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Jeudi 17 mars 2011 // La France

Nos temps sont difficiles. La France qui toujours fut « diverse » se découvre de nouveaux visages. Nos anciennes « diversités » savaient se retrouver, se reconnaître et se donner la main autour d’un socle de principes, qui nous soudaient dans les épreuves. Sauf à faire l’autruche jusqu’à ce que mort s’en suive, ces temps sont révolus. Et le « coupable » serait tout désigné, sous divers noms recouvrant réalités et fantasmes : les arabes, l’islam, les musulmans, les « barbus ». rejoints depuis peu par les « Roms ». E l’ « autruche » de couiner : Valeurs républicaines ! Valeurs républicaines ! Prenons les réalités à bras le corps. « Marianne » ? Pas loin du « bide » intégral.

Des réalités que la « Fille aînée de l’Eglise », fille anorexique pour ne pas en dire plus, découvre avec indifférence ou effroi.

Quant à la « République » ?

Son souci premier, au service de ceux qui ont « capter » le bien public, ne saurait dépasser celui de leur réélection.

Des réalités s’expriment avec des chiffres « froids ».

Qui osera dire le contraire ?

Quelques lectures.

L’appartenance à l’islam : de plus en plus fréquente et revendiquée.

Simultanément, deux pratiques alimentaires ont envahi l’espace public français : le jeûne du ramadan et la règle du halal.

Ce sont des exemples supplémentaires du retour des populations arabo-musulmanes vers les normes de leur espace civilisationnel en même temps que d’éloignement par rapport aux coutumes usuelles du pays d’accueil.

Cette évolution est d’autant plus significative que les pratiques du jeûne du ramadan ou des prises de repas halal sont loin d’être cantonnées au seul espace privé et tendent à s’imposer à la société dans sa totalité : les populations majoritaires étant, de facto, priées de s’adapter aux exigences religieuses et civilisationnelles d’une minorité motivée ; ce qui est une forme d’intégration inversée.

Le jeûne du ramadan : une prescription alimentaire de plus en plus envahissante

Il y a seulement quinze ans, la pratique du ramadan était marginale en France. Elle est devenue aujourd’hui massive au sein des populations arabo-musulmanes où elle prend un caractère quasi obligatoire.

Le sondage CSA/La Vie d’août 2006 révèle que 88-% des musulmans suivent la pratique du ramadan, 94-% parmi les moins de trente ans. Cette pratique massive concerne de manière indifférenciée tous les musulmans, qu’ils soient de nationalité française ou étrangère, que leur catégorie socioprofessionnelle soit CSP + ou CSP -, qu’ils se sentent proches de la droite ou de la gauche, qu’ils habitent des banlieues ou des villes isolées.

Cette pratique imposant un jeûne diurne pendant trois semaines bouleverse les rythmes de vie et a des répercussions sur les non-musulmans dans la vie scolaire, dans la vie professionnelle et dans les relations de voisinage.

Alors que le carême catholique, même lorsqu’il est encore pratiqué, ne sort pas de l’espace privé, le ramadan musulman envahit, lui, l’espace public.

Observer le ramadan n’est d’ailleurs pas seulement une pratique religieuse, c’est aussi l’affirmation d’une appartenance ethnoculturelle. Appartenance qui n’est d’ailleurs pas seulement choisie mais aussi imposée par la pression sociale comme l’ont reconnu Sonia Imloul, présidente de l’association Respect 93, et l’intellectuel Ghaleb Bencheik.

Ce dernier affirme : « Jusque dans les cours de récréation on ressent cet engouement croissant pour le jeûne et l’opprobre dont sont victimes ceux qui ne suivent pas les préceptes »

http://www.polemia.com/article.php?id=1713

Quand on parle communautarisme, en France, on pense généralement aux musulmans. Il est vrai, ils représentent une population de 6 millions d’individus. Avec raison, le nombre inquiète car sa progression signifierait la remise en question de l’identité française, largement façonnée au cours des siècles par le christianisme.

Certains musulmans développent des comportements communautaristes. Parmi les signes les plus visibles, nous pensons au port du voile, à la demande de carré musulman dans les cimetières ou aux exigences présentées en matière de refus de la mixité dans les lieux d’enseignement ou dans les piscines.

Ce communautarisme passe par la religion or, aujourd’hui, 49% des musulmans ne vont jamais à la mosquée (1), seulement 10 à 15% pratiquent régulièrement leurs rites. Encore, sur ces derniers, tous ne participent pas à une démarche communautariste.

Tous les ans, l’UOIF (Union des Organisations islamiques de France) organise un colloque au Bourget. Sous le nom d’UOIF se cache l’enseigne des Frères musulmans (2) en France. Au Bourget, à chaque manifestation, ils comptent une centaine de milliers de visiteurs sur quatre jours. Le chiffre ne laisse pas indifférent, certes, mais ne représente que 1,5% de la population musulmane de France. Encore beaucoup viennent-ils pour visiter les stands commerciaux dressés à des fins purement mercantiles.

Fouad Alaoui (à g.) qui a succédé en 2009 à Lhajj Thami Breze (à dr.) à la présidence de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France).

