Vol au-dessus d’un nid de biens mal acquis.

Les comptes à dormir debout de Me William Bourdon.

Lundi 21 mars 2011, par Dominique CALACE de FERLUC // La France

Nous sommes en 2006, l’avenue Foch est devenue le rendez-vous incontournable de jeunes hommes qui offrent leurs services aux passants ou à ceux qui veulent bien arrêter leur véhicule devant eux. Si leur commerce est bien approvisionné car ils sont nombreux, il est parfois mal achalandé, aussi l’attente du « client » pour ne pas dire « le pigeon » est parfois longue et leurs regards se portent sur les immeubles bourgeois et leurs habitants. Stéphane Bern, chroniqueur au Figaro et producteur de l’émission de France Inter « le fou du roi » qui passait peut-être par là en fit semble-t-il un poste d’observation, pour déverser sa bile dans Le Figaro daté du 12 mai 2006 où il commençait par dire que l’information qu’il allait nous donner dans sa chronique, avait selon lui, « de quoi surprendre, un peu comme si l’on apprenait à brûle-pour-point que l’Abbé Pierre s’était marié et avait fondé une famille nombreuse... ».

Malgré le sérieux de cette introduction donnée excusez du peu, par « le fou du roi », autrement dit, par « un bouffon » devenu grand spécialiste des têtes couronnées et conseiller es-mariage monégasque... en tout cas, nombre de journalistes tombèrent dans ce piège royal, en vérifiant l’information un peu comme certains le font au restaurant quand on leur tend une bouteille et qu’on leur fait goûter le vin, ils acquiescent les yeux fermés avec contentement par la considération que le sommelier feint de donner à leur personne, lesquels donnent ensuite leur acquiescement formulé par un signe de tête qui montre la pertinence de leur observation... Si l’on peut faire confiance à Stéphane Bern sur le fait de savoir quelle est la couleur du papier toilette utilisé par la Reine d’Angleterre, la plus grande prudence doit par contre être observée lorsqu’il se transforme en conservateur des Hypothèques pour dire à qui appartiennent les immeubles qu’il avait sous les yeux...

Ceux qui reprirent l’information selon laquelle le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo avait un immeuble avenue Foch sont de ceux-là, ils font partie de la génération de journalistes hérités de la tradition de moine copiste, qui recopient les saintes écritures et n’ont pas la possibilité de se rendre à Bethléem pour savoir si la crèche existe toujours... A l’époque, les services de l’Ambassade de Guinée équatoriale n’ayant pas les moyens techniques de lire toute la presse, cette information fit son chemin jusqu’à nos jours, embourbant un nombre impressionnant de journalistes spécialisés dans l’absence de vérification des informations qu’ils diffusent, entraînant dans ce tsunami médiatique des associations alléchées par l’odeur du scandale qu’elles pensaient pouvoir déclencher.

Certes, dans l’affaire dite des « biens mal acquis », les autorités équato-guinéennes ont contesté la présence du président Teodoro Obiang guema Mbasogo sur la fameuse liste des chefs d’Etat possesseurs de biens soi-disant mal acquis (BMA), mais malgré les communiqués publiés auprès des agences de presse, cette information ne fut pratiquement pas reprise par les médias... Il faut rappeler que le Chef de l’Etat équato-guinéen, serait en tout et pour tout, possesseur d’un pavillon acquis en 1986 - c’est-à-dire avant la découverte du pétrole - et que c’est le Maréchal Mobutu Sese Seko qui comme le révèle AFRIQUEDUCATION (n° 277 – 1er au 15 juin 2009), avait fait don par amitié au président de la Guinée équatoriale, d’un chèque de 1.000.000 FF de l’époque (152.449 euros), pour qu’il puisse se loger en France sans être obligé de venir dans les hôtels.

Par ailleurs, pour être complet sur cette question, le chef de l’Etat équato-guinéen ne possède ni comptes bancaires, ni véhicule en France (qui dit mieux ?)...

Malheur à celui par qui le scandale arrive. Proverbe de la Bible ; Évangile selon Saint Luc.

LE CAS WILLIAM BOURDON

Me William Bourdon, alléché par l’affaire des immeubles appartenant aux chefs d’Etat, se mit en quête de connaître leur patrimoine et notamment leurs comptes bancaires... Aujourd’hui l’on sait par la dernière publication du journal Le Choc, que cet avocat célèbre aurait lui aussi ouvert des comptes bancaires à l’étranger, et qu’à la suite des révélations de cette publication en janvier 2010, sous le titre « la malhonnêteté au service des droits de l’homme,... quelle parodie ! ,, nous apprenons que Me William Bourdon, avant de porter plainte contre Le Choc et son directeur général, serait allé, vite très vite vider et clôturer ses comptes en Suisse et au Costa Rica, croyant éviter les regards indiscrets de ce même journal, tandis que cette même publication nous révèle qu’il aurait transplanté ses avoirs à Hong Kong en Chine et à Delaware aux Etats-Unis. On attend très vite (encore plus vite que pour le transfert) un démenti formel avec preuves à l’appui (merci d’avance).

Dans la foulée, l’émission « la grande interview » diffusée sur A3 Télésud dans laquelle Elie Smith reçoit Me William Bourdon réalisée par Antoine Renouard, a entraîné une très vive réplique de Me Olivier Pardo qui assume avec Me Isabelle Thomas Werner et Me Ludovic Landivaux, la défense des intérêts du président et de la République de Guinée équatoriale. On pourra voir et revoir ce monument de bravoure contre la mauvaise foi à l’adresse internet suivante et notamment la faiblesse des arguments de MD William Bourdon en ce qui concerne la manière dont il se serait fait soi-disant piéger par l’ambassadeur de la République de Guinée équatoriale, alors qu’il était en train de monter avec son association SHERPA, un plan machiavélique pour se faire payer par la Guinée Equatoriale, une mission dont il aurait pu ensuite dire que l’on avait tenté de l’acheter... (voir à ce sujet notre précédent numéro de la revue Afrique Education sur les comptes et mécomptes de Me William Bourdon).

