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VOTE A L’ONU.

Mardi 11 octobre 2011 // Le Monde

Mahmoud Abhas est rentré lé 25 septembre à Ramallah, acclamé comme un héros par son peuple pour avoir demandé l’admission de la Palestine à l’ONU. Rien n’est résolu pourtant.

Le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale de l’ONU approuvait le plan de partage de la Palestine par 33 voix contre 13 et 10 abstentions. Un Etat n’avait pas pris part au vote. L’ONU, qui comptait donc à l’époque 57 membres, en dénombre aujourd’hui 193 et se prononce sur l’entrée d’un 194e. L’Etat arabe de Palestine a pourtant déjà été créé par cette résolution 181 de 1947 qui a en même temps créé l’Etat d’Israël. Qu’a-t-on donc fait pendant ces 64 ans ?

Il faut rappeler que les pays musulmans, alors au nombre de dix (dont six arabes), avaient tous voté contre l’instauration de deux Etats. S’agit-il seulement d’accepter aujourd’hui ce qui a été rejeté pendant 64 ans ? Israël dit que non. Car la résolution soumise au vote n’est pas basée sur le plan de partage de 1947 mais sur la résolution 242 qui a sanctionné la guerre des Six jours de juin 1967. Or celle-ci est une résolution non de l’Assemblée générale mais du Conseil de Sécurité. C’est bien pour cette raison que le président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas a choisi de présenter la candidature de l’Etat palestinien au Conseil de sécurité et non à l’Assemblée générale (où il sera néanmoins contraint de l’adresser dans un second temps après le veto américain au Conseil).

La différence entre les deux approches est capitale car elle décide de la question des frontières reconnues de chacun des deux Etats. Le droit international classique interdit de reconnaître un Etat dont les frontières sont disputées et ne sont pas internationalement reconnues, ce qui est le cas israélo-palestinien. Il présuppose donc des négociations. Les Palestiniens affirment qu’ils négocieront après leur reconnaissance, les Israéliens veulent que la négociation précède celle-ci. Ce plan partageait la Palestine mandataire. Les deux Etats ont donc chacun une égale vocation à être successeur de celle-ci. Il n’y a pas, en théorie, un Etat palestinien et un autre qui serait israélien. Symboliquement et légitimement, Israël ne peut renoncer à cette référence. Sinon pourquoi aurait-il été créé en Palestine ?

Le plan de partage crée sur le territoire de la Palestine deux Etats dénommés l’un Etat juif de Palestine, l’autre Etat arabe de Palestine. Il n’y a juridiquement aucune raison de se fonder sur telle ou telle frontière de fait, datant de 1947, 1949 ou 1967, mais il y a obligation en revanche d’ouvrir la négociation, qui aurait dû avoir lieu après le vote du 29 novembre 1947. Telle était la mission du médiateur désigné alors par l’ONU en la personne du comte Folke Bernadotte, membre de la famille royale suédoise, mais qui fut incapable de faire face aux problèmes. Il fut assassiné le 17 septembre 1948 (en même temps que le colonel français qui l’accompagnait), attentat attribué à un groupe extrémiste juif. L’ONU a la mémoire longue et l’actuel secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et sa bureaucratie ne semble toujours pas avoir pardonné aux Israéliens.

L’énumération des votes de chaque délégation, les cris de victoire des uns et la déception des autres, et réciproquement, comme en 1947/1948, ne peuvent que laisser un profond sentiment de tristesse et d’amertume. 64 ans, c’est la vie active d’un homme qui ne peut s’empêcher de regarder avec nostalgie vers ce temps perdu et qui ne sera jamais retrouvé.

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