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Jeudi 1er octobre 2009, par Pierre Marie GALLOIS // La France

Le nouveau statut des militaires leur confère un droit d’expression élargi...
De même que pour le médecin face à son patient, il est de son devoir de lui dire sa maladie et de lui proposer des soins (sauf quelques cas particuliers complexes), les militaires sont appelés à « prendre la parole, écrire, s’exprimer, sinon ils n’auront pas le droit de se plaindre ensuite de n’avoir pas été entendus. » Un militaire ne se le fait pas dire deux fois... Croyant à sa mission, il s’en fait un devoir ! Le général de division Vincent Desportes... Auteur de « La guerre probable-penser autrement »

Passionnant.

« Il faut surtout que les professionnels de la défense parlent et soient écoutés. Le nouveau statut des militaires leur confère un droit d’expression élargi. Ils doivent donc prendre la parole, écrire, s’exprimer, sinon ils n’auront pas le droit de se plaindre ensuite de n’avoir pas été entendus. Le droit à la reconnaissance intellectuelle n’est pas un droit naturel. Il faut le conquérir. C’est un devoir pour le militaire s’il croit véritablement à sa mission. »

Et le général Desportes, commandant le centre de doctrine d’emploi des forces(CDEF), de prendre sa plume et son bâton de « pèlerin »...Il s’exprime en « sachant », ne craignant aucun débat ni aucune invitation. La « défense » n’est pas que l’affaire de l’armée. La nation, les Français, devraient-ils être tenu dans l’ignorance ? Devrions-nous nous contenter de la seule partie émergente des enjeux, partie toute soumise aux jeux politiciens ou électoraux ?

En toute chose c’est le « fond » qui doit primer.

Le général Vincent Desportes nous aide. Qu’il en soit remercié !Le général de division Vincent Desportes, commandant le centre de doctrine d’emploi des forces (CDEF) a publié l’ouvrage « La guerre probable – penser autrement ». Auteur de plusieurs articles et ouvrages consacrés aux questions tactiques et stratégiques, le général Vincent Desportes analyse dans ce nouveau livre l’évolution des contextes conflictuels et expose les conditions de la nouvelle efficacité militaire.

« La guerre probable », éditions Économica.

Trois questions au général Vincent Desportes.

Vous publiez « La guerre probable – penser autrement » à un moment où chacun s’interroge sur l’avenir de la défense, ce n’est pas fortuit ?

Non bien-sûr. Les enjeux sont essentiels pour la défense de la France et de sa population. Des décisions qui seront prises dans quelques mois vont dépendre le modèle de forces, et donc notre capacité réelle de défense et de protection du territoire national et de nos ressortissants. Il est donc très important que le débat soit ouvert, d’autant que dans ce domaine il n’y pas, par construction, de vérité absolue puisqu’il s’agit de préparer l’avenir. Il faut donc que les différentes sensibilités puissent s’exprimer avant que le débat ne soit tranché.

Il faut surtout que les professionnels de la défense parlent et soient écoutés. Le nouveau statut des militaires leur confère un droit d’expression élargi. Ils doivent donc prendre la parole, écrire, s’exprimer, sinon ils n’auront pas le droit de se plaindre ensuite de n’avoir pas été entendus. Le droit à la reconnaissance intellectuelle n’est pas un droit naturel. Il faut le conquérir. C’est un devoir pour le militaire s’il croit véritablement à sa mission. Dans ce cadre, j’ai jugé que je devais m’exprimer puisque mes fonctions me conduisent à avoir une bonne vision des crises et engagements militaires et que mon métier est, au fond, la réflexion à partir du concret.

J’ai donc ressenti cette obligation d’apporter au débat : je le fais par ce biais.

Pouvez-vous nous donner un aperçu de vos thèses ?

Les conditions d’emploi de la force ont profondément évolué et l’horizon s’est assombri. Sur le terrain, l’efficacité politique de l’outil militaire conçu hier s’est fortement réduite. Pour retrouver toute leur « utilité », les forces armées doivent se structurer, penser et agir autrement.

Face aux nouvelles menaces, plus diffuses et continues, la coordination des actions de sécurité et de défense est indispensable, mais elles ne doivent pas se mêler dans un ensemble indistinct contraire à une efficacité globale qui doit résulter de la convergence et non de la fusion.

Se contenter d’une défense « à l’arrière » sur le seul territoire national, c’est accepter, d’entrée, la défaite à terme. Comme je le disais longuement dans mon dernier ouvrage, « Introduction à la stratégie », la manœuvre de défense globale exige une profondeur stratégique qui suppose d’aller défendre « à l’avant ». Au-delà de leur rôle dans la dissuasion et la prévention des crises, les armées doivent donc participer, à l’extérieur, à l’étouffement des sources de violence avant qu’elles ne nous atteignent. Cela implique – c’est la grande leçon des conflits actuels ou récents – des « volumes » importants que l’on ne peut sacrifier sur l’autel de l’hyperspécialisation et de la haute technologie. Pour préserver au mieux l’ordre du monde, ce qui passe souvent par la stabilisation ou la restauration d’États en décomposition, il faut déployer des moyens conséquents, au contact, dans la durée.

Pensez-vous que la population française recevra facilement ce genre de discours ?

