wan obtient de rester dans un organisme international, la Banque asiatique de d&#233;veloppement, quand la Chine populaire y entre en 1988. Des man&#339;uvres similaires se d&#233;roulent autour du G.A.T.T., et Ta&#239;wan est &#233;troitement associ&#233; &#224; des organismes tels que le P.E.C.C. (Pacific Economic Cooperation Committee), auquel participent en 1988 la Chine et l'Union sovi&#233;tique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parall&#232;lement, les &#233;changes informels concernent aussi les pays communistes, &#224; commencer par la Chine. Avec celle-ci, le gouvernement du Guomindang maintient en principe la politique des &#171; trois refus &#187; (ne pas n&#233;gocier, ne pas commercer, ne pas voyager), mais a accept&#233; en pratique l'essor des &#233;changes : ils atteignent 2 milliards de dollars en 1987 et se font de plus en plus directement &#224; travers le d&#233;troit de Formose, tandis que les investisseurs taiwanais partent &#224; l'assaut du continent. En 1987, un tiers des industriels de la chaussure taiwanaise (l'&#238;le exporte pr&#232;s d'un milliard de paires de chaussures par an) ont visit&#233; la Chine, afin de prospecter des sites d'usine. En octobre 1987, Ta&#239;wan met fin &#224; l'interdiction de voyage, au nom du rapprochement des familles. Les &#171; compatriotes de Ta&#239;wan &#187;, bienvenus en Chine, succ&#232;dent aux Chinois de Hong Kong et Macao, qui avaient &#233;t&#233; les premiers &#224; revenir en Chine. Avec les pays de l'Est, Ta&#239;wan effectue &#233;galement une perc&#233;e commerciale, donnant lieu &#224; des visites de d&#233;l&#233;gations inusit&#233;es : la d&#233;l&#233;gation commerciale hongroise, par exemple.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'essentiel continue pourtant &#224; r&#233;sider dans l'attitude future de la Chine populaire. Celle-ci pr&#244;ne, depuis 1984, l'application &#224; Ta&#239;wan de la formule &#171; un pays, deux syst&#232;mes &#187; forg&#233;e pour Hong Kong et ne renonce pas en principe &#224; son droit d'utiliser la force. Les contacts sont amorc&#233;s : &#224; l'occasion du d&#233;tournement d'un Boeing-747 taiwanais en 1986, puis entre les Croix-Rouge des deux protagonistes depuis 1987, pour assurer les rapprochements de famille. &#192; Ta&#239;wan, l'opposition politique d&#233;nonce ouvertement, en juin 1988, la tenue de pourparlers secrets entre le Guomindang et le Parti communiste chinois, accr&#233;ditant ainsi leur existence. Rapprochement et comp&#233;tition se poursuivent ainsi simultan&#233;ment. La vente par la Chine de missiles &#224; port&#233;e interm&#233;diaire &#224; l'Arabie Saoudite en 1988, outre ses aspects commerciaux, vise aussi &#224; parachever l'isolement diplomatique formel de Ta&#239;wan. In&#233;luctablement, Ta&#239;wan se trouve entra&#238;n&#233; dans des rapports nombreux avec une Chine qui fait, elle aussi, preuve d'un grand dynamisme &#233;conomique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Les pr&#233;mices de la d&#233;mocratisation.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ta&#239;wan vit depuis 1949, sur le plan des institutions politiques, dans le mythe de la r&#233;unification du continent sous l'&#233;gide de la r&#233;publique de Chine. Le Guomindang, vaincu de la guerre civile, y a appliqu&#233; depuis 1948 la loi martiale, dont un des effets est l'interdiction des autres partis politiques et des manifestations. Les l&#233;gislateurs &#233;lus lors de la d&#233;faite pour &#171; repr&#233;senter &#187;, dans l'exil, leur province de Chine sont rest&#233;s en place de fa&#231;on ininterrompue. Pourtant, la lib&#233;ralisation qui s'engageait depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1970 a franchi des &#233;tapes d&#233;cisives. Depuis 1969, des &#233;lections compl&#233;mentaires permettaient, tous les trois ans, de choisir des repr&#233;sentants pour la &#171; province &#187; de Ta&#239;wan, c'est-&#224;-dire pour la population de l'&#238;le. Le mouvement des dangwai, candidats &#171; hors parti &#187;, a souffert de la reconnaissance de la Chine populaire par les &#201;tats-Unis : elle a &#233;t&#233; en effet le pr&#233;texte utilis&#233; par le gouvernement pour annuler les &#233;lections pr&#233;vues &#224; cette date. L'interdiction de la revue Formose et le proc&#232;s qui suivit les manifestations de protestation marqu&#232;rent l'apog&#233;e de la confrontation avec le gouvernement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis lors, le pr&#233;sident Chiang Ching-kuo (fils et successeur de Chiang Kai-shek), pouss&#233; il est vrai par les progr&#232;s de l'&#233;lectorat d'opposition et par les pressions am&#233;ricaines, a franchi les &#233;tapes d'une lib&#233;ralisation prudente : jusqu'en 1986, celle-ci a concern&#233; les libert&#233;s d'expression et le droit d'organisation officieux plut&#244;t qu'une refonte du syst&#232;me politique. Certains incidents ont plut&#244;t servi &#224; affirmer cette tendance. Ainsi en fut-il de l'assassinat aux &#201;tats-Unis de Henry Liu, auteur d'une biographie critique de Chiang Ching-kuo : sous la pression am&#233;ricaine, des responsables des services secrets taiwanais furent jug&#233;s et condamn&#233;s ; parall&#232;lement, Chiang Ching-kuo se voyait contraint d'&#233;carter ses fils de la succession politique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Le recentrage des institutions nationalistes sur Ta&#239;wan.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; partir de la fin des ann&#233;es 1980, la d&#233;mocratisation des institutions de la r&#233;publique de Chine a &#233;t&#233; le r&#233;sultat d'un processus r&#233;formiste dans lequel les changements internes et la red&#233;finition de la politique ext&#233;rieure - des relations avec le continent en particulier - ont &#233;t&#233; &#233;troitement li&#233;s. Lorsque Chiang Ching-kuo meurt, le 13 janvier 1988, ces changements sont &#224; peine &#233;bauch&#233;s, mais, &#224; cette date, le pouvoir quitte la famille Chiang. Avec l'accession du vice-pr&#233;sident Lee Teng-hui &#224; la magistrature supr&#234;me, c'est un membre du Guomindang d'origine insulaire qui va pr&#233;sider aux destin&#233;es de l'&#238;le. Le nouveau pr&#233;sident est rapidement confirm&#233; dans ses fonctions, tant &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat que du parti. Au cours des dix ann&#233;es d&#233;cisives qui vont suivre, Lee Teng-hui fait preuve d'une habilet&#233; certaine pour man&#339;uvrer entre conservateurs et lib&#233;raux du Guomindang, de m&#234;me qu&amp;rsquo;il sait jouer de ses origines insulaires aupr&#232;s d'un &#233;lectorat &#224; plus de 86% taiwanais (par opposition aux continentaux arriv&#233;s sur l'&#238;le apr&#232;s 1945), avec le P.D.P.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Face &#224; l&amp;rsquo;opposition de P&#233;kin et de la vieille garde nationaliste &#224; tout changement qui pourrait remettre en cause le principe de l'unit&#233; de la Chine, la d&#233;mocratisation s'est inscrite dans la continuit&#233; historique de la r&#233;publique de Chine, la Constitution de 1947, adopt&#233;e sur le continent, ayant simplement &#233;t&#233; amend&#233;e. D&#232;s 1990, il est mis fin, sur le plan interne, &#224; la fiction d'un r&#233;gime repr&#233;sentant l'ensemble de la Chine, puisque les membres des assembl&#233;es &#233;lues sur le continent avant 1949 ont alors &#233;t&#233; contraints de renoncer &#224; leurs mandats, qui avaient &#233;t&#233; prorog&#233;s &#224; vie en 1954. Avec le renouvellement complet, au suffrage universel direct, des trois assembl&#233;es &#233;lues au niveau central - de l'assembl&#233;e l&#233;gislative (dite Yuan l&#233;gislatif) en particulier -, le r&#233;gime nationaliste est d&#233;sormais repr&#233;sentatif de la seule population insulaire. Et les r&#233;am&#233;nagements institutionnels d&#233;cid&#233;s par la suite ont contribu&#233; &#224; recentrer le r&#233;gime sur la seule &#238;le de Ta&#239;wan, le temps fort de ce processus ayant &#233;t&#233; la premi&#232;re &#233;lection du pr&#233;sident de la R&#233;publique au suffrage universel direct le 23 mars 1996.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces transformations politiques internes ne pouvaient pas ne pas s'accompagner d'une red&#233;finition de la politique ext&#233;rieure de Taipei (Taipeh). Depuis la fin des ann&#233;es 1980, celle-ci se d&#233;finit comme une politique des deux Chines qui vise &#224; r&#233;int&#233;grer la r&#233;publique de Chine au c&#244;t&#233; de la r&#233;publique populaire de Chine sur la sc&#232;ne inter&#233;tatique, au niveau bilat&#233;ral comme au niveau multilat&#233;ral. C'est &#233;galement autour de ce principe que s'articule la politique continentale de Taipei ; dans son volet &#233;conomique, elle proc&#232;de d'une lib&#233;ralisation des &#233;changes avec le continent - entre 1949 et 1987, les relations entre les deux rives du d&#233;troit &#233;taient prohib&#233;es -, et, dans son volet politique, elle subordonne tous pourparlers de r&#233;unification &#224; une normalisation des rapports entre les deux capitales chinoises. &#192; la formule &#171; un pays, deux syst&#232;mes &#187; propos&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 1980 par les autorit&#233;s chinoises, leurs homologues taiwanaises r&#233;pondent &#171; un pays, deux entit&#233;s politiques &#187;, et Taipei a, d&#232;s 1991, proc&#233;d&#233; &#224; une reconnaissance de facto de la Chine populaire en mettant fin &#224; la &#171; p&#233;riode pour la mobilisation et la suppression de la r&#233;bellion communiste &#187; d&#233;cr&#233;t&#233;e en 1948. Dans l'attente d'une initiative comparable de la part de P&#233;kin - du renoncement &#224; l'usage de la force pour r&#233;cup&#233;rer Ta&#239;wan notamment, Taipei s'efforce de cantonner les relations bilat&#233;rales &#224; la sph&#232;re non officielle et d'interdire des relations maritimes et a&#233;riennes directes entre les deux rives du d&#233;troit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le recentrage du r&#233;gime nationaliste sur l'&#238;le s'est &#233;galement traduit, au niveau des forces politiques, par une &#171; taiwanisation &#187; du Guomindang, puisque la minorit&#233; attach&#233;e au principe de l'unit&#233; de la Chine a fait scission, au mois d'ao&#251;t 1993, pour former le Xindang (Nouveau Parti). La mont&#233;e des oppositions s'est donc traduite, dans un premier temps, par un tripartisme qui a install&#233; le Guomindang au centre de l'&#233;chiquier politique tout en r&#233;duisant sa marge de man&#339;uvre. En 1994, il avait perdu la municipalit&#233; de Taipei (qu'il a pu reconqu&#233;rir en 1998) et, dans le Yuan l&#233;gislatif &#233;lu en d&#233;cembre 1995, il ne poss&#233;dait que trois si&#232;ges d'avance. Dans un deuxi&#232;me temps, un consensus s'est form&#233; sur la d&#233;fense de l'ind&#233;pendance de fait de Ta&#239;wan, alors m&#234;me que les clivages partisans s'&#233;taient form&#233;s autour de la question des rapports avec la Chine. Les principaux candidats &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle du 18 mars 2000 ont en effet repris &#224; leur compte l'essentiel de la politique continentale de Lee Teng-hui et, en particulier, la formule de &#171; relations sp&#233;ciales d'&#201;tat &#224; &#201;tat &#187; (teshude guo yu guo guanxi) qu'il avait propos&#233;e lors d'une interview donn&#233;e &#224; une radio allemande le 9 juillet 1999. Si la formule a provoqu&#233; de vives r&#233;actions tant &#224; P&#233;kin qu'&#224; Washington, le changement est avant tout d'ordre rh&#233;torique puisque, d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 1990, Tapei avait fait de la normalisation des relations entre les deux rives la condition &#224; l'ouverture de tout pourparler sur la r&#233;unification. Mais, enfreignant le dernier tabou, Lee Teng-hui a pr&#233;par&#233; sa succession, en dispensant ainsi son successeur - quel qu'il soit - d'avoir &#224; se prononcer, d&#232;s le d&#233;but de son mandat, sur ce sujet, et en achevant de marginaliser les forces ind&#233;pendantistes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Lee Teng-hui, premier pr&#233;sident de Taiwan &#233;lu au suffrage universel, en 1996&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour remettre en cause l'ind&#233;pendance de facto dont l'&#238;le jouit depuis 1949, la Chine peut en revanche miser sur le d&#233;veloppement des &#233;changes entre les deux rives du d&#233;troit qui lui assure une mainmise croissante sur Ta&#239;wan. Le commerce bilat&#233;ral a atteint 22,5 milliards de dollars en 1995 et plus de 30 000 entreprises taiwanaises ont investi sur le continent, pour un montant cumul&#233; de pr&#232;s de 30 milliards de dollars. Dans ce domaine, c'est moins en termes de d&#233;pendance &#233;conomique qu'en termes de &#171; finlandisation &#187; progressive que se mesurent les risques, en raison de la remise en cause graduelle des principes qui fondent la politique continentale de Taipei. L'int&#233;gration &#233;conomique croissante entre les deux rives du d&#233;troit - voulue par les entreprises de l'&#238;le et garante du d&#233;veloppement &#233;conomique de celle-ci, donc de son ind&#233;pendance de fait - n&#233;cessite une lib&#233;ralisation toujours plus pouss&#233;e des &#233;changes, en particulier l'&#233;tablissement de relations maritimes et a&#233;riennes directes. L'ouverture de &#171; centres de transbordement offshore &#187; sur l'&#238;le, d&#233;cid&#233;e en 1997, n'est qu'une premi&#232;re &#233;tape en ce sens. Mais, en l'absence d'un r&#232;glement d'ensemble de la question de Ta&#239;wan, chaque r&#233;am&#233;nagement des relations bilat&#233;rales affirme bon gr&#233; mal gr&#233; la souverainet&#233; de la Chine populaire sur Ta&#239;wan, les compromis trouv&#233;s &#233;tant g&#233;n&#233;ralement en faveur de P&#233;kin.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En outre, le retour sous souverainet&#233; chinoise de Hong Kong en 1997 et de Macao en 1999 permet &#224; P&#233;kin de se concentrer sur le dossier taiwanais. Celui-ci est plus que jamais &#224; l'ordre du jour, et force est de reconna&#238;tre la tr&#232;s grande continuit&#233; de la politique chinoise dans ce domaine. Le 28 janvier 2000, le vice-Premier ministre, Qian Qichen, a r&#233;affirm&#233; la proposition en huit points faite par Jiang Zemin le 30 janvier 1995, qui elle-m&#234;me se pla&#231;ait dans la continuit&#233; du Livre blanc du 31 ao&#251;t 1993, de la d&#233;claration d'ao&#251;t 1982 par laquelle Deng Xiaoping r&#233;servait &#224; Hong Kong, Macao et Ta&#239;wan la formule &#171; un pays, deux syst&#232;mes &#187;, et m&#234;me de la d&#233;claration en neuf points du mar&#233;chal Ye Jianying du 30 septembre 1980. Sans renoncer ni &#224; l'usage de la force pour r&#233;cup&#233;rer l'&#238;le ni au principe de l'unit&#233; de la Chine dont la souverainet&#233; ne peut &#234;tre partag&#233;e, les dirigeants chinois proposent d'ores et d&#233;j&#224; de tenir compte de la d&#233;mocratisation de Ta&#239;wan qui devrait b&#233;n&#233;ficier d'un r&#233;gime plus &#171; lib&#233;ral &#187; que celui de Hong Kong et de Macao. Outre la proclamation de l'ind&#233;pendance de Ta&#239;wan, P&#233;kin met de plus en plus l'accent sur un autre casus belli d&#233;fini de longue date : le refus prolong&#233; de la part des dirigeants taiwanais d'ouvrir des n&#233;gociations avec leurs homologues chinois en vue de r&#233;unifier la Chine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les for&#234;ts couvrent la moiti&#233; de l'&#238;le, mais ne sont exploitables qu'au tiers, &#224; cause des probl&#232;mes d'accessibilit&#233;, de stockage et, surtout, de la faible densit&#233; des conif&#232;res. La d&#233;forestation est particuli&#232;rement sensible sur la c&#244;te est. La production ne couvre qu'un dixi&#232;me des besoins : en raison de la mauvaise qualit&#233; de ses &#233;normes r&#233;serves foresti&#232;res (357 millions de m&#232;tres cubes) et pour alimenter de grosses exportations de contreplaqu&#233; vers les &#201;tats-Unis, Ta&#239;wan importe la majeure partie de son bois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis 1984, le tonnage de la p&#234;che d&#233;passe le million de tonnes (1,3 million en 1998), surtout gr&#226;ce au doublement des tonnages de la p&#234;che en haute mer et &#224; l'intensification de l'aquaculture, qui permet l'exportation d'anguilles et de crustac&#233;s vers le Japon. L'aquaculture c&#244;ti&#232;re est surtout pratiqu&#233;e sur la c&#244;te ouest, de Miaoli &#224; Hengchun. Elle a provoqu&#233; le tassement des terrains dans la r&#233;gion de Fangliao, &#224; cause du pompage intensif de la nappe phr&#233;atique destin&#233; &#224; alimenter les parcs aquacoles. Cette r&#233;gion &#233;tant d&#233;j&#224; en subsidence, du fait de la dynamique g&#233;otectonique, une diminution des surfaces aquacoles de 40 p. 100, soit 20 000 ha, y a &#233;t&#233; programm&#233;e sur dix ans, pour limiter les nombreux risques qui y sont associ&#233;s. Au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es, les pratiques aquacoles ont &#233;t&#233; mieux contr&#244;l&#233;es. La production de la mariculture a diminu&#233; d'un tiers (24 000 t en 1998), comme celle de l'aquaculture d'eau douce (229 000 t en 1998), qui est surtout pratiqu&#233;e dans les parcs du sud-ouest (principalement de Tungshih &#224; Tainan). La pisciculture d'eau douce reste surtout pratiqu&#233;e dans les parcs de l'est, les lacs de barrage, et jusque dans les &#233;tangs du district de Taoyuan, servant &#224; l'irrigation des rizi&#232;res. Toutefois, l'inqui&#233;tante pollution des rivi&#232;res et lacs a presque divis&#233; le volume de la p&#234;che en eau douce par cinq en dix ans (467 t en 1998).