Il faut être prudent en matière d’islamisme, générateur de communautarisme musulman, car le germe est là. Néanmoins, les plus graves problèmes auxquels nous nous voyons actuellement confrontés émanant de certaines populations migrantes d’origine africaine, sont liés à la délinquance des jeunes. Ce phénomène n’a rien à voir avec le communautarisme et, dessus, l’islamisme n’a qu’un effet marginal (3),

Il est en revanche un autre communautarisme dont personne n’ose dire mot, celui d’une partie des juifs de ce pays.

Nous avons bien dit une partie, des juifs de ce pays, présente des revendications similaires à celles des islamistes. Les exemples ne manquent pas. Comme en d’autres villes des musulmanes, des femmes de religion hébraïque ont bénéficié un temps de créneaux horaires réservés à leur usage à la piscine de Lille-Sud et, le lundi matin, à celle de la Victoire de Strasbourg.

Il y a aussi le port ostensible de la kippah (4), imposé à la vue de tous, avec les mêmes intentions symboliques que le voile islamique. Enfin, n’oublions pas les demandes de dispenses, pour les jeunes juifs, quand un examen tombe le samedi, jour du " chabbat ", ou comme les musulmans, encore, la demande de cimetières séparés. Sur ce dernier point, pour les mahométans comme pour les juifs, nous sommes blessés qu’ils aillent jusqu’à considérer nos ossements indignes de côtoyer les leurs dans le trépas. En France, chrétiens et athées n’ont jamais poussé jusque-là leur différend idéologique.

Mais il y a plus grave. Depuis plus d’un an, siège dans les murs du Consistoire (5) de Paris un " beth din ". En d’autres termes, une cour d’arbitrage rabbinique rendant ses jugements conformément à la "
halakhah ", la loi juive.

Pour se convaincre de l’existence perdurant à travers les siècles d’une volonté communautariste chez certains juifs, il suffit de lire " Les juifs et la Révolution française " (6). L’auteur, Michaël Bar-Zvi (7) y livre une charge contre la manière dont les Français ont accordé le statut de citoyens aux juifs, pour la première fois au monde, au lendemain de la Révolution.

Il rappelle les propos du comte de Clermont-Tonnerre, député à l’Assemblée constituante, le 23 décembre 1789 : " Il faut tout refuser aux juifs comme nation, et accorder tout aux juifs comme individus.
Il faut qu’ils ne fassent dans l’État ni un corps politique ni un ordre ; il faut qu’il soient individuellement citoyens ". Si les massacres commis par la Révolution nous dégoûtent, nous avons, en revanche, la faiblesse de voir dans ces mots une belle formule dont l’esprit de justice nous convient.

Il n’en est pas de même de Bar-Zvi. Il s’agit " d’un marché, dit-il, que l’on soumet à la nation juive : se dissoudre en tant que peuple pour survivre en tant qu’individu ". Il précise ses vues un peu plus loin en parlant de la situation aux Pays-Bas : " En Hollande, les juifs bénéficiaient d’une autonomie, dont le sens était bien plus profond que l’émancipation à la française. Cette autonomie leur permettait notamment de conserver leurs traditions, en disposant de tribunaux et d’écoles ". La situation présentée comme idéale par Bar-Zvi ressemble trait pour trait au communautarisme défini dans notre introduction.

Au passage, on remarque la référence " aux tribunaux " juifs, ces " beth din " réinstitués en France dans la plus grande des discrétions, comme nous l’avons vu plus haut.

Dans l’opinion, contrairement au communautarisme des musulmans, celui des juifs n’est que rarement présenté comme menaçant pour la société. Il y a à cela trois raisons. D’une part les Israélites ne représentent qu’un pour cent de la population et, par conséquent, leur nombre n’apparaît par comme une menace dans l’imaginaire collectif. D’autre part, rompus aux us et coutumes de notre société, leurs différences se font moins perceptibles dans la vie quotidienne. Enfin, la peur de l’accusation d’antisémitisme suffit à faire taire la plupart de ceux qui s’interrogent sur la légalité de ce communautarisme.

Pourquoi, dès lors, évoquer ce sujet ? Parce que le communautarisme ne saurait se limiter aux juifs s’il continue de se développer.

A la réflexion deux causes nous apparaissent. Nous appellerons la première l’effet de contagion. En effet, comment refuser à d’autres ce que nous avons toléré pour les juifs ? Aux mahométans, en particulier, dont la conception de la religion est très proche de celle des Israélites (8).

La seconde pourrait être d’ordre politique. Comme chacun sait, le CRIF fédère les institutions juives de France. On peut le considérer comme l’alter ego politique du Consistoire, pour sa part de nature religieuse. Or, ce même CRIF s’investit dans le soutien à des organisations à vocation communautariste. Nous pensons au CRAN (9), qui pose, avec agressivité, au représentant des gens de race noire. Nous pensons aussi à la réunion organisée par le CRIF, le 10 mars dernier (2008), avec le CIFOA (Club d’Initiative des Français d’Origine Asiatique).

