Sophie Scholl.

Elle a été chantée sous tous les cieux...

Lundi 9 novembre 2009, par Rodolphe Clauteaux // L’Histoire

Pas un chant sur la terre où elle ne soit pas portée aux nues...

Chants épiques des temps les plus anciens, chants révolutionnaires...

La « femme » est de toutes les chansons !

Un chanteur de chez « nous » en a fait notre avenir...

Il est vrai qu’il chantait aussi la gloire d’Aragon qui composait des hymnes à Staline...

Mais ne chipotons pas ! Notre ami Rodolphe Clauteaux, plume autant acide que tendre, au « service » de « L’Itinérant » apporte sa contribution...

« La femme allemande, ou la femme... »

Portemont, le 29 octobre 2009

La femme allemande, ou la femme…

Ma mère… et je vous prie de bien vouloir m’excuser de commencer cet édito de cette manière si personnelle… ma mère, donc, du peu que je sus d’elle, par sa voix, sur “Là-Bas”, c’est-à-dire sur sa “vie” dans les différents camps de concentration où elle fut internée durant la dernière guerre, me disait que les Allemandes, « c’était tout bon ou tout mauvais ! »


Bergen Belsen


Le commandant Josef Kramer avec Irma Gresse (gardienne SS)

Je sus, par petits bouts, de la cruauté de certaines “souris grises”, auxiliaires de la Gestapo. Je sus également… mais comment “savoir” des choses de cette nature lorsqu’on est un enfant… mon imaginaire accompagnait ces révélations, si rares et donc si mystérieuses, d’images invraisemblables !… Je sus également, donc, que lors du fameux bombardement de la ville de Dresde, une certaine Bella, gardienne rigide, obtuse, sans pitié, voire même cruelle jusqu’à l’instant des premières bombes anglaises incendiant la prison… avait couru sous la mitraille ouvrir aux prisonnières les portes de leurs cellules afin qu’elles aillent se réfugier dans les tranchées creusées dans la cour et réservées au personnel… Bella en était morte !

Je sus, par petits bouts, de la pitié de certaines mères de famille qui, passant devant un soupirail au fond duquel moisissaient les rescapées de la prison de Dresde, jetaient chaque jour de petits bouts de chocolat ou de pain, à ces affamées de dessous la terre.

J’ai vu, j’étais adulte, père de famille, un grand lycée international français, celui de Saint-Germain-en-Laye, dont la vie interne intense dépendait, il y a une dizaine d’années, des mères allemandes. L’harmonie, la douceur de vivre, la paix tant nécessaire à de bonnes études, y régnait.

Je sus également, lors d’une conférence, que l’Allemagne ne serait plus jamais celle que nos parents, nos grands-parents, nos arrière-arrière-grands-parents avaient connue. Car la femme allemande avait pris, silencieusement, mystérieusement, doucement, le pouvoir. Se dédiant à apporter la paix et la grâce de vivre, au monde, celui des hommes, à leur famille, à l’Allemagne, à l’Europe… « Les hommes de notre pays ont suffisamment fait de bêtises comme ça, à nous de les aider à ne pas recommencer. »

Je veux bien le croire.

Comme je veux bien croire que si Homme, s’écrit en hébreu IyCH, et Femme ICHaH’, le “iod” (“y”) du mot “homme”, et le “he” (“aH’”), du mot “femme”, sont le commencement et la fin du mot “Dieu” en hébreu…
Y. W. eH…

Comme je veux bien croire ce que dit le Talmud, que « L’homme sans la femme obscurcit l’image de Dieu »…


Sophie Scholl

Comme je veux bien croire que le sacrifice de Sophie Scholl, torturée par la Gestapo, décapitée le 22 février 1943, a l’âge de 22 ans… elle avait, avec des amis étudiants, fondé la Rose Blanche, die Weiße Rose, un mouvement de résistance à l’infâme, en l’occurrence, à Hitler… que cette martyre a silencieusement, mystérieusement, doucement, inspiré celles qui allaient, une fois la paix revenue, également, « résister à l’infâme ». Ces femmes allemandes qui, imitées silencieusement, mystérieusement, doucement, tendrement, par les femmes d’Europe, sont un peu à l’image de la femme de demain. Celle qui montre au monde un autre chemin, un chemin selon les mots mêmes du derniers tracts de la Rose Blanche, où « naît une foi nouvelle, la foi à l’honneur et à la liberté. »

Et comme je veux bien croire Heidegger, lorsqu’il dit que « chaque époque n’a qu’UNE chose à penser… »

Et que LA chose à penser de notre époque, est l’insaisissable différence qu’il y a entre l’homme et la femme. Ainsi que l’immense rôle qu’elle n’a pas encore pu jouer sur l’immense scène du monde.

Un rôle qu’il faut qu’elle joue avant qu’il ne soit trop tard.

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