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les ann&#233;es 1960 furent consacr&#233;es au d&#233;veloppement de l'industrie l&#233;g&#232;re. Jusqu'en 1965, les plans de d&#233;veloppement &#233;conomique, &#233;tablis par le gouvernement d&#232;s 1953, donn&#232;rent la priorit&#233; &#224; l'agriculture puis &#224; l'industrie alimentaire. Le centre de gravit&#233; du d&#233;veloppement industriel se d&#233;pla&#231;a du nord (Keelung, mis en valeur par les Japonais ; deuxi&#232;me port avec un trafic de 76 Mt en 1998, en diminution) au sud, d&#232;s le lancement, en 1958, du plan de douze ans pour l'extension du port de Kaohsiung (premier port, avec 238 Mt en 1998, en forte croissance). &#192; partir de 1965, une grande masse de capitaux priv&#233;s &#233;trangers se port&#232;rent successivement sur les industries chimiques (engrais, papier), l'&#233;lectrom&#233;nager et le textile. L'ouverture, en 1966, de la zone franche industrielle de Kaohsiung permit d'intensifier les exportations, et, en 1970, la balance commerciale &#233;tant devenue exc&#233;dentaire, l'aide &#233;conomique am&#233;ricaine directe, qui finan&#231;ait la moiti&#233; des importations, cessa.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les ann&#233;es 1970 virent le d&#233;veloppement de l'industrie lourde. Des hommes d'affaires am&#233;ricains et japonais ont donn&#233; une grande impulsion au d&#233;veloppement de nouvelles industries qui, n&#233;cessitant davantage de main-d'&#339;uvre qualifi&#233;e, contribu&#232;rent &#224; r&#233;sorber le ch&#244;mage : textiles artificiels (en partie export&#233;s vers les &#201;tats-Unis), mati&#232;res plastiques, industries m&#233;caniques. Les Dix Grands Travaux d'am&#233;nagement ont accentu&#233; la concentration de l'industrie lourde dans la zone portuaire de Kaohsiung : apr&#232;s l'ouverture de la zone franche de Nantzu en 1973 et, deux ans plus tard, du second port de Kaohsiung, qui intensifi&#232;rent le transport de conteneurs, furent mis en service un complexe p&#233;trochimique, le grand chantier naval de la China Shipbuilding Corporation et, l'ann&#233;e suivante, l'aci&#233;rie de la China Steel Corporation, int&#233;gr&#233;e au chantier de d&#233;molition de navires qui lui fournit ses mati&#232;res premi&#232;res. Une troisi&#232;me zone franche (cr&#233;&#233;e en 1969), situ&#233;e au nord de Taichung (troisi&#232;me port, avec 71 Mt en 1998, en augmentation rapide) - dont l'extension a constitu&#233; l'un des Douze Nouveaux Travaux d'am&#233;nagement (1979-1984) -, sert la politique de d&#233;centralisation industrielle. Les Quatorze Grands Travaux d'am&#233;nagement, lanc&#233;s en septembre 1984, ont contribu&#233; &#224; rajuster la planification et &#224; soutenir la croissance &#233;conomique, m&#234;me s'ils se heurtent &#224; l'opposition des &#233;cologistes. La construction de la quatri&#232;me centrale nucl&#233;aire, pr&#233;vue pour &#234;tre achev&#233;e en 2004 dans le district de Ilan, (mais dont seulement 20 p. 100 des travaux ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s de 1984 &#224; 1998), n'a toujours pas repris &#224; cause de l'opposition au vote de son budget.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le port de Kaohsiung dispose d'une situation g&#233;ographique optimale &#224; la crois&#233;e des routes maritimes du Pacifique ouest. Le volume de son trafic de conteneurs (6,3 millions de conteneurs E.V.P. - &#233;quivalent vingt pieds - en 1998), l&#233;g&#232;rement inf&#233;rieur &#224; celui de Hong Kong, est surtout concurrenc&#233; par celui de Singapour, qui est quatre fois sup&#233;rieur au sien. Kaohsiung am&#233;liore donc sa comp&#233;titivit&#233; en simplifiant et en acc&#233;l&#233;rant ses proc&#233;dures douani&#232;res. Ses taxes portuaires sont devenues les plus faibles de la r&#233;gion, et la croissance de son trafic de conteneurs en volume (plus de 10 p. 100 en 1998), la plus forte de la r&#233;gion.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'industrialisation se poursuit, notamment avec la construction, par Formosa Plastics Group, du plus grand complexe p&#233;trochimique de l'&#238;le, qui s'&#233;tend sur 2 600 ha, &#224; Mailiao, au centre de la c&#244;te occidentale. C'est le plus grand investissement priv&#233; jamais r&#233;alis&#233; dans l'&#238;le (12,3 milliards de dollars am&#233;ricains). Son gigantesque port industriel a &#233;t&#233; pr&#233;vu pour accueillir des navires de 260 000 tonneaux. Malgr&#233; la construction de routes et d'un r&#233;seau ferroviaire circuminsulaire, et l'extension des ports, la c&#244;te est, enclav&#233;e par le relief, reste d&#233;favoris&#233;e par rapport &#224; la c&#244;te ouest o&#249; les transports sont deux fois plus rapides. C'est ce qui explique que la densit&#233; du trafic passagers des vols int&#233;rieurs a &#233;t&#233; multipli&#233;e par plus de quatre en dix ans (de 1989 &#224; 1998), soit plus du double de celui des vols internationaux. La c&#244;te orientale exploite n&#233;anmoins d'&#233;normes r&#233;serves de marbre (estim&#233;es &#224; 282 milliards de tonnes en 1998) et de la dolomie (111 millions de tonnes) pour la production de ciments. Depuis 1952, les investissements des Chinois &#233;tablis &#224; l'&#233;tranger favorisent le secteur des services (53% des emplois en 1998), notamment financiers ; alors que les investissements &#233;trangers, surtout am&#233;ricains, mais aussi japonais, se portent pr&#233;f&#233;rentiellement sur l'&#233;lectronique, qui joue un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant dans le renforcement actuel de l'&#233;conomie vers les industries de haute technologie &#224; forte valeur ajout&#233;e - ordinateurs, t&#233;l&#233;communications et robotique - concentr&#233;es dans le technop&#244;le de Hsinchu, cr&#233;&#233; en 1980, et qui regroupait, en 1997, 245 entreprises innovantes (dont le taiwanais Acer, l'un des principaux constructeurs mondiaux de micro-ordinateurs), ainsi que dans la nouvelle zone industrielle de Nankang, dans la banlieue est de Taipei, d&#233;di&#233;e &#224; l'industrie des logiciels. L'industrie employait 38% de la population active, et les produits industriels constituaient 98,2 p. 100 des exportations en 1998.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La structure socio-&#233;conomique de Ta&#239;wan s'est profond&#233;ment modifi&#233;e en un demi-si&#232;cle. En s'industrialisant, l'&#238;le est pass&#233;e d'une &#233;conomie agricole &#224; une soci&#233;t&#233; de l'information de pointe d&#233;di&#233;e aux services et au commerce international. Le projet A.P.R.O.C. s'appuie sur les atouts de Ta&#239;wan dans ce domaine, depuis le lancement, le 14 juillet 1995, d'une autoroute nationale de l'Information au technop&#244;le de Hsinchu, acc&#233;l&#233;rant le d&#233;veloppement d'Internet. L'ann&#233;e suivante, Ta&#239;wan &#233;tait reli&#233;e au r&#233;seau c&#226;bl&#233; Asie-Pacifique, permettant des &#233;changes &#224; hauts d&#233;bits de donn&#233;es num&#233;riques par des fibres optiques sous-marines. En 1999 &#233;taient lanc&#233;es des connexions Internet A.D.S.L. Ce projet concerne &#233;galement le commerce ext&#233;rieur, &#224; travers la rationalisation de l'offre commerciale &#224; l'&#233;chelle de l'&#238;le tout enti&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 1998, le Japon et les &#201;tats-Unis participaient presque pour moiti&#233; aux importations de l'&#238;le, dont les autres principaux fournisseurs &#233;taient la Cor&#233;e du Sud, la France, l'Allemagne, la Malaisie et l'Australie. Les &#201;tats-Unis et Hong Kong participaient presque pour moiti&#233; aux exportations de l'&#238;le, dont les autres principaux clients &#233;taient le Japon, les Pays-Bas, l'Allemagne, le Royaume-Uni, Singapour, et la Malaisie. La crise mondiale du d&#233;but des ann&#233;es 1990 a handicap&#233; les exportations de l'&#238;le, qui conna&#238;t par ailleurs une p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre tr&#232;s sp&#233;cialis&#233;e, ainsi qu'une rapide rotation du personnel des entreprises provoquant la hausse des salaires. Les exportations, moteur de la croissance, souffrent de l'inflation, de l'augmentation des co&#251;ts de production et du protectionnisme des &#201;tats-Unis. L'exc&#233;dent vis-&#224;-vis des &#201;tats-Unis, qui s'est consid&#233;rablement r&#233;duit, est compens&#233; par le d&#233;ficit des &#233;changes avec le Japon. Le textile, qui a &#233;t&#233; au premier rang des exportations &#224; partir de 1961, et pendant plus de vingt ans, a &#233;t&#233; d&#233;pass&#233;, d&#232;s la fin des ann&#233;es 1980, par les produits &#233;lectroniques, eux-m&#234;mes suivis par les produits informatiques, depuis le milieu des ann&#233;es 1990.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ta&#239;wan se tourne vers l'Europe (avec laquelle ses &#233;changes sont d&#233;ficitaires) et les autres pays asiatiques (dont la Chine populaire), pour diversifier ses march&#233;s. Les &#233;changes commerciaux entre Ta&#239;wan et le continent, probablement quatre fois sup&#233;rieurs en r&#233;alit&#233; depuis le lancement de la politique d'ouverture de la Chine &#224; la fin de 1978, ont officiellement progress&#233;, en moyenne, d'un milliard de dollars am&#233;ricains par an, entre 1987 et 1993, puis se sont acc&#233;l&#233;r&#233;s, d&#233;passant 26 milliards de dollars am&#233;ricains en 1997. Le commerce avec la Chine continentale via Hong Kong est donc tr&#232;s lucratif pour Ta&#239;wan, avec un exc&#233;dent commercial de 18 milliards de dollars am&#233;ricains en 1997.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les exportations indirectes de Ta&#239;wan vers la Chine populaire via Hong Kong s'intensifient, malgr&#233; la r&#233;trocession de Hong Kong (1997) et de Macao (1999) &#224; la Chine continentale. L'&#238;le diversifie pourtant ses relations avec l'Asie du Sud-Est (seconde destination des investissements taiwanais), pour limiter l'accroissement, jug&#233; localement dangereux, de sa d&#233;pendance commerciale vis-&#224;-vis du continent (le montant des &#233;changes commerciaux de Ta&#239;wan avec la Chine continentale d&#233;passant d&#233;j&#224; 20% de ses &#233;changes globaux). Ta&#239;wan est, depuis une d&#233;cennie, l'un des premiers investisseurs en Chine continentale. En outre, les entrepreneurs taiwanais d&#233;localisent une bonne partie de leur production d'industries de main-d'&#339;uvre en Chine continentale, o&#249; les salaires sont encore beaucoup plus bas. Leurs activit&#233;s s'&#233;tendent au-del&#224; des provinces littorales, tout en se diversifiant (informatique, industrie du plastique, commerce agro-alimentaire, banque, assurance, immobilier, tourisme, etc.). En 1999, les investissements cumul&#233;s des capitaux flottants de Ta&#239;wan en Chine continentale s'&#233;levaient officiellement (c&#244;t&#233; taiwanais) &#224; 3 808 milliards de dollars am&#233;ricains. Ce ph&#233;nom&#232;ne &#233;conomique majeur, qui surpasse toute volont&#233; politique, &#233;tait encore impensable au milieu des ann&#233;es 1980. Il symbolise la volont&#233; populaire et des milieux d'affaires d'acc&#233;l&#233;rer la cr&#233;ation de liaisons directes avec le continent, pour h&#226;ter la r&#233;alisation du projet A.P.R.O.C. et, &#224; terme, le rapprochement des deux rives, m&#234;me si d'importants diff&#233;rends politiques et de fortes disparit&#233;s socio-&#233;conomiques subsistent de part et d'autre du d&#233;troit de Formose.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ta&#239;wan, apr&#232;s trente ans d'expansion &#233;conomique rapide (8,2% dans les ann&#233;es 1950 ; 9,1% dans les ann&#233;es 1960 et 10,2% durant les ann&#233;es 1970), a connu ensuite un relatif ralentissement de sa croissance (8,2% durant les ann&#233;es 1980), puis 4,8% en 1998. Le niveau de vie des Chinois de Ta&#239;wan a &#233;t&#233; multipli&#233; par cinq au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es (le P.N.B. par habitant a atteint 12 040 dollars am&#233;ricains en 1998), ce qui a attir&#233; les g&#233;ants, notamment fran&#231;ais, de la grande distribution, qui y multiplient les ouvertures d'hypermarch&#233;s. Le d&#233;veloppement &#233;conomique a eu pour corollaire des progr&#232;s urbains tr&#232;s rapides dans une population qui, encore rurale &#224; 80% en 1960, &#233;tait urbaine &#224; 85% en 1998 ; progr&#232;s qui ont profit&#233; &#224; la vieille ville de Tainan, aux ports de Keelung et de Kaohsiung, ainsi qu'&#224; Hsinchu. Si les r&#233;sultats &#233;conomiques ont &#233;t&#233; remarquables, les r&#233;alisations dans le domaine de l'environnement ont &#233;t&#233; insuffisantes et les &#233;quipements collectifs, parfois sacrifi&#233;s (&#233;gouts, traitement des eaux us&#233;es, etc.). La pollution de l'air augmente dans les villes les plus peupl&#233;es, ce qui pose des probl&#232;mes de sant&#233; publique. Kaohsiung (1 462 000 hab.) et surtout la capitale, Taipei (2 640 000 hab. en 1998) ont vu respectivement leur population se stabiliser et d&#233;cro&#238;tre.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&lt;em&gt; Les tendances r&#233;centes.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les ann&#233;es 1980 ont vu s'op&#233;rer un tournant capital dans la marche politique de Ta&#239;wan : la lev&#233;e de la loi martiale, le 15 juillet 1987 (proclam&#233;e le 19 mai 1949, elle sera donc rest&#233;e en vigueur pendant trente-huit ans), ne marque pas uniquement une &#233;tape d&#233;cisive dans le processus de d&#233;mocratisation de l'&#238;le, processus consacr&#233; par la constitution simultan&#233;e d'un premier parti d'opposition, le Parti d&#233;mocrate progressiste. Elle permet aussi &#224; l'identit&#233; ta&#239;wanaise de s'affirmer plus librement, en s'affranchissant de l'obsession continentale qui grevait depuis si longtemps le discours officiel. Le monde des lettres s'est alors attel&#233; avec enthousiasme &#224; un vaste travail d'investigation et de reconstruction de l'histoire ta&#239;wanaise et de sa propre histoire, une qu&#234;te o&#249; les aborig&#232;nes trouvent enfin leur place.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La paille et la poutre de Poivre d'Arvor.</title>
		<link>http://www.innovation-democratique.org/La-paille-et-la-poutre-de-Poivre-d.html</link>
		<dc:date>2008-08-24T05:07:00Z</dc:date>
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<category domain="http://www.innovation-democratique.org/-La-France-.html">La France</category>