Pourquoi cette empathie pour des structures communautaristes apparemment éloignées des préoccupations de la communauté juive ? Nous ne voyons qu’une explication : seuls à vouloir arracher un statut communautaire à la France, les juifs partisans de ce changement risqueraient de se retrouver isolés, trop faibles donc face à une opinion publique hostile au communautarisme. S’associer à des groupes ethniques ou religieux revendicateurs, voire susciter leur apparition, permettrait au CRIF de s’intégrer dans un front plus large, sous prétexte de défendre les "
droits des minorités ".

En matière de communautarisme, estimons-nous, il n’existe que deux choix : tous les accepter ou, d’un même élan, tous les refuser. En laisser prospérer un seul, sous prétexte de sa supposée innocuité, nous conduirait à accorder un droit de cité à tous les autres. Voilà pourquoi nous sommes aussi sévères à l’égard du communautarisme juif. Non par animosité à l’égard d’une partie du peuple français mais pour nous protéger d’une atteinte à notre tradition et à nos institutions.

Alain Chevalérias

http://www.recherches-sur-le-terrorisme.com/Analysesterrorisme/communautarisme-france.html

Ces dispositions relatives à la liberté de pensée, de conscience et de religion ont par ailleurs été confirmées par la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950, ratifiée par la France le 31 décembre 1973. Ces dispositions sont également reconnues sans restriction par les groupements et associations adhérant au présent texte.

Ceux-ci se reconnaissent dans les principes et règles ci-après énoncés, qui assurent aux Musulmans la jouissance en France des mêmes droits et les soumettent aux mêmes obligations que les fidèles des autres cultes, pourvu que soit respecté l’ordre public et préservée la neutralité religieuse de la République, de ses institutions et de tous les lieux publics.

I - DES ASSOCIATIONS CULTUELLES

Au nombre de ces droits figure d’abord celui de créer des associations cultuelles conformément aux dispositions du titre IV de la loi du 9 décembre 1905. Ces associations doivent avoir exclusivement pour objet l’exercice du culte, c’est-à-dire l’accomplissement des cérémonies, l’acquisition et l’entretien des édifices du culte, l’entretien et la formation des ministres du culte.

Ces associations peuvent, en outre, conformément aux dispositions de l’article 20 de la loi du 9 décembre 1905, créer des unions d’associations cultuelles, elles-mêmes cultuelles, fédérant et dirigeant l’ensemble des associations qui la composent.

Ces unions peuvent statutairement décider de se rassembler et de constituer un organe unique de représentation nationale du culte musulman, à l’instar d’autres cultes présents en France.

Les associations cultuelles qui se conforment à ces prescriptions peuvent bénéficier des avantages, notamment fiscaux, prévus en faveur de cette catégorie de groupements. Elles doivent, en revanche, respecter les règles d’organisation et de fonctionnement prévues par les dispositions légales précitées, disposer des ressources limitativement énumérées et dresser les documents comptables et financiers exigés.

Rien n’interdit bien au contraire que des fidèles du culte musulman se constituent par ailleurs en associations à vocation culturelle, sociale, éducative, sportive etc. à condition que les personnes morales ainsi créées aient un objet statutaire et une activité distincte de celles des associations cultuelles.

II - DES MOSQUÉES ET LIEUX DE PRIERE

Les mosquées et lieux de prière, comme tous les édifices du culte, constituent la condition même de l’expression religieuse des fidèles. C’est pourquoi leur acquisition et leur utilisation font partie intégrante du libre exercice du culte pourvu que, conformément aux dispositions du titre V de la loi du 9 décembre 1905 relatif à la police des cultes, ces édifices du culte soient uniquement réservés à l’exercice public du culte, donc librement ouverts, à l’exclusion de toute activité qui y est étrangère et notamment à caractère politique.

Il est admis que peuvent bénéficier du statut attaché à l’édifice du culte les accessoires indispensables tels que les locaux destinés à l’enseignement religieux.

Pouvoirs publics et culte musulman en France

http://www.ambafrance-jo.org/france_jordanie/spip.php?article505

La France est devenue en moins de 40 ans la nation de l’Europe où la population d’origine musulmane est la plus importante numériquement. D’après les déclarations faites en 2003 par le Ministre de l’Intérieur, M. Nicolas Sarkozy (actuellement Ministre de l’Economie et des Finances), en France vivent 5 millions de musulmans et l’islam est la deuxième religion du pays après le catholicisme (43 millions, 75%, sur 58 millions de population) et est plus répandue que le protestantisme (800.000), que le judaïsme (700.000) et le bouddhisme (400.000).

Depuis 1913, le nombre des musulmans résidant en France est passé de 5.000 aux 5 millions actuels Sur ce nombre, 3 millions sont des citoyens français. Toutefois, leur poids politique est encore très faible.
Combien de Ministres, de Députés, de Sénateurs, de Préfets, d’Ambassadeurs, de Maires sont fils de l’immigration ? Très peu. Et c’est déjà un premier signe qui révèle une intégration encore difficile, que la récente loi sur la prohibition des signes religieux « portés » en milieu scolaire ne fait que souligner.