Non. Il y a là un véritable défi, car la population française vit aujourd’hui dans une bulle artificielle de sécurité et ne comprend pas toujours l’utilité des dépenses de défense. Pourtant, la contribution des forces armées à la défense globale est essentielle. Par ailleurs, l’Etat et la Nation ont besoin de forces armées à hauteur de l’ambition qu’ils se fixent. C’est vrai de toutes les armées, c’est encore plus vrai pour l’armée de Terre, puisque de tout temps, historiquement, les intérêts de la France – nation continentale plus que maritime – et ceux de ses forces terrestres ont toujours été confondus. Dans la guerre probable, les forces terrestres sont la force de la nation et l’homme est la force des forces terrestres. L’armée, dernier grand corps de l’État parfaitement discipliné, autonome, polyvalent, constitue l’ultima ratio, disponible et efficace à tout moment quand bien même plus rien d’autre ne fonctionnerait. Nous devons donc nous inscrire dans une logique duale, être capable d’efficacité au service de la population et de sa défense, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de nos frontières.

N’en doutons pas, la France a besoin d’une « armée d’avant-garde » pour une « défense de l’avant » ; http://www.defense.gouv.fr

Et de nous mettre en garde dans un article paru le 26 mai dans le quotidien « Le Monde », dénonçant la : « ...très dangereuse interprétation américaine de la « révolution dans les affaires militaires », selon laquelle la technologie pouvait directement produire des résultats politiques. Nous savons que c’est faux, comme les exemples de l’Irak, de l’Afghanistan ou du Liban le montrent : la technologie ne produit pas d’effet politique. Ce qui est mort aussi en Irak, c’est l’idée qu’il y avait des victoires militaires rapides qui pouvaient conduire à des résultats durables. Nous avons compris que le résultat militaire ne conduit plus directement au résultat stratégique. Parce que l’Amérique est la puissance dominante, nous avons suivi ce courant de pensée. Mais les difficultés que rencontrent aujourd’hui les armées occidentales montrent bien qu’il est urgent désormais de penser la guerre autrement. »

Poursuivant sa réflexion, le général Desportes n’a pas manqué à son devoir...

Jean-Dominique Merchet n’a pas manqué de le souligner :

par le Général Vincent DESPORTES, Commandant le Centre de Doctrine d’Emploi des Forces (CDEF), alors qu’il s’exprimait lors du « COLLOQUE 50 ANS DE POLITIQUE DE DEFENSE »

LA Vème REPUBLIQUE, 1958-2008 : 50 ANS DE POLITIQUE DE DEFENSE

http://www.club-participation-progres.com/index.php?ou=site&pa=programme&ouvrageno=112

« Le général Desportes appelle à « ne pas rêver américain »

Le général Vincent Desportes, directeur du Collègue interarmées de défense, publie un excellent article dans le dernier numéro de Politique étrangère, la revue trimestrielle de l’Institut français des relations internationales (Ifri). Il y pointe les risques du « tout technologique », de l’imitation du modèle américain et des risques d’une recherche systématique de l’interopérabilité avec les Etats-Unis. Une réflexion utile au moment où la France réintègre pleinement l’Otan.

« Si, malgré des budgets de défense très inférieurs aux budgets américains, les armées européennes persistent à se doter d’équipement de norme technologique américaine, il y a fort à parier que, dans peu d’années, les forces européennes dans leur ensemble devront abandonner des pans entiers de leurs capacités militaires. La cohérence d’ensemble nepourra donc être rétablie que sous parapluie et leadership américain »écrit-il. Appelant à « ne pas rêver américain », il rappelle que « l’interopérabilité est un objet politique avant d’être un objet technique ». « L’interopérabilité conduit à adopter la norme dominante, naturelle, du grand allié » poursuit-il, avant de plaider pour « une déconnexion du pilier européen » : « admettre la déconnexion technique des piliers européen et américain de l’Alliance ».

« Faut-il continuer à laisser la technique diriger la stratégie générale ou doit-on la remettre à sa juste place »s’interroge Vincent Desportes. Familier du monde militaire d’Outre-Atlantique, le général décrit « la culture américaine qui donne à la technique un rôle central dans la résolution des problèmes. » Cette « dynamique du toujours plus technologique s’est avérée gagnante » en contribuant à l’effondrement soviétique, mais, après cette victoire, elle s’est maintenue et amplifiée, soutenue par d’importants intérêts. Une impasse militaire et budgétaire qui peut se décrire comme la « décroissance du rendement opérationnel de la technologie ».

http://secretdefense.blogs.liberation.fr

Remonter dans le temps afin de comprendre et nous projeter ?...

LA VÈME RÉPUBLIQUE 1958-2008

50 ans de politique de défense

Sous la direction de Pierre Pascallon

Au moment où se dessine la politique de Défense de la France de demain, il est clair qu’on ne peut bien comprendre la prochaine étape de notre politique de Défense et de Sécurité qu’en ayant une bonne connaissance des acquis, du bilan, des évolutions des 50 dernières années, permettant de dégager ainsi les clefs pour défricher avec assurance son avenir. Tel est l’objet de cet ouvrage.

ISBN : 978-2-296-06652-6 / octobre 2008 / 276 pages

Prix éditeur : 25 € / 164 FF

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