Vercingétorix fait l’unanimité.

Lundi 12 avril 2010 // L’Histoire


Lu dans Historia.

Vercingétorix fait l’unanimité.

Vénéré par ses troupes, il est, sans aucun doute, le grand chef de la résistance. À Alésia, il rallie toutes les tribus de la Gaule.

Vercingétorix est celui qui a pu pendant un temps s’assurer la collaboration de nombreuses tribus gauloise. Ces alliances lui ont permis de remporter plusieurs victoires sur les Romains, mais, lors de la bataille d’Alésia, la défection de ses alliés a entraîné la défaite définitive des Gaulois. Fils du chef Celtillos, Vercingétorix commence par tenter de regrouper les Arvernes contre les Romains, mais il échoue. Il envoie ensuite des ambassadeurs à tous les peuples de la Gaule et parvient à fédérer ceux de la Celtique centrale. Pour réduire les Romains à la famine, il pratique la tactique de la terre brûlée, incendiant les villes qui auraient pu les ravitailler. En mars 52 av. J.-C., son armée inflige à César une grave défaite lors de la bataille de Gergovie.

Le chef arverne réunit alors à Bibracte une assemblée générale des tribus et se fait reconnaître comme chef de la coalition gauloise. Dans un premier temps, cette dernière parvient à faire reculer les Romains. Vercingétorix commet alors l’erreur de s’enfermer dans la place forte d’Alésia, pensant prendre en tenailles les troupes de César coincées entre les assiégés et une armée de renfort attendue. Mais les considérables travaux de siège effectués par les hommes de César empêchent la progression des renforts. À l’intérieur d’Alésia, les Gaulois sont en proie à la famine ; Toutes les « bouches inutiles », femmes, enfants, vieillards, sont expulsées et vont agoniser jusqu’à la fin du siège entre les remparts et la première ligne de défense des Romains. Reconnaissant son échec, Vercingétorix laisse à ses officiers le choix de le livrer aux Romains, ce qui est fait. Le général arverne sort de la ville, se présente (sans doute pas à cheval comme le veut la tradition) devant César assis sur son siège de général et jette ses armes aux pieds du Romain. Chargé de chaînes, Vercingétorix est conduit à Rome et emprisonné pendant six ans. En 46 av. J.-C., il orne le cortège triomphal de César, puis est étranglé dans sa prison. Quant aux militaires gaulois qui l’ont livré, ils ne tirent aucun avantage de cette trahison : ils sont distribués comme esclaves aux légionnaires, à raison d’un par soldat.

Grand amateur des écrits de Jules César, l’empereur Napoléon III s’attache à donner un poids historique au personnage de Vercingétorix. Il fait commencer des fouilles sur les sites de Bibracte, Gergovie et Alésia et érige sur le mont Auxois une gigantesque statue (7 mètres de haut) du chef arverne dont le socle porte l’inscription : « La Gaule unie/formant une même nation/animée d’un même esprit/ peut défier l’univers ».

À partir de cette date, la légende d’une Gaule coalisée sous le commandement de Vercingétorix ne fait que se fortifier et, dans les écoles, l’histoire de France commence par « nos ancêtres les Gaulois » !.

Attila, le chef des Huns, dévaste Paris

Les hordes barbares fondent sur la capitale. Nous sommes en 451. Les murailles qui protègent l’île de la Cité sont prises d’assaut. Les habitants sont massacrés : Ravageant tout sur son passage, Attila traverse la Gaule jusqu’à Orléans, mais il évite Paris. Encouragés peut-être parla figure plus ou moins légendaire de Geneviève, les Parisiens s’étaient pourtant apprêtés à résister courageusement.

Au Ve siècle de notre ère, les Huns occupent un véritable empire qui va de la Hongrie à la mer Caspienne. Leur roi, Attila, qui n’a pu toucher le tribut annuel dû par Constantinople, décide de se tourner vers l’Empire d’Occident. En 451, ses troupes, composées de Huns à cheval et de Germains, franchissent le Rhin et pillent Metz, Reims et Troyes. Précédés d’une détestable réputation de cruauté et de barbarie, ils progressent rapidement vers l’ouest et sèment la désolation sur leur passage. Seuls les habitants de Paris, encouragés par une jeune fille de Nanterre, Geneviève, qui n’est pas, comme le veut la légende, une pauvre bergère mais une nonne, préparent la résistance et amassent des vivres en prévision d’un siège.

