Sur la route du possible ?

Mardi 12 mai 2009, par René Cagnat // Le Monde

Sur les traces de la route de la soie, regard et éclairages d’un homme du terrain « L’avenir de l’Asie centrale : du prévisible au souhaitable », par le colonel René Cagnat. Une route toujours semée d’embûches…

Fonder quelque espoir sur une tradition de tolérance qui a prévalu pendant longtemps au cœur d’une région qui redevient l’objet d’ « Grand jeu »…

Des lignes de force s’imposent. Accepter aussi des réalités politiques qui n’entrent pas toujours dans les « cadres » occidentaux hypocrites…L’avenir de l’Asie centrale : du prévisible au souhaitable

Le texte ci-après correspond à la version élargie d’un exposé effectué en russe au Kyrgyzstan, le 21 octobre 2008, à l’ ouverture du forum de la Fondation franco-suisse pour le progrès de l’Homme (FPH) consacré à « l’avenir de l’Asie centrale et l’éthique de ses forces armées ».

Même si les perspectives de l’Asie centrale, riche en hydrocarbures, en uranium comme en or, sont prometteuses, son avenir demeure préoccupant. Cette situation est due aussi bien aux menaces environnantes qu’à l’étroitesse de vue de certains de ses dirigeants repliés sur leurs réalités nationales. En fait, la seule voie de salut pour le Turkestan au moins occidental (1) – et pour le maintien de son indépendance - passe par l’apparition d’une solidarité entre ses Etats, voire d’une confédération centre-asiatique. On est encore loin du compte… Certains signes récents n’en dénotent pas moins la prise de conscience d’une communauté de destin traduite en volonté de rapprochement.
 
Chances actuelles de l’Asie centrale

Depuis le 10ème siècle et ce sommet de l’histoire centre-asiatique que fut l’empire des Samanides (2), jamais les chances de l’Asie centrale n’ont été meilleures.


L’Iran oriental sous les émirs samanides (Xe siècle).

Les ressources en gaz et pétrole de la Caspienne mais aussi d’autres zones, dont la prospection commence à peine, assurent aux Kazakhs et Turkmènes des revenus élevés pour au moins cinquante ans.

Les ressources en or, uranium et métaux rares des Tian shan sont encore loin d’être toutes exploitées. Elles présentent l’avantage, avec la richesse en eau et en électricité, de donner déjà aux Kirghizes et bientôt aux Tadjiks un atout qui n’est pas négligeable.

Quant aux Ouighours, ils bénéficient du dynamisme actuel de la Chine, mais ne laissent pas leur personnalité se perdre dans la masse des Chinois hans : rappelons que le Ouighourstan, appelé aussi Turkestan oriental et Xinjiang, où se perpétue le contrôle des communistes chinois, a toujours fait partie intégrante de l’Asie centrale dont il occupe près du tiers de la surface. Il sera donc inclus dans la présente étude.


Elèves ouighours… (Sinkiang)


Reste l’Ouzbékistan qui dispose des revenus de « l’or blanc » - le coton - de l’or de Mourountaou, de l’uranium de Navoï, d’une bonne production de gaz et de pétrole, mais surtout du savoir-faire ancestral de son peuple pour l’agriculture et le négoce.

Ouzbékistan

Champ de coton : Ouzbékistan

Toutefois, la plus grande chance de l’Asie centrale n’est autre que la tendance actuelle à en faire, au moins pour l’instant, un SANCTUAIRE, un refuge de la paix. Peut-être parce que le Touran (3)est riche et que certains ont besoin d’exploiter tranquillement ses richesses, voire la zone de transit qu’il représente (pour les hydrocarbures, pour la drogue…), les crises et la guerre apparaissent surtout sur son pourtour : TIBET, CACHEMIRE, PAKISTAN, IRAN, CAUCASE, et, bien sûr, AFGHANISTAN … Autant de zones d’ombre porteuses de risques pour le heartland.  !

