Un homme courageux compte sur ce qu’il peut gagner par son travail, et non sur ce qu’il peut emprunter aux autres.

Jeudi 13 décembre 2007, par Paul Vaurs // Divers

Philippe Vaurs

Philippe Vaurs à la réception de son premier hôtel

Tous les métiers plaisent autant que l’on y gouverne et déplaisent autant que l’on y obéit.
Tout homme préférera un travail difficile où il invente et se trompe à son gré à un travail tout uni mais selon ses directives .

Le pire travail est celui que le « chef » vient troubler ou interrompre.
Un homme courageux compte sur ce qu’il peut gagner par son travail, et non sur ce qu’il peut emprunter aux autres .
Telle est la citation qui sert de référence à Philippe Vaurs.

Puteaux, à deux pas de la Défense, un petit matin de janvier. Un hôtel, Le Dauphin, dans un quartier assez fréquenté. Un jardin intérieur. Et tout au fond, des bureaux où s’affairent autour d’ordinateurs, plusieurs commerciaux. Assidûment bien habillé, un homme piaffe d’impatience. Sensation d’une relative excitation. Ce moment est une première. Philippe Vaurs, dirigeant de la chaîne volontaire « Elysées West Hôtels « (EWH), s’apprêtent à recevoir des journalistes. Il va faire la couverture d’un magazine. En l’occurrence, celle du journal L’Hôtellerie.

Tu seras un homme mon fils.

Philippe Vaurs est né dans le milieu des années 60, il a fait ses études à Puteaux, puis à Neuilly, avant de terminer son cursus à l’école hôtelière de Paris. Son attirance pour le commerce, est due, au fait que ses parents, ont toujours tenu des « cafés restaurants » dans la région Parisienne.

La famille de Philippe, « du côté de son Père » a toujours été dans l’hôtellerie en Province, dans le Département de l’Aveyron, à la ville de Laguiole précisément. Le Département du Tarn, est le berceau de sa famille maternelle. Son grand Père Maternel, « d’origine Espagnole » travaillait dans les mines de charbons à Carmaux, tandis que sa grand’ Mère exploitée une propriété à Graulhet, où les parents de Philippe a conservé la maison et « l’hacienda » familiale.

Philippe était, et reste, un garçon intelligent, ambitieux, et courageux. Chez lui, l’alcool, le tabac, et les jeux, ne sont pas des dérivatifs attirants, il n’est pas homme à chercher du plaisir dans des « paradis artificiels ». Non, Philippe, a une passion, celle de bien faire son métier, d’avancer constamment, pour agrandir et faire prospérer ses diverses affaires, assurer l’avenir de sa famille, surtout, celle de ses deux garçons. Il aime le sport, certain programme de télévision ainsi que le cinéma.

Son Père aurait souhaité qu’il soit plus proche des gens, qu’il participe à des mouvements caritatifs « l’argent est nécessaire », mais la richesse sans le vouloir d’aimer et de venir en aide aux pauvres, n’a aucune saveur, elle est nauséabonde. Les générations se suivent, mais non pas souvent les mêmes convictions. Philippe avait pour ses parents beaucoup d’admiration, seul, compter pour lui là nécessitée de combler son épouse, ses deux enfants, et sa famille. « Ses parents, et sa sœur Isabelle ».

Philippe et son Epouse Sylvia, ont deux enfants qu’ils éduquent, dans l’esprit de la religion chrétienne catholique sans pour cela, vouloir en faire des futurs ecclésiastiques. Philippe serait plus agnostique que croyant. Dans cette optique, il est loin des convictions de son géniteur.

De sa maman, il a hérité des valeurs que l’on trouve dans le travail bien fait, et le don de soi. Un bon hôtelier, doit être un bon commerçant. Philippe peut consacrer des soirées entières à ses clients. Toujours souriant, aimable il sait trouver les mots justes, les mots qui font plaisirs à des hôtes, pour qui l’hôtel où ils passent la nuit, est un peu, leur propre maison.

Philippe Vaurs connaît bien, « la fraternité » qui existe entre les Aveyronnais de Paris, tous ces Rouergats « montés » à la Capitale, ont le monopole des CHR ( cafés hôtels restaurants). Philippe redoutait de devoir travailler dans la « limonade », il avait à l’esprit la pénibilité de servir à boire à des humains souvent à la limite de l’ivresse. Il voyait sa Mère debout derrière sa caisse « tabac » et son Père levé tôt pour aller faire ses courses aux halles de Paris. Un « cabaretier » est au service de citoyens pas toujours agréables. Dur dur ! Philippe voulait faire autre chose, « avoir un jour son hôtel. »

L’occasion, se présenta à lui, à la fin des années 80. Les commerces de ses parents furent expropriés, et son Père, voulait mettre un terme à cette vie astreignante. Il ne voulait plus continuer, bien décidé à entrer en politique. Il fit en 1977 la connaissance de Nicolas Sarkozy », ce dernier, avait guère plus de 20ans. Ce fut pour son Père un coup de foudre. Hier tout comme aujourd’hui, Nicolas Sarkozy, reste, son ami, et son idole.

