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« Taliban ». Attention à l’amalgame.

Lu dans la presse pro Talibans !

Samedi 20 septembre 2008 // Le Monde

Qualifier de taliban tous les combattants anti-occidentaux en Afghanistan est un amalgame erroné qui condamne à ne pas comprendre les menaces et les enjeux, préviennent des experts français de la région. Selon eux, la plupart de ceux qui mènent des attaques contre les forces américaines, canadiennes ou européennes sont soit des nationalistes pashtouns, soit des extrémistes religieux, soit des guerriers tribaux - souvent un mélange des trois -, qui luttent contre ce qu’ils considèrent être des armées d’occupation. Et s’ils peuvent côtoyer par endroits et par moments, surtout dans l’Est du pays, des groupes proches ou affiliés à Al Qaïda, ils ne s’inscrivent pas dans la mouvance du "jihad global", assurent-ils. Mariam Abou Zahab, chercheur au CERI-Sciences Po, regrette que "+Taliban+ soit devenu un terme fourre-tout qui désigne toute personne opposée à la présence militaire étrangère". "Vous avez, surtout dans le Sud, des combattants extrêmement jeunes qui sont avant tout nationalistes. Leur discours est basique mais efficace : des troupes non-musulmanes (ils disent "infidèles") ont envahi mon pays. C"est mon devoir de les combattre. Point."Ce sont des gamins ruraux, illettrés, ajoute-t-elle. "

Leurs seules références, c’est le mollah et le responsable tribal. C’est très local". … Dans un pays où les récits familiaux et les chansons de gestes tribales glorifient les guerres anglo-afghanes du 19e siècle et les faits d’armes contre l’Armée rouge, tirer sur le convoi blindé passant dans la vallée, c’est marcher sur les brisées de prestigieux anciens, assure Bernard Dupaigne. Dans une récente tribune publiée par le Monde, Gérard Fussman, professeur au Collège de France, estime que "les troupes de l’OTAN ne contrôlent pas plus l’Afghanistan que ne le faisaient les Soviétiques". "La raison en est simple : elles se conduisent et sont perçues comme une armée d’occupation. Comment veut-on que les Afghans ne se sentent pas plus proches des combattants qui vivent comme eux et meurent pour une foi qui est la leur que d’étrangers dont ils ne voient que les armes, les gilets pare-balles, les blindés et les bombardements ?" Mariam Abou Zahab et Bernard Dupaigne mettent en garde contre un accroissement du nombre de soldats étrangers dans les vallées afghanes qui n’aboutira, selon eux, qu’à radicaliser des populations jalouses de leur indépendance, que personne n’a jamais soumises par la force. "Plus on envoie de troupes, plus il y aura de dommage collatéraux" avertit Mme Abou Zahab. "Davantage de civils tués, et c’est la spirale. Il semble que les leçons du passé n’ont pas été apprises". Pour Bernard Dupaigne, "dire que l’avenir du monde et la guerre contre le terrorisme passent par l’Afghanistan, c’est faux. L’Afghanistan n’est pas une machine à faire des terroristes. Plus on les bombarde, et plus il y aura des gens qui vont nous tirer dessus".

La guerre en Afghanistan a changé de dimension. Aux Talibans se sont ajoutés des chefs de guerre mais surtout les redoutables Mujahideens. Ce sont eux qui ont tué les 10 soldats français. En Face les US/OTAN redoutent par dessus tout cette extension du champ de bataille qui rend leurs troupes plus vulnérables, et ce n’est que le commencement. Les plans des Etats Unis de renforcer l’OTAN en Afghanistan en envoyant entre 12 000 et 15 000 soldats en plus pour faire face à la résistance, est également soutenu par des boîtes à penser influentes comme le Senlis Council, qui lui aussi plaide pour le déploiement de plus de troupes en Afghanistan. Pourtant, la nature de la guerre en Afghanistan change, et ce n’est pas les chiffres qui comptent. L’OTAN a approximativement 45 000 troupes dont 15 000 soldats américains, tandis que 19 000 forces opèrent séparément. On a également rapporté que le Pentagone projette de dépenser 20 Millions de $ pour doubler la taille de l’armée nationale de l’Afghanistan pour la porter à 120 000 soldats. Hormis les résistants de la première heure des alliances locales contre l’OTAN entre des chefs de guerre et d’anciens commandants de mujahideens ont ajouté une nouvelle dimension à l’insurrection, en plus d’étendre la résistance à beaucoup de nouvelles zones en Afghanistan.

