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Thon rouge, loi verte, citoyens dans le bleu.

Et si l’on s’inquiétait du thon rouge, dont on parle tant en ce moment, pour une série de bonnes et mauvaises raisons ?

Samedi 22 mai 2010 // L’Europe

Première question : le thon rouge est-il en voie de disparition et doit-il être inscrit à l’Annexe I (interdiction à la vente et l’exploitation) de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces sauvages menacées d’extinction) ? Clairement non. L’espèce n’est pas menacée d’extinction. Le thon rouge, comme beaucoup de poissons, a une stratégie de population fondée sur la ponte de dizaines ou centaine de milliers d’œufs par femelle, abandonnés dans le milieu ambiant. De cette foule de frères et sœurs, deux individus survivants par couple suffisent pour que le stock reste en l’état. Suivant les cas, il peut en survivre plus ou moins, ce qui a évidemment un effet très important sur l’abondance de la population. Tout dépend donc du nombre de jeunes qui arrivent à l’âge adulte ; Ce recrutement varie avec les conditions du milieu. On voit que suivant ces conditions une population parentale très faible peut tout de même donner une génération abondante, et vice-versa. La protection en tant qu’espèce en voie d’extinction n’a donc pas grand sens. La CITES est un bon instrument pour protéger les espèces à fécondité faible, comme les oiseaux, les mammifères et les requins, qui peuvent disparaître du fait d’une exploitation exagérée. Pas pour les thons.

Deuxième question : dans ces conditions pourquoi vouloir limiter l’exploitation, s’il suffit de quelques parents pour sauver l’espèce ? Pour deux raisons ( écologiques (et économique) : D’une part, il faut impérativement qu’un recrutement fort se produise de temps en temps, faute de quoi l’espèce sera véritablement en danger. Or on est incapable de savoir quand et pourquoi un recrutement fort se produit. Il faut donc être prudent. D’autre part, comme cela est arrivé ailleurs, si la population de thons rouges devenait trop faible, elle pourrait être remplacée dans le milieu par d’autres espèces et, la place étant prise, ne plus pouvoir revenir à son niveau d’abondance normal.

Troisième question : et la pêche ? C’est la raison économique. Il faut réguler la pêche pour maintenir un niveau d’exploitation satisfaisant et durable. Or la perversité du système fait que les recommandations des scientifiques de la CICTA (capture annuelle d’environ 15 000 tonnes) sont traduites par les politiques en quota de 30 000 tonnes, et dans les faits, via diverses entourloupes, par des captures de 60 000 tonnes. Cette séquence infernale qui double les chiffres à chaque niveau de décision, rend toute gestion des stocks impossible.

La solution est théoriquement simple : au lieu de concocter des régulations inappropriées, il faudrait faire respecter celles proposées par la CICTA. Mais voilà, on se trouve dans un système irrationnel. D’un côté les pêcheurs veulent un stock d’accès libre, où chacun prend sa part du gâteau avant qu’un autre le fasse, et rejettent toute réglementation sur une espèce devenue produit de luxe (un thon rouge de 214 kg a été acheté 230 000 euros au Japon en janvier dernier). De l’autre, les écologistes crient au loup et imposent à l’émotif des règles nuisibles sans se préoccuper de la réalité économique du dossier. Et au milieu, les politiques ont démissionné. C’est là d’ailleurs l’aspect exemplaire de ce dossier du thon rouge. Depuis quelques années, prenant acte des faiblesses des politiques devant les revendications des pêcheurs, et donc de l’inefficacité des lois et de leur application, les ONG écologistes (Green Peace, le WWF, etc.) ont voulu passer par-dessus le système de régulation internationale en s’appuyant sur le marché. Comment ? En créant des labels verts proposés aux consommateurs. Cela, a commencé avec la pêcherie mexicaine au thon qui, dans les années 80, tuait aussi des dauphins, et s’est vue boycottée par le consommateur américain. De ce fait les ventes se sont effondrées
et le pêcheur a dû adapter sa technique pour éviter les massacres de dauphins et vendre un poisson labellisé « sans dauphin tué ».

Parfait, direz-vous, le dauphin est sauvé, où est le problème ? Le problème, c’est que par ce biais la loi est faite par les ONG et la police par les consommateurs. Et l’on aboutit au scandale politique : Le citoyen ne compte plus, le législateur et le gendarme sont remplacés par la gouvernante du consommateur et du marché. Quand on sait combien le premier est influençable par la publicité du second, on peut tout craindre, et se poser incidemment la question des motivations des ONG. On voit à quelle vitesse tout ceci peut mener à la manipulation et aux guerres commerciales, voire aux guerres tout court : La Libye autorisant de facto une pêche sans frein dans ses eaux, tout est prêt pour une véritable guerre du thon rouge en Méditerranée...

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