Tout va pour le mieux…

Samedi 6 novembre 2010, par Philippe Lamarque // L’Histoire

Son apogée approche !

Oui, elle domine les océans. La « Pax Britannica » étend sa perfidie…

Contre vents et marées, Philippe Lamarque barre toujours sa plume « corsaire » avec talent ! British Empire ?

« Une étrange tentative de conquête du monde » suite : 2/3

Portemont, le 26 octobre 2010

Le second British Empire (1783–1815)

L’ « English East India Company » possédant ses propres capacités militaires, pratique un impérialisme agressif, selon une terminologie marxiste du XXe siècle. Avec le déclin de l’empire moghol et la destruction de la Compagnie française des Indes orientales, le British Empire s’étend au sous–continent, la conquête étant achevée après les révoltes de 1857.

Armoiries de la « Compagnie des Indes Orientales » avec sa devise « Florebo quocumque ferar » (Je fleurirai là où je serai portée).

Vue des magasins de la Compagnie des Indes à Pondichéry, de l’amirauté et de la maison du gouverneur, avant la destruction de la ville par les Anglais en 1761, telle qu’on peut l’entrevoir sur cette gravure de 1769. (XVIIIe siècle, Lorient, Musée de la Compagnie des Indes). http://fr.wikipedia.org/wiki/Compagnie_fran%C3%A7aise_des_Indes_orientales

Dans le Pacifique, les voyages de James Cook ouvrent la route des archipels, de l’Australie et de la Nouvelle–Zélande. C’est alors vers ces terres nouvelles que sont expédiés les délinquants condamnés à la déportation, autrefois (1718 à 1776) envoyés aux Amériques.


Trafalgar…

Alors que les guerres napoléoniennes font rage en Europe, la « Royal Navy » victorieuse à Trafalgar en 1805 met en place le blocus continental systématique qui pénalise le commerce napoléonien, tandis que la menace d’une invasion de l’île s’estompe faute de moyens amphibies côté français.

En plein essor de son industrie de guerre et de ses constructions navales, l’Angleterre amorce sa révolution industrielle tout en retardant celle du continent.


HMS Victory – 1765- 1824

Forte d’une « Royal Navy » dominant les océans, le British Empire s’empare de très nombreuses colonies françaises, néerlandaises et espagnoles, arrachées sans scrupule et au mépris du « droit des gens  ». La période de 1680 à 1815 n’a porté pas moins de cent années de guerre, dont sept conflits contre la France pour la suprématie maritime. C’est également l’époque à laquelle se produit l’abolition de l’esclavage ; toutefois, il ne faut pas se leurrer à propos de cette mesure. Le « Slave act » de 1807 dispose du transport de population en Sierra Leone. Ce n’est d’aucune manière une mesure charitable, pas plus que le « Slavery Abolition Act » de 1833 prohibant la traite.

Il y a bien un mouvement abolitionniste mais c’est surtout la mécanisation et l’industrialisation gourmande en personnel qualifié, ajoutées à la faible compétence et l’absence de motivation des esclaves, accrues par le coût de leur entretien, qui a décidé le législateur pragmatique à se débarrasser d’un poids économique improductif.

Le siècle de l’apogée du British Empire

(1815–1914) - Au XIXe siècle, couvrant 26 000 000 de km² de terres émergées, comptant 400 millions de sujets, le British Empire ne souffre d’aucun rival, si ce n’est la Russie, en marche vers le Pacifique par la Sibérie. Devenu le gendarme du monde, le British Empire impose la « Pax Britannica », tandis que le Royaume–Uni adopte le « Splendid isolation » comme ligne de politique étrangère. Là où il peut se permettre de laisser une apparence de souveraineté, afin d’économiser des frais d’équipement, il place l’économie sous sa tutelle, comme en Chine, en Argentine, au Siam. Se souvenant comment la banque Rothschild a été le véritable vainqueur de Waterloo grâce à ses courriers lui permettant une audace boursière, le British Empire se dote d’un système de transmissions grâce aux vaisseaux courriers à vapeur, au télégraphe et au câble de la « All Red Line » (côte de la Manche, Gibraltar, Malte, Alexandrie, Suez, Indes).


Tableau de Theodore Blake Wirgman

 “Peace with Honour - Queen Victoria (1819-1901) with Benjamin Disraeli (1804-81) following the signing of the Berlin Treaty in 1878”

En 1876, Disraeli reconnaît Victoria impératrice des Indes. Ce sous–continent devient prépondérant dans la politique du British Empire, mais les yeux restèrent braqués sur l’Afghanistan et la Chine. Dès 1730, les comptoirs commerciaux sont établis dans l’empire du Milieu, exportant de l’argenterie, important du thé. Lors de la première guerre de l’opium, les Britanniques prennent pied à Canton et Hong Kong, mais les arrières sont menacés par la révolte des Sépoys (ou Cipayes).

Mutinerie des cipayes au service des Britanniques dans la moyenne vallée du Gange.

Les cipayes s’emparèrent des principales villes, où ils massacrèrent les Européens. Ils restaurèrent l’autorité de l’empereur Bahadur Chah II à Delhi. Cette révolte fut impitoyablement réprimée à la fin de 1857 et en 1858 ; Bahadur Chah II fut exilé à Rangoon.

La compagnie des Indes perd ses fonctions administratives en 1858 et ses possessions passent sous le contrôle de la couronne.

Elle est dissoute le 1er janvier 1874.