Aujourd’hui, Maître William Bourdon se dit persécuté par ses détracteurs, et le voici qui saisit le procureur pour le harcèlement dont il serait victime... Faut-il lui rappeler qu’hier ou presque, c’est-à-dire le 5 mars 2010, la 17e chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris saisie d’une plainte en diffamation par ce brillant avocat, l’a tout simplement débouté de sa demande. Ainsi il n’est donc pas diffamatoire de dire comme l’ont écrit Les dépêches de Brazzaville, que « Me William Bourdon est depuis dix ans le personnage qui se trouve au coeur de tous les complots judiciaires montés à partir de la France contre le Congo », pas plus diffamatoire non plus d’apprendre « qu’il conduit une campagne de désinformation visant à faire des dirigeants africains des dictateurs prévaricateurs et corrupteurs, qui pillent allègrement les ressources de leur pays. D’où sa présence active dans toutes les manoeuvres judiciaires qui sont montées depuis Paris, pour détruire les jeunes démocraties d’Afrique centrale, en particulier, dans l’absurde plainte pour recel déposée récemment à Paris contre les présidents africains accusés de s’être enrichis illégalement ». Pire même, puisque le journal va jusqu’à écrire en toute impunité « Allié objectif des « fonds vautours » dont les arguments fallacieux constituent l’essentiel de son discours, William Bourdon a réussi à convaincre des organes de presse honorables de relayer ses attaques et de se faire en quelque sorte ses porte-voix. Avec à la clef une série d’échecs retentissants sur le plan judiciaire, mais un succès certain sur le plan médiatique qui prouve, soit dit en passant, que la presse française n’est guère regardante sur l’origine des informations qu’elle publie.

Dans ce jugement qui démasque le personnage, on lit encore sans que cela puisse être poursuivi « Etant donné la constance avec laquelle l’avocat français (Ndlr mais comme l’indiquait Me Olivier Pardo à propos de Mu William Bourdon, ce n’est pas en tant qu’avocat que l’on s’intéresse à lui, mais en tant que président-fondateur de SHERPA) poursuit sa campagne sans se laisser décourager par les camouflets qui lui sont infligés à intervalles réguliers par les tribunaux français, il convient de s’interroger sur les commanditaires de la vaste opération de désinformation dont il est l’un des principaux acteurs. Qui tire les ficelles de ce modeste juriste dont la vie toute entière semble vouée à la diffamation ? Comment parvient-il à convaincre des institutions aussi vénérables que le FIDH ou le CCFD d’épouser ses querelles ? De quels moyens de pression financiers ou autres, dispose-t’il pour mener une campagne de désinformation aussi longue ? (on a appris depuis grâce à RFI, que M. Soros intervenait dans le budget de SHERPA) En somme et pour résumer le problème concluaient Les dépêches de Brazzaville : « A qui profite le crime ? ».

 Le tribunal va même jusqu’à reconnaître qu’il n’est pas contestable que l’article en cause exclusivement consacré à Ma William Bourdon s’apparente, tant par sa tonalité générale que par son propos, à une charge destinée à déconsidérer un avocat qui est présenté sous le jour le moins avantageux (« modeste juriste », r qui ne compte certes pas au nombre des ténors du barreau parisien ,, objet de « camouflets qui lui sont infligés à intervalles réguliers par les tribunaux français », « série d’échecs retentissants sur le plan judiciaire », toutes choses qui ne sont cependant pas poursuivies en tant que telles nous confirme le tribunal.

LES DECLARATIONS DE TRANSPARENCY INTERNATIONAL

Malgré tout cela, Ma William Bourdon reste l’avocat de Transparency International France, que son président M. Daniel Lebegue couve d’un regard bienveillant, refusant même de répondre à l’interpellation qui lui fut faite par la revue Manager Plus, et de surcroit, comme si cela ne suffisait pas, citanf en modèle ce nouvel apôtre de la transparence, comme ce fut le cas lors de la conférence de presse organisée au Centre d’accueil de la presse étrangère, lorsque la question lui fut ouvertement posée. Dans un prochain numéro, nous reviendrons sur l’Association Transparency International qui comme l’indiquait sur ARTE, son Président ne reçoit pas un franc de l’étranger, mais oublie de dire que son association ne paye pas de loyer (ce qui évite d’avoir des biens mal acquis), et est hébergée gratuitement le plus normalement du monde... par la société KPMG qui est, comme chacun sait filiale d’un groupe américain, l’immeuble appartenant à la Société GECINA, société spécialisée dans la vente d’immeubles à la découpe, et objet d’une commission d’enquête parlementaire...

En ce qui concerne l’indépendance et la transparence, nous reviendrons aussi sur les déclarations de M. Daniel Lebegue, président de Transparency International France, faite devant une commission à l’Assemblée nationale qui avait constitué un groupe de travail sur la prévention des conflits d’intérêt, au cours de laquelle il a reconnu qu’il avait des difficultés sur le plan éthique en matière de conflits d’intérêt , en tant qu’administrateur de plusieurs sociétés et son association ... Devant la même commission, il s’est opposé à la création d’un registre recensant les entreprises ou associations ayant des actions dans le domaine du lobbying...

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