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Vive les Grand-Mère !

Mercredi 7 mars 2007, par Paul Vaurs // Divers

Elle s’inquiétait de nous avoir chaudement vêtus l’hiver lorsque les frimas matinaux blanchissaient le chemin du village s’obstinait dans l’idée qu’un cache-nez nous éviterait le pire, nous en tricotant de toutes les couleurs, toutes les longueurs, vociférait en patois pour la moindre goutte de pluie qui risquait de nous faire attraper ce qu’il ne fallait pas, et nous chargeait - que dis-je ? Nous affublait de chaussettes de laine, gilets de laine, bonnet de laine, gants de laine, à tel point que très tôt nous vouâmes une grande rancoeur à la mercière et un grand mépris pour la laine., et les moutons.

Nous quittions la maison ainsi vêtus de milliers de points endroits et envers, de kilomètres de fil de laine, qui nous grattaient la peau, impuissants, semblables à les marionnettes.

Son regard nous suivait alors curieux et accusateur de là fenêtre du premier étage et sa voix tremblotante mais forte nous rejoignait parfois : « attends un peu garnement ! ». Nous renouions l’écharpe, reboutonnions la veste, réenfilions les moufles à regrets. Combien de fois avons-nous tenté une rebuffade ? Ses yeux bleus viraient alors au vert, ses lèvres tremblaient de colère et ses doigts semblaient s’agiter mais pas un son ne sortait de sa gorge. Nous regrettions nos emportements lorsque nous entendions sa porte claquer. Nous étions garnements et partions ravis malgré tout, en chantant, le cou au vent, les doigts au froid, libres enfin. Nous devinions son regard bleu et triste guettant derrière les rideaux nos ébats inconscients. Huit fois sur dix, nous rentrions le soir, le front chaud et penauds mais contents, nous allions chez grand-mère implorer son pardon. « Aqui pitchoun ! » disait-elle en sourdine tandis que déjà la tisane au miel infusait sur la table.

Elle nous aimait l’aïeule et sa tendresse perçait dans son regard et ses gestes d’amour. L’été, lorsque les fleurs envahissaient sa vie, elle semblait renaître d’entrain, de galéjades, et la tète coiffée du chapeau en paille d’Italie, sa « dernière coquetterie » aimait-elle dire, elle nous envoyait des signes de main interminables et les rides de sa peau apparaissaient pour autant de sourires.

Grand-mère... ou êtes vous, qui avez satisfait nos gourmandises, regardé nos jeux, amoindri nos bêtises, crié tout bas pour ne pas alerter les parents ?

Que sont devenues vos lunettes et vos aiguilles ?

Où est passée votre patience et où sont partis vos regards bleus ?

Enfouis., dans un tiroir secret, sous une pile de linge ou un petit carnet, près de votre photo jaunie... Vos rides sourient devant notre incrédulité, tandis que la laine demeure notre chaleur..

Grands-mères... Pourquoi nous avez-vous quittés ?

Enfants qui possédez encore la vôtre, sachez la reconnaître, l’apprécier et l’aimer et n’oubliez pas, tendrement, de lui souhaiter dimanche 4 mars une « Bonne fête des grands mères. »

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