		<description>O&#249; l'on v&#233;rifie que le d&#233;part d'un pr&#233;sentateur de la t&#233;l&#233;vision et la sortie d'un disque de vari&#233;t&#233;s a mille fois plus de retentissement m&#233;diatique que la crise &#233;conomique et financi&#232;re.

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;O&#249; l&amp;rsquo;on v&#233;rifie que le d&#233;part d&amp;rsquo;un pr&#233;sentateur de la t&#233;l&#233;vision et la sortie d&amp;rsquo;un disque de vari&#233;t&#233;s a mille fois plus de retentissement m&#233;diatique que la crise &#233;conomique et financi&#232;re.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un bon truc pour mesurer, &#224; la louche, l&amp;rsquo;impact m&#233;diatique d&amp;rsquo;un &#233;v&#233;nement : vous notez sur votre moteur de recherches combien d&amp;rsquo;articles lui ont &#233;t&#233; consacr&#233;s, Apr&#232;s vous pouvez faire des tas de comparaisons rigolotes ou consternantes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tenez, par exemple, savez-vous combien d&amp;rsquo;articles avaient &#233;t&#233; consacr&#233;s au d&#233;part (ou &#224; l&amp;rsquo;&#233;viction) de celui qu&amp;rsquo;on appelle l&amp;rsquo;ic&#244;ne de TFI ; Eh bien je vais vous le dire &#224; la mi-juin, 1 800 articles avaient &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;s sur le pauvre Patrick et sur celle qui va prendre sa place, la d&#233;sormais c&#233;l&#232;bre Laurence Ferrari.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et savez-vous combien d&amp;rsquo;articles annon&#231;aient le grand &#233;v&#233;nement du mois de juillet la sortie du disque d&amp;rsquo;une chanteuse Italienne mari&#233;e &#224; Nicolas Sarkozy ? Une centaine, g&#233;n&#233;ralement &#224; la gloire de Caria Bruni.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais je parie que vous ne serez pas &#233;tonn&#233;s d&amp;rsquo;apprendre qu&amp;rsquo;un avertissement f&#226;cheux donn&#233; par l&amp;rsquo;ennuyeuse Coface, qui s&amp;rsquo;occupe d&amp;rsquo;assurance-cr&#233;dit, n&amp;rsquo;a &#233;t&#233; comment&#233; dans la presse &#233;crite que 25 fois. J&amp;rsquo;y ajoute 15 secondes happ&#233;es par hasard sur une cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision. De quoi s&amp;rsquo;agit-il ? Une paille : la Coface note que les incidents de paiement ont augment&#233; de 45 % sur les quatre premiers mois de l&amp;rsquo;ann&#233;e et y voit &#171; l&amp;rsquo;indice du d&#233;but d&amp;rsquo;une crise du cr&#233;dit &#187; due &#224; la baisse de la demande am&#233;ricaine, &#224; la rar&#233;faction de l&amp;rsquo;offre de cr&#233;dit bancaire, &#224; la hausse du prix des mati&#232;res premi&#232;res et de l&amp;rsquo;&#233;nergie et &#224; la d&#233;valuation du dollar.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voil&#224; qui devrait inciter les journalistes &#224; se pr&#233;cipiter chez madame Lagarde pour lui demander quel plan anti-crise son minist&#232;re va mettre en oeuvre. Mais les grands journalistes ont des soucis moins terre-&#224;-terre et Christine Lagarde nage dans le bonheur depuis la publication de bons chiffres du ch&#244;mage pour le premier trimestre de cette ann&#233;e. Le ministre de l&amp;rsquo;&#201;conomie ne songe pas &#224; se demander par quel miracle le ch&#244;mage baisse alors que l&amp;rsquo;activit&#233; &#233;conomique ralentit, et ne veut surtout pas savoir que la d&#233;mographie (nombreux d&#233;parts en retraite) y est pour quelque chose, le d&#233;compte minimaliste des ch&#244;meurs faisant le reste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tandis que Le Point concentrait toute notre attention sur Caria Bruni, tandis que Le Nouvel observateur s&amp;rsquo;int&#233;ressait gravement &#224; la remont&#233;e de Nicolas Sarkozy dans les sondages (avec photo en Une de Monsieur en compagnie de Madame), les mauvaises nouvelles s&amp;rsquo;accumulaient dans les pages int&#233;rieures.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La crise financi&#232;re a d&#233;j&#224; co&#251;t&#233; 13,6 milliards d&amp;rsquo;euros aux banques fran&#231;aises et ce chiffre est provisoire. Quelles cons&#233;quences le gouvernement tirera-t-il des erreurs et des fautes des banques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La crise immobili&#232;re commence &#224; frapper la France le minist&#232;re de l&amp;rsquo;&#201;quipement annonce que les ventes de logements neufs ont baiss&#233; de pr&#232;s de 28 % au premier trimestre 2008 et la situation n&amp;rsquo;est pas moins pr&#233;occupante dans l&amp;rsquo;ancien. Les capacit&#233;s d&amp;rsquo;investissement et de consommation des m&#233;nages sont au plus bas, et les conditions d&amp;rsquo;emprunt se sont durcies en raison de la crise financi&#232;re. C&amp;rsquo;est tout le secteur du b&#226;timent qui va &#234;tre durement touch&#233;, en 2008 et en 2009.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La situation est pire en Grande-Bretagne baisse des prix, durcissement des conditions d&amp;rsquo;emprunt, baisse des ventes, En raison des conditions de financement des achats immobiliers (on est propri&#233;taire de son bien quand on l&amp;rsquo;a int&#233;gralement pay&#233;) 45 000 m&#233;nages anglais devront abandonner leur maison cette ann&#233;e, soit deux fois plus qu&amp;rsquo;en 2007.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La crise immobili&#232;re frappe aussi l&amp;rsquo;Espagne, selon le sc&#233;nario &#233;crit depuis six mois dans ce secteur, le nombre de ch&#244;meurs a augment&#233; de 63 % en un an et les banques espagnoles (allemandes aussi) seront durement touch&#233;es par la forte baisse des ventes. La croissance ne d&#233;passera pas 2 % et le ch&#244;mage a augment&#233; de 20 % en douze mois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Heureusement que Nicolas Sarkozy va prendre la pr&#233;sidence de l&amp;rsquo;union europ&#233;enne, sous le regard bienveillant de Laurence Ferrari.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le Non des oligarques.</title>
		<link>http://www.innovation-democratique.org/Le-Non-des-oligarques.html</link>
		<dc:date>2008-08-22T05:04:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bertrand Renouvin</dc:creator>

