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Syndicats / Combien de divisions ?

Mercredi 19 octobre 2011 // La France

La belle unité syndicale affichée depuis le déclenchement de la crise semble, en cette rentrée sociale, avoir fait long feu. Deux explications à cela : l’échec des manifestations contre la réforme des retraites de 2010 et les nouvelles règles qui régissent la représentativité syndicale.

L’échec des manifestations de 2010 contre la réforme des retraites, qui a fini par être adoptée malgré une forte opposition des Français, a laissé des traces dans chaque organisation syndicale et dans les relations intersyndicales. Si toutes s’interrogent sur l’efficacité des modalités d’action retenues en 2010, deux types de réponses se dessinent.

L’une apportée par la CGT, la CFDT, la FSU, l’Unsa et Solidaires qui s’entêtent à appeler à une nouvelle journée d’action le 11 octobre prochain. L’attitude de Bernard Thibault est à cet égard révélatrice. Le responsable cégétiste refuse de voir dans l’adoption de la réforme des retraites l’échec du mouvement syndical à faire reculer le gouvernement. Il préfère se féliciter : « la France est le pays d’Europe qui a connu les plus grandes manifestations depuis le déclenchement de la crise financière », a-t-il déclaré en substance le7 septembre dernier lors d’une conférence de presse. Pour lui, la contestation de la réforme a permis d’ouvrir le débat sur le report de l’âge légal de départ à la retraite. Il avance également que ces mobilisations n’étaient pas une fin en soi, mais une étape dans la contestation de la politique gouvernementale. Certes, mais en attendant, les reculs sociaux sont bien réels.

La CFDT, qui n’a jamais caché être pour la suppression de la retraite à 60 ans, se satisfait des appels aux manifestations qui n’aboutissent pas. Quant à la FSU, qui devrait bientôt rejoindre la CGT, à l’Unsa, qui colle à la CFDT, et à Solidaires, encore trop petite pour avoir une quelconque influence, elles suivent le mouvement. Mais cette unité reste factice et fragile : combien de temps pourra-t-elle durer entre une CGT qui, depuis le départ de Raymond Soubie de l’Élysée a perdu un allié de taille, et refuse en bloc la politique d’austérité et une CFDT, courtisée par Xavier Bertrand, et complice du Medef dans les négociations interprofessionnelles ? Adepte depuis toujours du double langage, elle fustige en public les mesures gouvernementales, mais reconnaît, en privé, la nécessité de lutter contre le déficit budgétaire de l’État qui nuit à la compétitivité des entreprises françaises.

La CGT-FO (qui avait proposé en vain le lancement d’un mot d’ordre de grève générale), la CFTC et la CFECGC (qui n’ont pas une culture de la manifestation) tirent une tout autre leçon de l’inefficacité des modalités d’action adoptées en 2010.
La première perçoit dans la volonté de la CGT et de la CFDT d’organiser une journée d’action à la veille d’élections professionnelles dans la fonction publique des arrière-pensées électoralistes. Elles ont décidé de mettre un terme à leur participation à l’intersyndicale, de faire cavalier seul et de concentrer leur énergie aux élections professionnelles qui fondent désormais la représentativité syndicale. Leur opposition à la politique de rigueur n’est pas nette. En témoignent les déclarations de Jean-Claude Mailly au lendemain de la présentation du plan Fillon : « ça aurait pu être pire... ». La CFTC, elle, hésite entre une opposition franche aux mesures Fillon et son souci de ne pas interférer dans le jeu politique à quelques mois de l’élection présidentielle. Quant à la CFE-CGC, elle est inaudible tiraillée par des désaccords internes profonds entre partisans de l’austérité et opposants.

Le syndicalisme français ressemble à un véritable champ de ruines. Il n’y a pas grand-chose à en attendre. Dommage ! Il risque de louper le coche, alors que dans les entreprises, on sent monter une insatisfaction de plus en plus grande face à la dégradation des conditions de travail, la stagnation des salaires et le chômage, et que des conflits éclatent, déclenchés par la base, qui, lasse d’attendre un relais des syndicats qui ne vient pas, pourrait bien un jour se passer d’eux.

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