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AMÉRIQUE LATINE.

Un deuxième souffle pour l’UNASUR.

Samedi 24 juillet 2010 // Le Monde

La désignation de l’ancien président argentin à la tête de l’organisation régionale devrait renforcer celle-ci et lui permettre de devenir un outil d’intégration beaucoup plus efficace.

En appelant Néstor Kirchner à sa tête lors du sommet extraordinaire du 4 mai en Argentine, l’Union des nations sud-américaines (UNASUR) a affirmé son désir de renforcer son indépendance, son unité et son intégration régionale. Confier cette responsabilité à l’ancien Chef d’État argentin revêt une grande valeur symbolique. C’est en effet sous son gouvernement et grâce à l’influence que lui donnait son statut de président du pays hôte du Sommet des Amériques en 2005 que la région a pu, entre autres, rejeter la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), instrument conçu pour permettre aux Etats-Unis de recoloniser l’Amérique latine, qui, comme l’a dit le Président VénézuéIien Hugo Chàvez, avait été « enterré » à Mar del Plata.

À l’époque, la rébellion anti-néolibérale latino-américaine avait déjà mis à la tête des pays membres de l’UNASUR, outre Kirchner et Chavez, Lula da Silva au Brésil [président depuis 2003] et Tabaré Vazquez en Uruguay [président de 2005 à 2010].

Les membres de I’UNASUR se sont également entendus sur d’autres questions importantes ; Notamment pour soutenir l’Argentine dans le différend qui l’oppose à l’Angleterre quant à la souveraineté des Malouines, pour réprouver les explorations illégales de ressources naturelles réalisées par les Britanniques sur la plate-forme continentale argentine, condamner la loi raciste votée en Arizona, soutenir les efforts du Paraguay pour assurer la sécurité de ses citoyens et accélérer l’aide à Haïti. En revanche, aucun consensus n’a pu être trouvé sur le Honduras parce que la Colombie et le Pérou, à la différence des dix autres membres, reconnaissent le gouvernement de Porfirio Lobo [élu en novembre dernier à la suite du coup d’État du 28 juin 2009].

L’UNASUR est née à Cuzco en décembre 2004 et a été baptisée sur l’île Margarita en 2007. Elle est très jeune par rapport aux organisations similaires sur d’autres continents, mais c’est sur le nôtre que sont apparues en premier les idées d’unité et d’intégration, nourries par plusieurs grands hommes, notamment Bolivar. C’est aussi sur notre continent que ces idées ont eu le plus de mal à se concrétiser à cause des oligarchies et de l’impérialisme, d’abord britannique puis américain. Malgré sa jeunesse, l’UNASUR a déjà rempli des rôles importants, en dépit des différences idéologiques et politiques existant entre ses membres du fait de la nature plurielle d’une telle organisation.

LA BANQUE DU SUD POURRAIT CONTRER LA CRISE

Son rôle dans l’échec du putsch séparatiste organisé par les Etats-Unis pour renverser le gouvernement d’Evo Morales a été décisif [allusion au soutien du gouvernement de Georges Bush au référendum sur l’autonomie de la province de Santa Cruz en mai 2008 et aux confrontations qui ont suivi] et historique. Jamais, auparavant les gouvernements latino-américains n’étaient parvenus à s’unir pour déjouer un plan séditieux de la grande puissance du Nord contre l’un d’entre eux. L’UNASUR a également été très importante pour maintenir l’unité sud-américaine et latino-américaine menacée par les Etats-Unis à partir de l’attaque contre l’Équateur pour la province de Sucumbios. Elle est essentielle pour empêcher de nouvelles interventions militaires de Washington, dont le risque s’est considérablement accru depuis la réactivation de la IV° flotte ; Le coup d’État au Honduras et l’accord autorisant l’installation de bases américaines en Colombie, vigoureusement dénoncé lors du sommet de Bariloche [29 août 2009] par la majorité des membres de l’organisation.