<category domain="http://www.innovation-democratique.org/-L-Europe-.html">L'Europe</category>


		<description>Les sentiments de gratitude et de revanche que nous avons &#233;prouv&#233;s au soir du 13 mai ne changent pas les donn&#233;es politiques. Le rejet du trait&#233; de Lisbonne par les Irlandais ne provoquera pas la moindre r&#233;flexion salutaire dans l'Union europ&#233;enne : ni sa refondation sur un mode clairement conf&#233;d&#233;ral, ni la r&#233;vision des dispositions juridiques et de la dogmatique ultra-lib&#233;rale qui a &#233;t&#233; rejet&#233;e par le peuple fran&#231;ais, par le peuple hollandais, par le peuple irlandais.

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les sentiments de gratitude et de revanche que nous avons &#233;prouv&#233;s au soir du 13 mai ne changent pas les donn&#233;es politiques. Le rejet du trait&#233; de Lisbonne par les Irlandais ne provoquera pas la moindre r&#233;flexion salutaire dans l&amp;rsquo;Union europ&#233;enne : ni sa refondation sur un mode clairement conf&#233;d&#233;ral, ni la r&#233;vision des dispositions juridiques et de la dogmatique ultra-lib&#233;rale qui a &#233;t&#233; rejet&#233;e par le peuple fran&#231;ais, par le peuple hollandais, par le peuple irlandais. L&amp;rsquo;usine &#224; gaz install&#233;e &#224; Bruxelles, Francfort et Strasbourg, continuera de dysfonctionner avec le trait&#233; de Nice comme elle aurait continu&#233; de dysfonctionner avec le trait&#233; de Lisbonne sur le mode d&amp;rsquo;un &lt;em&gt;despotisme &lt;/em&gt;pas m&#234;me &lt;em&gt;&#233;clair&#233;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toute l&amp;rsquo;Union est plac&#233;e sous le signe de la n&#233;gativit&#233;. Les salari&#233;s rejettent les directives europ&#233;ennes qui nient les protections auxquelles ils ont droit. Les petits entrepreneurs, les artisans, les agriculteurs se r&#233;voltent contre la Commission europ&#233;enne qui ne veut pas organiser la protection de l&amp;rsquo;Union contre la concurrence sauvage et la sp&#233;culation. Les grandes entreprises, comme les petites, s&amp;rsquo;insurgent contre la Banque centrale europ&#233;enne qui refuse de lutter contre la sur&#233;valuation de l&amp;rsquo;euro. Et le Non des oligarques tente maintenant d&amp;rsquo;effacer le Non des Irlandais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sur ce dernier point, le referendum du 13 juin ne r&#233;v&#232;le rien. Il confirme le fait av&#233;r&#233; depuis juin 2005 en France comme dans toute l&amp;rsquo;Union, il y a consensus des &#233;lites de droite et de gauche dans le parfait m&#233;pris de la d&#233;mocratie et du droit. Cela s&amp;rsquo;est v&#233;rifi&#233; &#224; la lecture des &#233;ditoriaux r&#233;dig&#233;s avant et apr&#232;s le vote irlandais et dans les d&#233;clarations des dirigeants politiques fran&#231;ais et europ&#233;ens. Entre le 10 et le 15juin, cinq th&#232;mes pr&#233;dominaient&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le m&#233;pris du peuple en g&#233;n&#233;ral, qui est r&#233;put&#233; ignorant, b&#234;te, inconstant, vindicatif et incoh&#233;rent dans ses r&#233;actions et ses votes. Et l&amp;rsquo;intelligence des &#233;lites se mesure &#224; l&amp;rsquo;opacit&#233; des textes qu&amp;rsquo;elles produisent &#224; leur propre usage...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le m&#233;pris du peuple Irlandais&lt;/strong&gt; en particulier. Avant le vote, il a &#233;t&#233; accus&#233; d&amp;rsquo;ingratitude et menac&#233; par Bernard Kouchner tandis qu&amp;rsquo;Alain Duhamel s&amp;rsquo;indignait que le trait&#233; de Lisbonne puisse d&#233;pendre &#171; &lt;em&gt;de la m&#233;lancolie de quatre millions d&amp;rsquo;irlandais aussi impr&#233;visibles que sympathiques, aussi irrationnels que changeants, aussi t&#233;m&#233;raires que soup&#231;onneux &lt;/em&gt; &#187;. La psychologie des peuples dispense de l&amp;rsquo;analyse politique et des conclusions d&#233;sagr&#233;ables qui pourrait en &#234;tre tir&#233;es quant au rejet massif des oligarques et de leurs chiens de garde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le recours &#224; la technique du mensonge concert&#233;&lt;/strong&gt;. La grande presse a inform&#233; ses lecteurs que la Commission gardait le silence sur certaines d&#233;cisions et que la publication du livre blanc fran&#231;ais sur la d&#233;fense avait &#233;t&#233; retard&#233;e pour ne pas inqui&#233;ter les Irlandais assur&#233;ment incapables de lire les journaux et de comprendre ce qu&amp;rsquo;est un mensonge par omission.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le rejet du principe r&#233;f&#233;rendaire. &lt;/strong&gt;On lit que le peuple ne r&#233;pond jamais &#224; la question qui lui est pos&#233;e. On r&#233;cuse le r&#233;sultat du r&#233;f&#233;rendum comme addition de fantasmes et de m&#233;contentements cat&#233;goriels. On d&#233;nonce son caract&#232;re &#171; impr&#233;visible &#187;, fortement soulign&#233; par Jean-Claude Junker, pr&#233;sident de l&amp;rsquo;eurogroupe. On conteste m&#234;me son caract&#232;re d&#233;mocratique au motif que des dictatures se sont install&#233;es par voie de pl&#233;biscite. En somme, on accumule les contrev&#233;rit&#233;s, le &#171; trait&#233; constitutionnel &#187; et le trait&#233; de Lisbonne ont &#233;t&#233; diss&#233;qu&#233;s article par article par leurs opposants, et l&amp;rsquo;on ressort l&amp;rsquo;argumentaire maurrassien. Plus jamais &#231;a plus jamais la souverainet&#233; populaire telle que le g&#233;n&#233;ral de Gaulle l&amp;rsquo;a mise en pratique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le viol ou la tentative de viol de la r&#232;gle juridique pos&#233;e par &lt;/strong&gt;les &#171; professionnels &#187; dont on nous vante par ailleurs la rationalit&#233; et la comp&#233;tence. Avant m&#234;me leur d&#233;faite du 13 juin, les oligarques ont cherch&#233; le moyen de contourner ou d&amp;rsquo;annuler le principe de la ratification des trait&#233;s europ&#233;ens &#224; l&amp;rsquo;unanimit&#233;. &#171; Avancer &#187; comme si ce n&amp;rsquo;&#233;tait qu&amp;rsquo;un &#171; incident &#187;, selon le mot de Nicolas Sarkozy, faire revoter les Irlandais comme le voudrait Jean-Pierre Jouyet : c&amp;rsquo;est toujours par la ruse et la contrainte que les oligarques cherchent &#224; parvenir &#226; leurs fins.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils s&amp;rsquo;exposent &#224; des r&#233;pliques de plus en plus violentes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Sarkozy chez Dos Santos</title>
		<link>http://www.innovation-democratique.org/Sarkozy-chez-Dos-Santos.html</link>
		<dc:date>2008-08-20T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		

<category domain="http://www.innovation-democratique.org/-L-Afrique-.html">L'Afrique</category>


		<description>Le pr&#233;sident fran&#231;ais Nicolas Sarkozy s'est rendu vendredi 23 mai en Angola dans le but de refermer la page des ann&#233;es de brouille n&#233;es de l'affaire de l'Angolagate et renouer les liens entre les deux pays.

