U S A : Que vont devenir nos astronautes.

Samedi 20 août 2011, par Brian Vastag // Le Monde

Le 8 juillet, Atiantis s’est élancée pour la dernière fois dans l’espace. Si la Nasa n’a pas renoncé aux vols habités, nul ne sait quand ils reprendront.

En rentrant de sa mission de onze jours à bord de la navette spatiale en mai dernier, l’astronaute Garrett Reisman savait qu’il lui faudrait de nouveau faire la queue. Il va devoir patienter au moins cinq ans avant de pouvoir revenir sur la Station spatiale internationale (ISS), où il a déjà passé quatre-vingt-quinze jours en 2008. Et même s’il remonte en orbite, ce sera à bord d’une capsule russe exiguë. Le vendredi 8 juillet, la navette Atlantis a décollé pour son dernier vol. Il ne reste plus que les Soyouz pour effectuer des virées dans l’espace et les places sont chères.

Dans un avenir prévisible, la Nasa n’envisage d’envoyer chaque année que quatre à six astronautes, américains ou autres, sur l’ISS. Pour cela, elle versera à la Russie 56 millions de dollars [39 millions d’euros] par personne. Alors, au lieu d’attendre, Reisman a préféré emboîter le pas aux nombreux astronautes qui s’éloignent de la Nasa. Le corps tant vanté des astronautes de l’agence, entraînés pour résister à de violentes accélérations, effectuer de dangereuses sorties dans l’espace, vivre en isolement et surmonter d’innombrables hoquets technologiques, est aujourd’hui confronté à un défi auquel rien ne l’a préparé : l’inconnu. "Beaucoup sont obligés de prendre une décision. Sont-ils prêts à attendre encore cinq, six ou sept ans ?" explique Thomas D. Jones, qui a accompli quatre missions à bord de la navette avant de quitter la Nasa, en zool. A l’époque, Le 8 juillet, Atiantis s’est élancée pour la dernière fois dans l’espace. Si la Nasa n’a pas renoncé aux vols habités, nul ne sait quand ils reprendront.

Dans un avenir prévisible, la Nasa n’envisage d’envoyer chaque année que quatre à six astronautes, américains ou autres, sur l’ISS. Pour cela, elle versera à la Russie 56 millions de dollars [39 millions d’euros] par personne. Alors, au lieu d’attendre, Reisman a préféré emboîter le pas aux nombreux astronautes qui s’éloignent de la Nasa. Le corps tant vanté des astronautes de l’agence, entraînés pour résister à de violentes accélérations, effectuer de dangereuses sorties dans l’espace, vivre en isolement et surmonter d’innombrables hoquets technologiques, est aujourd’hui confronté à un défi auquel rien ne l’a préparé : l’inconnu. "Beaucoup sont obligés de prendre une décision. Sont-ils prêts à attendre encore cinq, six ou sept ans ?" explique Thomas D. Jones, qui a accompli quatre missions à bord de la navette avant de quitter la Nasa, en zool. A l’époque, l’institution employait 15o astronautes, la plus formidable force spatiale de son,histoire. En octobre 2009, ils n’étaient plus que 92. Aujourd’hui ils sont 6i, avec deux départs à la retraite annoncés, et "quelques autres" probables d’ici à la fin de l’année.

"Nous sommes en pleine transition, et c’est dur pour tout le monde à la Nasa", explique Reisman. En mai, ce docteur en ingénierie mécanique s’est amarré à SpaceX, une start-up californienne qui a conclu un contrat de 1,6 milliard de dollars avec la Nasa portant sur le ravitaillement de l’ISS. Il y a retrouvé un autre ancien astronaute, Kenneth Bowersox, et tous deux s’attellent à la modernisation de la capsule Dragon de la société, afin qu’elle puisse un jour emporter des astronautes vers la station.

Une autre astronaute devrait les y aider. Pamela Melroy, qui a quitté la Nasa en 2009, est entrée à la Federal Aviation Administration (FAA, l’agence fédérale qui encadre l’aviation civile aux Etats-Unis), en juin dernier. Elle travaillera à la mise en place de réglementations de sécurité pour le secteur embryonnaire des vols commerciaux dans l’espace. Pamela Melroy a piloté deux missions de la navette et en a commandé une troisième. Mais, face à la monotonie de l’entraînement et à l’incertitude quant à son avenir, elle a cherché de nouveaux défis. "Je ne tenais pas à me trouver dans une situation où j’aurais dû intriguer pour pouvoir monter à bord de l’un des derniers vols", commente-t-elle.

Personne ne peutelire quand des astronautes moyageront à bord de la capsule Dragon ou d’autres vaisseaux américains. Le président Obama et le Congrès ont ordonné à la Nasa de développer un appareil destiné à des vols futurs vers des astéroïdes ou au-delà. Et, dans la présentation de son budget zoui, la Nasa assure qu’elle va consacrer 1,2 milliard de dollars au projet. Mais aucun délai officiel n’a été fixé pour le lancement de, la capsule et aucune mission n’a été programmée.

Une nouvelle génération de véhicules habités est aussi en développement dans des sociétés américaines. En avril, la Nasa a réparti la somme de 269 millions de dollars entre quatre entreprises - SpaceX, Boeing, Blue Origin et Sierra Nevada Corp. -, chargées de mettre au point des vaisseaux pour des vols habités. D’ici à fin 2006, soutient la Nasa, un de ces engins mettra des astronautes sur orbite.

Les astronautes ont toujours attendu longtemps entre deux missions. Reisman a patienté pendant dix ans. Mais jusqu’à maintenant, au moins, les candidats étaient sûrs d’une chose : la Nasa récompensait toutes leurs années de sacrifices par un voyage dans l’espace. Et chacun des 59 astronautes toujours en service actif a réussi à quitter la Terre.

Mais pour les nouvelles recrues 4 Américains et 5 candidats internationaux sélectionnés en 2009, l’avenir est incertain. Ils sont les premiers astronautes à ne pas s’entraîner pour un vol à bord de la navette depuis les années 1970 et devront passer jusqu’à cinq ans à se préparer à la vie sur PISS. S’ils s’en tirent convenablement, 6 d’entre eux partiront sur l’ISS d’ici à 2016.

Le programme des navettes a peut-être pris fin, mais l’intérêt que suscitent les voyages dans l’espace continue de croître. Pour sélectionner les astronautes de la promotion 2009, la Nasa a dû faire un tri parmi quelque 3 500 candidatures.

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