Une rentrée des classes qui coûte cher aux familles.

Vendredi 7 septembre 2007, par Paul Vaurs // La France

2 Millions d’élèves, soit un gros tiers des 5,5 millions d’écoliers du secteur public, ont repris le chemin de l’école avant la date officielle de la rentrée scolaire. L’essentiel des effectifs, soit au total 6,6 mutions d’écoliers et 5,4 millions de collégiens et lycéens, effectueront leur rentrée à partir du 4 septembre.

C’est dans le village de Mailley-et-Chazelot, en Haute-Saône, que s’est déroulée la plus précoce de ces rentrées anticipées, dès le lundi 20 août. Soumis à la semaine des quatre jours ou à d’autres formes de « semaines aménagées », ces écoliers de toute la France bénéficieront dans l’année d’horaires allégés, ce qui permet une meilleure concentration des enfants durant la classe. Même si ces expérimentations horaires, qui existent maintenant depuis 16 ans, peuvent parfois poser des problèmes aux familles les plus modestes qui n’ont pas les moyens de financer des activités extra-scolaires pour occuper le temps libre dégagé au cours de l’année.

Ces inégalités, il en est question également à propos de courses de rentrée scolaire. Même si de nombreuses familles ont pris l’habitude d’étaler ces dépenses tout au long de l’été. Dans les grandes surfaces, où 86 % des Français effectuent leurs achats de rentrée, les rayons saisonniers sont mis en place depuis la mi-juillet et le climat maussade de l’été a favorisé les achats scolaires en juillet et en août. Certains ont même effectué leurs achats de rentrée sur leur lieu de vacances, ce qui serait une bonne idée selon l’association Familles de France qui a constaté des écarts de prix sur les fournitures de rentrée entre Paris et la province. Au total, les familles devront régler pour ces achats une facture en hausse de 2% par rapport à 2006, selon l’enquête réalisée par l’association Familles de France, ou en hausse, selon les classes, de 0,67 à 2,06% selon l’enquête réalisée par la Confédération Syndicale des Familles.

 La hausse sera donc sensiblement supérieure à l’inflation des prix à la consommation que l’Insee évalue à 1,1% en glissement annuel à fin juillet 2007, et supérieure également à l’augmentation de 1,7% de l’allocation de rentrée scolaire par rapport à 2006. Versée à compter du 20 août à 2,8 millions de familles bénéficiaires, sous conditions de ressources, elle sera cette année de 272,57 €. Une somme qui suffit à couvrir les frais de rentrée pour les jeunes enfants. Ainsi, selon la CSF, le budget de rentrée est de 127,38 € pour un enfant entrant en CP. Mais dès la classe de  4° , l’allocation ne suffit plus. La rentrée coûterait 318,12 € dans cette classe, 569,09 € au lycée et jusqu’à 806,32 € en seconde technologique.

Heureusement, après avoir généralisé la gratuité des manuels scolaires des lycéens, certains conseils régionaux ont commencé à attribuer des aides pour l’acquisition d’un équipement professionnel spécifique (outillage, vêtements...), souvent coûteux, indispensable aux élèves entrant dans des formations techniques ou professionnelles. Mais les associations familiales et les associations de parents d’élèves réclament cependant depuis plusieurs années que l’allocation de rentrée scolaire soit modulée en fonction du niveau de formation ou d’études des enfants.

Familles de France, suggère également que cette allocation soit fractionnée en plusieurs versements trimestriels pour aider efficacement les familles à couvrir les dépenses liées à la scolarité et aux activités extra-scolaires tout au long de l’année transport, sorties scolaires, activités au cours des vacances, cantine, étude scolaire... représenteraient un budget annuel moyen de 944 €.

Et pour faire face à l’ensemble de ces dépenses, les parents devront certainement réussir à faire les bons choix, à ne pas céder à trop de fantaisies dans les courses de rentrée, il faut dire aux familles. Les marques, laissez tomber, ça vous coûte cher, ça ne sert à rien. Ce n’est pas parce que l’entant aura des choses de marque qu’il va réussir mieux, souvent, c’est « l’inverse » a recommandé Henri Joyeux, président de Familles de France. Même si résister à l’attrait des marques et des produits griffés et souvent plus facile à dire qu’à faire...

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