Chaque 5 janvier, pour la cérémonie des voux, le Président de la République reçoit à l’Elysée les représentants des trois grandes religions de la France, catholique, protestante, et juive, la religion musulmane est absente. C’est seulement le 13 janvier 2000 que le Président Chirac a invité pour la première fois séparément, une petite délégation d’imams et de recteurs de mosquées, dont le recteur de la mosquée de Paris Dalil Boubakeur.

Mais si l’Etat français a fait peu de choses pour mettre à jour la vieille machine de l’intégration, pendant des années, aussi de nombreux musulmans français n’ont jamais voulu considérer la France comme leur pays, mais seulement comme une terre de passage. Arrivés après les années 1950 des colonies de l’Afrique du Nord, les immigrés envoyaient tout leur argent à leurs familles. Et même la loi sur le rassemblement des familles de 1974 n’est pas parvenue à changer leur conviction que leur véritable vie était de l’autre côté de la Méditerranée. Par la suite, cette tendance a changé lentement, mais il s’est présenté un grand problème :
comment rester de culture et de religion musulmane dans un Pays laïc sans renier ses propres origines ? Il faut prendre en considération aussi ces annotations, provenant des sondages sur la pratique religieuse des musulmans en France publiée par le quotidien « le Monde » (cf. document joint)

De fait, le changement s’est produit graduellement dans les 10 dernières années, quand la population immigrée a pris conscience que désormais elle était française à tous les effets. Un fait le démontre, qui n’a pas échappé aux bureaux de statistiques : depuis le début des années 1990, le nombre a augmenté des musulmans qui veulent être enterrés dans les cimetières français. Cela veut dire abandonner le mythe du retour, s’adapter à l’endroit où l’on vit, s’adapter aux lois, aux valeurs morales et au style français de vie. Mais, est-il possible de le faire sans abandonner sa propre identité arabo-musulmane ?

C’est un défi difficile dans une France qui n’est pas encore totalement guérie du drame algérien, et qui est parcourue à présent par la nouvelle crainte du terrorisme islamique. On peut considérer aujourd’hui que de 60% à 80% des musulmans sont intégrés, y compris les stars de télévision, de radio et des intellectuels. Un couple sur dix se déclare mixte, et les mariages franco-maghrébins sont en première place. Le nombre augmente sans cesse également des maghrébines qui épousent des français non-musulmans. Tout cela change le panorama social français. Mais il faut souligner que les histoires réussies sont individuelles et ne découlent pas d’une politique d’intégration menée au plan national, qui manque effectivement. Et qu’il y a des aussi de nombreux cas de maghrébins, de retour dans leur pays après un divorce et après avoir enlevé à leur ancienne épouse française, les enfants qui, selon les règles de l’islam sont sous l’autorité du père.

Une fracture profonde divise la communauté
arabo-musulmane : d’une part, il y a ceux qui, en nette majorité, ont " pris l’ascenseur " comme on dit en France, et d’autre part ceux qui sont laissés à eux-mêmes pour la plupart des jeunes sans éducation et sans travail. Les plus vulnérables à toutes les tentations et à toutes les dérives, souvent vers la délinquance ou l’intégrisme islamique, dans les villes/ghettos surtout construites dans les années 1960, que les Ministres successifs ne sont pas parvenus à déraciner. Et bien souvent l’une suit l’autre. La délinquance, les voitures endommagées, les agressions, les luttes entre bandes, les rapines à main armée. La logique est presque simpliste : la société nous ignore. Nous prouverons notre existence !

Avant le 11 septembre, le conflit israélo-palestinien, amplifié par les médias, a exacerbé cette attitude dans certaines couches de la population. Le 11 septembre a changé beaucoup de choses. Plusieurs de ces jeunes marginaux avaient besoin d’un credo, d’une cause. Actuellement, les services secrets français ont découvert que le réseau de Bin Laden était déjà implanté et actif, et que des jeunes talibans français avaient choisi le parcours initiatique de l’Afghanistan, et se sont finalement retrouvés dans les prisons de Guantanamo.

Il ne restait plus qu’une voie au gouvernement : prendre acte de l’existence de l’islam et l’organiser. Jean-Pierre Chevènement, Ministre de l’Intérieur et des Cultes, avait mis en chantier dès la fin de
1999 un processus de consultation des autorités islamiques. La situation s’était présentée aussitôt comme catastrophique parce que l’islam en France était fragmenté, qu’il n’avait pas une communauté unie et que les lieux de culte s’étaient développés de manière sauvage. En 1978, il y avait 72 mosquées, en 2002, elles étaient devenues des centaines. Les musulmans avaient commencé à prier dans des garages, dans des caves ; chacun pouvait se proclamer imam et improviser des prédications plus ou moins incendiaires. Dans cette anarchie, les groupes extrémistes, les plus organisés, ont pris l’avantage dans un certain de nombre de lieux de prière.

Un de ces groupes, appelé Tabligh est un mouvement né en Inde en 1927, arrivé en France dans les années 1970 ; il prêche le retour à l’islam pur et dur des origines. Ce groupe, considéré comme le plus grand mouvement missionnaire de l’islam, suivait une technique impeccable : au début, il faisait le porte à porte avec un discours de réislamisation simple, mais efficace, puis il a commencé à organiser des réunions dans la maison de certaines familles. Chaque nouvel adepte devait passer trois jours par mois dans une ville nouvelle pour prêcher l’islam. Après trois ans de mise à l’épreuve, les disciples partaient en mission à l’étranger pour 40 jours. Tout d’abord en Grande Bretagne, puis au Pakistan ou en Afghanistan.
Et après ? Mystère, on les perdait de vue, impossible de savoir quelque chose, tout restait secret.