Zones d’ombre et risques

A proximité immédiate de l’Asie centrale, l’Afghanistan est ce que les astronomes et maintenant les stratèges appellent un trou noir : « région de densité extrêmement forte, difficile à observer et à comprendre mais qui exerce une attraction irrésistible… »

Les Etats-Unis en 2001, puis l’Otan ont succombé à cette attirance. Leur guerre en Afghanistan est perdue comme le fut celle des Anglais et des Soviétiques, et pour les mêmes raisons : jamais les moyens de guerre classiques de puissances lointaines ne viendront à bout d’un peuple rustique et hostile, incrusté dans ses montagnes et capable d’y mener la guerre la plus dure. Les Otaniens pourront au mieux obtenir au nord del’Afghanistan mais pas à l’intérieur de l’Afghanistan ce que les Anglo-saxons appellent le containment - en français l’endiguement - qui permettrait, d’ailleurs, de mieux lutter contre la drogue. Mais ils ne pourront le mettre en place qu’avec l’aide des Russes.

Le peuple afghan et notamment pachtoun est-il dangereux hors de ses frontières ?


Carte de la zone tribale au Pakistan,
le FATA

Guerrier pachtoun de la zone tribale…

Oui du côté du Pakistan où les Pachtouns se sentent chez eux, beaucoup moins en direction de l’Asie centrale où une subversion serait subordonnée à l’intermédiaire des minorités ouzbèke, turkmène et surtout tadjike d’Afghanistan : rappelons qu’il y a plus de Tadjiks en Afghanistan (7 millions) qu’au Tadjikistan (5 millions).

Du côté touranien, par l’entremise ou non de ces minorités, les éléments porteurs de déstabilisation sont le fanatisme (5), la drogue et leur enfant commun le terrorisme.

Face au fanatisme, dont la menace se profile au Turkestan, on peut fonder quelque espoir sur la tradition de tolérance et de raison de l’islam local. L’illustrèrent jadis maints personnages centre-asiatiques de premier plan comme le théologien Al Boukhari (810-870), collecteur des hadith, faits et gestes du prophète, véritable « évangéliste de l’islam »,

ou comme le philosophe Al Farabi (872-950), très grand esprit surnommé à son époque « le second maître » - après Aristote - qui lança le concept d’ « harmonie universelle ».

Al Farabi

Mais ces fondements centre-asiatiques de la civilisation musulmane datent d’il y a 1000 ans…Il faudrait aujourd’hui dans le Touran, pour éviter les excès du sectarisme, un approfondissement de la foi, c’est-à-dire une meilleure connaissance du Coran et de ses valeurs. De toute façon, la population centre-asiatique est, par nature, beaucoup trop bienveillante et accueillante pour devenir, un jour, en majorité fanatique.

La drogue est devenue le pilier et le bras séculier du fanatisme : c’était déjà le cas au moyen âge, du temps de la secte des Hachichines, mangeurs de hachich. Elle constitue un danger considérable pour l’Asie centrale, ne serait-ce que parce qu’elle y développe une gangrène : celle de la corruption et de la maffia qui dévorent la richesse naissante de la société, mais aussi celle du terrorisme qui entend imposer un carcan à cette société.

Nous sommes en plein dans cette situation : tout est de plus en plus pourri, en Asie centrale comme en Occident ; tout plie devant l’argent… et le trafic des narcotiques est ce qui en fournit le plus ! La soi-disant lutte contre la drogue est l’une des plus grandes hypocrisies de l’Histoire : on sait presque tout sur la culture du pavot, sur la fabrication et la « commercialisation » de l’héroïne, mais on ne fait rien contre elles ou si peu. L’action est inhibée par tous les intérêts en jeu : en Afghanistan, en Asie centrale, en Europe… partout ! 

Quant au terrorisme en Asie centrale, on peut dire que, si les dictatures se maintiennent ou s’étendent, il présente le risque de tout déstabiliser. Le terrorisme islamiste veut imposer un carcan. Mais si, en face de lui, comme c’est souvent le cas en Asie centrale, figure un autre carcan - celui d’une dictature - alors à quoi bon se défendre contre lui ? Par ailleurs, la répression aveugle, cruelle et bornée, comme on la mène en Ouzbékistan ne peut qu’éveiller à la longue le fanatisme, même parmi les peuples patients et mesurés du Touran.