C’est cette extension du champ de bataille qui alarme l’OTAN, et son dilemme c’est que si elle déverse plus de troupes dans le pays, celles-ci devront être réparties sur un plus large territoire et donc seront sujettes à des attaques ouvertes. L’alternative c’est de céder du terrain aux groupes de résistance. Un responsable de haut rang afghan qui a récemment été démis de son poste haut placé a dit à Asia Times Online que beaucoup des « nouveaux « insurgés sont d’anciens associés de l’ancien dirigeant des mujahideens et chef de guerre Gulbuddin Hekmatyar’s Hezb-e-Islami (HI). Ils avaient été attirés dans le camp américain par différents pots de vin dont des emplois, de l’argent et la possibilité d’occuper des fonctions politiques. On considérait qu’il valait mieux qu’ils se battent au sein du parlement que sur le champ de bataille. Cependant, une fois que l’insurrection des Talibans s’est enracinée fermement dans le Sud, d’anciens chefs de guerre, des chefs de tribus et d’autres segments de la société se sont rangés du côté des Talibans. Actuellement, les chefs de guerre associés avec Hezb-e-Islami (Khalis group) et le HI d’Hekmatyar, sont à nouveau actifs et ils ont pratiquement assiégé Kaboul - dans la province de Wardak à l’Est, de Kapisa au Nord Est et de Sarobi au Sud. L’attaque de lundi au cours duquel 10 soldats français ont été tués près de Sarobi et 21 blessés, a été menée par les combattants fidèles à HI. Intensification constante de la résistance.

Depuis l’invasion de 2001 menée par les US, chaque printemps les résistants ont lancé des offensives, bien que les premières aient été symboliques. Jusqu’en 2005, l’OTAN a concentré ses activités dans des poches de résistance dans la région frontalière avec le Pakistan. En 2006, les résistants ont mené par surprise leur offensive ayant le mieux réussi, s’établissant ainsi comme une force à laquelle l’OTAN devait se confronter. L’OTAN a craint le pire en 2007, mais la résistance n’ont rien entrepris de nouveau, donc on s’attendait à ce que 2008 soit une année calme. Rien ne pouvait être moins vrai. … Avec la mort de 3 soldats polonais mercredi, au moins 181 soldats étrangers ont déjà perdu la vie en Afghanistan cette année et le nombre de mort à ce rythme là dépassera le record du nombre de soldats internationaux tués en 2007, 222 soldats. De même, les résistants se sont concentrés cette année sur des opérations pour couper les lignes de ravitaillement de l’OTAN dans les zones tribales au Pakistan.

Certains medias occidentaux ont rapporté une nette détérioration des approvisionnements de l’OTAN, dont le carburant, des armes, et des pièces détachées. L’émergence des chefs de guerre, en plus de poser une menace militaire, crée des problèmes pour l’OTAN qui n’est pas préparée pour un tel développement. Pendant des années, l’OTAN et le renseignement américain se sont concentrés sur les dirigeants connus, pour leur couper les ailes, ainsi qu’à leurs alliés ; maintenant, elle doit faire face à des alliances entre chefs de guerre dans de nouvelles zones du pays. Cela va être un combat, comme la montré la récente arrestation de Shahabuddin Hekmatyar du camp de refugiés afghans dans le Peshawar au Pakistan.

C’est le frère de Gulbuddin Hekmatyar, mais ce n’est pas un membre de HI et, à la différence de son frère, il n’a jamais appartenu à la résistance contre les Soviétiques. Il semble que ce soit le Pakistan qui l’ait livré dans le cadre d’un effort désespéré de l’OTAN pour défaire les liens entre le renouveau des chefs de guerre en Afghanistan et l’insurrection. Tout indique que l’OTAN veut s’attaquer au problème par d’importants renforts de troupes. Cela pourrait aider à sécuriser des voies d’acheminement, mais comme les Soviétiques - qui dans les années 1980 avaient plus que doublé le nombre de troupes de l’OTAN actuellement déployés - l’ont appris, ce n’est pas le nombre qui est important.