Contrairement à son Père, la Maman de Philippe Vaurs, était bien décidé à « foncé » avec son fils pour acquérir un hôtel, puis, lui passer le relaie. Peu à peu, elle aussi se retira du monde de l’hôtellerie, bien décidé à goûter la douceur du climat méridional, et de retrouver sa maison familiale.

Voilà donc, Philippe Vaurs au pied du mur . « J’ai un devoir dit-il, montrer à mes parents, que je suis digne de leur confiance ».

En 1985 la famille Vaurs achète un hôtel de dernière catégorie à Puteaux la Défense. Après 8 mois de conflit pour évacuer les nombreux clients qui payaient la chambre au mois, moins de 1 000 francs. L’hôtel fut mis aux normes d’un Trois Etoiles.

Un an plus tard, juste en face du premier hôtel, « établissement qui avait pris le nom de (Le Dauphin) », nom significatif, puisque Philippe était l’aîné des deux enfants Vaurs ; Un autre hôtel vit le jour. Un Trois Etoiles Luxe, qui fut appelé « Hôtel Princesse Isabelle » prénom de la sœur de Philippe.

Suite à ses 32 printemps, Philippe trouva sa Princesse. La Cendrions des temps modernes, venait de « feu » l’Empire austro-hongrois. Originaire d’Autriche Sylvia, tel était son prénom, répondait aux choix de Philippe. Jolie, ayant du charme et du charisme, elle était aussi une femme d’intérieur. Il était nécessaire que notre jeune Patron trouve l’amour et que cet amour lui apporte sérénité et quiétude. Sylvia avait toutes ces qualités. Bonne épouse, Maman réceptive et attentionnée, le couple des jeunes Vaurs, s’épanouissait pour le pire comme pour le meilleur, et cela continue pour le plus grand bonheur des deux familles.

A une époque où le divorce est une arme destructrice, à une époque où les homosexuels, femmes et hommes veulent convoler « en justes noces », nos deux Pays « la France et l’Autriche » peuvent rêver et espérer en une société où les meurs ont des beaux jours devant eux.

Peu à peu, Philippe gérait seul, les deux établissements, ses parents, prenant de plus en plus de la distance envers le « Job » de leur fils. Ils pensaient, qu’il fallait faire confiance aux jeunes, ils avaient pu constater tout au long de leur carrière, que des parents s’incrustaient, refusant de faire la moindre confiance à leurs enfants. C’est ainsi, que pléthores de « cafés-restaurants » de Paris ont du êtres vendus, faute de voir les enfants reprendre des activités, dans un lieu, où ils avaient été considérés comme des incapables, voire rabrouer par leurs parents.

En tant que « ménager« , Philippe était convaincu, qu’il avait besoin de créer une centrale de réservation, il lui serait plus facile de « remplir ses hôtels », tout en faisant profiter d’autres établissements d’une cellule spéciale qui pourrait parcourir la France et l’Europe pour faire connaître ses établissements, mais aussi des hôtels qui accepteraient d’adhérer à sa centrale de réservation.

En peu de temps, il obtint la confiance de la communauté Aveyronnaise de Paris et de leur banque «  Le crédit agricole de l’Aveyron ». Ses parents lui avaient ouvert, toutes les portes de la « Communauté rouergate », il ne lui restait plus qu’à respecter tous les engagements qu’il avait pris.

« En tapant dans la main de l’autre, les vrais Aveyronnais, s’engagent à respecter tous leurs engagements, pour eux, c’est mieux qu’une signature ».

Philippe Vaurs s’entoura de collaborateurs efficaces, dont le principal, « ChristopheSauvage », est l’exemple même de l’homme, avec lequel on peut tout dire, et, accorder sa confiance. Christophe est un homme loyal ; Il s’est, parfaitement intégré, au sein, de la nouvelle société.

En 2004, cela fait, maintenant plus de 10 ans que Philippe Vaurs à créer son entreprise. Il faut admettre que la communication, cela n’a jamais été son truc. Et puis contrairement à d’autres, la modestie a eu en fait une fâcheuse tendance à l’étouffer tout au long de ces dernières années. « Je ne suis pas le meilleur, mais j’avance », répète ainsi Philippe à la moindre occasion.

