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THAÏLANDE : LA SOEUR SOURIRE

Jeudi 18 août 2011 // Le Monde

La victoire de Yingluck Shinawatra fait rentrer dans la légalité parlementaire les chemises rouges de la révolution démocratique avortée de l’an dernier.

Les élections législatives thaïlandaises du 3 juillet ont donné la majorité absolue (265 sièges sur 500) au Pheu Thaï Party de l’ancien prener ministre Thaksin Shinawatra. Celui-ci, déchu en 2006 par un coup d’Etat militaire, s’est exilé à Dubaï à la suite d’une condamnation à deux ans d’emprisonnement pour corruption. C’est sa soeur, Yingluck Shinawatra, qui a été placée, il y a moins de deux mois, à la tête du parti et qui devrait donc devenir la première femme Premier ministre du pays. Elle a décidé de constituer un gouvernement de coalition. Parfaite inconnue, « clone » de son frère selon l’expression de celui-ci, il reste à savoir si elle n’est là que pour lui « chauffer la place », attendant une amnistie et son retour, ou si elle a apporté un élément supplémentaire au débat, bref si elle est plus qu’un sourire télégénique.

Ceci fait penser au rôle tenu hier en Argentine par Eva Perôn, puis en demi-teinte par la seconde Mme Perôn, exemple repris dans le même pays par l’actuelle présidente Cristina Kirchner, qui avait succédé à son mari et qui se représente. L’incompétence alléguée, le manque d’expérience, sont compensés dans les deux cas par un indéniable charisme féminin. Ceci, en Thaïlande comme en Argentine, est inséparable d’un mouvement populiste, péronisme là, thaksinisme ici, jouant sur la défense des classes les plus pauvres. Le mouvement des chemises rouges à Bangkok fait écho aux descamisados (sans chemises) péronistes.

Les chemises rouges, partisans de Thaksin, en étaient réduits, depuis le coup d’Etat militaire (autre parallèle avec l’Argentine), à mener une opposition illégale, manifestant dans les rues de la capitale, bloquant, pendant plus d’un mois, il y a tout juste un an, l’aéroport et le quartier des affaires de Bangkok, avant d’en être délogés par l’armée, au prix de 92 morts.

Le Pheu Thai Party ne se réduit ni ne se confond avec les chemises rouges, pas plus que leurs adversaires, les chemises jaunes,, ultra-royalistes, n’ont officiellement soutenu le Parti démocrate du Premier ministre sortant (qui n’a obtenu que 162 sièges au Parlement et a aussitôt démissionné de la présidence de son parti). Néanmoins, plusieurs des dirigeants des chemises ronges ont été élus députés.

La victoire électorale devrait donc ôter sa raison d’être à ce mouvement, ainsi qu’à son homologue, instruments de guerre civile, et restaurer le fonctionnement normal des institutions parlementaires. Même si les plaies restent profondes, l’absence de contestation du résultat - alors que les observateurs s’attendaient à des tractations infinies en l’absence de majorité claire ouvre la voie à l’apaisement, au retour des militaires dans les casernes, sinon à l’amnistie et à la réconciliation.

La gestion des revendications jusqu’au-boutistes des vétérans du mouvement des chemises rouges, puis du retour tumultueux de son imprévisible de frère, soucieux d’une complète réhabilitation, ne seront pas les seuls défis qui attendent Yingluck. La jeune femme devra également servir d’intermédiaire avec le Palais royal. Si le roi Bhumibol, le plus ancien monarque du monde, venait à disparaître, durant le cours de son mandat, nul doute que la crise profonde d’identité qui s’ensuivrait, serait tentante pour le pouvoir militaire., Le puissant général Prayuth, qui a reconnu la victoire de la frêle dame au joli sourire, veille dans l’ombre.

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