La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information. 1-1 11 Septembre 2008, 7 ans après… L’âge de raison ? La tragédie du 11 septembre 2001 est encore très présente dans nos mémoires façonnées par des images-choc surmédiatisées qui n’ont fait l’objet d’aucune analyse objective ni contre-enquête sérieuse et indépendante. L’énorme émotion suscitée par cette catastrophe a été canalisée pour appuyer, depuis 7 ans déjà, la manichéenne et rhétorique de la "guerre contre le terrorisme", sur fond de "guerre des civilisations". Cette tragédie a ainsi été utilisée pour justifier la plupart des décisions de politique étrangère des nations occidentales : - Déclenchement des guerres en Afghanistan et en Irak : relance de l’utilisation de l’OTAN en Afghanistan où la France est toujours tragiquement présente, et mise en place d’une coalition dite internationale en Irak menée par les USA où l’on ignore tout jusqu’au nombre de victimes civiles.

Augmentation drastique des budgets militaires aux Etats-Unis, et modelage de nos armées et de nos services de renseignement sur le modèle américain, entraînant en France un rapprochement dangereux entre renseignement civil et armée. Remise en cause des libertés individuelles aux Etats-Unis et dans de nombreux autres pays, avec par exemple les PATRIOT Acts, les accords entre l’Union Européenne et les Etats-Unis pour le transfert des données confidentielles des passagers aériens, les vols secrets et les prisons secrètes de la CIA en Europe, ou encore les fichiers Edvige et CRISTINA en France. La tragédie du 11 septembre 2001 constitue l’événement fondateur et la pierre angulaire de cette dérive ultra sécuritaire, celle qui conditionne les relations internationales de ce début de siècle : à travers ce choc planétaire, nous sommes entrés dans une nouvelle ère de tensions et de chaos dont nous dénonçons les prémices et donc les effets.

C’est pourquoi au sein de l’association ReOpen911, nous considérons qu’il est nécessaire de revenir sur cet événement fondateur, dans une démarche citoyenne fondamentalement pacifiste et démocratique. En cela, nous nous inscrivons pleinement dans le cadre du « mouvement international pour la vérité sur le 11 Septembre » (voir le film 9/11 Press For Truth) initié par des familles américaines de victimes qui, après tant d’années, poursuivent toujours leur quête de justice au delà des conclusions des enquêtes officielles en recueillant notamment des témoignages remettant en cause la version officielle. La fable de ben Laden et d’al Qaïda racontée par l’administration Bush est, en quelque sorte, du "storytelling" à rebondissements sans fin, reprise sans aucune critique par les médias de masse, et de plus en plus remise en cause, comme l’est aussi l’histoire jalonnée de disparitions opportunes des attaques à l’anthrax.

En effet, depuis plusieurs années, aux côtés de ces familles de victimes, des milliers de citoyens à travers le monde, principalement aux Etats-Unis et en Europe, ont en effet consacré un temps et une énergie considérables à faire ce travail que le quatrième pouvoir, un des fondements de nos sociétés démocratiques, n’a pas su, pu ou voulu faire. Des dizaines de films documentaires et de livres, des centaines d’articles spécialisés traduits en différentes langues sur nombre de sites Internet ont ainsi été produits dans une logique citoyenne d’information, de réflexion et de débat. Cette année, le débat s’est ouvert dans le monde politique au sein des parlements japonais, européens et canadiens, dans le monde scientifique avec deux publications du physicien PhD Steven Jones et aussi dans les milieux professionnels des architectes et des ingénieurs, qui s’exprimeront prochainement sur les contradictions, oublis et approximations du volumineux rapport sur le WTC7 enfin publié cet été par le NIST.