En fait Attila passe au large de Paris, qui n’est qu’une bourgade d’importance secondaire, et s’avance jusqu’à Orléans. Saint Aignan, évêque de cette ville, se rend à Arles pour obtenir l’aide du général romain Aetius, qui réunit tous les peuples barbares de Gaule Francs, Burgondes, Alains, et obtient l’appui de Théodoric Ier, roi des Wisigoths d’Aquitaine. En juin 451, ces forces alliées surprennent Attila devant Orléans et le forcent à battre en retraite. La rencontre décisive a lieu le 20 juin 451 en Champagne au Campus Mauriacus (ou champs Catalauniques). Les Huns, qui ne sont pas habitués à soutenir de longs combats, se replient assez vite et se réfugient dans leurs campements. Aetius les encercle pour les affamer. Attila, avec les débris de son armée, préfère la fuite vers le Danube. Il reconstitue ses forces et, en 452, resurgit en Italie. Après avoir dévasté plusieurs villes, il arrive aux portes de Rome. Le pape Léon le Grand négocie une trêve avec les Huns qui, en échange d’une grosse rançon, regagnent la Pannonie (Hongrie). Attila prépare une nouvelle expédition contre l’Orient lorsqu’il meurt subitement la nuit de ses noces.

Attila a été fort malmené parla tradition et a reçu le surnom de « Fléau de Dieu ». On lui prête la formule : « Là où mon cheval passe, l’herbe ne repousse plus ! » En fait les Huns étaient beaucoup moins primitifs que ne le veut la légende. Attila, en contact avec la civilisation romaine depuis son enfance, s’était entouré d’une bonne administration. Quant au siège de Paris, il n’a jamais eu lieu et les Parisiens se sont contentés de se préparer à affronter les Huns. Sainte Geneviève, qui aurait exhorté les Parisiens à lutter courageusement, reste une figure mythique dont l’existence n’est pas assurée. Il n’en reste pas moins que cette jeune femme, dont la légende se développe au Moyen Âge, est devenue une héroïne de la résistance et la sainte patronne de Paris.

Clovis se convertit par conviction religieuse.

C’est à la bataille de Tolbiac, en 496, qu’a lieu le miracle qui fait basculer le roi franc dans la foi catholique. S’il a gagné contre les Alamans, c’est bien que Dieu existe.
Son baptême est présenté par le premier historien des Francs, Grégoire de Tours, comme un signe du ciel. Ses motivations, s’avèrent cependant tout autant politiques que religieuses.

C’est vers 481 que Clovis commence à régner sur les Francs saliens, qui occupent le nord de la Gaule. Sur les ruines de l’Empire romain se sont en effet installés divers peuples germaniques, comme les Francs, les Burgondes, les Wisigoths et les Ostrogoths. Leur pouvoir reste cependant fragile numériquement, et très minoritaires, ils sont en butte à l’hostilité des populations gallo-romaines, qui ne se mêlent pas à eux pour des motifs essentiellement religieux. Elles suivent le christianisme romain, alors que les Barbares sont pour la plupart ariens, ne reconnaissant pas la nature divine du Christ. Quant aux Francs, plus arriérés, ils sont restés païens.

Durant les premières années de son règne, Clovis ne semble pas se préoccuper de questions religieuses, mais, il a épousé par politique une Princesse Burgonde. Or Clotilde, de confession catholique, entreprend de catéchiser son païen de mari. S’il accepte de laisser baptiser leur fils premier-né, la mort du nourrisson ne l’incite pas à poursuivre dans cette voie. C’est au cours d’une bataille mal engagée contre les Alamans que Clovis aurait cependant joué sa dernière carte en promettant au Dieude Clotilde de se convertir en cas de succès. Bien que victorieux, le roi hésite un peu à tenir parole, car il craint les réactions de son peuple, mais un rapide sondage d’opinion le rassure.

Un jour de Noël (peut-être en 496, mais la date reste incertaine), Clovis reçoit donc le baptême des mains de saint Rémi : « Dépose humblement tes colliers, Sicambre ! Adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré », lui déclare l’évêque. Dans la foulée, plusieurs membres de sa famille ainsi que 3000 guerriers auraient été baptisés. Autrement dit, toute l’aristocratie franque. Il s’avère impossible d’apprécier la sincérité de Clovis, on sait seulement qu’il fit ce qu’on pouvait attendre d’un souverain chrétien : Respecter les dogmes, protéger les églises, en fonder de nouvelles... Mais Clovis, qui avait pris le temps de la réflexion, pouvait mesurer les conséquences qu’aurait son geste sur le plan politique. Il était en train de conquérir un territoire immense sur les autres peuples barbares, mais sans l’appui des populations gallo-romaines, quel serait l’avenir de son empire ? En acceptant le baptême, il recevait ipso facto l’appui inconditionnel des évêques et des élites locales, y compris dans les régions dominées par d’autres barbares ariens, comme l’Aquitaine wisigothique ou la Burgondie. En outre, ses hommes, devenus catholiques, pouvaient désormais épouser de jolies Gallo-Romaines. Le baptême de Clovis permet ainsi la naissance d’un nouveau peuple.

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