Cher(e)s ami(e)s internautes.

Merci pour votre fidélité ; les écrits quotidiens seront absents tout le mois de septembre. Vous pouvez cependant parcourir tous les dossiers créés depuis plus de 10 ans et qui figurent sur le site.

Dés le mois d’octobre il vous sera proposé un mensuel auquel vous pourrez participer en me faisant parvenir votre perception des affaires politiques, familiales, sportives ou autres.

Rien ne sera censuré, hormis des articles injurieux et calomnieux.

Je suis attaché aux valeurs chrétiennes, aux valeurs dites républicaines et à une monarchie parlementaire.

Vous pouvez nous contacter en cliquant sur ce lien >>

Stéphane Guillon.

Vendredi 23 avril 2010, par Dominique Daguet // Divers

Une attitude dont Dominique Daguet ne se départit jamais.

Livrer des batailles, oui ! Mais ne pas oublier certaines exigences « morales ».

De ces exigences qui ont déserté la conscience de bien des « animateurs du PAF »…

De Stéphane Guillon à Guy Carlier et quelques autres…

Il est vrai que certains jours, n’est-ce pas avec « délice » que l’on tordrait le cou tant de quelques invités que des « animateurs » eux-mêmes ?

Entre mensonges éhontés et vulgarité à ne plus savoir qu’en faire…

Nos temps sont si difficiles…

Mais Dominique Daguet garde le cap, le bon !...

Choquer pour choquer ou pour nuire ?


Stéphane Guillon

Choquer deviendrait-il le sport français par excellence ? Stéphane Guillon sur France Inter et Guy Carlier sur Europe n°1 ou Laurent Ruquier sur France 5 semblent trop souvent carburer au pinard tord-boyaux : chez eux le souci d’être véridique est-il premier, eux qui donnent l’impression que de toute façon c’est eux qui définissent la « pensée bien-pensante » – ou « bien-pensance », expression que je déteste et par là limitent le droit de tous à penser autrement qu’eux !



Guy Carlier


Laurent Ruquier

J’ai vu la séquence de M. Guillon où il démolissait le portrait du Ministre de l’Immigration jusqu’à faire de lui le clone d’Hitler ! Ce qui est excessif est insignifiant, disait Talleyrand avec raison…

Je mets le cas d’Éric Zemmour à part car il y a chez lui une structure intellectuelle d’un autre niveau démontrée par son livre « Mélancolie française », même si parfois il n’hésite pas à formuler sa pensée en usant de la même arme, choquer. De plus, il n’a fait qu’exprimer une triste réalité dont on connaît depuis longtemps les causes, peu à l’honneur de notre république.

Certes, je ne conteste pas le droit que tout parleur, tout écrivain, tout citoyen – et même l’ivrogne du Café du Commerce ! – de dire ce qu’il pense, mais à ses risques et périls. Ce qui, dans le cas soulevé, hérisse le poil, c’est aussitôt les grands cris d’orfraie des vigiles d’une morale sans justification, vestales effarouchées qui ont craint de n’avoir pas dénoncé le racisme, ici pourtant absent, aussi vite que tire le cow-boy Lucky Luke.

Je n’ai jamais aimé l’humour destructeur : c’est le leur et je n’entends pas le faire mettre à l’index. Que Stéphane Guillon n’aime pas Éric Besson, c’est son droit : cela lui donne-t-il le droit de l’insulter ? Qu’il dispose de la possibilité légitime et légale de ne pas approuver sa politique, cela va de soi : cela justifie-t-il qu’il s’en prenne à son physique comme au caractère fondée de ses convictions ? Qu’il critique ses dernières est une chose, qu’il les diabolise en prenant le détour de l’attaque personnelle en est une autre. Dire de lui qu’il a « des yeux de fouine, un menton fuyant, le physique d’un traître » en laissant supposer qu’en effet il est un traître, un faux-jeton et un carnassier habitué à fouiller dans la vie des autres ; concocter à son sujet, pour faire davantage justicier, une salade composée de faits plus ou moins réels et d’extrapolations alliant la fantaisie, le ridicule, l’exagération et l’invention pure et simple, ce que l’on appelle abusivement une « interprétation », afin de pouvoir l’ériger en marionnette ou perroquet du Front national, en oubliant qu’il est tout de même un ministre de la France, est-ce que cela fait partie des « droits » d’un amuseur public s’exprimant sur une chaîne nationale, c’est-à-dire payé par l’impôt spécifique qu’est la redevance ? Est-ce également respecter les Français ? Je pose la question en pensant que personnellement je ne puis que répondre non.