Reste que ce sont les citoyens qui mènent et animent ce mouvement comme l’illustre bien le résultat du travail effectué bénévolement par des dizaines de personnes sur notre site : de très nombreux films sous-titrés, des réalisations de vidéos, des recherches, des traductions, des synthèses et rédactions de documents, mais encore des débats et des réflexions communes. Nous avons aussi organisé des dizaines de projections-débats et conférences à travers la France, la Suisse et la Belgique. Les médias de masse (à de trop rares exceptions) continuent à ignorer nos questions légitimes, bien que désormais très documentées, toujours sans réponses satisfaisantes des autorités compétentes, et soulevées par des experts de tous milieux professionnels aussi reconnus que ceux choisis par l’administration américaine. C’est pourquoi, en France, le pays des droits de l’homme, de l’indépendance de la pensée et de la liberté de parole, nous continuerons plus que jamais à contribuer à la réouverture de ce dossier et au dialogue avec nos médias, nos parlementaires, nos élus et les citoyens français. Dans cette logique, nous organisons une série d’événements commémorant le septième anniversaire de cette tragédie comme par exemple.

a) La deuxième manifestation pour la vérité sur le 11-Septembre qui aura lieu à Bruxelles ce 7 septembre.
b) La projection en avant-première du film événement du député européen Giulietto Chiesa "Zéro - Enquête sur le 11-Septembre" à Paris le samedi 13 septembre à 20h00 au Grand Action Ecole.

La mise en examen de George W. Bush pour meurtre : le livre qu’ils n’arrivent pas à cacher

1-2 Luc Delval : Sarkozy et le médiamensonge afghan. Un précédent billet avait pour objet - je le précise car il se peut que les intentions de l’auteur ne soient pas assez limpides pour d’aucuns - de mettre en évidence d’une part l’absurdité de la guerre aux relents de croisade menée sous de fallacieux prétextes par l’Occident coalisé en Afghanistan, et d’autre part l’exploitation éhontée de la mort de dix soldats français par l’über-président pétainiste qui occupe actuellement le Palais de l’Elysée. 24 août 2008 -
Coupable négligence : l’usage que ce personnage fit d’un énorme mensonge, d’une intox crapuleuse, n’a pas été mis en évidence.

Or, je vous le rappelle : "il n’y a pas à réagir aux nouvelles du jour, mais à comprendre chaque information comme une opération dans un champ hostile de stratégies à déchiffrer, opération visant justement à susciter chez tel ou tel, tel ou tel type de réaction ; et à tenir cette opération pour la véritable information contenue dans l’information apparente."
Il convient donc de réparer séance tenante cet oubli coupable. Au cours de l’allocution prononcée par Nicolas Sarkozy à Kaboul, où il s’était précipité aussitôt connue la nouvelle que dix soldats français avaient été tués au combat (autant par l’incompétence de leurs chefs que par les Talibans, murmurent d’aucuns dans les rangs de l’armée [1]), le Président français a évidemment ressorti la fable selon laquelle quand les Occidentaux, Américains en tête, débarquent dans un pays lointain avec leur quincaillerie guerrière, c’est pour le bien des populations locales.

Pour donner à ce mensonge plus de consistance, plus de relief, et pour désarmer autant que possible tout esprit critique, Sarkozy a eu recours à la vieille ficelle de la diabolisation de l’ennemi : les Talibans c’est même pas des humains, ils sont barbares et même démoniaques. Et si on les laisse faire en Afghanistan un jour ou l’autre ils défileront sur les Champs-Elysées et vous infligeront le même sort qu’aux pauvres Afghans. Et surtout aux pauvres Afghanes.

TOUTE LA MISERE FEMININE DU MONDE.


Car Sarkozy, c’est connu, aime les femmes, surtout quand elles sont victimes de violences.
Quand il entend parler de cette horreur, son petit coeur se serre. 
Pendant la campagne pour l’élection présidentielle, il avait déclaré : "A chaque femme martyrisée dans le monde, je veux que la France offre sa protection en lui donnant la possibilité de devenir française".

Evidemment, par la suite, il s’était rendu compte de l’énormité de la connerie qu’il avait dite (relisez bien la phrase, et imaginez une seconde les conséquences s’il s’avérait que ce soit autre chose que la démagogie chimiquement pure !).

Il avait donc promptement précisé que les dossiers de celles qui voulaient non pas "devenir françaises" (elles n’en demandaient pas tant) mais simplement avoir un titre de séjour seraient examinés "au cas par cas" (expression qui est un euphémisme pour "classement vertical", expression qui elle-même est une abréviation de "qu’est-ce qu’elles ont à me faire chier toutes ces bonnes femmes ?" ou encore de "casse toi pauv’ conne").