Néstor Kirchner va devoir s’atteler à l’institutionnalisation de l’UNASUR, pour permettre aux actions d’intégration de progresser plus vite. II est capital d’encourager les Parlements des douze États membres à ratifier le traité constitutif de l’organisation, comme l’a déjà,fait les Parlements boliviens, équatorien, vénézuélien et surinamien. Un autre dossier crucial sera l’ouverture tellement attendue de la Banque du Sud. Celle-ci aurait pu être un outil important face à la crise capitaliste, mais son démarrage continue d’être différé. Il existe par ailleurs beaucoup d’autres initiatives d’intégration régionale qu’il faudra étudier et éventuellement approuver et appliquer. L’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) est déjà riche de nombreuses expériences très précieuses dans ce domaine, surtout parce qu’elles s’écartent des mécanismes traditionnels du commerce international, recherchant plutôt la complémentarité, la solidarité et le bénéfice mutuel que le profit à outrance. Certaines sont très simples et peu onéreuses, comme la campagne d’alphabétisation avec la méthode « Yo, si puedo » [Oui, je peux], qui a des répercussions immenses sur l’éducation et la culture.

Quand Chavez fait main basse sur la lumière

Par décret présidentiel, le Venezuela plonge de plus en plus tôt dans l’obscurité. Le gouvernement a commencé par éteindre le soleil trente minutes plus tôt que d’habitude lorsque, le 9 décembre 2007, il a changé le pays de fuseau horaire (4 h 30 GMT, soit 30 minutes de différence avec ses voisins) pour « le mettre en adéquation avec la nouvelle réalité du processus révolutionnaire », ajuster l’activité productrice des Vénézuéliens au cycle solaire et faire ainsi de plus grandes économies d’énergie. Puis, contraint et forcé par la crise énergétique qui frappe le pays depuis un an en dépit du changement de l’heure légale, il a décidé d’éteindre les lumières artificielles.

Il a d’abord coupé l’électricité sans prévenir, puis adopté, en février 2010, une loi d’urgence qui oblige à économiser l’énergie et sanctionne les négligents. Les coupures de courant sont sélectives. Après plusieurs tentatives infructueuses et malgré la férocité de la crise énergétique mise officiellement sur le compte de la sécheresse qui a fait chuter le niveau de l’eau dans le bassin de retenue du barrage d’El Guri fournissant 70 % de l’électricité du pays, le gouvernement s’est surtout efforcé d’épargner Caracas. C’est la province qui souffre le plus des plans mis en place. Les coupures de courant dues aux défaillances des centrales peuvent durer jusqu’à huit heures par jour dans certains endroits et jusqu’à cinq jours dans les cas extrêmes, comme cela a été le cas récemment dans trois villes de l’État de Mérida. Dans ce Venezuela profond, plongé dans l’obscurité, les habitants ont mis au point toutes sortes d’inventions et de nouveaux modes de vie. Avant même l’explosion, le 22 avril, du transformateur qui alimentait les villes de Tovàr, Zea et Rivas Dâvila, les maîtresses de maison avait déjà appris à limiter leur marché à la quantité de viande consommable le jour même, quitte à saler les quelques morceaux restants, en évitant l’usage du congélateur dont le contenu était voué à la putréfaction en cas de coupure de courant.

DES RATIONNEMENTS QUI S’AVÈRENT DANGEREUX

Les restaurants avaient aussi raccourci leur carte et n’offraient plus que les deux plats qu’ils étaient sûrs de servir au cours d’une journée d’activité normale. Quelques insouciants durent quand même jeter à la poubelle des kilos d’aliments périssables. À Mérida et à San Cristobal, pour donner un autre exemple, un problème technique et de sécurité se pose dans les immeubles d’habitation. Comme l’alimentation en eau est également défaillante, puisqu’il n’y a pas d’électricité pour faire fonctionner les pompes, les habitants ont décidé d’installer des réservoirs chez eux, faisant peser sur la structure des immeubles un poids supplémentaire non prévu par les architectes. À cela s’ajoute le danger représenté par les gaz inflammables émanant des groupes électrogènes à essence qui démarrent tous ensemble dès que le courant est coupé.

Combien de temps durera le rationnement ? Personne ne le sait. Ce qui est sûr, c’est que les Vénézuéliens n’auront de cesse que de trouver de la lumière par tous les moyens.

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