Alarmés par ce « prosélytisme des caves" qui gagnait beaucoup de terrain dans les communautés locales, avec l’encouragement des différents gouvernements, on a facilité la construction de mosquées-cathédrales régulièrement recensées qui pouvaient offrir à l’islam dignité et visibilité. Mais l’Etat en France ne peut ni construire ni financer les lieux de culte. Qui aurait alors financé ces mosquées aussi coûteuses ? Les fidèles ? non ! Parce qu’ils étaient trop pauvres. Les Etats arabes sont intervenus. Actuellement, les huit plus grandes mosquées de France sont financées en tout ou en partie par l’Arabie Saoudite, par le Maroc et par l’Algérie, qui nomment les imams des mosquées où l’on prêche la version modérée ou plus souvent radicale de l’islam.

« Charles PASQUA, ministre de l’Intérieur, chargé des Cultes, a inauguré ce vendredi , la mosquée de Lyon dont la salle de prière peut accueillir 2500 fidèles et qui a été en grande partie financée par l’Arabie Saoudite. »

http://www.islamenfrance.fr/2010/08/07/retour-vers-le-passe-inauguration-de-la-mosquee-de-lyon/

« Soit on demande à des riches Saoudiens de nous construire des minarets, soit on modifie la loi de 1905 » Didier Leschi chef du bureau des cultes du ministère de l’Intérieur, cité dans Libération, 5 mai 2007.

http://www.islamisation.fr/archive/2008/01/15/l-arabie-saoudite-finance-nos-mosquees.html

A la sortie des mosquées en effet, on a commencé à voir des femmes avec le bourka afghan. Une note récente des services secrets a signalé la présence dans la région parisienne de prédicateurs « salafistes » extrêmement violents, liés au GIA algérien.

Dans ce contexte, le Ministre de l’Intérieur, après le 11 septembre 2001, a donné une accélération pour arriver à l’élection d’un Conseil français du culte musulman, et avoir enfin un interlocuteur capable de canaliser et, si possible, de contrôler le monde musulman en ébullition.

Mais la consultation s’est limitée seulement à ceux qui fréquentent les lieus de culte homologués, ce qui en a réduit sa portée authentique. Le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) s’occupe des aspects culturels et religieux de l’islam.

M. Brice Hortefeux participant à la rupture du jeûne, au Conseil français du culte musulman. 2009.

Mais les musulmans laïcs ou peu pratiquants, qui
représentent 80% de la communauté musulmane, se refusent d’être représentés
par ceux qu’ils appellent les "barbus" qui n’ont aucune notion de ce que
veut dire vivre dans un Pays comme la France, et demandent que soit séparé
le plan social du plan religieux, et que l’on élise aussi un Conseil laïc
pour discuter avec les pouvoirs publics des problèmes d’intégration.

http://www.fides.org/fra/news/2004/0406/19_2366.html

C’est un fantôme statistique qui hante depuis des années
les réunions politiques, les comptoirs de bistrot et les colonnes des
journaux. Un chiffre à géométrie variable que l’on brandit tantôt comme un
épouvantail, tantôt comme un étendard, et qui ponctue les débats autour du
voile islamique, de l’immigration, des banlieues, du terrorisme ou des
discriminations. Combien y a-t-il de musulmans aujourd’hui dans l’Hexagone ?
A en croire les experts et les plus hautes autorités de l’Etat, leur nombre
ne cesse d’augmenter : il aurait même doublé en l’espace de deux décennies,
pour atteindre aux dernières nouvelles quelque 6 millions. « Quelle est la
source statistique qui autorise une telle assurance ? Quelles évolutions
justifient une telle fluctuation ? » demande la démographe Michèle Tribalat,
qui s’apprête à publier une étude retentissante sur le sujet, dont les
résultats vont sûrement faire grincer quelques dents.

Michèle Tribalat

Ces statistiques réduisent considérablement les
estimations sur le nombre d’adeptes potentiels de la « deuxième religion de
France », objet depuis quelques années d’une étonnante inflation.

Des chiffres sujets à caution

En 1989, l’historien Bruno Etienne, se fondant sur les
données du recensement de 1982, évaluait la présence musulmane dans
l’Hexagone « autour de 2,5 millions d’individus ». En 1993, le rapport publié
par le Haut Conseil à l’intégration avance le chiffre de 3 millions. Un an
plus tard, un article du Monde évalue les musulmans à « 6,5% de la population
française, soit 3,7 millions ». En 1996, un dossier publié par le Secrétariat
des relations avec l’islam donne une estimation de 4,2 millions. La même
année, Charles Pasqua, ministre de l’Intérieur, s’exprimant à propos des
attentats terroristes, évoque « 5 millions de musulmans [en France], dont 1
million de pratiquants, 50 000 intégristes et probablement 2 000 radicaux ».
Voilà quelques jours, enfin, Nicolas Sarkozy, avançant ses arguments pour
s’opposer à une loi contre le voile islamique - il a depuis changé d’avis -
déclarait : « Il y a 5 à 6 millions de musulmans en France, dont 2 millions
sont susceptibles de voter. » Sans parler du Front national, qui pousse les
enchères jusqu’à 8 millions... De quoi attiser l’islamophobie (lire
l’article).