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le pr&#233;sident fran&#231;ais Nicolas Sarkozy s&amp;rsquo;est rendu vendredi 23 mai en Angola dans le but de refermer la page des ann&#233;es de brouille n&#233;es de l&amp;rsquo;affaire de l&amp;rsquo;Angolagate et renouer les liens entre les deux pays. Annonc&#233; en f&#233;vrier puis report&#233;, ce s&#233;jour express &#224; Luanda, la premi&#232;re &#233;tape du train de la r&#233;conciliation lanc&#233; par le pr&#233;sident fran&#231;ais pour solder les contentieux accumul&#233;s par la France en Afrique, en attendant d&amp;rsquo;autres arr&#234;ts plus d&#233;licats souhait&#233;s en C&#244;te d&amp;rsquo;ivoire, au Rwanda ou au Niger.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis la visite de Jacques Chirac en 1998, les relations entre Paris et Luanda sont pollu&#233;es par l&amp;rsquo;enqu&#234;te ouverte par la justice fran&#231;aise sur des ventes d&amp;rsquo;armes, entre 1993 et 2000, au pr&#233;sident angolais Jos&#233; Eduardo Dos Santos, alors en guerre contre les rebelles de l&amp;rsquo;Unita de Jonas Savimbi. M&#234;me s&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;est pas formellement poursuivi dans le proc&#232;s qui s&amp;rsquo;ouvrira en octobre 2008, &#224; Paris, le pr&#233;sident Jos&#233; Eduardo Dos Santos a fort peu appr&#233;ci&#233; d&amp;rsquo;&#234;tre associ&#233; &#224; cette affaire. &#171; L&amp;rsquo;Angola a &#233;t&#233; trait&#233; de mani&#232;re indigne, accus&#233; de trafic d&amp;rsquo;armes alors qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agissait d&amp;rsquo;acquisitions r&#233;guli&#232;res d&amp;rsquo;armements par un Etat l&#233;gitime et souverain &#187;, s&amp;rsquo;offusquait r&#233;cemment le ministre angolais des Affaires &#233;trang&#232;res Joao Miranda. Dos Santos &#233;tait persuad&#233; que ces ventes d&amp;rsquo;armes avaient le feu vert de la France. &#171; Il en a beaucoup voulu &#224; Jacques Chirac et &#224; ses ministres de l&amp;rsquo;avoir laiss&#233; tra&#238;ner dans l&amp;rsquo;opprobre &#187;, indique-t-on du c&#244;t&#233; de Luanda. L&amp;rsquo;Ire angolaise fut telle, que seule l&amp;rsquo;arriv&#233;e d&amp;rsquo;un nouveau pr&#233;sident en mai 2007 a pu d&#233;bloquer la situation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Nous avons beaucoup d&amp;rsquo;int&#233;r&#234;ts avec l&amp;rsquo;Angola. C&amp;rsquo;est une puissance r&#233;gionale qui joue un r&#244;le strat&#233;gique dans la stabilit&#233; de toute l&amp;rsquo;Afrique centrale t avoue-t-on &#224; l&amp;rsquo;Elys&#233;e. &#187; L&amp;rsquo;Angola, en effet, &#233;tait intervenue de fa&#231;on d&#233;cisive &#224; la fin des ann&#233;es 1990 pour soutenir les r&#233;gimes menac&#233;s des deux Congo voisins. Ce qu&amp;rsquo;on n&amp;rsquo;avoue pas clairement &#224; l&amp;rsquo;Elys&#233;e, c&amp;rsquo;est le march&#233; de la reconstruction du deuxi&#232;me producteur de brut d&amp;rsquo;Afrique &#224; savoir l&amp;rsquo;Angola, d&#233;vast&#233; par 27 ans de guerre civile, qui attise les convoitises. D&amp;rsquo;autre part, &#224; l&amp;rsquo;heure o&#249; l&amp;rsquo;Angola vient d&amp;rsquo;investir plus de 6 milliards de dollars d&amp;rsquo;exc&#233;dents p&#233;troliers au Portugal, et ne cache pas de chercher d&amp;rsquo;autres opportunit&#233;s d&amp;rsquo;investissement en Europe, la France avec ses &#171; caisses vides &#187; ne peut qu&amp;rsquo;&#234;tre int&#233;ress&#233;e par une telle aubaine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il n&amp;rsquo;est donc pas exclu que l&amp;rsquo;Angola aide la France &#224; r&#233;sorber ses d&#233;ficits dans les mois &#224; venir, alors qu&amp;rsquo;en se rendant &#224; Luanda, le langage officiel voulait que la France d&#233;clare &#171; souhaiter aider l&amp;rsquo;Angola sur la voie de son d&#233;veloppement &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>L'Europe et les fonds sauterelles.</title>
		<link>http://www.innovation-democratique.org/L-Europe-et-les-fonds-sauterelles.html</link>
		<dc:date>2008-08-16T05:57:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		

<category domain="http://www.innovation-democratique.org/-La-France-.html">La France</category>


		<description>Ce week-end, L'UMP c&#233;l&#232;bre l&#233;gitimement la signature du nouveau trait&#233; europ&#233;en. Je veux ici prolonger un succ&#232;s politique par une perspective &#233;conomique.

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce week-end, L&amp;rsquo;UMP c&#233;l&#232;bre l&#233;gitimement la signature du nouveau trait&#233; europ&#233;en. Je veux ici prolonger un succ&#232;s politique par une perspective &#233;conomique. Dans un monde o&#249; les capitaux et les emplois sont nomades, l'enjeu principal devient l'attractivit&#233;. La localisation mais aussi la qualit&#233; des investissements sont donc prioritaires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les fonds d'investissement sont devenus une r&#233;alit&#233; tangible de la vie &#233;conomique. En France, une entreprise sur cinq en passe d'&#234;tre c&#233;d&#233;e aurait pour nouvel actionnaire un fonds de &#171; private equity &#187;, c'est-&#224;-dire le plus souvent un investisseur pr&#233;sum&#233; &#171; court-termiste &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De nombreuses critiques ont &#233;t&#233; port&#233;es &#224; ces nouveaux acteurs de la vie des entreprises. Ces reproches sont justifi&#233;s, lorsque l'on observe par exemple une vision n&#233;gligeant &#171; la durabilit&#233; &#187; de la strat&#233;gie d'entreprise, une succession trop rapide d'actionnaires ou un enrichissement injustifi&#233;. Cependant lorsqu'un cr&#233;ateur d'entreprise arrive &#224; l'&#226;ge de la retraite, il lui faut trouver un nouvel actionnaire, et les soci&#233;t&#233;s de capital-investissement peuvent r&#233;pondre &#224; ce besoin. Leur r&#244;le est d'agir en tant qu'agent de d&#233;veloppement des entreprises, apportant le capital n&#233;cessaire &#224; leur croissance et en permettant aussi au plus grand nombre de salari&#233;s de devenir actionnaires de leur entreprise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y va de notre int&#233;r&#234;t &#224; tous que chacun de ces nouveaux actionnaires ait &#224; coeur d'administrer ces soci&#233;t&#233;s avec une vision de long terme, notamment en y pr&#233;servant les investissements et l'effort de recherche et de d&#233;veloppement et en se comportant comme des investisseurs socialement responsables, respectueux de notre environnement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comment faire en sorte que les nouveaux investisseurs, notamment les fonds souverains en provenance d'Asie ou du Moyen-Orient, partagent ce projet de l'investissement socialement responsable ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nicolas Sarkozy a propos&#233; &#224; M. Wen Jibao, Premier ministre chinois, un accord pour &#233;tablir la transparence dans les investissements &#233;trangers, de part et d'autre. Il s'agit de plusieurs dizaines de milliards de dollars qui viendront prochainement en Europe s'investir dans notre &#233;conomie, comme ce fut le cas r&#233;cemment dans la finance anglo-saxonne (Blackstone, Standard Bank ou Bear Stearns...). Cela m&#233;rite &#233;videmment discussion plut&#244;t que condamnation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comment prot&#233;ger nos entreprises de ce que le ministre allemand des Finances a appel&#233; &#171; les fonds sauterelles &#187; et au contraire comment favoriser les investissements &#224; bonne notation selon les nouveaux &#171; ratings &#187;, crit&#232;res du d&#233;veloppement durable et de la responsabilit&#233; sociale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans cette perspective, la meilleure d&#233;marche me para&#238;t &#234;tre celle qui permet la constitution de champions europ&#233;ens de l'investissement, pour ne pas laisser d&#233;river l'&#233;conomie europ&#233;enne vers une financiarisation non ma&#238;tris&#233;e. Face &#224; ce d&#233;fi, plusieurs acteurs fran&#231;ais ou europ&#233;ens se sont d&#233;velopp&#233;s ces derni&#232;res ann&#233;es ou m&#234;me ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s r&#233;cemment tels que Fondations Capital, dont le pr&#233;sident, Xavier Marin, &#171; impose &#187; &#224; ses investissements &#171; les principes de la responsabilit&#233; sociale et environnementale &#187;. Ces d&#233;marches ont permis &#224; plusieurs acteurs de multiplier par 5 en quatre ans l'investissement responsable en France (environ 20 milliards d'euros). Gr&#226;ce aussi aux efforts de quelques agences de notation et notamment &#224; ceux de Nicole Notat, les investissements socialement responsables repr&#233;sentent plus de 100 milliards d'euros en Europe. Ces investisseurs europ&#233;ens sont souvent plus sensibles aux crit&#232;res importants de notre &#233;conomie tels que l'histoire sociale, la logique d'am&#233;nagement du territoire, l'importance des PME dans le tissu industriel ou encore la sensibilit&#233; au d&#233;veloppement durable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est en cr&#233;ant un secteur europ&#233;en de l'investissement responsable, dynamique et exemplaire, que nous rendrons contagieuses les bonnes pratiques. Le capitalisme mondial est en pleine acc&#233;l&#233;ration, il faut donc r&#233;fl&#233;chir aux outils et aux strat&#233;gies qui permettront au mieux de rendre compatibles la croissance des entreprises, leur internationalisation et l'humanisation de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, ces champions seraient en quelque sorte les repr&#233;sentants d'une vision europ&#233;enne de l'investissement, sensible aux aspects environnementaux, sociaux et de gouvernance, conciliant les objectifs de rentabilit&#233; et ceux d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral &#224; plus long terme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'Europe des projets doit maintenant prolonger l'Europe des id&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Secret d'Etat et droit de gr&#226;ce r&#233;galien...</title>
		<link>http://www.innovation-democratique.org/Secret-d-Etat-et-droit-de-grace.html</link>
		<dc:date>2008-08-12T05:54:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques TREMOLET</dc:creator>

<category domain="http://www.innovation-democratique.org/-Divers-.html">Divers</category>


		<description>La question du droit de gr&#226;ce a &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;e, lors de l'entretien t&#233;l&#233;vis&#233; du Pr&#233;sident Sarkozy, sur TF1. C'est Vincent Hervou&#235;t, de LCI, qui l'a pos&#233;e, en &#233;voquant, &#224; quelques jours du vingti&#232;me anniversaire de la lib&#233;ration des otages du Liban, le sort judiciaire fait leur lib&#233;rateur &#171; Le Pr&#233;fet Jean-Charles Marchiani &#187;.

