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Un grand petit évènement.

Mardi 12 octobre 2010 // La France

La mort d’une revue. Petit événement, sans doute, pour beaucoup qui ne savent pas même que cette revue, Vivre en val d’Oise, existait. Et pourtant...

J’apprends la mise sous presse de son ultime numéro, le 122, au moment même où les journaux rendent compte des journées du patrimoine.

Le lien entre les deux événements s’impose et c’est pourquoi cette disparition tient du grand événement. Grand et tragique comme l’est parfois aussi celle de certaines personnes voire de certains objets ou édifices qui étaient plus que ce qu’ils représentaient. Leur disparition est une vraie défaite pour l’idée que l’on se fait de la civilisation comme certains pillages et autodafés durant les guerres, certaines statues brisées par les iconoclastes. Défaite de l’esprit, donc, défaite pour l’homme. La fin de Vivre en val d’Oise, à sa place, est de cet ordre. Cette revue, tous les deux mois, avec talent et intelligence, car il y avait de la part de ses rédacteurs une vraie recherche de qualité, nous parlait de patrimoine. Patrimoine, ce que les générations se transmettent de l’une à l’autre...

Certes, celui de Vivre en Val d’Oise, était limité à un seul département, celui du Val d’Oise, mais, si proche de Paris, que ce patrimoine était aussi, souvent, de toute l’Ile-de-France... Cette belle petite musique émettait régulièrement sa mélodie depuis une vingtaine d’années au point que je faisais partie de ceux qui attendaient les numéros. Et puis tout cela s’arrête. La collection des numéros parus forme un corpus irremplaçable pour ceux qui souhaiteront connaître ce « petit pays », Ainsi donc il en est du patrimoine en France comme de cette revue. Beaucoup de mots, voire d’agitation souvent, de grands gestes parfois comme justement les journées du patrimoine. Mais derrière qu’en est-il ? Et si tout cela n’était qu’alibi ? Qu’en est-il vraiment des politiques publiques de plus en plus pingres et qui doivent, pour sauver quelques fleurons, se désintéresser de plus en plus du patrimoine de proximité ; qu’en est-il des politiques locales, rarement, véritablement soucieuses des trésors qu’elles recèlent et qui préfèrent, pour ne pas heurter les électeurs, accepter toutes les transformations et démolitions, fussent-elles des hérésies, portant atteinte à l’identité du village ? Mais les responsables ont-ils cherché à comprendre ce qu’est leur patrimoine communal ? Ont-ils lu, compris, analysé les revues telles que Vivre en Val d’Oise ? Ont-ils cherché à savoir ? Il y a souvent de telles absences de curiosité chez nos responsables !

Beaucoup préfèrent les sirènes des promoteurs avec leurs belles promesses, sur papier glacé, qu’il ne faut ensuite surtout pas chercher à comparer avec les résultats souvent bien loin du projet - de lotissements qui alors qu’ils devaient permettre le développement de la commune n’apportent qu’uniformité et lieux sans âme à force de poncifs et de pastiches le fameux « local », les fausses pierres, les briques en parement collé, les volets vernis là où les persiennes ont toujours été peintes, le pseudo rural de maisons de bourgs affublées de lucarnes pour faire rustique....

Durant vingt ans Vivre en Val d’Oise a essayé, page après page, de montrer que ce département du Val d’Oise, malgré sa jeunesse (né en 1965) avait de l’ancienneté et du caractère, possédait une histoire qui ne demandait qu’à se poursuivre. Cela chacun pouvait continuer à le faire vivre comme chacun, durant des siècles et des siècles, avait permis de le constituer. En faisant découvrir les strates du passé les rédacteurs incitaient chaque lecteur à contribuer à bâtir celle du présent.

Voilà donc cette œuvre qui s’achève. Les meilleurs partent toujours les premiers !

Et ce n’est pas la première du genre. Je me souviens encore dans les années 1975/1980 d’une autre revue Quercy Recherche qui, elle aussi, faisait du bon travail au moment où le Lot devenait une nouvelle Dordogne à conquérir. La recherche était importante sur cette belle terre jusqu’alors préservée. Tous les numéros étaient un enrichissement. Et puis un jour, ne plus rien (avec le numéro 134), lors même que les touristes et autres néo ruraux étaient toujours plus nombreux sur ce pays...

Ainsi faut-il se résoudre à voir disparaître peu à peu tous ceux qui contribuent à mieux faire connaître l’histoire locale et à lui donner son sens. Non pas anecdote mais partie de la grande histoire dès lors qu’on l’aborde en termes scientifiques et éclairés. Histoire locale sève de notre histoire nationale. Oui, vraiment la fin de Vivre en Val d’Oise, constitue un grand événement dont les conséquences, je le crains, seront chaque jour plus importantes. Pauvre France du patrimoine et de la recherche !

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