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Vers l’inadmissible violence sociale.

Samedi 11 avril 2009 // La France

Une employée de banque tuée en janvier dernier à Paris. Dans toutes sortes d’établissements financiers, de nombreux salariés en relation avec la clientèle sont chaque jour insultés et menacés. Même situation critique dans les bureaux des nouveaux Pôles emploi : Insultes, agressions physiques, menaces avec armes. Dans les usines qui licencient ou qui ferment, la tension monte et des patrons sont houspillés ou séquestrés. En Guadeloupe, un manifestant a été tué et on a tiré à l’arme de chasse sur des policiers...

Les motifs de ces comportements sont clairs, Dans les banques, ce sont des clients exaspérés par un refus de crédit ou la confiscation d’une carte de paiement qui s’en prennent à ceux qui se trouvent à portée de la main. Dans les Pôles emploi, l’angoisse des chômeurs est accrue par l’immense désordre provoqué par la fusion entre I’ANPE et les ASSEDIC qui retarde de plusieurs mois le paiement des allocations. On sait que dans le patronat ultra-libéral le licenciement et la compression des bas salaires sont les seules « variables » utilisées pour réduire les coûts. Le harcèlement des policiers est pour certains groupes un rituel de fin de manifestation mais d’ordinaire ce défoulement restait limité.

Nous sommes aujourd’hui confrontés à une contagion de la violence sociale qui va s’étendre et se durcir à mesure que la crise économique s’intensifie. Il est désolant de constater que cette violence frappe des salariés du privé et des fonctionnaires qui sont eux-mêmes soumis au « management par le stress » et a l’obligation de résultats chiffrés qui provoquent des dépressions nerveuses et des suicides. Les pouvoirs publics, quand ils s’apercevront de l’ampleur du « problème  », ne le résoudront pas par des campagnes de communication incitant au respect mutuel.

L’impuissance prévisible des différents gouvernements (autrement dit, de Gauche comme de droite) tient d’abord au fait qu’ils ont depuis longtemps perdu toute légitimité. Les critères de l’adhésion populaire, du service rendu et de la tradition nationale, n’ont plus cours en France.

Les élections de 2007 résultent d’une série de non compréhension entre le peuple et les divers candidats ; Le référendum est refusé au peuple français sur les questions cruciales du Traité de Lisbonne et du retour complet dans l’Otan. Le consentement populaire fait défaut.

Le pouvoir politique ne rend pas service à l’ensemble de la collectivité nationale il n’est pas capable de la protéger de la crise, il est lié aux organisations patronales qui mènent contre les salariés une guerre de classe méthodique et implacable.

La continuité historique est maintenue dans le domaine de la politique extérieure malgré le fait de son alignement progressif sur les Etats-Unis. Du coup, certains citoyens autistes se sentent floués, abandonnés, trahis.

Des citoyens subissent cependant l’angoisse et l’accumulation des crises.

Notre Armée reste étroitement liée à la nation, et grâce au retour de la France dans l’Otan aura la possibilité d’avoir des officiers généraux au sein du commandement militaire de l’Alliance Atlantique tout en conservant sa liberté d’action et de disposer à sa guise de son armement nucléaire.

Les manifestations des salariés le 19 mars et celle d’un peuple qui ne respecte plus la Démocratie ; Les Français ont voté pour une majorité de Droite, ce n’est qu’aux prochaines élections législatives qu’ils devront renouveler ou non l’Assemblée Nationale.

Cette situation renvoie chaque citoyen, les syndicats et tous les partis d’opposition a leurs responsabilités.

Les citoyens doivent faire l’effort de maîtriser leur violence au lieu d’insulter, de menacer et de frapper les employés et les policiers, il faut se dire et leur dire que nous sommes tous prisonniers d’un système qui fonctionne démocratiquement et qu’ils doivent le respecter.

Dans aucun pays civilisé on assiste à de pareil défilé ; Le Pays est pris en otage, c’est inadmissible. Il faut se dire et leur dire que leur colère doit viser les seuls oligarques grands patrons ultra-libéraux, dirigeants des principaux médias. Il faut que la lutte sociale soit organisée par des directions syndicales représentatives qui doivent organiser la résistance populaire saris compromis avec la « gouvernance » de faillite.

Il faut que les mécontents, trouvent une issue politique pour défendre les libertés démocratiques. Puisque les formations gaullistes ont presque disparu, il est urgent que les partis d’opposition (s’ils existent) prennent leurs responsabilités et mobilisent selon les nécessités qu’ils croient opportunes. Nous risquons chaque jour un peu plus le déchaînement de la pure violence gratuite et inacceptable.

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