Le grand jeu

Le « Great Game » ou « Great Chessboard » voit l’affrontement du British Empire et de la Russie en Asie. Tous constatent le déclin des Empires ottoman, persan et chinois. D’un côté la Russie veut s’assurer les débouchés maritimes vers les détroits des Dardanelles et le Pacifique ; d’un autre, le British Empire ne cherche qu’à l’étouffer et préserver sa domination sur les Indes.

En 1839, les Britanniques tentent une invasion de l’Afghanistan ; c’est un désastre.

En 1853, l’armée russe envahit les Balkans et étend son influence sur la Méditerranée orientale. La campagne de Crimée (1853–56) porte un coup d’arrêt à son expansion.


Le congrès de Paris 1856

Déjà exsangues et à bout de ressources, les Russes font face à la détermination de la Grande–Bretagne et de la France de Napoléon III. Après avoir imposé sa loi aux Russes, le British Empire se retourne vers les khanats d’Asie centrale afin de les inclure dans sa sphère d’influence. La Russie disparaîtra quant à elle définitivement de la scène océanique après la guerre russo–japonaise de 1905 et le désastre de Port–Arthur.


Du Caire au cap de Bonne–Espérance

En 1652, un groupe de soldats hollandais débarque au Cap de Bonne Espérance sur ordre de la Compagnie hollandaise des Indes orientales afin de fonder une station de ravitaillement sur la route des épices.

Les conditions climatiques y étant favorables à la viticulture, le gouverneur Jan Van Riebeeck, ancien médecin de bord de la Compagnie, ne tarde pas à commander des plants de vigne d’Europe. Il faut d’ailleurs noter que le vin est une prévention efficace contre le scorbut qui affectait les équipages durant leurs longues traversées.

Le 2 février 1659, les raisins des trois premiers pieds de vigne, vraisemblablement du muscat de frontignan et du palomino, peuvent être pressés.

La Compagnie hollandaise des Indes orientales fonde la colonie du cap de Bonne–Espérance en 1652, servant d’escale à sa flotte entre l’Atlantique sud et l’océan Indien. Suite à l’invasion de la Hollande par les révolutionnaires français en 1795, le British Empire s’empare des colonies vulnérables, sans consulter la population afrikaner. C’est seulement à partir de 1820 que les colons anglais s’installent, obligeant les Afrikaners à s’enfuir vers le nord lors du grand Trek à partir de 1830.


Le Grand Trek

Ceux–ci fondent la République sud–africaine et l’État libre d’Orange mais en 1902 le British Empire les annexe, inventant au passage le système répressif du camp de concentration en y réduisant la population déportée à la misère et à la famine.


Canal de Suez

Au Nord–Est du continent, Napoléon III œuvre pour le percement du canal de Suez, finalisé en 1869. Le British Empire, opposé au projet dans un premier temps, mesure rapidement son avantage stratégique.

En 1875, le gouvernement de Disraeli rachète les parts du souverain égyptien Ismaïl Pacha. Après la convention de Constantinople de 1888, la zone du canal est dotée d’un statut de neutralité mais passe dans les faits sous contrôle du British Empire jusqu’en 1954.

Au centre du continent, le découpage colonial est fixé par la Conférence de Berlin de 1884, que les Britanniques considèrent cyniquement comme un chiffon de papier. Au mépris de cet accord, ils s’emparent du Soudan en 1885 et expulsent les Français de Fachoda en 1898.

Une figure monumentale impose alors son style : Sir Cecil Rhodes, Surnommé le « colosse de Rhodes », il crée un grand axe géopolitique et stratégique nord–sud du Cap au Caire, annexant le territoire qui prendra le nom de Rhodésie.

En dépit de ces succès éblouissants, les peuples regimbent sous l’aiguillon comme le Canada, qui obtient une certaine autonomie (à l’exclusion de la politique étrangère en 1867) ou l’Australie et la Nouvelle–Zélande, qui arrache l’autonomie de son exécutif en 1901.

De même, l’ensemble africain (colonie du Cap, Natal, Transvaal, État libre d’Orange) se décompose en dominions en 1910.


La levée du siège de Mafeking… 1900- Guerre du Transval

Répression britannique et camps…

Au final, 30 000 fermes sont détruites ainsi qu’une quarantaine de petites villes. Un quart de la population boer, soit 116 572 personnes, fut internée au côté de 120 000 Africains noirs. Près de 30 000 femmes et enfants boers moururent, principalement de malnutrition ou par manque d’hygiène, dans les camps britanniques.

En mai 1902, un traité de paix est finalement signé à Vereeniging entérinant la défaite des Boers et l’annexion définitive du Transvaal et de l’État libre d’Orange à la couronne britannique.

http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_sud-africaine_du_Transvaal

Le cas de l’Irlande est beaucoup plus complexe et douloureux : la rébellion de 1798 s’achève par l’acte d’union de 1800, puis l’île est asservie par la famine de 1845.


Mémorial de la grande famine à Dublin

Les troubles se poursuivront pendant tout le XIXe siècle jusqu’à l’insurrection du « Easter Rising » de 1916.

Philippe Lamarque

A suivre…

Empire colonial britannique

Carte des différentes emprises de l’empire britannique.
1. Rose : colonies occupées en 1945
2. Lavande : Dominions
3. Rose entouré lavande : colonies de Dominions
4. Rose foncé : régions perdues en 1920
5. Bleu pâle : régions occupées durant la Seconde Guerre mondiale
6. Violet : Protectorats et États princiers (en Inde)
7. Entouré en violet : Iran (protectorat, 1919-1921)
8. Jaune : régions perdues en 1705 (Angleterre seulement)
9. Rayures : sphère d’influence
10. Bleu : régions occupées de l’Axe défait 1943-1955

http://fr.academic.ru/dic.nsf/frwiki/580063

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