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_210 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.innovation-democratique.org/IMG/jpg_tremolet.jpg' width=&quot;435&quot; height=&quot;174&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La question du droit de gr&#226;ce a &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;e, lors de l&amp;rsquo;entretien t&#233;l&#233;vis&#233; du Pr&#233;sident Sarkozy, sur TF1. C&amp;rsquo;est Vincent Hervou&#235;t, de LCI, qui l&amp;rsquo;a pos&#233;e, en &#233;voquant, &#224; quelques jours du vingti&#232;me anniversaire de la lib&#233;ration des otages du Liban, le sort judiciaire fait leur lib&#233;rateur &#171; Le Pr&#233;fet Jean-Charles Marchiani &#187;. Cette affaire est embl&#233;matique et provoque celui qui l&amp;rsquo;examine &#224; une r&#233;flexion de fond. Notre soci&#233;t&#233; vit sur la fiction de la s&#233;paration des pouvoirs ; l&amp;rsquo;ex&#233;cutif, le l&#233;gislatif et le judiciaire, qui s&amp;rsquo;accompagne du dogme de &#171; l&amp;rsquo;ind&#233;pendance de la magistrature.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je dis &#171; fiction &#187;, car, dans la r&#233;alit&#233; de l&amp;rsquo;existence nationale, le pouvoir ex&#233;cutif, par ses bureaux, propose au Parlement des textes l&#233;gislatifs, que celui-ci, au nom de la discipline majoritaire et gouvernementale, adopte. C&amp;rsquo;est donc l&amp;rsquo;ex&#233;cutif qui fait les lois. Le Pr&#233;sident de la R&#233;publique, d&amp;rsquo;ailleurs, est &#233;lu sur un programme qui est, en d&#233;finitive, le catalogue des lois qu&amp;rsquo;il fera voter.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L&amp;rsquo;autorit&#233; judiciaire applique ces lois. Elle juge les citoyens sous leur empire. Elle n&amp;rsquo;est donc s&#233;par&#233;e ni de l&amp;rsquo;ex&#233;cutif, ni du l&#233;gislatif.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;O&#249; donc va se nicher l&amp;rsquo;ind&#233;pendance. ? L&amp;rsquo;ind&#233;pendance du juge est g&#233;n&#233;ralement consid&#233;r&#233;e comme le droit et le devoir, qui est le sien, de se faire sa conviction, au vu du dossier qui lui est soumis apr&#232;s un d&#233;bat contradictoire, sans que des interventions, de toute nature, viennent troubler la s&#233;r&#233;nit&#233; de son jugement. Cette vertu est naturellement au coeur de l&amp;rsquo;oeuvre de justice. Elle est, beaucoup plus qu&amp;rsquo;une disposition constitutionnelle, un &#233;tat d&amp;rsquo;esprit du juge. Encore faut-il, pour qu&amp;rsquo;elle soit respect&#233;e, que le juge lui-m&#234;me se mette l&amp;rsquo;abri de ce qui peut troubler son ind&#233;pendance humeur personnelle, &#224; priori id&#233;ologique ou affectif, ou social ou politique, pression de l&amp;rsquo;entourage imm&#233;diat, et, plus que tout, aujourd&amp;rsquo;hui, pression m&#233;diatique. Il faut aussi, il faut surtout que le juge, ait le temps de se faire son opinion, de peser les &#233;l&#233;ments, d&amp;rsquo;examiner les charges et les moyens de d&#233;fense.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or il est certaines affaires, et je reviens &#224; l&amp;rsquo;affaire Marchiani, o&#249;, en raison de la personnalit&#233; de l&amp;rsquo;homme en cause, de son r&#244;le, des missions qui lui ont &#233;t&#233; confi&#233;es, le juge ai conscience qu&amp;rsquo;il ne sait pas tout et qu&amp;rsquo;il ne saura jamais tout. Peut-il, d&#232;s lors, en pr&#233;sence de ce secret, que l&amp;rsquo;ex&#233;cutif refuse de lever et que le mis en cause, par d&#233;ontologie personnelle et discipline de service, ne peut enfreindre, juger. ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un Pr&#233;fet de la R&#233;publique, titulaire de comptes en Suisse aliment&#233;s par des personnes physiques et morales &#233;trang&#232;res, honorables mais non, &#224; priori, exclusivement charitables, n&amp;rsquo;est-il pas suspect de se faire ainsi r&#233;mun&#233;rer son influence ou de se livrer &#224; quelque tractation occulte et, donc, d&#233;lictuelle ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si, pour des raisons qu&amp;rsquo;il estime sup&#233;rieures, le pouvoir ex&#233;cutif qui a mandat&#233; ce Pr&#233;fet, qui a su ce qu&amp;rsquo;il faisait, avec quels moyens et selon quelles directives, estime n&#233;cessaire de n&amp;rsquo;en faire pas &#233;tat devant le juge, car, par principe, la justice est rendue en audience publique, &lt;em&gt;Forum et jus ! &lt;/em&gt; le malheureux va &#224; sa condamnation, d&amp;rsquo;une fa&#231;on d&amp;rsquo;autant plus s&#233;v&#232;re que le myst&#232;re n&amp;rsquo;aura pas &#233;t&#233; d&#233;voil&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C&amp;rsquo;est ici que le droit de gr&#226;ce rev&#234;t son importance premi&#232;re. Il est li&#233; au secret du Roi, qui, lui, sait et n&amp;rsquo;est pas tenu, ni de dire, ni d&amp;rsquo;expliquer. Il y a, au fond de l&amp;rsquo;oeuvre politique, dans le gouvernement des nations, une part n&#233;cessaire et importante, du secret. Secret dans les relations diplomatiques. Secret des services secrets. Secret des affaires. Le secret est l&amp;rsquo;une des conditions n&#233;cessaires de la paix. C&amp;rsquo;est par et dans le secret que Jean-Charles Marchiani a obtenu la lib&#233;ration des otages au Liban, celle des pilotes de Bosnie. C&amp;rsquo;est parce que le secret a &#233;t&#233; viol&#233;, d&#233;lib&#233;r&#233;ment, qu&amp;rsquo;il a &#233;chou&#233; dans sa tentative de lib&#233;rer les moines de Tib&#233;rine. Parce que ce secret &#233;chappe aux Juges, leur d&#233;cision sera toujours d&#233;cevante, et, pour tout dire, injuste, ou, au moins critiquable. Un non-lieu, une relaxe, font imaginer un arrangement clandestin avec le pouvoir ex&#233;cutif Une condamnation laisse un go&#251;t amer d&amp;rsquo;in- compr&#233;hension, d&amp;rsquo;acharnement, d&amp;rsquo;injustice encore. Et la rumeur m&#233;diatique amplifie, dans un sens ou dans l&amp;rsquo;autre, ou dans les deux, selon les opinions et les passions, ce sentiment de malaise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Seule la gr&#226;ce peut apaiser. Celui qui, par position, sait, est en mesure de corriger la d&#233;cision de ceux qui, par n&#233;cessit&#233;, ne savent pas, ou, au moins, ne savent pas tout... Et donc, doivent admettre que l&amp;rsquo;autorit&#233; de la chose qu&amp;rsquo;ils ont jug&#233;e est sujette &#224; correction, la correction venant, et ne pouvant venir, que de celui, le seul, qui sait.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si, en tant qu&amp;rsquo;avocat et citoyen, j&amp;rsquo;avais un conseil &#224; donner &#224; Monsieur Sarkozy, &#224; la lumi&#232;re de cette affaire exceptionnelle, mais non unique, ce serait vraiment de conserver, pour le bien de l&amp;rsquo;&#201;tat, pour l&amp;rsquo;honneur de ses serviteurs, et pour l&amp;rsquo;honneur de la justice, ce droit r&#233;galien qui peut seul r&#233;parer l&amp;rsquo;injustice et, donc, mettre un terme au d&#233;sordre. De la gr&#226;ce vient la paix qui est fruit de la pleine justice.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Italie, une r&#233;volution silencieuse.</title>
		<link>http://www.innovation-democratique.org/Italie-une-revolution-silencieuse.html</link>
		<dc:date>2008-08-08T05:46:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		

<category domain="http://www.innovation-democratique.org/-L-Europe-.html">L'Europe</category>


		<description>Depuis, quelques ann&#233;es, une multitude de scandales n'avaient cess&#233; de r&#233;v&#233;ler aux yeux des Italiens, les privil&#232;ges exorbitants d'une nomenclatura (de droite comme de gauche) : Salaires au moins trois fois plus &#233;lev&#233;es qu'ailleurs en Europe, n&#233;potisme &#233;hont&#233;, absent&#233;isme chronique, affairisme exacerb&#233; et passe-droits en tout genre.

