Un fils Kadhafi assure que sa famille a conclu un pacte avec les islamistes.

Vendredi 2 septembre 2011 // Le Monde

Seif al-Islam Kadhafi, l’un des fils du dirigeant libyen, a déclaré que sa famille avait scellé une alliance avec les rebelles islamistes du pays pour en finir avec l’opposition laïque qui réclame le départ de son père.

Self al-Islam Kadhafi, qui comme son père, a longtemps clamé que l’opposition était menée par les islamistes, a assuré dans une interview accordée à Tripoli au New York Times que les rebelles laïcs « vont tous s’enfuir ou être tués (...) Nous y veillerons ».

Et de lancer que son pays allait alors ressembler à l’Arabie Saoudite ou à l’Iran. Et alors ?

Le Libyen, qui a longtemps représenté le visage du régime de son père dans les pays occidentaux, apparaissant en costume/cravate et parlant couramment anglais, s’est cette fois présenté à l’interview vêtu de l’habit traditionnel, arborant une barbe broussailleuse et égrenant un chapelet.

Seif al-Islam a assuré au New York Times avoir négocié un pacte avec Ail Sallabi, l’un des chefs islamistes de l’est du pays aux mains des rebelles. Ce dernier a confirmé au quotidien avoir eu des conversations avec le fils Kadhafi, sans toutefois dire que les islamistes avaient rejoint le camp du dirigeant en place depuis 42 ans.

Le régime de Mu’ammar Kadhafi se présente comme un rempart face à la prise de pouvoir des extrémistes religieux dans ce pays riche en pétrole. Les forces rebelles comptent certains islamistes, mais insistent sur le fait qu’elles sont toutes unies dans leur volonté de voir Mu’ammar Kadhafi céder le pouvoir à un gouvernement démocratique.

Dans son interview, Self al-Islam prétend que les islamistes sont les véritables forces sur le terrain et que les pays occidentaux devront venir négocier avec eux, je sais que ce sont des terroristes. Ils sont sanguinaires. Ils ne sont pas bons. Mais vous devez les accepter, a-t-il lancé.

Par cette interview, Seif al-Islam pourrait tenter d’exploiter les récentes divisions apparues dans le camp des rebelles depuis la mort du commandant militaire du Conseil national de transition (CNT), le général Abdel Fatah Younès, dans des circonstances opaques.

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