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ELYSEE 2007

« Une petite odeur de naphtaline ».

Mercredi 14 mars 2007, par Courrier International // La France

Vu de Londres, les propositions des socialistes fleurent bon les années 1970. Quant au programme de l’UMP, il a des relents de reaganisme. Pour la modernité, reste donc François Bayrou. Ou même Jacques Chirac…

FINANCIAL TIMES
Londres

Ce qui se raconte sur la prochaine présidentielle française repose sur deux axiomes. D’une part, la course se joue entre deux candidats et, d’autre part, la politique hexagonale entre dans une ère nouvelle. On peut aujourd’hui affirmer sans trop prendre de risques que la deuxième affirmation est fausse et que la première n’est plus tout à fait vraie. Les programmes politiques de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royale n’ont pas grand-chose à voir avec la politique postmoderne. Mme Royal propose de pressurer les riches et porter le SMIC à 1 500 euros bruts. Quant à M. Sarkozy, il souhaite réduire les droits de succession dans le pays doté du régime le plus avantageux au monde. Les deux candidats proposent une augmentation massive des dépenses sans annoncer comment ils vont la financer. Et aucun d’entre eux n’aborde la question cruciale de la Sécurité sociale.

La partie semble donc se jouer entre le socialisme des années 1970 et l’économie de l’offre des années 1980, autrement dit entre du vieux et du très vieux. Comparé à des candidats, le président Chirac apparaîtrait presque comme un moderne. En toute justice, Mme Royal et M. Sarkozy font l’un et l’autre une proposition majeure. La première souhaite se focaliser sur le système éducatif, qui a grandement besoin d’une réforme, et le second a de bonnes idées pour réformer le marché du travail. Mais il faut bien savoir que la France est confrontée à de sérieuses difficultés économiques et figure parmi les pays de la zone eur, qui enregistrent la croissance la plus faible et les déficits les plus élevés. Ni M. Sarkozy ni Mme Royal ne pourront tenir leurs promesses électorales sans une forte hausse des impôts ou une réforme radicale des dépenses, voire les deux. Alors, se pourrait-il que la course ne se résume pas à ces deux candidats ? La campagne de Mme Royal a mal démarré. Ses propositions n’ont pas apporté l’amélioration souhaitée par les Français.

La démission d’Eric Besson, secrétaire national du Parti socialiste chargé des questions économiques et fiscales, à la suite d’une querelle sur l’opportunité de publier ou non le chiffrage du programme électoral, a manifestement été un mauvais coup pour la candidate. Si elle venait à tomber plus bas dans les sondages, la campagne pourrait alors devenir très intéressante. N’oublions pas que les socialistes n’ont pas désigné Mme Royal pour son programme, puisqu’elle n’en avait pour ainsi dire pas au moment de sa nomination. Ils l’ont choisie parce qu’elle leur paraissait la candidate la plus à même de battre Nicolas Sarkozy. Qu’adviendra-t-il s’ils révisent leur jugement ? Tandis que la cote de Mme Royal est en train de baisser, celle de François Bayrou s’améliore de jour en jour. Il semble être tout ce que ne sont pas les deux autres candidats : proeuropéen, conscient des obligations financières de la France et de l’importance de sa dette publique. Le candidat a peut-être gagné quelques électeurs mécontents et il a vaguement été question d’une alliance avec les socialistes dans l’improbable éventualité où la campagne de Mme Royal virerait au fiasco. Mais, même avec beaucoup d’imagination, il est difficile d’envisager un scénario conduisant le candidat centriste à l’Elysée.

