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Espagne.

Un roi face à la crise.

Samedi 18 février 2012 // L’Europe

Drapeau de France

Mais à quoi un roi peut-il bien servir, en période de crise économique ? Juan Carlos 1er a clairement répondu à cette question, dans son message de Noël... et en publiant ses comptes.

L’exercice est un rituel partagé par de nombreuses monarchies européennes. En Espagne, la veille de Noël, le roi adresse ses voeux à ses compatriotes. Peu de références religieuses : une crèche soigneusement installée près du siège royal suffit à rappeler l’occasion. Car c’est avant tout à l’ensemble des Espagnols que le chef de l’État s’adresse. Cette année, toutefois, les circonstances sont très spéciales et le ton est plus solennel qu’à l’habitude.

Parfaitement conscient de la situation, le souverain rappelle d’emblée sa position, qui lui a permis, tout au long de ses trente-six années de règne, de connaître l’Espagne et de se rendre compte que, si le pays « a atteint ces dernières décennies les plus hauts niveaux de progrès et de bien-être, il faut aujourd’hui savoir reconnaître avec humilité quels ont été les comportements pour lesquels, comme individus et comme groupe, nous avons pu nous tromper. » Le maintien de la cohésion nationale n’est pas un vain mot pour Juan Carlos. Bien sûr, en monarchie constitutionnelle, seuls « les responsables politiques, les agents économiques et sociaux », tels que le roi les nomme dans son discours, sont susceptibles de prendre les décisions. Ainsi, reste-t-il au roi à « amener ces instances à travailler en mêlant leurs compétences, non en les restreignant, à rapprocher les positions, non à les éloigner ; en favoriser les accords, non les divisions. »

En Espagne, aux yeux du chef de l’Etat, la société n’est donc pas divisée en différents intérêts catégoriels auxquels on choisit de s’adresser ou pas, mais une démocratie où tous ont droit à faire entendre leurs voix. Quand le roi remplit ses devoirs, la démocratie marche à plein. Comme on le dit parfois en Espagne, la monarchie n’est pas anti-démocratique mais a-démocratique, c’est-à-dire à ses côtés, tout simplement.

On comprend mieux pourquoi Juan Carlos 1er est contraint de se montrer intraitable avec son gendre, maki Urdangarin, récemment mis en cause dans une affaire de détournement de fonds. Gendre idéal mais fils de banquier, l’homme n’a visiblement pas saisi tous les devoirs de sa charge en entrant dans la famille royale.

On lui reproche d’avoir détourné, avec son associé dans une fondation pour la promotion du sport, environ un demi-million d’euros via une société écran britannique et un paradis fiscal et de ne pas avoir écouté les avis de la Maison royale, qui, dès 2006, l’avait mis en garde contre l’aspect apparemment illégal de ses agissements.

Par ailleurs, la Casa Real, a publié le 28 décembre dernier - une première en trente-six ans de règne - ses comptes exacts. (1) Surprise : cet organisme public, que l’on pourrait rapprocher de l’administration de notre présidence de la République - et qui a aussi à sa charge les frais de la Garde royale, l’équivalent de notre Garde républicaine - dispose d’un budget à peine supérieur à 8,5 millions d’euros.

Le roi paie le téléphone, mais pas l’eau, ni le gaz, car il n’est propriétaire d’aucune des résidences qu’il habite, toutes , dépendantes de l’administration du Patrimonio National. Surtout, les sommes allouées à la famille royale sont loin de faire de ses membres les alter ego des patrons du CAC-40. Le roi perçoit, une solde de 292 752 euros, dont la moitié est consacrée aux frais de représentation. Son héritier, le prince des Asturies, perçoit, depuis que son père en a fait la demande il y a quelques années, exactement la moitié. Les montants de ces soldes sont imposables à 40 %. Les trois femmes de la famille royale, la reine, ses deux filles et la princesse des Asturies, se partagent quant à elles 375 000 euros.

Dans un souci de plus grande clarté, encore, les commentateurs demandent déjà que l’on fixe dorénavant par la loi, la liste des membres tenus de subvenir eux-mêmes à leurs revenus et ceux dépendant de la liste civile. Par sa parole et par ses actes, le roi d’Espagne donne une belle leçon à notre respublica.

David NOVARRO
Le message de Noël du roi et ses comptes sont en ligne sur le site de la Maison royale www.casareal.es

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