Strasbourg, l’Européenne.

Samedi 8 mai 2010 // La France

La cthédrale de Strasbourg

Strasbourg, l’Européenne

Plus que bimillénaire, Strasbourg est également une ville à la croisée des chemins. Berceau de l’humanisme, bastion de la Réforme, elle concentre, sinon cristallise l’histoire, l’économie, la sociologie d’un pays, d’un peuple et d’un continent.

MIEUX QU’UN SYMBOLE

Strasbourg envisage d’accueillir l’Euro de football en 2016. Une bataille ludique entre nations européennes aujourd’hui apaisées dans une ville qui connut invasions, guerres, rivalités, et qui changea quatre fois de nationalité en 75 ans ! La ville saccagée par les Alamans, complètement détruite par Attila, déchirée par les luttes intestines des grandes familles nobles au XIVe, puis tiraillée entre catholicisme et protestantisme sous la Réforme, ne trouve toujours pas l’apaisement à la fin du XVIIe siècle. La ville est de nouveau assiégée par une armée de 30 000 hommes sous le commandement de Louis XIV. Là, elle se donne librement au Roi et connaît une ère de prospérité, coupée par la tourmente révolutionnaire avant de retomber dans l’escarcelle allemande à la faveur de la guerre de 1870.

Noeud quasi-gordien lors des deux conflits mondiaux, libérée par Leclerc, elle devient après-guerre le symbole de la réconciliation franco-allemande et, tout naturellement, le siège des institutions européennes. Ces dernières avec notamment le Conseil de l’Europe, le Parlement européen et la Cour européenne des droits de l’Homme y tiennent une place centrale. Au grand dam des 4000 fonctionnaires européens contraints de déménager plusieurs tonnes de matériel par mois, pour un coût annuel de 200 millions d’euros !

TERRE DE CONCORDE ET DE CONCORDAT

Terre d’enjeux multiples, l’ancienne capitale de l’imprimerie (Gutenberg y réalisa son premier ouvrage en 1451) véhicule toujours une image dynamique et internationale. Les moins de 20 ans représentent le quart de la population et près de la moitié des Strasbourgeois (46,2 %) ont moins de 30 ans. Les universités accueillent 20 % d’étudiants étrangers, représentant plus de 100 nationalités. Enfin Strasbourg, jumelée avec huit grandes villes (Fes, Istanbul, Dresde, Boston..), a conclu sept accords de coopération avec notamment Budapest, Cracovie, Varsovie... Laboratoires, arts graphiques, environnement, techniques, et administration avec l’École nationale d’Administration (ENA) : Strasbourg s’affirme comme un pôle d’intelligence et d’excellence de premier ordre. Terre de concorde et de Concordat, la Capitale alsacienne pointe, avec 273 000 habitants (652 000 pour la communauté urbaine) à la septième place en termes de population.

 Elle constitue l’un des principaux pôles économiques du Nord-Est, se distinguant par un secteur secondaire très diversifié (pharmacie, automobile...) et un secteur tertiaire tourné vers les activités financières et bancaires. Nombreuses sont les grandes entreprises à y avoir implanté leur siège social : Crédit Mutuel, Arte, Kronenbourg, Lidl, Steelcase... L’arrivée du TGV qui mettra la capitale alsacienne à 1h50 de Paris en 2016 a d’ores et déjà permis de dynamiser l’économie locale et d’enrayer la baisse du tourisme qui pèse plus de 8000 emplois directs.

FAIBLE ENDETTEMENT

Politiquement, la cité qui a vu naître les Chants de l’armée du Rhin (devenue La Marseillaise), n’a pas d’ancrage politique particulier même si la région Alsace est traditionnellement de droite. Un coup à l’extrême gauche avec Charles Hueber (1883-1943), puis à droite avec Charles Frey (1888-1955), Pierre Pflimlin (1907-2000) qui dirige la ville entre 1959 et 1983, et Marcel Rudloff (1923 -1996), la ville retombe à gauche avec Catherine Trautmann puis avec Roland Ries (PS) . La ville aux 500 kms de pistes cyclables a été bien gérée jusqu’à présent. Au point qu’elle ne connaît qu’une dette de 3,2 % par rapport à son budget de fonctionnement, soit 276 euros par
habitants. À titre de comparaison, cette dette atteint 879 euros /hab pour Paris. La Communauté urbaine, présidée par Jacques Bigot (PS), a défini un plan de développement économique pour les dix prochaines années concentré sur les transports du futur, la rénovation de quartiers, les technologies médicales. De quoi développer et dynamiser une attractivité reconnue de cette aire urbaine qui avec 9 millions de tonnes de marchandises, reste le deuxième port fluvial national après Paris.

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