France Afrique.

Un nouveau ministre de la Henri de Raincourt.

Coopération pour quoi faire ?

Vendredi 10 décembre 2010 // L’Afrique

Nommé ministre de la Coopération, Henri de Raincourt travaillera à la restauration de l’image de la France en Afrique depuis le fameux discours de Dakar de son patron Nicolas Sarkozy. Henri de Raincourt est le nouveau ministre de la Coopération. Après avoir supprimé ce poste au lendemain de la démission du secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet, Nicolas Sarkozy, pensait-on, était passé à autre chose. Voilà qu’il fait un retour en arrière sans qu’il explique réellement pour quelles raisons ?

Chez nos confrères de RFI, le nouveau ministre, défendant son poste, a expliqué que « la France ne pouvait pas accepter qu’il n’y ait pas une organisation quelle qu’elle soit qui reprenne cette politique de développement », en tant que grand contributeur de l’aide au développement. L’explication est un peu courte, mais les Africains sont prêts à aider le nouveau venu pour que ce ministère retrouve sa plénitude et ses prérogatives d’antan.

Créé par le général de Gaulle en 1959, le ministère de la Coopération avait pour vocation de contribuer au développement des « pays du champ ». Après un bilan calamiteux, les socialistes sous Lionel Jospin ont choisi de le fusionner avec le ministère des Affaires étrangères le 1er janvier 1999. Une mutation pas très bien pensée qui eut l’air d’une fuite en avant. Officiellement, il fallait rationaliser les flux d’aide qui se déversent sur l’Afrique et la considérer comme un partenaire à part entière de la France, et non plus un partenaire à part. Hubert Védrine et Charles Josselin expliquaient à cette époque que la France devait entretenir avec l’Afrique, des relations de même nature que celles qu’elle entretient avec les autres continents.

A-t-on vraiment réussi dans ce domaine quand on sait que dix ans plus tard, un ancien secrétaire d’Etat à la Coopération de Nicolas Sarkozy crut bon d’annoncer la mort de la France Afrique ? Une provocation qui n’avait pas lieu d’être et dont les relations franco-africaines n’avaient nullement besoin. On sait que l’aide au développement a cessé d’être une préoccupation centrale (sauf dans les discours) des différents gouvernements français alors que les dirigeants africains peinent à trouver leur compte dans la façon dont les énarques du Quai d’Orsay travaillent avec eux.

Il est probable, que l’Afrique ne soit pas une ambition pour la présidence de Nicolas Sarkozy. Son discours à Dakar (assumé et ré-assumé par son conseiller spécial) a laissé des traces. A Henri de Raincourt de les effacer afin qu’elles soient moins visibles. Son prédécesseur, Alain Joyandet, ne s’y est même pas avancé avant d’échouer.

Agé de 62 ans, il travaillerait en principe sous la direction de Michèle Alliot-Marie, la nouvelle patronne du Quai d’Orsay qui, contrairement, à son prédécesseur Bernard Kouchner, a de l’étoffe. On verra le partage des rôles qui se fera entre elle. Michelle Alliot-Marie, Chiraquienne pur jus, qui demanda, sans succès, à être ministre de la Coopération en 2002, et le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, qui ces derniers temps, semblait ne pas se désintéresser de l’Afrique. Membre du parti politique des Républicains indépendants, sénateur de l’Yonne depuis 1986, Henri de Raincourt s’est rapproché de Nicolas Sarkozy après avoir participé à la formation de l’UMP en 2002. Défenseur de l’union des droites, il rassemble les gaullistes et le centre-droit, ce qui lui a d’ailleurs permis d’endosser en 2008 et 2009 la fonction de président du groupe UMP au sénat, avant d’être nommé en 2009 ministre délégué aux Relations avec le parlement dans le gouvernement de Fillon 2.

Nommé dans le gouvernement Fillon 3 à la Coopération, Henri de Raincourt a du pain sur la planche. Rares sont les Africains qui connaissent encore l’adresse du ministère de la Coopération et son numéro de téléphone. C’est dire que ce ministère est devenu une affaire lointaine qui demande une sérieuse reprise en main.

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