Le ministre a protesté, ce que l’humoriste n’a pas apprécié, disant qu’il est ministre, dispose du pouvoir etc. : « L’humour autorise-t-il tout, interroge Éric Besson  ? N’est-il pas injuste de ne pouvoir se défendre face-à-face ? Une radio de service public écoutée à l’international peut-elle laisser un ministre de la République se faire ainsi maltraiter ? » Avait-il tort ? Je m’interroge sur la façon dont le ministre conduit la politique de son ministère, je l’écoute et parfois il me convainc, d’autre fois il ne le fait pas, mais je me sentirais déshonoré si je me prévalais de mes doutes ou de mes inquiétudes ou de mes désaccords pour jeter sur sa personne des seaux d’infamies. Je désapprouve que l’hostilité à une politique puisse conduire à de tels excès : cela devrait se dire en gardant son calme. Ainsi, je ne partage pas le jugement à l’emporte-pièce de ce monsieur sur le débat concernant l’identité nationale, car il fut l’occasion pour beaucoup de s’exprimer sur la question, et ce fut une bonne chose même si, dans le même élan, il y eut quantité de sottises qui furent dites : mais va-t-on censurer les bêtises ? Stéphane Guillon en a aligné un certain nombre à l’émission de France 3 du lundi 29 (avec quelques vérités qui n’étaient pas indifférentes) : il convenait qu’il les formule pour que l’on puisse apprécier le degré de crédibilité que l’on peut lui accorder.

Toujours il m’a semblé que s’exprimer est un droit imprescriptible, que respecter l’adversaire et un devoir tout aussi prégnant. On ne peut pas se référer à ce droit si l’on ne commence pas par obéir à ce devoir. Et il me semble que le débat, quand il y a débat, devrait se situer à cette hauteur minimale.

Choquer ! Oublions sa signification marine : détendre, donner du mou… même si les humoristes en question retiendraient favorablement le mot détente, celle-là qu’espèrent tirer de leurs « clouneries » les auditeurs, que l’on devine volontiers s’esclaffant en buvant un petit noir au bar du coin… en oubliant toutefois que « presser la queue de la détente » fait partir le coup de feu meurtrier… Il est vrai qu’en chaque auditeur peut se cacher un amateur d’exécutions publiques.


Une exécution publique en Iran

Ce verbe choquer dit beaucoup : heurter violemment, au physique comme au figuré : avec intention de blesser, comme le signale les synonymes buter, frapper. On choque pour déstabiliser, faire chuter, et ici ridiculiser, c’est-à-dire pousser, repousser dans l’abîme : à l’origine d’une telle pratique se devine un profond mépris de l’autre. Où donc ici le respect dû à la personne de l’autre ?

Même si je trouvais quelques expressions sauvages pour désigner le genre d’entreprise que mènent ces humoristes – qui appartiennent bien plus à la catégorie de l’ironie qu’à celle de l’humour – je ne les emploierai pas si elles visaient leurs personnes et pouvaient porter atteinte indue à leur réputation privée : celle qui relève du métier par contre concerne la critique. Dans un roman, on peut tout se permettre, croit-on, pas dans la réalité, pas quand la victime est bien réelle, pas quand celle-ci n’est pas en face de l’agresseur – car il s’agit bien d’agression – et donc pas en mesure de lui répondre. Quoiqu’il faudrait, pour se défendre, qu’elle possédât les mêmes armes… Mais ces messieurs sont là où ils ont été mis à cause de leur habileté de rétiaire, sorte de gladiateur disposant du trident, du filet et du poignard. Trident de l’impromptu qui surprend et déséquilibre, filet des mots jetés à grande vitesse pour envelopper et empêcher de se relever, poignard de l’insinuation invérifiable qui liquide le vaincu en lui perçant le cœur.

J’ai parlé d’ironie : une interrogation ou affirmation qui dit tout autre chose que ce qui est visé. L’ironie est blessante par nature : jamais l’humour, façon de dire les choses avec légèreté, drôlerie, afin de faire comprendre l’absurde d’une situation, d’un événement. L’humour qualifié de « noir » revêt les choses dites d’une cruauté morbide qui peut fortement altérer l’esprit.

User de l’ironie, de l’humour noir exige circonspection, prudence : toujours l’indicateur du respect de l’autre ! Quand il y a dérapage – et Dieu sait que les dérapages surabondent chez les amuseurs employés par nos radios et chaînes de télévision – la moindre des élégances serait de le reconnaître aussitôt, sans monter au créneau de la liberté d’expression comme si contester le droit au dérapage faisait également partie des acquits syndicaux.


N’est pas Desproges qui veut…

Critiquer, que ce soit pour louer les qualités d’une œuvre ou pour en stigmatiser les insuffisances, les maladresses, est une activité hautement estimable et même nécessaire : mais critiquer en usant de l’escrime de la déloyauté, celle qui blesse par le mensonge et cherche à tuer « immatériellement », non, je crois cela une indignité. Défigurer par les mots l’adversaire, lui prêter des pensées qu’il n’a pas afin de mieux atteindre, dévaloriser, celles qu’il a, cela ressort des pratiques intellectuelles les moins avouables.

Et puisque j’ai osé le mot déloyauté, je voudrais dire encore juste ceci : il n’est de combats que l’on puisse approuver que ceux qui mettent en face des ennemis loyaux.

Répondre à cet article