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Réponse à l’article L’ARNAQUE de la dette publique.

Vendredi 11 juin 2010 // La France

Haro sur l’Euro !

De plus en plus de voix cherchent à quitter la monnaie commune, il est accusé de tous les maux ! Ce serait l’Euro la cause de tous nos soucis monétaires et de notre chômage, ce serait la gestion politique européenne qui mettrait nos populations dans des problèmes sociaux et des plans de rigueur.

Je ne fais pas la même analyse, l’euro n’est pas le fautif, ce sont ceux qui l’attaquent qui sont fautifs. Vous me faites l’impression d’accuser le volé parce que vous le connaissez, mais ignorez le voleur que vous identifiez mal.

Où sont passés les milliards d’euros que nos états doivent ? Où vont passer les milliards d’euros que nous mettons en garantie pour sauver la monnaie européenne ? Bon sang vous êtes aveugles ? Qui possède actuellement des milliards. ? Qui réalise actuellement des bénéfices délirants ? Qui s’approprie les meilleurs emplacements de villes, les plus grands immeubles ? Qui distribue des salaires ahurissants ?

Mais pourquoi cette situation s’est mise en place ? Quand les échanges économiques sont faussés et qu’un des acteurs s’enrichisse à chaque transaction et que l’autre perd, il est logique qu’à la fin de la partie, l’un n’ait plus rien et l’autre tout accumulé.

J’accuse les banques d’être les profiteurs de ce système, j’accuse les politiciens de préférer le profit à la justice. J’accuse ces citoyens qui considèrent normal de gagner de l’argent sans rien faire en plaçant leurs économies au plus offrant sans scrupule ni morales. Quand ils veulent gagner à tout prix même s’il s’agit de ventes d’armes, d’entreprises polluantes, de sociétés qui pillent le tiers-monde ou des crédits qui assèchent le peu de monnaie restant dans les poches des plus pauvres en leur faisant miroiter des crédits insolubles. Après tout, les hommes ne sont pas spontanément généreux, mais lorsque la structure même de l’économie privilégie l’égoïsme et que le fonctionnement même des circuits monétaires favorise les riches aux dépens des pauvres, comment pouvons-nous leur demander de résister ?

Le jour où l’esclavage fut supprimé cela ne changea pas grand-chose au quotidien des esclaves, mais une action qui était auparavant considérée comme honorable est devenue dorénavant répréhensible. Ce changement de paradigme doit être réalisé en économie.

Gagner plus que l’autre n’est pas honorifique, ce n’est pas un signe de réussite, mais c’est un véritable vol surtout quand l’échange n’est pas équilibré. Celui qui vend un article plus cher qu’il ne vaut, celui qui encaisse plus que son mérite, celui qui impose un travail payé moins cher que ce qu’il produit, ceux-là ne sont pas de « bons gestionnaires » mais des « voleurs ! » En déséquilibrant l’échange, ils rompent la solidarité nécessaire pour constituer une société sereine, ils génèrent une injustice qui conduit à terme aux conflits sociaux, ils trahissent leur nom d’homo sapiens et programmant ainsi l’arrêt des échanges économiques entre eux par l’élimination économique de pans entiers de la population.

Être riche par ses compétences, son utilité et son travail sont une valeur respectable, cette situation est méritée, mais devenir riche en utilisant toutes les astuces juridiques, les ententes commerciales, les pressions sournoises, en trichant avec les qualités ou les lois ou en les déformant par le lobbying méritent une réprobation générale et doivent aboutir à une accusation pénale.

Allez-y revenez en arrière, abandonnez l’euro, mais qu’imaginez-vous ? Vous croyez vraiment que l’économie mondiale s’en portera mieux, vous croyez vraiment qu’avec les prédateurs financiers actuels et leurs techniques sophistiquées le franc aura la moindre chance, que dire de la devise grecque ! Alors oui notre état pourra faire tourner librement sa planche à billets suivant ses nécessités, mais qui récupérera cet argent ? Vous ? Ou ces puissances financières qui sauront très vite drainer tous ces nouveaux billets avant même que n’en voyiez la couleur !

Alors, j’affirme ma conviction, si le traité européen avait été refusé sous cette forme maladive d’une conception de l’économie fondée sur le profit, pour être remplacé par un traité européen fondé sur des valeurs sociales et humaines, notre euro aurait une autre valeur. Le but de la politique n’est pas la réussite économique, mais la réussite de la société, et l’économie n’est que le moyen de contribuer à cette réussite pour satisfaire les peuples.

Sauvons nos vraies valeurs, travail, solidarité, liberté, justesse, sciences, morales, arts, laïcité, et utilisons l’économie pour cela, mais ne prenons jamais l’économie pour une valeur. Séparer l’économie de l’état comme l’Est la religion est essentielle. La monnaie doit dans son fonctionnement aider les pauvres et freiner les riches, c’est-à-dire le contraire de ce qu’elle fait aujourd’hui. Les banques doivent permettre aux entreprises d’investir, ce n’est pas aux entreprises ou particuliers d’investir dans les banques. Les taux bancaires ne doivent jamais dépasser le coût du service rendu. Une banque ne produit rien elle n’a donc pas de raison de faire des bénéfices.

Une banque doit fonctionner comme une association loi 1901 où aucun bénéfice n’est autorisé. Elle peut accumuler et prêter, mais s’il y a bénéfice, il doit retourner à l’état.

Bon je rêve là, je sais, mais soit on finira par y arriver soit on finira par s’entretuer…

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