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&lt;a href="http://www.innovation-democratique.org/-L-Europe-.html" rel="directory"&gt;L'Europe&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis, quelques ann&#233;es, une multitude de scandales n&amp;rsquo;avaient cess&#233; de r&#233;v&#233;ler aux yeux des Italiens, les privil&#232;ges exorbitants d&amp;rsquo;une nomenclatura (de droite comme de gauche) : Salaires au moins trois fois plus &#233;lev&#233;es qu&amp;rsquo;ailleurs en Europe, n&#233;potisme &#233;hont&#233;, absent&#233;isme chronique, affairisme exacerb&#233; et passe-droits en tout genre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enfin, cette classe politique corrompue, divis&#233;e en une myriade de chapelles client&#233;listes, s&amp;rsquo;est largement r&#233;v&#233;l&#233;e incapable de gouverner. D&amp;rsquo;o&#249; cet &#171; antipolitisme &#187; rampant qui explique comment une esp&#232;ce de &#171; clown populiste &#187; comme Beppe Grillo a pu rassembler plusieurs millions de citoyens en septembre 2006 sur un th&#232;me particuli&#232;rement explicite le (allez vous faire..)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Un v&#233;ritable triomphe.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L&amp;rsquo;attitude responsable, tout &#224; la fois du Peuple de la libert&#233; de Silvio Berlusconi et du Parti d&#233;mocrate de Walter Veltroni, a permis d&amp;rsquo;endiguer les effets d&#233;vastateurs et redout&#233;s de cet antipolitisme &#187; diffus et le d&#233;go&#251;t des &#233;lecteurs &#224; l&amp;rsquo;&#233;gard de la politique traditionnelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L&amp;rsquo;abstention de masse qui &#233;tait &#224; craindre n&amp;rsquo;a pas eu lieu puisque 80% des &#233;lecteurs sont all&#233;s vot&#233;. Moqu&#233; en Europe, brocard&#233; &#224; sati&#233;t&#233; par la plupart des m&#233;dias hexagonaux, mais toujours aussi populaire en Italie, Silvio Berlusconi, d&#233;passant toutes les pr&#233;visions, a remport&#233; plus qu&amp;rsquo;une victoire, un v&#233;ritable triomphe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Son succ&#232;s est d&amp;rsquo;autant plus remarquable qu&amp;rsquo;il revient au pouvoir d&#233;barrass&#233; des d&#233;mocrates-chr&#233;tiens de l&amp;rsquo;union du centre (UDC), alli&#233;s r&#233;calcitrants responsables de ses d&#233;boires pass&#233;s. Le grand vent du 14 avril a &#233;galement balay&#233; les communistes qui ne seront pas repr&#233;sent&#233;s au Parlement pour la premi&#232;re fois depuis 1945, les socialistes et les verts. Sans compter que le centre gauche est d&#233;barrass&#233; de la gauche radicale. Si bien que, contrairement &#224; ce que l&amp;rsquo;un avait pu voir dans un pass&#233; pas si lointain, la Chambre des d&#233;put&#233;s et le S&#233;nat n&amp;rsquo;accueilleront durant la nouvelle l&#233;gislature, la 62&#176; depuis l&amp;rsquo;instauration de la R&#233;publique, la troisi&#232;me apr&#232;s 1994 et 2001, de l&amp;rsquo;&#232;re Berlusconi, que quatre ou tout au plus cinq groupes parlementaires. On en comptait respectivement quatorze et onze dans la Chambre et le S&#233;nat sortants&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le bipartisme &#171; de facto &#187; impose par Walter Veltroni et Silvio Berlusconi qui ont d&#233;cid&#233; de concourir seuls aux &#233;lections, en d&#233;pit d&amp;rsquo;une loi &#233;lectorale strictement proportionnelle, a fonctionn&#233; efficacement et produit un v&#233;ritable tremblement de terre salutaire dans la g&#233;o graphie parlementaire de la Botte. &#192; l&amp;rsquo;&#233;vidence une simplification qui devrait normaliser la vie parlementaire, rapprocher l&amp;rsquo;Italie de ses partenaires europ&#233;ens et qui pourrait permettre une plus grande rapidit&#233; dans la prise de d&#233;cision politique dans le d&#233;bat parlementaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi cette aura ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jamais avant le Cavaliere un homme politique n&amp;rsquo;avait occup&#233; un tel espace m&#233;diatico-politique si ce n&amp;rsquo;est le d&#233;mocrate chr&#233;tien Alcide De Gaspeti qui gouverna l&amp;rsquo;Italie de 1945 &#224; 1954. Inoxydable pr&#233;sident du Conseil, sept fois nomm&#233; &#224; cette charge, Giulio Andreotti n&amp;rsquo;a jamais b&#233;n&#233;fici&#233; de cette aura. C&amp;rsquo;est peu t&amp;rsquo;&#234;tre le socialiste Bettino Craxi, tout &#224; la fois chef de parti et pr&#233;sident du Conseil (de 1983 &#224; 1986) qui pourrait relever de ce cas de figure.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Entr&#233; en politique en 1994 pour la d&#233;fense des libert&#233;s face &#224; un Parti communiste b&#233;n&#233;ficiant d&amp;rsquo;un boulevard en raison du vide laiss&#233; par la disparition de la D&#233;mocratie chr&#233;tienne et du Parti socialiste emport&#233;s par les enqu&#234;tes sur la corruption, Silvio Berlusconi n&amp;rsquo;&#233;tait pas un inconnu. D&#233;j&#224;, en 1980, il avait lib&#233;r&#233; l&amp;rsquo;Italie du monopole pr&#233;gnant de la RAI en cr&#233;ant le premier r&#233;seau de t&#233;l&#233;vision priv&#233; et libre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tr&#232;s admir&#233; par des Italiens de couches sociales et &#233;conomiques tr&#232;s diverses pour sa stature d&amp;rsquo;entrepreneur ind&#233;pendant, sans rapport particulier avec &lt;em&gt;l&amp;rsquo;establihment&lt;/em&gt; patronal, n&amp;rsquo;a-t-il pas d&#233;fi&#233; nombre de barons de la finance et de la presse. ? Silvio Berlusconi, important cr&#233;ateur d&amp;rsquo;emplois au travers de ses nombreuses entreprises, appara&#238;t comme un sauveur potentiel pour un pays mal en point, socialement et &#233;conomiquement en d&#233;tresse. Enfin, si les intellectuels et les petits marquis de l&amp;rsquo;information se gaussent, le peuple est reconnaissant &#224; Silvio Berlusconi d&amp;rsquo;avoir sorti la politique du discours abscons des convenances et d&amp;rsquo;utiliser des concepts simples, de parler un langage clair et direct compr&#233;hensible de tous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;De bons alli&#233;s.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si &lt;em&gt;Sua Amittenza&lt;/em&gt; et son parti le &lt;em&gt;Peuple de la libert&#233;&lt;/em&gt; sont les grands vainqueurs du scrutin ses deux alli&#233;s de la Ligue du Nord et de l&amp;rsquo;Alliance nationale ne le sont pas moins...Fond&#233; il y a presque un quart de si&#232;cle par un petit technicien en &#233;lectronique m&#233;dicale, Umberto Bossi, &lt;em&gt;La Ligue du Nord&lt;/em&gt; a prosp&#233;r&#233; sur la d&#233;confiture des communistes, en s&#233;duisant notamment ouvriers, commer&#231;ants et patrons de PME, d&#233;sorient&#233;s par la mondialisation, l&amp;rsquo;ins&#233;curit&#233; et la bureaucratie romaine. Second parti d&amp;rsquo;Italie, elle est le premier en V&#233;n&#233;tie. La Ligue exige des lois plus restrictives sur l&amp;rsquo;immigration clandestine et la fermeture des campements de tziganes. Elle demande &#233;galement une r&#233;pression contre la criminalit&#233; d&amp;rsquo;origine &#233;trang&#232;re qui submerge le Nord.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il serait cependant r&#233;ducteur de ne voir la perc&#233;e de ce mouvement que sur les seuls th&#232;mes de l&amp;rsquo;ins&#233;curit&#233; et de l&amp;rsquo;immigration. La fibre populaire de la Ligue est une r&#233;alit&#233; concr&#232;te, le signe d&amp;rsquo;une nouvelle alliance sociale d&#233;passant le mythe &#233;cul&#233; de la &#171; lutte des classes &#187;, qui unit concr&#232;tement petit patronat et salari&#233;s dans la d&#233;fense des entreprises face &#224; la d&#233;sindustrialisation et &#224; la comp&#233;tition internationale. L&amp;rsquo;autre grand vainqueur du scrutin, c&amp;rsquo;est &lt;em&gt;l&amp;rsquo;Alliance nationale&lt;/em&gt; dont le patron Gianfranco Fini vient d&amp;rsquo;&#234;tre &#233;lu &#224; la pr&#233;sidence de la Chambre des D&#233;put&#233;s. Apr&#232;s cinquante ans d&amp;rsquo;ostracisme vigilant &#8212; et int&#233;ress&#233; &#8212; de la part de la gauche, ce parti, qui repr&#233;sente le flanc droit de la coalition du Peuple des libert&#233;s prend une &#233;clatante revanche historique. D&amp;rsquo;autant que son candidat Gianni Alemanno a remport&#233; une victoire tr&#232;s large pour la premi&#232;re fois depuis la chute de Mussolini sur la gauche aux municipales dans la Ville &#233;ternelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Devenu &lt;em&gt;Alliance nationale&lt;/em&gt; en 1995, le mouvement de Fini est rapidement devenu la troisi&#232;me force politique du pays. Adh&#233;rent du Parti populaire europ&#233;en, c&amp;rsquo;est celui qui a le vent en poupe, son chef &#233;tant le plus &#224; m&#234;me de succ&#233;der le moment venu &#224; Silvio Berlusconi. Il est question d&amp;rsquo;une fusion &#224; l&amp;rsquo;automne, dans une formation unique, &lt;em&gt;d&amp;rsquo;Alliance nationale et de&lt;/em&gt; &lt;em&gt;Forza Italia.&lt;/em&gt; En tout cas ce mouvement ne manque pas de personnalit&#233;s int&#233;ressantes, outre Fini, dont le nouveau maire de Rome, Gianni Alemanno, sans oublier le d&#233;put&#233; de Milan, Ignazio La Russa, r&#233;put&#233; pour sa fermet&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Une t&#226;che hercul&#233;enne.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s deux mandats (1994-1995 et 2001-2006) plut&#244;t d&#233;cevants surtout parce qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;avait pas les mains libres, &lt;em&gt;le Cavaliere&lt;/em&gt; va tenter de sortir son pays de la crise. Avec la majorit&#233; &#224; la Chambre et au S&#233;nat, il va pouvoir gouverner en ayant les coud&#233;es franches.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sans illusion, au lendemain de sa victoire, il a d&#233;clar&#233; que cinq ann&#233;es difficiles I&amp;rsquo;attendaient et n&amp;rsquo;a promis ni baisse d&amp;rsquo;imp&#244;ts spectaculaires ni d&#233;penses inconsid&#233;r&#233;es. La t&#226;che qui l&amp;rsquo;attend est proprement hercul&#233;enne. Troisi&#232;me &#233;conomie de la zone euro, l&amp;rsquo;Italie est depuis vingt ans la grande malade de l&amp;rsquo;Europe, celle qui conna&#238;t la croissance (la plus faible + 0,3% pour 2008 et 2009 selon le FMI) avec un endettement public consid&#233;rable. Si la dette publique a diminu&#233;, elle atteint toujours le niveau record de 104,3 % du PIB. Le d&#233;ficit public s&amp;rsquo;&#233;levait &#224; 1,9% du PIB en 2007, mais les pr&#233;visions pour 2008 sont plus sombres, autour de 2,3 % du PIB. Pour la premi&#232;re fois, le revenu par habitant est tomb&#233; en dessous de la moyenne de l&amp;rsquo;Union et sera inf&#233;rieur &#224; celui de la Gr&#232;ce en 2009.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Des institutions politiques qui fonctionnent mal, un secteur public hyper-trophi&#233;, des infrastructures souvent obsol&#232;tes, une inflation pr&#233;occupante, un environnement d&#233;favorable aux investisseurs, une d&#233;mographie atone, une tr&#232;s faible croissance de la productivit&#233;, des syst&#232;mes de sant&#233; et d&amp;rsquo;&#233;ducation en d&#233;sh&#233;rence, des secteurs publics co&#251;teux, inefficaces et corrompus, une Italie du Nord qui r&#233;ussit face &#224; un Mezzogiorno qui aggrave son retard, proie id&#233;ale de la mafia, le tableau n&amp;rsquo;est gu&#232;re r&#233;jouissant et le moment peu favorable pour redresser la barre du vaisseau italien, avec la crise financi&#232;re qui vient des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et pourtant l&amp;rsquo;Italie ne manque pas d&amp;rsquo;atouts. En d&#233;pit d&amp;rsquo;un secteur public trop lourd, co&#251;teux et inefficace, puisque l&amp;rsquo;&#201;tat contr&#244;le ou prot&#232;ge encore trop de secteurs-cl&#233;s, l&amp;rsquo;&#233;nergie, les transports ou les services aux collectivit&#233;s locales, le secteur priv&#233;, notamment l&amp;rsquo;industrie, reste en revanche comp&#233;titif et exporte. Enfin, les PME italiennes sont dynamiques, innovantes et efficaces. Elles s&amp;rsquo;adaptent tr&#232;s vite &#224; le demande, savent trouver des &#171; niches &#187; et exportent dans le monde entier. Et le nouveau pouvoir, tr&#232;s propos, relance le nucl&#233;aire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Cent jours pour convaincre.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avec une rapidit&#233; inhabituelle pour l&amp;rsquo;Italie, Silvio Berlusconi a annonc&#233; la composition de son ex&#233;cutif. Il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;une &#233;quipe restreinte de vingt et un membres avec quatre femmes, douze nouveaux venus et cinq ministres de moins de 40 ans. Un pied de nez bien venu &#224; la g&#233;rontocratie traditionnelle et Italie. &lt;em&gt;Forza ltalia&lt;/em&gt; se taille la part du lion avec dix postes cl&#233;s. Affaires &#233;trang&#232;res, Justice, Economie, Industrie, Sant&#233;, R&#233;gions, Rapports avec le Parlement. La Ligue du Nord et l&amp;rsquo;Alliance nationale obtiennent chacun quatre portefeuilles tandis que le maroquin des Affaires sociales r&#233;compense le d&#233;mocrate-chr&#233;tien fid&#232;le Gianfranco Rotondi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enfin, le nouveau chef de l&amp;rsquo;ex&#233;cutif italien qui a d&#233;clar&#233; qu&amp;rsquo;il avait &#171; cent jours pour ne pas d&#233;cevoir les Italiens et cinq ans pour changer le pays, &#187; a conserv&#233; pr&#232;s de lui, ce qui n&amp;rsquo;est pas une surprise &#8212; comme secr&#233;taire d&amp;rsquo;&#201;tat &#224; la Pr&#233;sidence, son plus pr&#233;cieux conseiller, Gianni Letta auquel a &#233;t&#233; confi&#233; le dossier institutionnel. Reste maintenant remettre l&amp;rsquo;Italie sur les rails. Ce n&amp;rsquo;est pas une mince affaire. Tant les habitudes prises de pagaille &#171; d&#233;mocratique &#187; ont mis ce magnifique pays dans un &#233;tat de d&#233;labrement politique, civil et social aux limites du tol&#233;rable. Naples en est un exemple. Avec cette curiosit&#233; d&amp;rsquo;un &#171; secr&#233;tariat d&amp;rsquo;&#201;tat aux ordures &#187;. Qui commande Naples ? La question peut &#234;tre pos&#233;e en beaucoup d&amp;rsquo;endroits d&amp;rsquo;Italie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce sera la premi&#232;re &#233;preuve de force du gouvernement Berlusconi. S&amp;rsquo;il r&#233;tablit l&amp;rsquo;ordre et du coup la propret&#233;, l&amp;rsquo;un avec l&amp;rsquo;autre, il confirmera par le fait m&#234;me sa victoire politique. Tout Italien un peu cons&#233;quent et qui conna&#238;t son histoire, sait que le plus difficile sera alors d&amp;rsquo;installer dans la dur&#233;e le retournement politique moral souhait&#233; depuis longtemps par les meilleurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Liquider Mai 1968.</title>
		<link>http://www.innovation-democratique.org/Liquider-Mai-1968.html</link>
		<dc:date>2008-08-04T05:43:00Z</dc:date>
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<category domain="http://www.innovation-democratique.org/-L-Histoire-.html">L'Histoire</category>