Andijan 2005…

Dans cette éventualité, l’exemple afghan susciterait une sorte de fascination hystérico-religieuse : elle ferait que le terrorisme et la subversion s’étendraient peu à peu à toute la zone centre-asiatique tout en attirant les interventions extérieures…

Si c’est le cas, le conflit entre insurgés et forces de l’ordre soutenues de l’étranger sera intense. Et la victoire des insurgés n’est pas assurée car on apprend peu à peu à se battre contre une insurrection : les Américains semblent en administrer la preuve à Bagdad.

Mais la méthode appliquée en Irak (7) réussira-t-elle en Afghanistan, au Pakistan, voire en Asie centrale ? Dans cette dernière zone, en s’appuyant sur le fond raisonnable et plutôt moderniste de l’islam et de la population, le succès d’une contre-insurrection est tout à fait possible. Mais pour cela il faudrait une obstination, une connaissance du terrain et des moyens en finances et en hommes dont les Occidentaux, trop lointains à tous points de vue, semblent de plus en plus démunis. L’avenir centre-asiatique doit donc être envisagé en tenant compte de la Chine et surtout de la Russie. L’Amérique ou l’Europe, voire la Turquie (8), n’auraient qu’un rôle d’appoint qui devrait s’exercer en faveur du peuple russe.

Perspectives

Elles sont d’autant moins engageantes que l’Asie centrale recèle en elle-même des dangers tout à fait préoccupants ! Le plus évident est celui qui dérive de la démographie toujours galopante des peuples centre-asiatiques, l’ouzbek surtout. « La revanche des berceaux » des peuples touraniens, apparue après la seconde guerre mondiale, se perpétue en effet. Jointe aux catastrophes écologiques – désertification, assèchement de la mer d’Aral, etc - elle se traduit, même dans une zone aussi peu peuplée que le Turkestan, par une surpopulation de certaines régions, du Ferghana en particulier. L’émigration - clandestine ou non - vers la Russie a constitué, ces dernières années, une soupape de sécurité : aujourd’hui, plus de trois millions de Centre-asiatiques – surtout ouzbeks et tadjiks – y travaillent plus ou moins régulièrement. L’actuelle crise financière ayant suscité à Moscou des déclarations favorables à un contrôle, voire à un rapatriement de cette main d’œuvre, on peut se demander avec inquiétude quel serait l’impact de ces mesures dans les sociétés centre-asiatiques et sur la situation déjà tendue aux frontières difficilement contrôlables de l’Ouzbékistan : déjà les Ouzbeks « colonisent » le Ferghana kirghize et seraient plus de 200 000 gasterbeiter au Kazakhstan.


Travailleurs ouzbeks au Kazakhstan. Photo de Yuri Eliseev

Les dissensions intestines auxquelles les Turkestanais sont enclins risquent fort d’en être encouragées… Alors que l’on commence à parler de pénuries alimentaires, des déplacements incontrôlés de populations nécessiteuses ne sont pas à exclure à moyen-terme. Ce tableau déjà inquiétant peut devenir apocalyptique si l’on ajoute un risque inhérent à la misère et à la désorganisation : celui d’épidémies, voire de pandémies.
La meilleure option pour l’Asie centrale eût été, quand elle accéda à l’indépendance, l’instauration d’une neutralité de toutes ses composantes qui aurait empêché bien des frictions et intrusions : l’exemple turkmène montre que cette option était envisageable.

Mais, pour qu’elle le redevienne, il faudrait que se produise un désengagement des grandes puissances et une entente entre elles qui semblent peu prévisibles. Au lieu d’être neutres, les pays d’Asie centrale, plus que jamais au « milieu des empires » (9) , oscillent donc entre la Russie et l’Amérique, tout en étant grignotés par un voisin aux dents longues : la Chine.

La Russie, pour l’instant, semble prendre le dessus. Ce n’est pas le plus mauvais parti car l’ancienne puissance coloniale connaît mieux que toute autre le terrain centre-asiatique. Le Russe n’est-il pas, par bien des côtés, un Asiate lui-même ? Le problème est que la Russie, incrustée dans le Turkestan occidental (10), ne peut que s’y opposer aujourd’hui à l’influence des Américains et à plus longue échéance à la Chine.

