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Sud-Soudan.

Un Kosovo Africain.

Lundi 18 juillet 2011 // L’Afrique

Promis à la guerre civile et/ou la guerre extérieure, le nouvel Etat indépendant du Sud-Soudan doit inventer une nation et un avenir.

Le 9 juillet 2011, le Sud-Soudan est indépendant. Mais c’est un pays qui n’a jamais existé. L’Erythréen et le Somaliland (dont l’indépendance autoproclamée il y a plus de vingt ans n’a jamais été reconnue) avaient été des territoires coloniaux séparés. Même le Darfour a été un émirat jusqu’en 1916. Ce ne fut jamais le cas du Bahr-el-Ghazal, à peine autonome un temps sous un gouverneur égyptien, et sur une moindre superficie que celle du nouvel Etat. L’identité du Sud-Soudan est ethnique et religieuse, à ce jour plus négativement non arabisés et non musulmans que positivement les diversités de peuplement et de religion y sont profondes. La tâche du nouvel Etat sera de passer de décennies de lutte de libération à un régime démocratique : désarmement des milices et transformation d’un mouvement de libération (SPLA/M) devenu quasi-parti unique en un multipartisme qui ne soit pas tribaliste ou clanique : Nuer contre Dinka, idem entre sous-clans.

La reprise de la guerre Nord-Sud peut servir de ciment national au Sud comme au Nord. Quelques disputes frontalières, à Abyei et au Sud-Kordofan, devaient être réglées par voie de référendum. Ces dernières semaines, elles le sont plutôt par les armes. Le précédent de la terrible guerre fratricide entre l’Ethiopie et l’Erythrée dès l’indépendance de celle-ci hante les esprits. Addis-Abeba a d’ailleurs envoyé dans la zone contestée une force d’interposition de 4.200 soldats en attendant une force onusienne (déjà dix mille observateurs ou casques bleus sont dans le coin).

Les prétextes à guerre civile ou à guerre extérieure ne manquent donc pas. Le tout est de savoir si le Nord et le Sud en profiteront ou pas. Jusqu’à présent, le président sudiste, Salva Kiir, a été suffisamment habile pour ne pas répondre aux provocations du Nord. S’il le faisait, il compromettrait l’indépendance avant même sa proclamation. Les vieilles ficelles d’Al-Bachir n’ont pas marché. Que va-t-il faire après le 9 juillet ?

Khartoum doit tirer les conséquences de l’indépendance du Sud. Ai-Bachir avait menacé en cas de sécession d’instaurer au Nord un Etat islamique avec application de la charia, y compris aux sudistes résidents au Nord, en fait aux non-musulmans. Le fera-t-il ? Khartoum avait jusqu’au début de l’année été sous « surveillance » de l’Egypte. L’adjoint de Moubarak, en charge du renseignement, était chaque semaine dans la capitale soudanaise. Le Caire ne souhaitait pas voir un islamisme dur sur sa frontière sud. Survient le printemps arabe : exit le tuteur égyptien. Les services égyptiens ont été dissous. Les politiques ont d’autres chats à fouetter. Les Soudanais ont donc la bride sur le cou.

Un printemps arabe à Khartoum ne semble pas à l’ordre du jour. AI-Bachir n’a à redouter qu’une révolution de palais et s’est organisé en conséquence. L’inculpation par le procureur de la Cour pénale internationale l’a jusqu’à présent plutôt servi en le « sanctuarisant », dans la sous-région et au sein de l’Union africaine déjà embarrassée par le problème libyen. Les Etats-Unis pour le moment en font autant, préférant tenir (l’indépendance du Sud) que courir (le changement à Khartoum). La Chine, principal investisseur pétrolier, a spectaculairement renouvelé son soutien en recevant AI-Bachir en visite officielle fin juin. La Haye attendra. Pour quelque temps encore, AI-Bachir a le champ libre.

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