La prière du vendredi, devant la mosquée de la rue
Polonceau, à Paris.

Ces chiffres, souvent assénés comme des certitudes
mathématiques, servent aussi bien à étayer les discours fustigeant
l’« invasion » des étrangers que ceux des responsables musulmans soucieux de
faire valoir le poids de leurs coreligionnaires dans la population
française. Mais d’où sortent-ils ? D’un chapeau, semble-t-il, c’est-à-dire
d’estimations « au doigt mouillé ». En France, depuis 1872, il est interdit de
distinguer les personnes sur la base de leur appartenance confessionnelle
lors des recensements. Encore plus d’identifier leur origine ethnique.
Résultat, les statistiques officielles sur le sujet sont quasi inexistantes.
Pour évaluer le nombre de musulmans, les démographes et les sociologues en
sont réduits à compter la population « relevant de la culture musulmane »,
c’est-à-dire les immigrés et les Français issus de pays où l’islam est la
religion dominante - Maghreb, Afrique noire, Turquie, Pakistan, Proche et
Moyen-Orient... Auxquels il faut ajouter les convertis, les harkis rapatriés
d’Algérie et une partie des clandestins. Faute d’informations précises sur
les Français d’origine étrangère, certains sont parvenus, en recoupant des
données disparates, à cette estimation approximative de « 5 à 6 millions »,
que personne n’avait pu jusque-là vérifier à grande échelle.

« Mettre un terme à cette opacité des chiffres érigée au
nom de l’égalitarisme »

Il a fallu attendre 1992 pour que l’Ined et l’Insee
prennent en compte pour la première fois les immigrés et leurs enfants nés
en France, dans une enquête, réalisée par Michèle Tribalat, dont la
publication a déclenché un tollé - certains chercheurs, comme Hervé Le Bras,
l’accusant de favoriser le racisme et d’établir des catégories ethniques en
distinguant les Français « de souche » des autres Français. La polémique s’est
finalement éteinte et, face aux demandes répétées de démographes, l’Insee a
introduit dans l’enquête « Famille », réalisée conjointement au recensement de
1999 sur un échantillon anonyme de 380 481 personnes, une information sur le
pays d’origine des parents. On a pu ainsi disposer, pour la première fois,
de données précises sur trois générations.

Démographe à l’Ined et spécialiste de l’immigration,
Michèle Tribalat a reconstitué à partir de ces données un tableau de la
population d’origine étrangère en France (à paraître dans la revue de
l’Ined, Population), le nombre d’immigrés issus de pays où l’islam est
majoritaire et de leurs descendants. Son estimation du nombre de « personnes
susceptibles d’être musulmanes par filiation », dont nous avons eu la
primeur, dégonfle de façon spectaculaire les chiffres « officiels » : il n’y
aurait pas en France 5 ou 6 millions, mais seulement 3,7 millions de
personnes « possiblement musulmanes », dit Michèle Tribalat. Dont 1,7 million
d’immigrés, autant d’enfants et un peu moins de 300 000 petits-enfants
d’immigrés. Plus de 23% des habitants de l’Hexagone - près de 14 millions -
sont d’origine étrangère (au moins un parent né à l’étranger) : 6,9 millions
viennent des pays de l’Union européenne, 3 millions du Maghreb et 700 000
d’Afrique subsaharienne. On s’aperçoit que les Algériens et leurs
descendants -1,6 million - sont moins nombreux que les Italiens et font jeu
égal avec les Espagnols - 1,5 million. Autre particularité de cette
population : elle est encore très jeune. En 1999, elle était composée
principalement de mineurs. Avis aux politiques : ceux qui sont susceptibles
de voter ne sont pas plus de 1,2 million. Quant à leur poids religieux, il
reste encore à définir. La totalité d’entre eux ne suivent évidemment pas
les prescriptions du Coran à la lettre, pas plus que tous les Italiens et
leurs descendants ne sont catholiques pratiquants. Dans l’une des rares
enquêtes de l’Ined sur le sujet datant de 1995, un tiers environ des
musulmans potentiels se déclarent croyants et fréquentaient la mosquée
régulièrement.