Un facteur important, bien sûr, sera la capacité de Nicolas Sarkozy à poursuivre sur sa lancée. On peut dire qu’il a remporté le premier round. Il a mené une campagne très organisée et disciplinée, et il a réussi à rassembler son parti derrière lui. Mais ne nous y trompons pas. L’élection est encore loin d’être jouée. Il reste neuf semaines avant le premier tour du scrutin, et beaucoup d’électeurs sont toujours indécis. Mme Royal a encore une chance de renverser la situation. C’est une politicienne avertie, et elle s’est entourée d’une équipe de choc. Durant cette période, il est probable que Nicolas Sarkozy fera lui aussi des faux pas. Tout ceci n’est que de la politique spectacle. Quant à savoir si la politique et l’économie française sont à l’aube d’une ère nouvelle, je reste sceptique.
Wolfgang Munchau

Coup de griffe : « Chirac méprise l’Espagne ! »

De Paris

Jacques Chirac prépare son peu glorieux départ de l’Elysée avec un livre de confidences qui tient parfois du commérage. Il y décoche des flèches empoisonnées contre l’Espagne, contre Christophe Colomb et contre la découverte de l’Amérique. L’inconnu de l’Elysée (éd. Fayard) est un recueil de conversations, entre Jacques Chirac et Pierre Péan, qui avait déjà commis un livre similaire avec François Mitterrand. Le principe avec Jacques Chirac est très simple : le président parle d’abord de ses différentes vies intimes avant de dire « toute la vérité » sur les sujets les plus épineux, sans autre chose pour étayer son propos que sa parole et son point de vue. Le livre est un règlement à l’arme blanche avec ses très nombreux rivaux et ennemis.

On y trouve notamment un chapitre bref mais féroce réunissant des phrases du président français sur l’Espagne. Celui-ci y témoigne d’une effarante méconnaissance de notre pays, dans des commentaires qui ne sont par ailleurs pas exempts de perfidie. Il résume ainsi l’épopée de la découverte et de la colonisation de l’Amérique : « Je n’ai pas d’admiration pour ces hordes qui sont venues en Amérique pour détruire. » Le lecteur a également droit à une confession diplomatique de premier ordre : lorsque l’Espagne, l’Europe et l’Amérique ont fêté le 500ème anniversaire de la découverte du continent américain, le gouvernement espagnol a invité la ville de Paris [Jacques Chirac était alors maire de la capitale] à se joindre aux célébrations. Réponse de Chirac : « Le roi d’Espagne m’a appelé quand il a appris ma décision de ne pas y associer Paris. […] Pour moi, [la découverte de l’Amérique] n’est pas un grand moment de l’Histoire. » Puis, persistant dans l’ignorance perfide : « Au surplus, ce n’est pas historiquement fondé. Ce n’est pas Colomb qui a découvert l’Amérique, mais les Vikings, cinq siècles plus tôt ! »

Pour le président Chirac, donc, les relations entre l’Espagne et l’Amérique, la découverte de cette dernière, sa colonisation, la diffusion des cultures européennes sur le continent américain, l’élaboration du droit international, les routes commerciales transatlantiques, l’émergence colossale des littératures sud-américaines en langue espagnole, et j’en passe, tout cela se réduit à une dénonciation méprisante de « hordes » venues pour tout « détruire ».
Juan Pedro Quiñonero, ABC (extraits), Madrid

Entretien : “Sarkozy comme sujet littéraire”
La romancière et dramaturge Yasmina Reza suit depuis plusieurs mois le ministre de l’Intérieur en campagne. Un homme « de convictions », assure-t-elle, sous le charme. Et « bourré de paradoxes ».

DER SPIEGEL (extraits)
Hambourg

Pourquoi un auteur jouissant d’une réputation internationale se commet-elle dans les bas-fonds de la campagne présidentielle française ?
YASMINA REZA La politique, sa raison et sa déraison ont toujours donné des ailes aux écrivains. Il y a un certain temps que je souhaitais écrire sur une personnalité politique, car il s’agit souvent de personnages carrément romanesques. Au début, je ne savais pas très bien si j’illustrerais le thème sous forme de théâtre ou de roman. Je me suis finalement décidée pour un portrait, une description impressionniste.
Qu’est-ce qui vous intéresse chez Nicolas Sarko

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