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Un oubli ? La persécution des chrétiens au Moyen-Orient

Mercredi 6 avril 2011 // L’Histoire

Le visage ensanglanté de Jésus (église des Saints, Alexandrie)
Le visage ensanglanté de Jésus (église des Saints, Alexandrie)

Les soulèvements au Moyen-Orient ont fait de cette région un champ de bataille. À Barhein, en Libye, au Yemen, les manifestants se sont fait tirer dessus, matraquer, emprisonner. La condamnation solennelle par les États-Unis et l’Union Européenne de la violence est parfaitement justifiée, et des zones d’interdiction de survol et autres mesures peuvent être nécessaires pour prévenir le massacre d’une foule d’innocents.
Mais les manifestants et les combattants pour la liberté ne sont pas les seules victimes de la violence au Moyen-Orient. Le sang Chrétien y coule de plus en plus. Malheureusement les dirigeants des nations occidentales, sauf en de rares occasions, se bouchent les yeux devant ces crimes.

Lors de la réception annuelle du corps diplomatique au Vatican, S.S. Benoît XVI insista sur les "actes de discrimination envers les chrétiens, estimés mineurs et moins dignes d’attention par les gouvernements et les opinions publiques". Le Saint-Père a renouvelé son "appel du fond du cœur" aux chefs religieux musulmans "pour que leurs concitoyens chrétiens puissent vivre en sécurité, et continuer à participer à la société dont ils sont membres à part entière." L’Université égyptienne Al Azhar a aussitôt rompu les conversations avec le Vatican, ressentant comme "insultante" l’allusion du Pape à la violence de musulmans.

Entre autres occupations, je préside l’Aide à l’Église en Détresse pour les États-Unis, une œuvre placée directement sous l’autorité du Saint-Père, portant assistance aux fidèles où qu’ils soient, persécutés, opprimés ou dans le besoin. Je reçois régulièrement des informations mises à jour sur la condition des Chrétiens au Moyen-Orient. Voici un résumé des événements de l’année passée :

Afghanistan : selon la Constitution l’islam est religion d’état, et "aucune loi ne peut contredire les croyances et dispositions de la religion sacrée de l’islam." En conséquence de quoi, en mai 2010 un groupe de musulmans a été condamné à mort pour s’être convertis au christianisme. Heureusement, ils purent s’évader et trouver asile en Inde. En août, dix membres d’une équipe de soins ophtalmologiques appartenant à une mission chrétienne internationale d’assistance ont été assassinés dans la montagne au nord de l’Afghanistan. Les talibans ont revendiqué ce meurtre, déclarant que ces volontaires tentaient de convertir des musulmans au christianisme. "Open Doors" ["Portes ouvertes"], une association internationale pour la défense des droits des chrétiens, classe l’Afghanistan au quatrième rang mondial des pays persécutant les chrétiens.

Égypte : en décembre 2010 des extrémistes musulmans ont attaqué une église orthodoxe copte en Haute Égypte pendant la Messe de minuit de Noël ; ils ont assassiné neuf chrétiens. Le Jour de l’An, vingt paroissiens furent tués, et soixante-dix blessés par l’explosion d’une voiture piégée devant l’église des Saints à Alexandrie. L’Égypte compte vingt millions de Chrétiens — bien davantage que n’importe quel autre pays de la région. Orthodoxes, catholiques et protestants sont persécutés au prétexte qu’ils pratiquent une évangélisation clandestine. Comme on peut attendre jusqu’à trente ans le permis de construire une église chrétienne, les imams militants s’en prennent aux chrétiens qui se réunissent dans des lieux de culte improvisés, prétendant que c’est illégal.

Iran : Alors que depuis 1979 la population de l’Iran est passée de 38 à 72 millions d’habitants, le nombre de chrétiens a décru de 100.000 à 15.000. Les chrétiens ont fui, constamment harcelés par le gouvernement et faussement accusés d’être pro-occidentaux. Renoncer à l’islam étant un délit d’apostasie, de nombreuses arrestations ont été effectuées au sein de communautés chrétiennes. En 2009, par exemple, deux femmes converties ont été arrêtées et inculpées "d’atteinte à la sécurité de l’État" pour avoir distribué des Bibles dans leur église. Grâce aux interventions internationales elles ont été libérées après huit mois de prison, et autorisées à quitter le pays. En Janvier environ soixante-dix chrétiens ont été arrêtés pour avoir assisté à des services dans des "maisons-églises". En Novembre 2010, écrivant au président Ahmadinejad, S.S. Benoît demandait pourquoi les minorités chrétiennes sont traitées en dhimmis, citoyens de seconde zone.

Irak : Depuis 2000, plus de 77% des 700 000 Chrétiens d’Irak se sont exilés. En Février 2008 Mgr Paulos Faraj Rahho, archevêque catholique d’une des plus anciennes communautés chrétiennes du monde — Mossoul, la Ninive des Écritures — victime d’un enlèvement est mort après deux semaines de captivité. Son successeur, l’archevêque Amil Nona, estime que son diocèse a souffert "une des pires persécutions infligées à l’Église en une génération". Le 31 Octobre 2010, 58 morts et 70 blessés lors d’une attaque menée par une bande liée à Al Qaïda contre la cathédrale catholique-syriaque de Bagdad, Notre-Dame de la Délivrance, lors de la Messe dominicale. Deux jeunes prêtres parmi les morts. Commentaire de Mgr Louis Sako, Archevêque : « Pour nous, Chrétiens d’Irak, le martyre fait partie du charisme de notre Église . . . .Nous sommes conscients qu’être témoin du Christ peut aboutir au martyre. »

Pakistan : Bien que la constitution du Pakistan stipule que c’est un pays laïque, contrevenir aux lois contre le blasphème peut entraîner la peine capitale. La commission Justice et Paix de l’Église catholique a relevé que depuis 1986 environ 993 personnes ont été inculpées de calomnie envers Mahomet ou de profanation du Coran. Le 2 Mars 2011, Shahbaz Bhatti, unique chrétien pakistanais membre du gouvernement, a été assassiné car il militait pour une réforme des lois sur le blasphème. Un seul membre du gouvernement, le Premier ministre Raza Gilani, a eu le courage d’assister à la messe de Requiem célébrée en l’église catholique Notre-Dame de Fatima. Imaginez les obsèques d’un ministre américain assassiné, où seul le Président assisterait.

Arabie Saoudite : La liberté religieuse n’est pas garantie par la loi, la pratique est sévèrement restreinte. Les cérémonies ou célébrations publiques de religions non islamiques sont interdites. Le million de chrétiens d’Arabie Saoudite est perpétuellement harcelé, la police effectue des descentes dans des réunions religieuses privées et confisque les objets religieux.

Yemen : Il n’y a que 8 000 Chrétiens dans ce pays de 24 millions d’habitants. Ce qui n’a pas empêché le chef d’Al Qaïda au Yemen d’appeler les musulmans au Djihad contre eux en février.

Malgré tous ces crimes, on n’entend ne serait-ce qu’un murmure des puissances Occidentales. On oublierait complètement ces victimes sans l’intervention du Saint-Père. Dans son message du 1er janvier, message de la Journée pour la Paix, il a rappelé au monde que les chrétiens du Moyen-Orient "subissent des affronts quotidiens et souvent vivent dans la peur à cause de leur recherche de la vérité, de leur foi en le Christ Jésus et de leur quête pour le respect de la liberté religieuse. C’est une situation inacceptable car elle offense Dieu et la dignité de l’homme."

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