L’Amérique, très éloignée et avant tout puissance maritime, ne devrait pas être dans le Touran un rival sérieux et obstiné de la Russie, surtout si Moscou lui assure, comme à l’Europe, sa part du gâteau énergétique oriental : un bon approvisionnement en gaz, pétrole et uranium dans les vingt années à venir.

Il en va autrement de la Chine. Des intérêts divergents entre Pékin et Moscou et, surtout, la défense par les Russes de la Sibérie, déjà phagocytée sur ses marges par les Chinois, devraient venir à bout de la belle entente affichée aujourd’hui à l’intérieur de l’Organisation de coopération de Shanghaï. L’histoire montre que l’alliance entre la Russie et la Chine est contre nature et qu’elle ne pourra pas durer. C’est dans une compétition effrénée entre Russes et Chinois qu’il faut donc voir à long terme le plus grand danger pour l’Asie centrale. La situation actuelle au Caucase révèle ce qui pourrait se passer le jour où le Touran ne sera plus un sanctuaire.

Si la Chine se saisit à sa façon d’un pays centre-asiatique –économiquement d’abord, politiquement ensuite- comme les Etats-Unis se sont saisis de la Géorgie, elle pourra par son intermédiaire harceler les voisins de ce pays : les Abkhazie et Ossétie du sud sont légion en Asie centrale. En réponse, une certaine subversion peut être organisée au Xinjiang comme ailleurs en Chine. Alors, toute la belle richesse naissante de l’Asie centrale s’évanouira en insurrections plus ou moins fomentées.

A ce sujet, des observations faites en Yougoslavie quelques années avant la guerre civile restent pertinentes. En traversant la Fédération yougoslave, on pouvait voir qu’elle s’effondrait de l’intérieur : les ordures envahissaient les rues ; les campagnes étaient négligées ; des bandes maffieuses armées faisaient leur apparition ; l’ivrognerie, le mépris du savoir régnaient ; la jeunesse déboussolée se laissait récupérer par des extrémistes ; enfin, l’intérêt des régions se mettait à primer sur l’intérêt national.

Aujourd’hui, on commence à faire les mêmes observations en Asie centrale où le capitalisme sauvage, qui devient de plus en plus un capitalisme maffieux, voue peu à peu le Turkestan au laisser-aller, aux maffias, à la drogue.


le Turkestan…

Rongés par la corruption, les pouvoirs nationaux s’en trouvent affaiblis et ne peuvent réagir avec efficacité face aux sollicitations multiples qui résultent déjà des problèmes de frontières, des débordements de population, du partage de l’eau et des ressources énergétiques. Tout ceci incite les Touraniens à des querelles sans fin dont les puissances étrangères savent profiter. Et, sur l’échiquier régional, les pays d’Asie centrale ne sont plus, parfois, que des pions manipulés par d’autres…

Une note d’espoir peut cependant figurer en conclusion : le doyen des présidents centre-asiatiques, le président kazakh Noursoultan Nazarbayev, propose avec insistance, depuis plusieurs années, une Union des Etats d’Asie centrale ne serait-ce que pour organiser la distribution de l’eau et de l’énergie.


Noursoultan Nazarbayev

Il est soutenu par les Kirghizes et, de plus en plus, par les Tadjiks. Les Turkmènes sortent de leur tour d’ivoire et ont accepté une coopération bilatérale avec Kazakhs, Tadjiks et Kirghizes. Quant à l’Ouzbékistan, si réticent à l’encontre de ses voisins, il se fait au moins à l’idée d’une free trade zone avec le Kazakhstan.

Mais il y a bien mieux encore : le 18 octobre 2008 pourrait devenir une date historique. Ce jour là, en effet, pour la première fois, les cinq pays d’Asie centrale ont signé à Almaty, après des mois de très dures négociations, un accord rendu indispensable par la perspective d’un hiver rigoureux et d’une crise économique et énergétique généralisée : il porte sur l’échange ou le transit d’eau, d’électricité, de gaz et de charbon d’un pays à l’autre. Jusqu’ici les Turkmènes demeuraient à l’écart de toute entente : aujourd’hui, ils participent et fourniront beaucoup d’électricité thermique. L’échange et le transit coordonnés d’un bout à l’autre du Turkestan occidental d’électricité et de gaz turkmènes, de gaz ouzbek, d’électricité et d’eau kirghizes, de charbon, de gaz et de pétrole kazakhs, d’eau tadjike, constituent un énorme progrès par rapport aux accords bilatéraux précédents – même s’il ne sont prévus, comme eux, que pour une année renouvelable -. Faut-il y voir le début d’un Marché commun touranie ? C’est aller vite en besogne… Il ne fait pas de doute cependant que, si ces premières mesures sont appliquées avec succès, elles ouvriront la voie à une coopération qui seule permettrait à l’Asie centrale de tirer son épingle du « très grand jeu » (11) des puissances dont elle est la proie.