Reste qu’à l’évidence, l’équipe qu’a formée Philippe Vaurs, est loin d’être mauvaise, et a sacrément avancé... Plus de 130 hôtels lui font d’ailleurs aujourd’hui confiance contre 4 à son lancement, des établissements de chaîne aux marques commerciales connues comme des indépendants, des Parisiens et des provinciaux. Ce qui ne gâche rien à l’affaire, les hôteliers collaborant avec EWH semblent d’une grande fidélité à leur égard. Un tour de force lorsque l’on connaît l’esprit d’indépendance qui caractérise les professionnels du secteur. « Ils durent, et les clients qu’ils nous envoient, restent. Alors, pourquoi changer de prestataire quand on en tient un bon «  ?. témoigne Laurent Moucher, propriétaire d’établissements à Clichy, adhérent à EWH depuis près d’une décennie.

L’union fait la force.

Elysées West Hotels compte aussi parmi ses adeptes d’éminents partenaires, tels, le CNIT à Puteaux la Défense, qui lui ont confié leur centrale de réservations hôtelières. A ce compte-là, le volume d’affaires généré par la « petite entreprise » était condamné à grimper vitesse grand V. Celui-ci s’élève du reste à 25,5 M€ fin 2003. Quant au chiffre d’affaires, il se montre plutôt florissant puisqu’il devrait atteindre les 6,5 M€ au terme de l’exercice 2003. Et ce n’est pas fini.

Autre signe de réussite, la croissance du nombre d’affiliés se réalise à première vue exclusivement via le bouche à oreille. « Nous sommes les seuls sur notre créneau à ne pas disposer d’un responsable du développement. Notre argent, « nous l’employons uniquement à développer l’activité de nos adhérents », clame haut et fort Christophe Sauvage, directeur général d’Elysées West Hotels. Une performance à faire pâlir de jalousies certains concurrents. Mais qui, surtout, en dit long sur l’état d’esprit qui anime ce groupement volontaire pas tout à fait comme les autres.

Ce succès n’étant pas le fruit du hasard. Il suffit en réalité de se pencher sur les « véritables » origines d’Elysées West Hotels pour comprendre que la philosophie de cette chaîne sort vraiment du lot. Ce Fils d’Aveyronnais, fondateur et Président d’Elysées West Hotels, exploite des hôtels en région parisienne, à Puteaux (92) précisément, à la fin des années 1980. Les soucis de remplissage en fin de semaine, d’optimisation des prix moyens chambres ou bien encore de représentation à l’étranger, le jeune homme en connaît un rayon. D’autant qu’à l’époque, les hôtels de chaîne poussent comme des champignons.

Qu’à cela ne tienne, « cet ancien élève de l’école hôtelière de Paris croit fermement en sa bonne étoile ». Du coup, il convainc un de ses amis collègues d’aller de l’avant. « Tout seul, on est mort. A plusieurs, nous parviendrons à mieux satisfaire les demandes de nos prescripteurs. Unissons-nous ! Cela permettra d’optimiser la commercialisation de nos établissements » martèle alors Philippe Vaurs.

Apporteur des affaires.

Des propos reçus 5 sur 5 le « mariage » s’officialise en février 1993. Le tandem décide effectivement de faire chambre commune. S’engageant à »garantir » une chambre dans l’heure qui suit à « tous leurs clients, soit au sein de leur propre unité, soit chez l’un de leurs confrères », la société prend très vite son envol. EWH va même jusqu’à devenir le fournisseur préféré de bon nombre d’hôtels de l’ouest parisien. De quoi conduire ces jeunes gens, quelques mois plus tard, à franchir le pas en constituant un véritable réseau d’hôteliers indépendants (2 étoiles, 3 étoiles et 4 étoiles).

Réseau qui sera tout d’abord composé d’établissements situés géographiquement à l’ouest de la capitale, et qui se développera par la suite en province, grâce à la fusion avec un groupement d’hôtels dans les régions Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur. S’unir, c’est bien. Mais agir vite, c’est encore mieux Et c’est ce que vont chercher à faire les créateurs d’EWH. Le tout avec méthode et au profit, bien sûr, de leurs adhérents. Leur recette ? Elle est simple. Pour commencer, jamais les patrons d’EWH ne se sont pris au sérieux, et ont toujours gardé la tête froide, gérant leurs affaires en « bon père de famille ». Ensuite, la chaîne a choisi de s’adresser uniquement au marché des prescripteurs professionnels. Un domaine d’intervention clairement défini qui évite de s’égarer. « Nous ne vendons pas de l’image. Nous sommes là pour apporter des clients à nos affiliés », déclare Christophe Sauvage. Et d’ajouter : « Nous sommes en fait une force de vente supplétive pour les hôtels. Nous n’intervenons pas dans l’exploitation, mais nous sommes à l’écoute des hôteliers ».

