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Transparence.

Vendredi 25 mars 2011 // Le Monde

TRANSPARENCE, que de crimes on commet en ton nom ! Bientôt il n’y aura plus personne sur terre ni plus aucun endroit au monde qui pourra échapper au droit absolu de l’investigation. Plus de domaine réservé, plus même de vie privée. Car comment faire le partage entre le privé et le public, l’intime et l’extérieur, le personnel et le collectif, le secret et l’officiel, si la transparence est la règle ?

La technologie moderne donne tous les moyens d’annuler les frontières, de détecter les moindres détails, de pirater les documents, de voler les données informatiques, de s’approprier les logiciels, de pénétrer les centres de décision, d’attaquer électroniquement les sites et les ordinateurs les plus puissants. Les satellites surveillent la terre au millimètre près. Les caméras seront bientôt partout. Vous êtes vu, suivi espionné. Vos conversations sont enregistrées ; votre vitesse calculée ; vos moindres mouvements financiers sont relevés ; votre patrimoine est repéré, évalué. Et que dire de vos habitudes et de vos amours ?

Personne n’est épargné. Même pas les plus grands. La diplomatie américaine et le Pentagone ont subi des attaques en règle. Les câbles diplomatiques, plus de 250 000 documents de ces dernières années ont été exposés sur le site WikiLeaks au nom de la transparence. Et cinq grands journaux dont Le Monde ont été choisis pour apprécier, puis divulguer les secrets de la correspondance diplomatique des USA... Ministère, chancellerie, ambassades, consulats, tout est mis à disposition... y compris les « cancans » des ambassadeurs et des diplomates.

JULIAN ASSANGE, l’auteur de ce coup, australien d’origine, arrêté dernièrement en Grande-Bretagne et dont le sort n’est pas encore fixé, avec toute son équipe de cyberpirates et de « hackers », s’attribue un rôle planétaire : il impose la transparence, y compris dans les domaines de la raison d’État, singulièrement celui de la guerre et de la paix. Le droit de saisir l’information et de la révéler au monde lui est dévolu par la Grande Déesse : la Démocratie, l’Artémis aux mille mamelles et qui exige de tout savoir pour tout mieux commander.

Le raisonnement est simple et d’une rigueur absolue : tout ce qui est démocratique est transparent et ne craint pas la transparence. D’où, a contrario, tout ce qui n’est pas transparent et craint la transparence, n’est pas démocratique. Que dire devant ce raisonnement ? Eh bien, que se profile à l’horizon un totalitarisme pire que tout ce qui a précédé ! Victime de la Révolution française, du nazisme, du communisme, autrement dit des représentants de la Démocratie violente, vous aviez encore l’avantage de savoir que celui qui vous persécutait et vous tuait, était un monstre. Aujourd’hui, c’est « la transparence », autrement dit la Déesse Démocratie, elle-même, dans sa forme la plus séductrice, qui vous tue. Vous n’avez même pas le droit de protester. L’assentiment est requis par la plus douce et la plus implacable des pressions.

Reste que la plus grande Démocratie du monde, les USA s’est laissée piégée par la Démocratie Internet qui revendique un droit supérieur ; il y a là quelque chose de consternant et, en même temps, une sorte de justice immanente d’un caractère implacable. Il paraît heureusement que la France se défend mieux. De toute façon, ce qui est découvert est d’une extrême banalité, y compris les cancans. Quoi de surprenant ? Si l’on connaissait la conversation secrète des Napoléon, des Clemenceau, des Churchill, des Roosevelt, des Staline, des Hitler, pour ne citer que ceux-là, on serait atterré.

Enfin « on » savait déjà tout, y compris que la seule « obsession » des USA au Moyen-Orient est l’Iran qui est également « l’obsession » des États arabes... Et alors ? Le conflit israélopalestinien n’est pas prêt de s’apaiser !

IL SERA IMPOSSIBLE à l’avenir d’échapper au broyage d’Internet. Et d’autant moins que les victimes sont consentantes. Qui ne va pas sur ces fameux réseaux sociaux où chacun se croit obligé, par souci de transparence, de se déboutonner ?... La société de la transparence sera pire encore dans sa fausseté souriante que ce qu’avaient pu imaginer dans leurs prévisions Soloviev, Maurras et Aldoùs Huxley. Le journalisme va s’y complaire, sauf à se redresser... C’est-à-dire à trouver la force morale de choisir l’intelligence du vrai, du bien et du beau plutôt que de céder aux sirènes d’une démocratie totalitaire. Car mieux vaut le vrai que le transparent, le bien que l’horreur du tout-est-à-dire, le beau que la laideur de l’étalage indiscret de toutes les saletés humaines.

Nos lecteurs savent que ce choix de civilisation est celui de Politique magazine. Il faut l’aider dans son combat. Car il n’est pas dit qu’un jour, si les bons savent se regrouper, Internet, entre des mains expérimentées et sages, ne serve à sa manière le combat du vrai, du bien et du beau. C’est le voeu que nous formons pour cette année 2011 et que nous essaierons, pour notre modeste part, de concrétiser. Alors, amis lecteurs, bonne année à nous tous !

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