Donc, il les aiment d’un amour sincère, surtout quand elles peuvent lui faire gagner des voix, mais faut pas quand même qu’elles se ramènent en France pour chercher asile et protection...
D’ailleurs, pour pouvoir demander des papiers en France encore fallait-il qu’elles parviennent à franchir la frontière, ce que les cerbères aux ordres de Sarkozy s’emploient à empêcher par tous les moyens. Remarquez, elles peuvent aussi aller faire une demande d’asile à l’Ambassade de France à Mogadiscio (son : Radio-France International), par exemple.
On peut donc poser comme un principe acquis que pour Sarkozy, le candidat d’hier comme le Président d’aujourd’hui, le sort des "femmes martyrisées dans le monde" n’est qu’un prétexte à sirupeuse propagande démagogique, un des très nombreux sujets sur lesquels il a menti, il ment et il mentira.

Qu’a-t-il dit de plus qui achèvera de vous en convaincre dans son hommage feint aux dix soldats français tués en Afghanistan ?

LE VERNIS CRAQUE

"On ne peut pas discuter avec des gens qui coupent la main d’une femme parce qu’elle a mis du vernis à ongles", dit-il. Sarkozy avait déjà utilisé cette histoire dans un discours en mai dernier, pour justifier l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan.

Or, il s’agit d’un exemple typique de mensonge, orchestré à l’origine par le "spin doctor" en chef de Tony Blair, Alastair Campbell, l’homme qui avait, entre autres nombreuses manipulations grossières, inventé la fable des armes de destruction massive irakiennes qui pouvaient soi-disant être déployées pour frapper Londres en 45 minutes. Une histoire du même tonneau que celle, auparavant, des nourrissons arrachés aux couveuses et jetés au sol par les soudards de Saddam Hussein dans une maternité du Koweit. Bullshit, ou plutôt bushshit
 !

Les montages grossiers d’Alastair Campbell pour tromper la presse, les opinions et les parlementaires lui avaient dans un premier temps valu le surnom de "Ali le cynique", puis l’avaient contraint à la démission, contribuant à la chute d’un Blair largement discrédité.

Rien là, évidemment, qui puisse dissuader Sarkozy de se servir des vieux mensonges cuits et recuits concoctés par l’ancien "spin doctor" néo-travailliste. L’histoire des femmes aux ongles vernis martyrisées par les Talibans prend semble-t-il naissance - a relevé Christian Salmon dans un rapport d’Amnesty International de 1997. C’est une donnée de base, tout mensonge doit contenir une part, minime, de vérité. Dans ce rapport d’Amnesty International, cité par Christian Salmon, était rapporté ceci.

Dans un cas au moins les châtiments infligés ont pris la forme d’une mutilation. En octobre 1996, des talibans auraient sectionné l’extrémité du pouce d’une femme dans le quartier de Khair Khana à Kaboul. Cette "punition" avait apparemment été infligée à cette femme car elle portait du vernis à ongles. Lisons attentivement la prose d’Amnesty, organisation connue pour son côté précautionneux."Un cas au moins" : cela veut dire qu’Amnesty n’a eu connaissance que d’un cas. Dans le cas contraire ils écriraient évidemment "deux cas au moins" ou "douze cas au moins". Mais non : il n’y en a qu’un. C’est trop, si c’est vrai. Mais c’est quand même pas beaucoup en regard de l’utilisation qu’on en a fait ensuite. Rien ne démontre que ce cas isolé soit représentatif de l’ensemble d’une pratique politique.

« Des talibans auraient » : cela veut dire que les auteurs n’en sont pas vraiment sûrs, et que donc vraisemblablement ils rapportent une rumeur. Sinon, il écriraient "des talibans ont...". Donc ils n’en ont pas été témoins directs, ils rapportent des témoignages. Directs ? Indirects ? On ne sait, mais en tous cas ils utilisent le conditionnel, ils n’écrivent pas par exemple "selon des témoignages concordants et dignes de foi", comme probablement ils l’auraient fait s’il avaient été un minimum sûrs de leur coup... "apparemment" : les raisons de la "punition", si l’histoire est vraie, on ne les connaît en réalité pas : l’usage du mot "apparemment" ne fait que confirmer le caractère vague des témoignages ou de la rumeur.

