Un seul jour compte…

Samedi 23 avril 2011, par Bernard L’Hôte // L’Histoire

Allégorie de la France sous la figure de Minerve (la Sagesse) qui foule aux pieds l'Ignorance et couronne la Vertu guerrière par Sebastiano Ricci, 1718.Le jour du « Grand Résultat ». Celui où les urnes crachent les fruits des passions et des opinions.

Il se pourrait, pourtant, qu’un jour il en soit autrement. Que les urnes soient rendues à leur vocation première…

Que naissent d’authentiques représentations disposées à œuvrer pour le bien commun et que la Famille qui incarne notre temps long reprenne tant sa place que ses devoirs !

Alors que dans bien des domaines de notre existence des sensibilités diverses en appellent à l’écologie, notre frère d’armes Bernard Lhôte dresse un constat et conclut…

Rien de bon ne peut être attendu de l’ « Insoucieuse du lendemain ».

Elle a un nom : « la République démocratique » !... Qu’on se le dise…

Bien au-delà des « chaud et froid » qui agitent notre planète…

Retrouvons la « Voie capétienne »

« L’Insoucieuse du lendemain »

Les procès intentés aux écolos et aux écologismes -nazisme, gauchisme, paganisme, pétainisme, anarchisme, archaïsme !- n’empêchent pas que des faits confirment sans cesse le bien-fondé de leurs prévisions et alarmes.
Ça sent le roussi, l’embarras, l’anxiété, le début d’une panique (terreur subite de caractère collectif. Larousse de poche.)

Ici il a fait froid, il a neigé sur Lyon - ohlalah, quelle histoire, la neige, à en croire la télé, le phénomène est du jamais vu...- mais la réalité du réchauffement climatique est indubitablement validée par de nouvelles études, dont l’une, émanant du Service national britannique de météorologie, démontre qu’en 2010 1a part due aux activités humaines s’est encore accrue en dépit de mon application personnelle à ne pas trop m’activer.

La Nasa de son coté constate depuis Janvier- « les températures les plus chaudes jamais enregistrées » et l’augmentation continue des gaz à effet de serre (dioxyde de carbone et méthane).

La rapidité de la fonte de la banquise arctique a été sous-évaluée d’après des travaux de l’Université de Washington.

Elle fond en épaisseur encore plus vite qu’en étendue. L’accroissement du niveau des océans, donc du volume de leurs eaux, n’arrête pas celui de leur acidification, néfaste à la formation des coquillages, au grand dam de leurs consommateurs, poissons, bretons, estivants, clients de brasserie.

Malgré tout cela, le dernier sommet international au sujet du climat ne pouvait être que promis à l’échec. Pourtant il se tenait à Cancun, « bétonville », synthèse de toutes les absurdités calamiteuses contemporaines qui devraient inspirer aux participants un sentiment d’effroi et d’urgence.


Cancun…

Site paradisiaque, livrée à l’exploitation touristique intensive, il est devenu aussi attrayant qu’une cimenterie.

Les plus belles plages du monde disparues, ont été remplacées par quelques plages artificielles de sables transportés. Merveilleux, non ?

Les mangroves, obstacles aux ouragans, et grouillantes de vie, ont été remplacées par routes, parkings, hôtels, golfs, une dizaine, dont l’entretien à grand renfort de fertilisants contamine 1’eau du sous-sol.


Mangrove asséchée

La pollution des eaux du littoral a déjà détruite 50% d’une des plus grandes barrières de corail au monde.

Les politiciens, délégués à ce sommet, ont au moins sous les yeux 1es preuves édifiantes des lamentables effets d’une société malade, contagieuse mondialement.

Ce n’était pas le cas au précédent sommet à Copenhague, au vert royaume d’une reine profondément écologiste.

L’internationale politicienne pouvait s’y rassurer et ne pas éprouver l’extrême urgence de mesures salvatrices.

Au Mexique, c’est tout 1e contraire, à tous égards. On y bat des records de pollutions, de 1’environnement et des mœurs politiques. L’urgence y est manifeste.

Gageons néanmoins que la démocratie n’y sera pas recyclée. Elle aurait pourtant besoin d’être dépolluée à fond’ contaminée qu’el1e est, entre autres contaminations, par le « courtermisme ».

Dans un long article (une page du Monde du 8/12/2009) Pierre Rosanvallon, historien, professeur au Collège de France, peu suspect d’hitlérisme vert-de-gris, osa, en effet établir une relation entre elle, la Démocratie, et les sinistres environnementaux.

Titre et sous-titre résume le texte : « Sortir de la myopie des démocraties ».

Voilà pour le titre. « La Lutte contre le réchauffement climatique le démontre à nouveau, les gouvernements ont du mal à penser 1e long terme. Comment y remédier ? »

Voilà pour le sous-titre.

Suit une démonstration qu’on croirait provenir d’une plume maurrassienne.

« Les régimes démocratiques ont du mal à intégrer le souci du long terme dans leur fonctionnement. La difficulté devient préoccupante à l ’heure où les questions de l’environnement et du climat obligent à penser dans des termes inédits nos obligations vis-à-vis des générations futures ».

Cette difficulté est la principale préoccupation des royalistes depuis l’éclipse de la royauté. Impavides, ils dénoncent, inlassablement ce que Condorcet, qui devait peu après en expérimenter la justice expéditive, appelait les dangers « de la démocratie immédiate ». Nul n’ignore que le comportement des politiciens est déterminé par les rythmes électoraux.

