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Zapatero démuni face à la crise.

Lundi 14 mars 2011 // L’Europe

ZapateroZapatero démuni face à la crise.

Jadis présentée comme un modèle économique, l’Espagne a été, avec l’Irlande, le pays le plus touché par la crise. Zapatero semble incapable de trouver des solutions.

EN CHUTE LIBRE dans les sondages et accusé d’être à l’origine de la perte de crédibilité du Pays sur la scène internationale, Zapatero passera-t-il l’année ? La question agite l’Espagne ou les rumeurs d’élections anticipées se font de plus en plus insistantes. Même le quotidien El Pais, pilier pendant plus de trente ans de l’influence du parti socialiste (PSOE), semble résigné. La crise économique que Zapatero a refusé de reconnaître pendant des mois, et qu’il tente maintenant de gérer avec des annonces qui s’entrechoquent, menace de convertir le reste de la législature en calvaire pour le Parti socialiste, lequel semble intérioriser un horizon de défaite », écrit son éditorialiste dans l’édition du 7 février. Depuis sa réélection, en 2008, tout n’a fait que se compliquer pour le chef du gouvernement espagnol. Au Parlement, où il gouverne en minorité, il doit se plier à un jeu d’alliances à géométrie variable entre les formations de gauche et les partis nationalistes régionaux.

Ces négociations permanentes compliquent les prises de décision stratégique alors que l’Espagne est invitée à redresser ses comptes publics afin de prouver qu’elle n’est pas la prochaine Grèce. Jadis présentée comme un modèle économique, l’Espagne a été, avec l’Irlande, le pays le plus touché par la crise. La bourse de Madrid a enchaîné les journées noires sur fond d’inquiétude pour les finances du pays, ébranlées par le record historique de plus de quatre millions de chômeurs - 19% de la population active. Les soldes des finances publiques sont passés d’un excédent de 2,23 % du PIB en
2007 à un déficit de 11,4 % en 2009. La dette publique espagnole a ainsi grimpé de 36,2 % du PIB en 2007 à 55,2 % en 2009, et devrait filer jusqu’à 74,3 % en 2012.

Le gouvernement espagnol avait, semble-t-il, parié sur une crise plus courte et pensait posséder suffisamment de réserves pour laisser filer le déficit en attendant la reprise. Indécision fatale. La crise se prolonge et l’Espagne est actuellement le seul des grands pays développés à ne pas sortir de la récession en cours depuis 2008. Sommé de réagir, Zapatero, après pléthores de tergiversations, a proposé un plan d’austérité afin d’économiser 50 milliards d’euros sur trois ans et de ramener le déficit public à moins de 3 % en 2013. Les marchés et les observateurs, qui redoutaient une « dérive à la grecque », en ont été rassurés, mais les mesures, peu détaillées, risquent d’avoir un coût politique important pour le gouvernement. L’annonce de la hausse de l’âge du départ à la retraite lui a déjà valu l’opprobre des syndicats, qui ont lancé des manifestations d’avertissement après avoir été son plus fidèle soutien jusqu’ici.

LA CRISE IMMOBILIÈRE, FREIN À LA REPRISE.

L’Espagne va cependant devoir apprendre à vivre à l’heure de l’austérité.

Depuis quelques années, le taux de fécondité s’effondre et l’espérance de vie est l’une des plus élevées d’Europe. De plus, la péninsule ibérique fait partie des cinq pays de la zone euro qui refinancent leur dette publique au prix le plus fort. Placée à plus court terme que chez ses voisins, la dette espagnole est plus dépendante des fluctuations des marchés.

Entré bon dernier dans la tourmente, le pays sera aussi le dernier à en sortir. Car la dette a été aggravée par la crise immobilière qui est le véritable frein à la reprise en Espagne. Zapatero en est, en partie, tenu pour responsable. Plus occupé à mettre sur pied des réformes sociétales qui divisent le pays, le Premier ministre a été incapable de remédier aux faiblesses structurelles de l’économie. Par manque de courage politique, celui-ci n’a jamais anticipé l’explosion de la bulle immobilière qui était le principal moteur de l’économie nationale depuis des décennies.

Avant la crise, 30% de la population active travaillait directement ou indirectement pour la construction. Un boom immobilier favorisé par un endettement considérable des ménages espagnols à qui les banques ont prêté à tout-va. Mais la crise financière a fait crever la bulle : de 1 million de mises en chantier de logement en 2007, on est passé à 100 000. Il y a aujourd’hui 1,2 million de logements vides, dans lesquels pourraient s’installer six millions d’Espagnols. Alors que leur valeur de marché est pratiquement nulle, ils se trouvent dans les bilans des promoteurs immobiliers ou des banques espagnoles, peu menacées, puisqu’elles ont toujours prêté à des taux d’intérêt variables. Du coup, l’endettement des ménages est passé de 70% de son revenu annuel en 1999 à 140 % début 2008.

Logique implacable : de financière, la crise est aujourd’hui économique.

Demain, elle sera sociale. Une situation compliquée par la présence d’au moins six millions d’immigrants, en majorité maghrébins et Sud américains -, main d’oeuvre bon marché, qui sont entrés sur le territoire depuis 2002 pendant que les emplois industriels filaient à l’étranger, donnant ainsi l’illusion d’une économie de gains de productivité. Comment résisteront les « amortisseurs sociaux » espagnols à ce phénomène migratoire bref, rapide et massif ?

Accusé d’improvisation au sein de sa propre majorité, Zapatero en appelle aux énergies renouvelables, à une éducation « performante », jure d’encourager la recherche, de moderniser l’administration. Mais l’épreuve de la crise a révélé une façon de faire de la politique « fondée sur des tours de passe-passe marketing » (ABC) qui aura fini de le déconsidérer.

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