En un mot comme en cent, ce rapport d’Amnesty, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’a pas l’air - du moins sur ce point précis - d’être en béton.
Selon le même procédé, mais sur des bases bien plus solides puisqu’il ne s’agit pas de rumeurs, je pourrais par exemple affirmer qu’en France les policiers éborgnent les jeunes en leur tirant intentionnellement au flashball dans le visage, et y voir la preuve du caractère moyenâgeux du régime liberticide au pouvoir dans ce pays, tombé aux mains de barbares à peine humains contre qui il s’impose de prendre les armes. Il est évident que "On ne peut pas discuter avec des gens qui crèvent les yeux de jeunes qui ont le malheur de manifester contre le gouvernement...". Ca sonne pas mal, hein ? Quand est-ce qu’on envoie des troupes pour protéger les jeunes Français qui veulent manifester pacifiquement ?

Cette histoire, au demeurant ancienne, de mutilation pour cause d’ongles vernis, a donc toutes les chances d’être un bobard, ou au pire un cas isolé et d’ailleurs incertain. Mais c’était parfait pour construire un récit de propagande pure en faisant appel à l’émotion et non à la raison (c’est une des bases du métier).

Et cela n’avait pas échappé à Alastair Campbell, qui à l’époque collaborait très étroitement avec Karl Rove, le conseiller de George W. Bush chargé des "coups tordus" à la Maison Blanche. "La même "story" fut diffusée à Washington et à Londres, en suivant des scénographies identiques, allant parfois jusqu’à utiliser les mêmes phrases". Par exemple, le 17 novembre 2001, Laura Bush [4] déclare : "Seuls les terroristes et les talibans menacent d’arracher les doigts qui ont des ongles vernis", et de ce côté de l’Atlantique [5] Cherie Blair déclare le lendemain, comme un écho à la voix de son maître, "En Afghanistan, si vous avez du vernis à ongles, vous pouvez avoir les ongles arrachés".

Ils se sont donc employés à faire circuler cette histoire par tous les moyens, notamment sur l’Internet, de sorte que depuis plus de 10 ans on en trouve diverses versions, comme l’illustre la différence des propos de Laura bush et de Cherie Blair. Tantôt la victime est une fillette de 10 ans et tantôt une femme, tantôt on lui aurait "seulement" arraché les ongles et tantôt ce sont tous les doigts qui ont été sectionnés, tantôt c’est carrément toute la main...

C’est donc - on ne se refait pas - cette version maximaliste de la fable que Sarkozy a faite sienne. Les méthodes qu’utilise Sarkozy en 2008 pour tromper l’opinion et exploiter au profit de la seule chose qui l’intéresse vraiment - lui-même - l’émotion suscitée par la mort de dix soldats envoyés à une mort inutile et stupide, sont celles qu’avait inauguré Ronald Reagan avant même d’arriver à la Maison Blanche. Ce n’est donc pas hier.
Ce sont celles qui ont été utilisése pour "vendre" la guerre d’agression contre l’Irak aux parlements et aux peuples occidentaux. Ce sont ceux qui pareillement préparent le désastre que nous n’allons pas manquer de connaître en Afghanistan, où la politique américano-otanesque prépare activement les générations de terroristes du futur.

En Grande-Bretagne, ces procédés ont conduit les "post-travaillistes" du "New Labour" à subir un discrédit pratiquement généralisé dans la population, quel que soit le sujet abordé. Sarkozy a déjà commencé à subir le même sort, mais ne semble pas pour l’heure en tirer le moindre enseignement.

Il est vrai que la France connaît cette singularité, également soulignée par Christian Salmon dans son excellent petit livre "Le Verbicide - du bon usage des cerveaux humains disponibles" que ses plus grands groupes de presse sont détenus par des marchands d’armes parmi les plus puissants du complexe militaro-industriel, Lagardère et Dassault. Ils n’ont rien à refuser à Sarkozy, qui le leur rend bien. Serge Dassault n’a jamais dissimulé sa volonté de se servir des média qu’il contrôle pour propager ce qu’il appelle "des idées saines".

Comme on vient de le voir, Sarkozy lui donne un solide coup de main.

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