« Leur course essoufflée au court terme est d’abord fille des conditions d’exercice de la lutte pour le pouvoir ». L’historien eut pu ajouter que les rois étaient dispensés de cette course. Au fond il le sait bien, tourne autour du trône, en exprime l’avantage autrement : « La myopie des démocraties a des causes plus structurelles. Elles n’ont pu faire leur chemin qu’en s’arrachant aux puissances de la tradition, en légitimant les « droits du présent » pour ne pas se laisser emprisonner dans une temporalité prédéterminée ».

Jacques Julliard, dans sa chronique au « Nouvel-Obs » (6 Janvier 1994) se montrait plus sévère encore !

« Il y a deux raisons pour expliquer que les démocraties modernes soient devenues des Etats sans honneur. La première c’est que ce sont des pays marchands...qui font passer leurs intérêts avant leur dignité. La seconde, c’est que ce sont des régimes d’opinion, et que 1’opinion ne veut connaître ni contrariété, ni souffrance. Quand, dans un régime d’opinion, les hommes politiques ne pensent qu’à l’élection suivante, l’honneur mais aussi l’intérêt à long terme sont toujours sacrifiés à la tranquillité du moment ». L’escamotage du Grenelle de l’environnement, puis de Borloo, l’homme de ce Grenelle, pour cause de campagne électorale présidentielle déjà lancée, prouve, s’il en était besoin, qu’une politique écologique préventive, exigeante, soutenue est quasi impossible dans un régime d’opinion.

« Comment remédier à cette myopie démocratique au moment où s’accumulent les diagnostics alarmants sur l’avenir du climat ? Comment renforcer politiquement le futur ? ». A cette forte expression de l’essentielle question, Rosanvallon ne donne que d’assez faibles réponses. Il évoque l’élargissement des institutions représentatives « en doublant la représentation électorale des intérêts immédiats et des opinions mouvantes, d’une représentation plus large et plus stable d’un intérêt social appréhendé dans la durée ».

Bien, mais quoi ? Une chambre des lords, des pairs, des métiers ?

Pas plus que nous, l’historien ne croit que le bicamérisme soit « la voie la plus efficace pour corriger 1a myopie » de l’insoucieuse démocratie.

Il suggère quatre types de mesure ou d’institution.

Primo, introduire des principes écologiques dans l’ordre constitutionnel.

Secundo, fonder une Académie du futur. Tertio, animer des forums publics mobilisateurs de 1’attention et de la participation des citoyens. Quarto, « restaurer et étendre la définition patrimoniale de l’Etat ».

Franchement, c’est maigre, on reste sur sa faim.

Le premier remède ne ferait au moins pas de mal. Les constitutions qui ont effectivement vocation à fixer durablement des principes censés intangibles. Mais elles sont précaires en France et violables à merci.

Le deuxième remède, une « Académie du Futur » ? C’est sympathique, mais n’a-t-on pas déjà nos Immortels académiciens ?

Le troisième remède, des forums afin de responsabiliser les citoyens en faveur des générations à venir, il en existe déjà, organisés par des journaux, des associations, des partis, et par des sites sur l’internet.

Tant mieux, mais ce moyen n’est visiblement pas déterminant.

La formulation du quatrième remède retient l’attention : « renforcer et étendre la définition patrimoniale de l’Etat ». On écarquille les yeux, on relit, on s’attend à ce que l’auteur conclut à la nécessité de la transmission dynastique du Pouvoir, et non ! Rosanvallon conclut à la République en citant Littré : « le régime qui permet au temps de garder une juste prépondérance ». Les bras vous en tombent. La République ne serait-elle pas électorale ? Ses gouvernants, son président ne seraient-ils pas, plus que jamais, des coureurs essoufflés à la poursuite des leurres du court terme ? Le régime républicain s’est-il montré soucieux du sort des générations futures ?

Rosanvallon sait que non. Il avoue clairement ne pas croire en la capacité du système à corriger son « courtermisme » inhérent. « C’est seulement en pensant la démocratie au-delà de cet ordre électoral représentatif que l’on peut espérer répondre au défi ».

Certes certes, mais quel au-delà, où sinon ailleurs, sinon au-dessus à partir duquel il devient possible de penser la démocratie et de la transformer de façon à « renforcer et étendre la définition patrimoniale de l’Etat ? » L’historien Rosanvallon s’en approche, le citoyen Rosanvallon n’ose pas le reconnaître. Pourtant, à l’évidence, est affaire royale ce renforcement, cette étendue. C’est en quelques mots résumer l’essentiel de l’ouvrage de nos rois.

La monarchie héréditaire n’a pas que des vertus. Du rester au contraire de la République -Dieu soit 1oué !- elle n’y prétend pas. Elle n’en a pas besoin, car elle en détient une, éminente, principale, archaïque comme le chêne, son union sacrée avec le Temps.

Union qui seule permet de mûrir et mener une politique de longue haleine, telle que l’exige absolument l’écologie.

La patrimonialité (transmission, sans arrachement. du patrimoine national et de la patrie) est la raison d’être des dynasties royales. Tout particulièrement de la capétienne qui donna tant de bons jardiniers à la terre de France.

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