Le colonel (er) René Cagnat, titulaire en 2008 du prix Amiral Duval de la revue « défense Nationale »,  a pris en 1999 sa retraite au Kyrgyzstan d’où il suit l’évolution des pays centre-asiatiques. Titulaire d’un doctorat consacré à l’Asie centrale, il est, sur ce thème, co-auteur du « Milieu des empires » (Laffont 1981 et 1992), auteur, entre autres, de « La rumeur des steppes » (Payot 1999 et 2001) et du guide Mondeos « Asie centrale » (2006). Il prépare la publication en 2009, aux éditions « Actes-sud Imprimerie Nationale », d’un livre d’art « Voyage au cœur des empires : Crimée, Caucase, Asie centrale ».

(1)Le Turkestan ou « pays des Turks – avec un k pour les distinguer des Turcs d’Anatolie, du Caucase et d’Europe – se subdivise en Turkestan occidental, naguère sous contrôle soviétique, et Turkestan oriental, encore sous contrôle chinois.
(2) Dynastie tadjike et musulmane qui, à partir de sa capitale Boukhara, régna de 874 à 999 sur l’Asie centrale et ses abords, favorisant l’éclosion d’une brillante civilisation.
(3) Cette appellation qui, comme « Turkestan », signifie « pays des Turks », est aussi employée pour désigner l’Asie centrale. Cette zone n’en comporte pas moins, à côté de 55 millions de turcophones, une population originelle indo-iranienne de près de 10 millions de Tadjiks et des minorités slave (7 millions) et han (10 millions ?) d’installation plus récente, notamment pour les Chinois han qui, depuis cinquante ans, intensifient leur présence au Xinjiang.
(4) Ce concept est dû au géopoliticien Mackinder qui, tout au long de la première moitié du XX° siècle, a défendu l’idée d’une Asie centrale considérée comme l’axe, le pivot du monde.
(5) L’auteur préfère cette appellation à celle d’islam fanatique tant les excités des médersas pakistanaises sont loin des valeurs prônées par le Coran.
(6) Si l’on exclut la légalisation de la drogue, qui peut être une solution de dernier recours, la seule parade à ce désastre est d’ordre éthique, d’une éthique à la fois personnelle et générale indiquant, par une sorte d’impératif catégorique, quelles sont les activités particulièrement répréhensibles qu’un Homme digne de ce nom ne saurait se permettre : le trafic de drogue fait partie de ces activités inadmissibles contre lesquelles, en Asie centrale comme ailleurs dans le monde, agir est un devoir.
(7) De l’aveu même des Américains, leur méthode actuelle de contre-guerilla s’inspire de l’ouvrage publié en anglais en 1965 par un officier français inconnu, le lieutenant-colonel David Galula (1919-1968), récemment traduit sous le titre Contre-insurrection, théorie et pratique, Economica, 2008.
(8) La République turque est tout naturellement favorable à une confédération pan-touranienne qui regrouperait autour d’elle les peuples turks orientaux. Essayant de restaurer son Empire en devenant une puissance régionale de la Méditerranée à la Sibérie, elle s’efforce d’être présente chez tous ces peuples en promouvant avec eux une coopération économique, culturelle, sociale et, si possible, politique, voire militaire.
(9) René Cagnat et Michel Jan : Le milieu des empires, entre Chine, URSS et islam le destin de l’Asie centrale, Paris, Robert Laffont 1981 et 1990.
(10) La Russie s’efforce de perpétuer la présence de l’URSS par des structures internationales comme celles de l’OTSC (en russe ODKB), Organisation du traité de sécurité collective, qui, à l’instigation de Moscou, couvre militairement tous les pays d’Asie centrale, moins le Turkménistan neutre. Une Communauté économique eurasiatique (en russe EVRAZES) essaie de prolonger l’accord de défense par une coopération économique étendue aux mêmes pays, mais l’Ouzbékistan vient d’en sortir.

