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Syrie /Libye.

Trancher le nœud gordien.

Mardi 31 mai 2011 // Le Monde

Fallait-il intervenir en Lybie ? S’agit-il d’une croisade occidentale, d’un noir complot impérialiste, ou des exigences d’une simple ingérence d’ordre humanitaire ?

ALORS QUE L’OCCIDENT n’a cessé depuis longtemps, et souvent pour de compréhensibles raisons, de ménager trop de despotes arabes, voire de les ériger en remparts contre l’islamisme politique, voilà que, fidèles à leurs idéaux, les grandes puissances ont décidé d’intervenir militairement pour des raisons principalement humanitaires en Libye. Les cas de ce genre sont rarissimes. Parmi ceux-ci, on évoquera l’envoi de troupes britanniques en Sierra Leone en 2000 pour mettre fin à une guerre civile atroce. Ce déploiement militaire réussi n’est toutefois intervenu qu’après des années de massacres. Alors qu’en Libye, il s’agit tout simplement de prévenir ces « rivières de sang » promises par Kadhafi à ses rebelles. Aprèsle Rwanda, le Darfour et tant d’autres tragédies, va-t-on assister à une évolution historique pour empêcher génocides et crimes contre l’humanité ?

Le lancement de l’opération « Aube de l’Odyssée » en Libye est une victoire diplomatique de la France qui retrouve là le chemin de sa grandeur. Cette intervention au nom des valeurs réputées « humanistes » en réalité chrétiennes honore notre pays. Devait-on assister lâchement à des massacres de masse, préludes à un exode incalculable, au risque d’une déstabilisation capitale ? Seule nation présente sur les cinq continents, troisième puissance militaire nucléaire mondiale, membre du Conseil de Sécurité, premier contributeur militaire de l’Union Européenne, la France se doit en outre de tenir son rang sur la planète en affirmant notamment son statut de puissance régionale en Méditerranée et en Afrique. C’est ainsi que notre pays pourra peser davantage en Europe et dans le monde arabe.

Certes, toute intervention est aléatoire et conduit à prendre des risques. C’est l’honneur et le courage de la France et de son chef, Nicolas Sarkozy que de l’avoir décidé ! Au demeurant, dans le monde globalisé qui est le nôtre, on serait bien inspiré de comprendre, tant à droite qu’à gauche, que les intérêts d’un pays ne se limitent plus à ses seules frontières. Quant aux difficultés inhérentes à toute opération militaire, elles sont légions. La durée, bien sûr. Quels sont les objectifs réellement poursuivis ? Quelle Libye surgira quand on connaît les oppositions entre Tripolitaine, Cyrénaïque et Fezzan ?

N’oublions pas que le réveil arabe en cours est en train de modifier fondamentalement la région de l’Atlantique à l’océan Indien. Les enjeux ici sont de première importance : relation futures entre le monde arabe en gestation et l’Occident ; rivalités entre sunnites et chiites avec la confrontation irano-arabe ; Contrôle des ressources pétrolières du Golfe ; avenir, enfin, des États et des frontières hérités de l’effondrement de l’Empire ottoman : l’Irak, la Syrie, l’Arabie Saoudite, le Liban et la Jordanie, tous de création récente.

UN PEUPLE MARTYR

Si la Libye est un des pays du monde arabe sur lequel nous sommes particulièrement mal renseignés compte tenu de l’opacité du régime en place, ce que l’on sait c’est qu’un tyran sanguinaire et ubuesque nommé Kadhafi a dilapidé quarante ans durant les richesses du pays, que ses fils et ses proches ont accaparées. Aussi, ne peut-on que s’amuser de voir cet homme barbare se poser en défenseur héroïque d’un peuple sur lequel il a régné grâce à sa machine de guerre, à ses mercenaires et à ses escadrons de la terreur. Un peuple, que ses sbires et ses mercenaires africains stipendiés continuent de prendre sous les tirs de mortiers et de roquettes.

La grossière propagande du régime de Khadafi ne saurait tromper personne. La propagande de la Jamahiriya obéit à un logiciel obsolète, vérolé par des décennies de despotisme, de corruption et de faux-semblants. S’il semble que les divisions s’accentueraient au sein du pouvoir à Tripoli, seuls deux hauts dignitaires ont fait défection pour l’heure : Moussa Koussa, ministre des Affaires étrangères, ancien chef des services de renseignements, cheville ouvrière du régime dont il connaissait tous les secrets, et Ali Abdessalem Triki, « monsieur Afrique » de Kadhafi et doyen des diplomates libyens.

Certes, la chute du dictateur de Tripoli facilitée par nos opérations aériennes, doit être le fait des forces insurgées. La légitimité des révolutions arabes serait menacée si elles devaient apparaître comme un instrument des puissances étrangères. peut toutefois déplorer qu’après avoir supplié les Occidentaux d’attaquer la Libye, promettant même de participer aux opérations, les chefs d’État arabes se soient piteusement désistés, hormis le Qatar et les Émirats arabes unis. Il est vrai que la plupart de ces régimes tyranniques et corrompus ont gaspillés des centaines de milliards de dollars pour mettre sur pied des armées au mieux impuissantes. Des sommes colossales qui auraient pu être mieux employées dans des pays où la pauvreté sévit toujours, où l’enseignement est de piètre qualité et les infrastructures inadaptées.

Pour l’heure, même si un tiers de l’armée kadhafiste est hors de combat, cette dernière a gardé, bien que privée de supériorité aérienne, l’avantage de la puissance de feu et de l’allonge. Pour ce qui est des insurgés, les carences en matière d’armement sont évidentes. Les manques les plus criants sont l’absence de moyens de transmission, d’armes anti-chars efficaces et d’artillerie à longue portée. Les insurgés ont besoin d’assistance et de formation. Comme à l’époque, avec Lawrence d’Arabie, lestribus du Hedjaz, les insurgés libyens font face à des troupes régulières mieux entraînées, mieux équipées et mieux commandées qu’eux. L’envoi de conseillers militaires britanniques et français voire de commandos peut permettre de contrebalancer au moins en partie l’énorme avantage des troupes kadhafistes. Même si les services occidentaux s’interrogent toujours sur l’opportunité d’armer les rebelles par peur de l’infiltration par A-Quaida.

D’ores et déjà Benghazi, la ville rebelle, s’organise pour entretenir la résistance. Alors que les institutions ont volé en éclats, la sécurité et le ravitaillement en nourriture comme en carburant semblent assurés. Le drapeau rouge, noir et vert de la monarchie, symbole de la révolte, a été hissé sur tous les monuments, sans parler des drapeaux français.

Le général Abdel Fattah Youmis, ancien ministre de l’Intérieur du tyran et tête de l’état-major de l’opposition, a pour mission de former une armée capable de libérer le pays. Une télévision et des journaux libres sont nés à Benghazi. Un Conseil national de transition a été formé. Il est présidé par Moustapha Abdeljalil qui vient d’être reçu à l’Élysée et qui aurait reçu la promesse de Nicolas Sarkozy d’une prochaine visite à Benghazi. Aleajacta est. Fais ce que tu dois, advienne que pourra. Se défaire d’un despote sanguinaire, assassin de son peuple et fourrier du terrorisme islamiste, ne voilà-t-il pas une besogne salutaire ?

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