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Une révolution contre les femmes ?

Vendredi 2 décembre 2011, par Aliaa Dawood // Le Monde

Les droits acquis par les Egyptiennes l’ont été largement à l’initiative de Suzanne Moubarak, l’épouse du dictateur déchu. Il va donc être facile de les abroger, regrette le quotidien libéral du Caire Al-Masri Al-Youm.

Que vous le croyiez ou non, les Egyptiens sont en train de lancer une autre révolution, mais cette fois les femmes n’y joueront aucun rôle pour la bonne raison que c’est une révolution contre leurs droits. A l’origine de ce mouvement, on trouve des organisations comme la Coalition pour protéger la famille, l’Association pour sauver la famille et la Révolution des hommes égyptiens.

Leur action vise à abolir des droits comme la khula (le droit des femmes musulmanes à demander le divorce), à abroger un amendement récent reportant à 15 ans l’âge de la responsabilité pénale des mineurs et à réviser des conventions et des traités internationaux sur les droits des femmes dont l’Egypte est signataire. Une mesure concrète a déjà été prise : l’abolition du quota parlementaire pour les femmes. Ce retour de bâton est le résultat de divers facteurs, mais je me concentrerai ici sur trois d’entre eux.

Le premier était l’habitude de l’ex-première dame du pays, Suzanne Moubarak, de modifier d’elle-même le statut des femmes par des amendements ou par l’introduction de nouvelles lois.. Bien sûr, ces décisions n’étaient pas entièrement laissées à sa discrétion, mais elle a indéniablement joué un rôle essentiel dans ce domaine. Pendant plus d’une décennie, la société égyptienne a été submergée d’informations sur les activités du Conseil national de la femme, un organisme placé sous les auspices de Mme Moubarak. Les droits des femmes étaient rarement évoqués dans les médias sans être directement associés à la première dame, au point que les lois relatives à ces droits étaient souvent appelées "lois de Suzanne Moubarak".

La deuxième raison est que toutes lés décisions concernant les droits des femmes étaient prises en haut lieu : l’Etat et ses serviteurs décidaient des droits qui devaient être mis à l’étude, ainsi que des procédures et des délais pour le faire, et la société égyptienne était presque totalement tenue à l’écart de ce processus. Beaucoup de citoyens avaient le sentiment que les changements relatifs aux droits des femmes leur étaient imposés, sentiment qui n’a fait que s’amplifier avec l’impopularité croissante du rime Moubarak. Bien avant la chute e ce dernier, nombre d’Egyptiens ont tenté de résister à cette évolution du statut de la femme, mais, contrairement à aujourd’hui, leurs efforts ont été vains.

Dernier facteur, et non le moindre : la manière dont la plupart de ces lois ont été introduites ou amendées a conduit les hommes à penser qu’on les privait de leurs droits pour les donner aux femmes. Un bon exemple est l’amendement de la loi sur la garde des enfants. [Alors qu’auparavant les garçons de parents divorcés n’étaient plus gardés par leur mère à partir de leur puberté], la loi a été modifiée [en zoos] pour que les enfants des deux sexes puissent rester auprès de leur mère jusqu’à l’âge de is ans. Cet amendement et beaucoup d’autres ont conduit de nombreux hommes à se sentir opprimés. Certains ont même créé, bien avant la révolution, des organisations de défense des droits des hommes.

Il n’est donc pas surprenant qu’un grand nombre d’entre eux aient perçu le renversement du régime Moubarak comme une merveilleuse occasion de récupérer leurs droits, ce qui semble être en train de se produire. Leur succès ne s’explique pas par le fait que les femmes ne sont pas aptes à disposer de ces droits, mais par la haine que suscite la personne [M Moubarak], qui a introduit ces changements, et par la manière dont ils ont été imposés.

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