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Un G 20 pour rien.

Dimanche 27 mars 2011, par Bertrand RENOUVIN // Le Monde

On se laisse facilement impressionner par la technicité des déclarations du G 20, surtout lorsqu’elles sont enjolivées par les prestations médiatiques de Dominique Strauss-Kahn, considéré comme un grand économiste alors que son oeuvre théorique n’a pas le moindre commencement d’existence.

Mais si l’on s’éloigne un instant de la scène où les acteurs déclament en langue de bois les propos destinés à justifier leur rôle éminent et à rassurer le sacro-saint Marché, on s’aperçoit que ce groupe de pays constitué pour « réguler » le cours des choses sur le marché globalisé n’est qu’un élément parmi d’autres de l’anarchie généralisée. Le désordre est immense et il n’y pas d’autorité capable d’y remédier.

Voyons cela !

Deux groupes auto-institués, le G 20 et le G 8, s’ajoutent aux organisations internationales : FMI, Banque mondiale et OMC. C’est de cet enchevêtrement qu’une « gouvernance » mondiale est censée émerger à la faveur de la crise. Avant 2008, l’OMC avait la cote mais c’est maintenant le FMI et Nicolas Sarkozy, toujours platement conformiste, s’est prononcé le 19 février en faveur d’un renforcement des pouvoirs du Fonds. Pour sa part, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, déclarait la veille que « le G 20 n’est pas une institution dotée de pouvoirs coercitifs ou réglementaires. C’est une instance fondée sur la concertation et la bonne volonté ». A quoi bon se réunir pour prendre des décisions si on n’a pas le pouvoir de les faire appliquer ?

Le résultat de cette concertation des ministres des finances et des gouverneurs des Banques centrales du G 20, le 19 février ? Une liste d’indicateurs permettant de mesurer les déséquilibres internationaux. En pleine tempête, les supposés pilotes s’accordent sur la manière de mesurer la force du vent, la hauteur des vagues et le niveau de l’eau dans la cale ! Mais la presse nous informe que cette liste a été obtenue à l’arraché, par compromis entre des intérêts nationaux opposés et en éliminant l’indicateur sur les réserves de change pour ne pas déplaire à la Chine. La « bonne volonté » chantée par Christian Noyer a donc rencontré de sérieuses limites...

Il y a pire : l’accord a minima sur des indicateurs, dont on tiendra compte aussi sérieusement que les fameux « critères de Maastricht », résulte d’un consensus plus général sur le silence à garder sur les problèmes qui fâchent les États-Unis et la Chine : rien sur le dollar, rien sur le yuan. Ne pas vexer les puissants, sans lesquels rien ne peut être fait et qui ne veulent rien faire qui soit contraire à leurs intérêts du moment... La « bonne volonté » censée régir la « gouvernance » se heurte a la volonté de puissance des États qui sont les acteurs principaux des concertations internationales. Nous sommes et nous resterons dans une contradiction indépassable entre l’idéologie de la globalisation post-nationale et les conflit entre les États nationaux. Rien de nouveau sous le soleil : certains États dominent les négociations internationales, d’autres sont dominés. La France ralliée à la « famille occidentale » par Nicolas Sarkozy et subjuguée par le groupe de pression chinois fait aujourd’hui partie des nations qui se soumettent pour qu’on ne les accuse pas de déranger les maîtres du jeu.

Si l’objectif est le consensus, il faut en effet que les oligarques français ne disent rien. Rien sur la crise alimentaire alors que, entre juin et décembre 2010, la hausse des prix a déjà fait tomber 44 millions de personnes sous le seuil d’extrême pauvreté selon les estimations de la Banque mondiale. Au total, 1,2 milliards d’individus vivent aujourd’hui sous ce seuil. Rien, non plus, sur la crise du marché obligataire, ni sur la guerre monétaire, ni sur la crise de la zone euro. L’essentiel, c’est de sauver les apparences, de faire comme si les choses redevenaient normales alors que le système ultra-libéral s’est lui-même condamné. S’ils se taisent, nos oligarques, c’est pour garder l’estime des membres du club et le soutien de ceux qui veulent engranger le maximum de profits avant l’effondrement final. Les prestations de Nicolas Sarkozy et de Dominique Strauss-Kahn ne peuvent masquer cette folle rapacité.

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