		<description>Nous sommes assomm&#233;s de cantiques oblig&#233;s de ces soixante-huitards sur le retour dont la plupart sont devenus aujourd'hui des notables install&#233;s ou des hommes de pouvoir.

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&lt;a href="http://www.innovation-democratique.org/-L-Histoire-.html" rel="directory"&gt;L'Histoire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Nous sommes assomm&#233;s de cantiques oblig&#233;s de ces soixante huitards sur le retour dont la plupart sont devenus aujourd&amp;rsquo;hui des notables install&#233;s ou des hommes de pouvoir.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; une &#233;poque o&#249; l&amp;rsquo;on se fait fort de d&#233;fendre le droit des minorit&#233;s et la diversit&#233; des opinions, il est plus que n&#233;cessaire de briser le consensus et la pens&#233;e unique afin de discuter sans tabou sur les p&#233;riodes troubl&#233;es de note histoire contemporaine avant que la mythification en cours neutralise toute discussion plus objective. Les hommages nostalgiques ont donc essaim&#233; et nous sommes assomm&#233;s de cantiques oblig&#233;s de ces soixante huitards sur le retour, dont la plupart sont devenus aujourd&amp;rsquo;hui, des notables install&#233;s ou des honnies de pouvoir. Les manifestations lyc&#233;ennes, devenues un rituel printanier &#224; l&amp;rsquo;approche du baccalaur&#233;at, font &#233;cho &#224; ces hommages appuy&#233;s. Nous assistons &#224; cette messe tous les dix ans, en 88 et en 98, comme si chaque g&#233;n&#233;ration voulait rallumer une flamme &#233;teinte trop vite &#192;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;d&#233;faut d&amp;rsquo;avoir un avenir on ressasse le pass&#233; en le d&#233;formant au passage pour les besoins de la propagande en place. Mais avec une vision brouill&#233;e du pass&#233;, on obtient une vision bien fausse du futur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les fameux accords de Grenelle, r&#233;cemment &#233;lev&#233;s au rang de mythe inattaquable &#224; l&amp;rsquo;occasion du Grenelle de l&amp;rsquo;environnement,ont ent&#233;rin&#233; une pratique politique qui constitue une grave d&#233;viance de nos institutions. Quelle que soit l&amp;rsquo;issue des urnes, le dernier mot revient &#224; la rue, dans un troisi&#232;me tour permanent orchestr&#233; par les partenaires sociaux qui sortent ainsi outrageusement de leur r&#244;le. Ces derniers participent ainsi au filtrage des politiques &#233;conomiques autoris&#233;es, en les soumettant a des crit&#232;res qui sont de v&#233;ritables crit&#232;res de Maastricht avant l&amp;rsquo;heure &#224; la diff&#233;rence pr&#232;s qu&amp;rsquo;ils n&amp;rsquo;ont jamais &#233;t&#233; ratifi&#233;s devant aucun parlement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis les (vrais) accords de Grenelle, nos politiques ont toujours suivi la m&#234;me direction : baisse du temps de travail, accroissement des minima sociaux, augmentations des salaires sans tenir compte des performances de notre &#233;conomie r&#233;elle. Et toute politique n&amp;rsquo;appliquant pas ces principes, dans une logique de soutien &#224; la consommation, fut de fait &#233;cart&#233;e de sorte que les alternances politiques ne furent qu&amp;rsquo;un leurre. Il y a les politiques &#233;conomiques autoris&#233;es et celles qui seront d&#233;finitivement interdites.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le chemin de la prosp&#233;rit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C&amp;rsquo;est ce format qui nous a interdit d&amp;rsquo;envisager dans les ann&#233;es quatre-vingt les seules politiques qui s&amp;rsquo;imposaient dans le monde entier apr&#232;s la fin d&amp;rsquo;une p&#233;riode fond&#233;e sur la progression r&#233;guli&#232;re des gains de productivit&#233; (qualifi&#233;e chez nous de Trente glorieuses), et qui ont permis &#224; l&amp;rsquo;Angleterre et les USA de retrouver le chemin de la prosp&#233;rit&#233;. C&amp;rsquo;est cet h&#233;ritage qui nous a permis de ridiculiser Reagan et de diaboliser Thatcher alors qu&amp;rsquo;ils &#233;taient en train de litt&#233;ralement sauver leur pays du d&#233;sastre tandis que nous poursuivions sur la voie trac&#233;e par les accords de Grenelle avec le passage aux 39 heures, la baisse de l&amp;rsquo;&#226;ge de la retraite et les augmentations de salaires sans rapport avec les gains sectoriels de productivit&#233;. Ce sont de telles orni&#232;res qui nous emp&#234;chent de traiter objectivement et dans toutes ses dimensions le probl&#232;me du financement des retraites ou la question lancinante d&amp;rsquo;un ch&#244;mage massif qui plombe notre soci&#233;t&#233; depuis 1973.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Des mythes intouchables.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mai 88, mai 98, mai 2008, chaque d&#233;cennie apporte son lot de c&#233;l&#233;brations sans se donner la peine d&amp;rsquo;exposer un regard critique sur les &#233;v&#233;nements ainsi mont&#233;s au rang de mythe national, devenu aussi intouchables que le Front populaire de 1936. Pourtant, il faut avoir l&amp;rsquo;honn&#234;tet&#233; de reconna&#238;tre qu&amp;rsquo;il y a une autre lecture des &#233;v&#233;nements moins complaisant et moins glorieux. Car les accords de Grenelle n&amp;rsquo;ont en aucune mani&#232;re stopp&#233; les &#233;meutes de mai 68. Malgr&#233; les concessions d&#233;j&#224; irr&#233;alistes arrach&#233;es par les syndicats sous la pression de la rue, ce n&amp;rsquo;&#233;tait pas suffisant et le gouvernement de l&amp;rsquo;&#233;poque s&amp;rsquo;est trouv&#233; totalement d&#233;pass&#233;, ce qui est le lot de tous gouvernements c&#233;dant &#224; la passion de la rue.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En cons&#233;quence, un mois plus tard, c&amp;rsquo;est un million de Fran&#231;ais qui descend sur les Champs-Elys&#233;es pour en appeler au g&#233;n&#233;ral de Gaulle. Le gouvernement qui venait de signer les accords de Grenelle &#233;tait ainsi d&#233;savou&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Commentaires du rapport de Monsieur Jacques Attali.</title>
		<link>http://www.innovation-democratique.org/Commentaires-du-rapport-de.html</link>
		<dc:date>2008-07-31T06:42:49Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		

<category domain="http://www.innovation-democratique.org/-La-France-.html">La France</category>


		<description>Notre pays, hormis les richesses de son agriculture, ne dispose pas de mati&#232;res premi&#232;res. De plus en plus les batailles &#233;conomiques se remportent gr&#226;ce l'innovation. De notre capacit&#233; &#224; innover d&#233;pendront notre croissance et notre place dans la comp&#233;tition mondiale.

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;AMBITION 1 : Pr&#233;parer la jeunesse &#224; l&amp;rsquo;&#233;conomie du savoir et de la prise de risque.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notre pays, hormis les richesses de son agriculture, ne dispose pas de mati&#232;res premi&#232;res. De plus en plus les batailles &#233;conomiques se remportent gr&#226;ce l&amp;rsquo;innovation. De notre capacit&#233; &#224; innover d&#233;pendront notre croissance et notre place dans la comp&#233;tition mondiale. Formation, transmission des savoirs et qualification permanente sont donc les conditions premi&#232;res de notre r&#233;ussite.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;DECISION FONDAMENTALES - 1&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Se donner les moyens pour que tout &#233;l&#232;ve ma&#238;trise avant la fin de la sixi&#232;me le fran&#231;ais, la lecture, l&amp;rsquo;&#233;criture, le calcul, l&amp;rsquo;anglais, le travail de groupe et l&amp;rsquo;informatique.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La France consacre une part importante et croissante de sa d&#233;pense publique &#224; l&amp;rsquo;&#233;ducation sans obtenir de r&#233;sultats &#224; la hauteur des moyens engag&#233;s. Ainsi, bien que la d&#233;pense publique consacr&#233;e &#224; l&amp;rsquo;&#233;ducation primaire ait augment&#233; de 79% depuis 1980, quatre enfants sur dix terminent leur scolarit&#233; primaire avec de tr&#232;s graves lacunes et 100 000 ne ma&#238;trisent ni la lecture, ni le calcul. Le poids de l&amp;rsquo;origine sociale d&#233;termine plus que jamais les r&#233;sultats scolaires des enfants et ceux-ci, sont plus que jamais d&#233;cisifs dans les parcours professionnels.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L&amp;rsquo;acquisition de