Cher(e)s ami(e)s internautes.

Merci pour votre fidélité ; les écrits quotidiens seront absents tout le mois de septembre. Vous pouvez cependant parcourir tous les dossiers créés depuis plus de 10 ans et qui figurent sur le site.

Dés le mois d’octobre il vous sera proposé un mensuel auquel vous pourrez participer en me faisant parvenir votre perception des affaires politiques, familiales, sportives ou autres.

Rien ne sera censuré, hormis des articles injurieux et calomnieux.

Je suis attaché aux valeurs chrétiennes, aux valeurs dites républicaines et à une monarchie parlementaire.

Vous pouvez nous contacter en cliquant sur ce lien >>

Une grève de privilégié.

Vendredi 28 décembre 2007 // La France

La grève fait la pause. C’est du moins, ce qu’a laissé entendre Bernard Thibault « La grève est suspendue, les mots ont un sens. « Suspendue, ça veut dire qu’elle peut reprendre si les négociations n’avancent pas concrètement et réellement. » Le syndicaliste se transforme en père Noël, promettant des cadeaux à ses affidés et la trêve des confiseurs au reste des Français - parfaitement conscient, d’ailleurs, qu’un blocage des transports en commun pendant les fêtes tournerait l’opinion publique contre les grévistes.

Les sondages l’ont montré ; une majorité de Français a mal vécu le dernier « mouvement social » dans les transports en commun, perçu comme l’effort égoïste d’une minorité de favorisés pour préserver des régimes spéciaux de retraite payés, en bonne partie, par les salariés du secteur privé. Et pour cause Les agents de la SNCF et de la RATP cotisent moins longtemps (37,5 ans contre 40) à un taux plus favorable ( 7,5% contre 10,35%. Ils prennent leur retraite plus tôt (à 55 ans et 1mois en moyenne à la SNCF, contre 61 ans et 9 mois dans le privé). Leurs pensions sont calculées sur les 6 derniers mois de salaire - les plus hauts - quand les 25 meilleures années sont prises en compte dans le privé ; elles sont, en outre, revalorisées sur la base de l’évolution des salaires dans l’entreprise et non pas, comme dans le privé, de l’évolution des prix.

En somme, les bénéficiaires des régimes spéciaux, pour l’essentiel salariés des entreprises publiques, gagnent sur tous les tableaux. Précisons par ailleurs que la réforme envisagée n’ambitionne pas d’aligner leurs régimes sur le régime commun - celui du secteur privé - mais sur celui de la fonction publique, à peine moins privilégié et complété par un système de retraite par capitalisation : la Préfon.

Il faut souligner la responsabilité des gouvernements de droite dans cette situation, à commencer par celui d’Édouard Balladur, qui réforma - et dépouilla - en 1993 les retraites du privé, sans oser toucher celles du public. Alain Juppé, qui s’y risqua deux ans plus tard, mais il dut reculer. Et la réformette de François Fillon, en 2003, n a rien changé au fond.

Au reste, ces différences de traitement ne sont pas choquantes en elles-mêmes - tout au plus pourrait-on observer qu’elles sont paradoxalement défendues bec et ongle par les apôtres qualifiés de l’égalitarisme. On n’y trouverait rien redire si ces avantages n’étaient pas financés, en fin de compte, par ceux qui n’en profitent pas. A la SNCF, les cotisations employeur et employés n’assurent que 37% des recettes nécessaires à l’équilibre du régime spécial. En revanche observe l’association Contribuables Associés, les caisses du privé ont versé près de 237 millions d’euros pour financer les retraites des cheminots... Les contribuables, mettent eux aussi la main la poche puisqu’en 2006, l’État et les collectivités locales ont subventionné à hauteur de 2,9 milliards d’euros les charges de retraite et la surcompensation des régimes spéciaux de la société des chemins de fer !

Les fonctionnaires ne sont pas les plus à plaindre

La grève des personnels des transports en commun a suffisamment duré pour faire le « pont » avec celle des fonctionnaires, qui protestent contre la baisse de leur pouvoir d’achat. Les agents du secteur public sont-ils les mieux placés pour se plaindre ? Depuis le début des années 1990, les salaires dans la fonction publique ont, en moyenne, évolué plus vite que ceux du secteur privé. En 2005, le salaire mensuel moyen net s’élevait ainsi 2 127 euros dans le public, contre 1 904 euros dans le privé.

Les syndicats font valoir que les cadres du public sont beaucoup moins bien rémunérés que ceux du privé. A bien y regarder, cependant les chiffres cités pour les cadres du secteur privé incluent les rémunérations que se versent les chefs d’entreprises qui se salarient. Si tel n’était pas le cas, la différence serait sans doute beaucoup moins nette. Il conviendrait aussi de tenir compte, si l’on souhaite véritablement comparer les niveaux de vie public-privé, des faveurs annexes dont bénéficient de nombreux fonctionnaires et salariés des entreprises publiques : logements et véhicules de fonction, gratuité sur les transports en commun pour les cheminots, tarifs privilégiés à EDF, accès aux prestations de comités d’entreprise opulents, etc. Ce type d’avantages existe aussi dans le secteur privé, mais y reste l’apanage des grands groupes. La majorité des salariés, employés par le tissu des PME-PMI n’y accède pas. Enfin, les agents du public jouissent, bien sûr, de la sécurité de l’emploi, ce qui représente un avantage considérable dans un pays où près d’un actif sur dix est au chômage.

Sans doute faut-il chercher dans ce dernier avantage l’une des clés des blocages actuels. Tant que les contribuables pourront renflouer les caisses de l’État, il sera évidemment plus facile de faire grève aux agents du secteur public qu’aux salariés des petites et moyennes entreprises, qui savent leur emploi et leur salaire liés à la bonne santé de l’entreprise.

Ce confort dans la « revendication » explique que le taux de syndicalisation soit trois fois supérieur dans le secteur public que dans le privé (15% contre 5,2%), et que les syndicats eux-mêmes, ayant perdu le sens de leur mission, s’en tiennent à la défense des avantages acquis de ceux qui risquent le moins. Et tant pis si les grèves provoquent au bout du compte des faillites et des licenciements. Ceux qui pointeront au chômage n’avaient qu’à être fonctionnaires !

Répondre à cet article