« Ces chiffres donnent à réfléchir, constate Michèle
Tribalat : ils montrent que l’importance numérique donnée jusque-là à la
communauté musulmane est fondée sur du vent. » Cette chercheuse réputée,
auteur de nombreux ouvrages, est aussi une femme de caractère qui n’hésite
pas à claquer la porte du Haut Conseil à l’intégration, en décembre 2000,
pour marquer son désaccord lors de la rédaction du rapport « L’islam dans la
République ». Ou à dénoncer ceux « qui se plaignaient d’être à l’époque de
l’histoire coloniale désignés exclusivement par leur religion - Français
musulmans - et qui aujourd’hui claironnent que l’islam est la deuxième
religion de France ». Mais même ses détracteurs s’accordent à reconnaître la
pertinence de son étude, comme Hervé Le Bras, démographe à l’Ined et
chercheur à l’EHESS : « Il est vrai que nous avons longtemps gardé le silence
devant cette inflation de chiffres, car il y avait peu de moyens pour les
évaluer, explique-t-il. Dans les années 1950, on estimait que 40% des
Français avaient une pratique religieuse régulière ; ce chiffre ne représente
plus que 8% à présent. Pourquoi les Français d’origine maghrébine
seraient-ils différents des autres ? »

En mettant à mal le consensus qui régnait jusqu’alors sur
le nombre de musulmans en France, le travail de Michèle Tribalat plaide pour
un peu d’audace dans la statistique publique et demande à pouvoir enquêter
sur les affiliations religieuses et les origines des Français. Son souhait ?
Mettre un terme à cette opacité des chiffres érigée au nom de
l’égalitarisme, et qui a trop longtemps empêché d’évaluer précisément les
discriminations à l’embauche ou la mixité dans les quartiers sensibles.
Surtout, elle fausse les discussions sur la place et l’organisation de
l’islam en France. Un débat qui, plus que jamais, nécessite des chiffres
lucides et fiables, pas des chimères statistiques.

http://www.let.uu.nl/ Marie-Christine.KokEscalle/personal/sites/200300299/article%20islamophobie.doc

http://fr.wikipedia.org/wiki/Islam_en_France

L’Islam, est une religion universelle, dont la pratique ne
se limite pas comme on voudrait le croire à quelques régions géographiques
spécifiques du monde Arabophone. Les sociologues observent avec attention la
progression de cette religion au niveau international, avec un nombre
toujours plus croissant de nouveaux convertis, venant de toutes horizons, et
bénéficiant de cultures diverses.

Contrairement au Catholicisme, qui subit une récession
toujours plus croissante dans sa pratique religieuse en France (64,3 % se
disent catholique mais seulement 4,5 % vont à l’Eglise au moins une fois par
mois, selon un sondage La Croix du 13 août 2006), l’Islam lui progresse de
façon constante (9,5% de la population française toujours d’après la même
étude) et près de 60 % se rendent à la mosquée chaque vendredi, ce qui
montre un réel écart entre l’importance de la pratique religieuse en Islam
par rapport à la religion catholique.

Voici en exemple quelques témoignages d’intellectuels de
tout horizons ayant choisi, en rebours des nombreux préjugés existants, d’adopter
l’Islam comme guidance.

http://www.islamdefrance.fr/main.php?module=articles&id=5&rubrique_menu=39

http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/immigrants-musulmans-en-occident-52179

En 2005, l’Education nationale décide de supprimer le
Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré
(Capes) en langue arabe.

La décision, même circonscrite à l’année en cours, peut
paraître surprenante, étant donné l’importance géopolitique, historique,
culturelle et économique, de cette langue pour la France. Après une
mobilisation des étudiants de l’Institut national des langues et
civilisations orientales (Inalco), l’Education nationale décidera de revenir
sur sa décision.

Pour apprendre l’arabe, reste la communauté ?

Depuis, une forme de fébrilité entoure le renouvellement
de ce certificat, chaque année tributaire d’une autorisation administrative,
à l’instar des langues à faible diffusion (hébreu, portugais, italien,
chinois.) dont on peut légitimement, comme le rappelle Véronique Pugibet de
l’IUFM de Paris, interroger la catégorisation : « Cela pose d’emblée le caractère marginal de certaines
langues au sein de l’institution éducative française et d’autre part, les
enjeux politiques qu’on ne peut passer sous silence. »

En fait, le problème est plus général et concerne
l’enseignement global de la langue arabe en France, dès le collège et le
lycée.

« Concernant l’arabe, on peut s’étonner qu’en France, où
la population arabophone est si importante, on dénombre tellement peu de
jeunes professeurs.

Ceci pose un problème de fond, il existe une demande
sociale pour cette langue, or si l’Education nationale n’offre pas de
réponse institutionnelle, les élèves se tourneront vers les instances
communautaires. »

Le musulman est un alter, certainement pas un ego

Cinq ans plus tard, une toute autre « réforme » est en
discussion. Celle de supprimer un enseignement destiné aux élèves de
seconde, dans la section histoire.

« La Méditerranée au XIIe siècle : carrefour des
civilisations » est le troisième chapitre du programme d’histoire de
seconde. Il traite des « espaces de l’Occident chrétien, de l’Empire
byzantin et du monde musulman » et des « différents contacts entre ces trois
civilisations : guerres, échanges commerciaux, influences ».

La rencontre entre le monde musulman et l’Europe, chapitre
de l’histoire ô combien important en ce nouveau millénaire inscrit sous le
signe du fer, pourrait être supprimée.

Cette fois-ci, la nouvelle modification concerne
directement le travail des enseignants, qui ont vu dans cette nouvelle
ingérence du gouvernement, la manifestation évidente d’un « 
européo-centrisme ». Ils n’hésiteront pas à monter au créneau, pour la
dénoncer.