Les Grands Empires des Steppes d’Asie

Face aux canons et aux mousquets, ce fut la fin de l’ère des Empires des Steppes...

L’Intermède Iranien.

Les Samanides

Il s’agit de la première dynastie vraiment Perse à reprendre le pouvoir après la conquête Arabe. En 819, le Calife al-Mamun (813-833) avait récompensé les quatre petits-fils du perse Saman-Khoda (Nuh, Ahmad, Yahya et Elyas) et pour leurs bons et loyaux services en leur attribuant à chacun une province. Ismail I (892-907), le fils d’Ahmad, prit rapidement le contrôle de la Transoxiane et du Khorassan et s’y installa comme gouverneur semi-indépendant, choisissant Bukhara comme capitale. En 900, au nom du Calife, il vainquit le Saffaride ’Amr ebn Leys qui voulait envahir sa province. Par la suite, jusqu’en l’an 1005, les Samanides restèrent maîtres de leurs territoires.

Sous la pression des tribus turques d’Asie Centrale, Nuh II (976-997) dut nommer Sebuktigin au poste de gouverneur indépendant de Ghazna, et son frère Mahmud comme gouverneur du Khorassan. Les Turcs Qarakhanides s’allièrent alors avec Mahmud. Ismail II, le dernier Samanide, lutta cinq années durant contre ces alliés mais il se fit assassiner en 1005.

Un pays « clef » ? Le Kazakhstan…Chine/Kazakhstan : projet de gazoduc et d’oléoduc…

« Les deux chefs d’Etat se sont aussi mis d’accord sur le principe de la construction en territoire kazakh d’un gazoduc reliant la Chine au Turkménistan, selon un accord signé en juillet. Son tracé n’a cependant pas encore été déterminé.

Le Kazakhstan, avec quelque 30 milliards de barils de réserves prouvées, est une puissance énergétique en pleine expansion, et cette vaste république ex-soviétique d’Asie centrale cherche à diversifier ses voies d’exportations actuellement encore très dépendantes du réseau russe d’oléoduc ».

Des « migrations » en Asie centrale…

Kazakhstan : Tougher Laws Needed To Prevent Labour Abuse, Slavery (
17.07.2008 )

Yuri Eliseev

“As more foreign labourers in Kazakhstan are subject to abuse and virtual slavery, tougher laws are needed for employers using foreign labour, human rights groups in South Kazakhstan say.

Nearly one-third of foreign labourers in Kazakhstan face inadequate payments or are not paid at all, human rights organisations estimate. Some employers pay minuscule salaries, justifying it by the allegedly low quality of unskilled labour, others withhold workers’ passports and return them as the only payment after the work has been completed.

Most of the foreign labourers in South Kazakhstan arrive from neighbouring Uzbekistan. Although the number of migrants dropped from the officially registered 46,000 last year to 38,000 this year because of a presidential decree to temporarily halt construction, Uzbek labour migrants continue arriving”. …

How citizens of Uzbekistan work as Gastarbeiters in Tajikistan

Lev Alekseyev (Dushanbe)

“That citizens of Uzbekistan and Tajikistan seek employment in Russia and Kazakhstan is common knowledge. What information is available to Ferghana.Ru, however, indicates that some Uzbek Gastarbeiters are willing to work in Tajikistan as well.

The Tajik city of Kanibadam borders on the Ferghana region of Uzbekistan. Boarding a minibus bound for Kanibadam, I found myself sitting next to a talkative young man. Eighty kilometers of the road passed in the blink of the eye, so absorbing was the conversation.

The young man said he was on a two-month leave from Russia where he was making money. "Repair the house is the first thing I’ll do," he said. "I’ll have another house build for my son then, and marry him off."…

 


Les Ouïghours entre incorporation et répression » par Fanny Lothaire (aux éditions de l’Harmattan)


Le « Grand jeu… »


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