Jamais les oeufs dans un même panier.

Une fois n’est pas coutume, les conseilleurs sont donc apparemment les payeurs. « Les deux dirigeants d’E W H connaissent toutes les ficelles du métier ». On parle le même langage. Ce qui permet de monter avec eux de très belles opérations tout en affinant notre propre commercialisation », confie en toute sincérité Christophe Flambert, franchisé par ailleurs.

Commercialisation d’autant plus efficace que la chaîne s’est dotée au fil du temps de structures rationnelles, forte d’une trentaine de collaborateurs. Comme tout bon hôtelier qui se respecte, la chaîne a bien sûr refusé de mettre tous ses oeufs dans le même panier. « Compte tenu de la conjoncture économique et des événements internationaux, il est indispensable de diversifier ses sources de clientèles », précise Philippe Vaurs.

Résultat EWH travaille sur tous les canaux de distribution.

Centrale de réservations individuelle, forces de vente auprès des agents de voyages et des tour-opérateurs, service spécifique dédié aux séminaires, tout y passe. Y compris le démarchage des entreprises (corporate) et un accès aux GDS qui est proposé pour l’heure aux adhérents par le biais d’un représentant extérieur, « Atel » (moyennant finances supplémentaires).

Sans oublier des bureaux de représentation à l’étranger (Londres, Allemagne, Belgique), de multiples participations à différents salons internationaux du tourisme (Rendez-vous Ile-de-France, WTM, Fitur, BIT...) et lnternet bien sûr. Un nouveau moyen de commercialisation sur lequel « l’état-major » d’ E W H fonde d’ailleurs de grands espoirs. « La Toile constitue un axe de développement important. Comme nous l’avons fait dans le domaine de la commercialisation, nous allons tenter d’éduquer les hôteliers à ce nouveau média. Autrement dit, leur apprendre à gagner en visibilité parmi des millions de sites déjà existants via leur propre site plutôt qu’un portail », commente le P.-D.G d’Elysées West Hôtels.

Une démarche qui suscite l’intérêt de beaucoup de membres du réseau. En attendant, bon nombre de ces derniers se disent d’ores et déjà, satisfaits des services rendus par EWH. « La chaîne offre un excellent rapport qualité prix »

La centrale de réservations individuelle est le centre névralgique d’Elysées West Hôtel. Elle a généré près de 90 000 nuitées en 2003 déclare Christophe Flambert. « Je me suis longtemps interrogé sur l’opportunité d’embaucher un commercial. Finalement, j’ai opté pour la solution EWH. C’est du pain béni ! « Ils sont de véritables apporteurs d’affaires qui ciblent parfaitement leurs actions commerciales », surenchérit un responsable d’établissement de chaîne installé en province, désirant garder l’anonymat.

Il n’en demeure pas moins difficile de quantifier l’apport moyen de chiffre d’affaires généré à l’égard de chacun des membres du réseau, comme dans beaucoup d’autres chaînes d’ailleurs. « C’est très variable d’un établissement à l’autre. Le chiffre d’affaires apporté par nos services peut en effet osciller de 1 à 20 fois le montant des cotisations. Il suffit cependant de jouer le jeu pour rentrer dans sa mise de fonds », indique Christophe Sauvage.

Liberté de choix.

En l’occurrence, jouer le jeu ne semble guère contraignant. « Avec eux, il n’y a aucune obligation ! », raconte un professionnel parisien le sourire aux lèvres. EWH se refuse en effet à ficeler ses adhérents et à maîtriser les flux adressés à ses affiliés. « Rien n’est imposé ! Ni allotement. ni centrale d’achat, ni produits siglés... Nous sommes là pour suggérer, l’hôtelier dispose », explique Philippe Vaurs. Une liberté d’action qui n’empêche pas les patrons de visiter chacun des nouveaux adhérents afin d’en évaluer la qualité. Tout en exigeant le versement d’une cotisation mensuelle.

Pas de quoi en vérité « perdre son âme », encore moins son indépendance. D’autant plus qu’EWH accepte également la double appartenance. « Faisons preuve d’humilité. Une structure ne peut pas répondre à toutes les attentes d’un hôtelier. Raison pour laquelle nous n’hésitons pas à recommander, le cas échéant, certains de nos confrères qui sauront apporter des solutions complémentaires à nos adhérents », déclare sans détour Philippe Vaurs. Il n’y a pas à dire, EWH est bel et bien une société faite par des hôteliers pour des hôteliers..

 

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