Cette décision est passée d’autant plus « discrètement »,
qu’elle est intervenue au beau milieu du débat sur l’identité nationale, mis
en place par Eric Besson, décidé par Nicolas Sarkozy. Un débat, qui du début
à la fin, se sera focalisé sur l’Islam, sa pratique religieuse et sa
communauté de fidèles, des sujets délibérément accolés à la problématique
plus large de l’immigration.

Les musulmans peuvent-ils être Français ?

De la manière dont il fut posé, ce débat fut un large
signal envoyé à la nation pour lui susurrer subrepticement, au coin de
l’oreille, cette épineuse question : les musulmans peuvent-ils être Français
 ? Ouvrons donc la boîte de Pandore.

La France, vieux pays latin, lointain héritier d’une
culture romaine, autoritaire, violente et hiérarchisée, a des problèmes avec
ses minorités. Cela ne date pas d’hier. Cathares, protestants et juifs sont
passés par là. Les musulmans ne feront pas exception à cette tradition
historique.

Et pour cause. Il y a quelques mois, les « Français »
découvraient en se rendant dans leurs commissariats ou au sein de leurs
mairies, une nouvelle surprenante. Ils croyaient être Français, mais rien,
en fait, ne le prouvait ! Après tout, à « l’exception » de leur carte
d’identité, délivrées par les autorités publiques, aucune preuve n’attestait
de cette appartenance à la nation.

Charge à eux de l’établir. Evidemment, les prénoms à
connotations extra-européennes se sont retrouvés en première ligne, et les
dossiers au tribunal d’instance, ont commencé à s’entasser. L’identité de
pans entiers de la population, retrouvée, comme qui dirait, clouée aux pieds
d’une décision.

Pour l’observateur averti, tous ces faits, toutes ces
mesures administratives, toutes ces décisions politiques, sont liées. Elles
forment un faisceau convergent et les contours d’une nouvelle politique de
l’Etat qui n’est finalement que la reprise, et la reformulation interne au
champ démocratique, d’une vieille lutte idéologique telle qu’elle fut
théorisée en 1960 par le penseur algérien Malek Bennabi dans « La Lutte
idéologique ».

La future élite musulmane

Depuis les années 1990, avec l’émergence d’une génération
de musulmans français de plus en plus visible sur l’espace social, la
possibilité d’une ascension socio-économique et son corollaire immédiat, la
constitution d’une élite musulmane en France, est clairement posée.

Certes, aujourd’hui encore, la position sociale
majoritaire de ces citoyens est plutôt située vers le bas. La « France d’en
bas », chère à Raffarin, et pour certains, la France du sous-sol. Mais
l’histoire évolue vite, et depuis deux décennies, a tendance à s’accélérer.

Cette seule éventualité, à court terme, semble avoir donné
des frissons à nos décideurs politiques. Une élite arabo-musulmane en
France, voire en Europe, modifierait la ligne idéologique de sa politique
internationale, tout en atlantisme, depuis son retour dans le giron de
l’Otan.

Les visées de l’Empire pourraient en pâtir et modifier
l’ordre du triumvirat international (Etats-unis, Europe et Chine). La
nouvelle diplomatie chinoise, en Afrique notamment, illustre brillamment ces
enjeux.

Par ailleurs, les prospectives démographiques ne sont pas
pour rassurer ces mêmes décideurs, en dépit du fait qu’elles finissent
toujours par s’aligner sur les tendances endogènes, et se stabiliser.
Désormais, en Europe, et particulièrement en France, il existe à nouveau une
question musulmane, comme il existait une question juive !

Nicolas Sarkozy, disciple de Karl Marx

Et sur ce terrain délicat qui sollicite des équilibres
socio-culturels et identitaires profonds, la stratégie du gouvernement est,
pour le moins, peu orthodoxe. Nicolas Sarkozy, le chantre du libéralisme
mondialiste, déterre une vieille thèse marxiste, qu’on retrouve dans un
texte de jeunesse du jeune Marx, intitulé « Critique de la philosophie du
droit de Hegel » : « Pour que la révolution d’un peuple et l’émancipation
d’une classe particulière de la société bourgeoise coïncident, pour qu’une
classe représente toute la société, il faut, au contraire, que tous les
vices de la société soient concentrés dans une autre classe, qu’une classe
déterminée soit la classe du scandale général, la personnification de la
barrière générale ; il faut qu’une sphère sociale particulière passe pour le
crime notoire de toute la société, si bien qu’en s’émancipant de cette
sphère on réalise l’émancipation générale. »

Un théorème de Marx, brillamment mis au service d’une
autre révolution, conservatrice et néo-libérale, plus connue sous
l’appellation de néo-conservatisme, qui fait peser tout le poids du système
économique sur les classes sociales les plus fragiles, et les dressent
habilement les unes contre les autres, sur fond de conflit identitaire. Un
redoutable contre-feu social.

http://www.rue89.com/2010/05/03/les-nouveaux-avatars-de-la-lutte-ideologique-contre-les-musulmans-149758?page=1

En douceur.

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