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Son Altesse Royale le Prince Rainier III de Monaco.

Jeudi 23 février 2006, par Paul Vaurs // L’Histoire

On a prétendu que c’était le plus long règne européen. C’est avoir la mémoire bien courte, puisque, aux XIX° et XX° siècles, Victoria s’est trouvée à la tête du Royaume-Uni de 1837 à 1901, pendant 64 ans, et que François-Joseph a présidé aux destinées de l’Autriche de 1848 à 1916, pendant 68 ans, les­quels restaient distancés par notre Roi Louis XIV qui, avec ses 72 ans de 1643 à 1715, conserve le record continental. Cela dit, les 56 ans du prince de Monaco (1949-2065) ne sont certaine­ment pas près d’être égalés, même si l’un de ses aînés l’avait dépassé au Japon, où Hirohito est demeuré sur le trône de 1926 à 1989, soit 63 ans.

Le prince Rainier, c’était à la fois une dynastie, une famille et une personnalité. Là aussi, on exagère quelque peu en parlant de « la plus ancienne dynastie régnante », du fait quelle remonte à 1297 d’autres souverains européens peuvent égale­ment afficher une très longue ascendance et les Grimaldi ont dû, à plusieurs reprises, officia­liser des situations un peu com­pliquées. La mère de Rainier, la princesse Charlotte (1898-1977 ), n’était à l’origine que le fruit des amours de Louis Il (1870-1949) avec une blanchis­seuse de son régiment en Algérie qu’il épousera avant d’en divorcer, le comte Pierre de Polignac (1895-1964) et qui renoncera à ses droits en 1944.

La succession dynastique repose sur la préférence accor­dée aux mâles, les filles n’inter­venant que par défaut ; ainsi, Caroline, née avant Albert, et ses enfants pourraient accéder au trône si le nouveau souverain n’avait pas d’enfants. En fait, il faut remonter à 1731 pour trou­ver une princesse régnante.

Il est également possible de procéder par adoption. De toute manière, depuis le traité de 1918, il convient d’avoir l’accord de la France. Rainier III, c’était également la famille qu’il avait fondée. Le play-boy supposé terne avait épousé en 1956 l’une des plus talentueuses interprètes d’Hitchcock, qu’il avait rencontré l’année précédente lors­qu’elle était venue présenter La main au collet. Grace Kelly, devenue la princesseGrace, deviendra non seulement une souveraine de charme, Fran­çois Mitterrand, qui représen­tait la France au mariage, y res­tera sensible, mais une épouse et une mère modèle, jusqu’au tragique accident de voiture du 14 septembre 1982.

La médiatisation de la famille n’a depuis pas cessé même si, très recherchée à l’origine pour promouvoir l’image de la princi­pauté, elle a ensuite donné lieu à de multiples procès.

Enfin, Rainier était aussi une personnalité. Cet homme qui avait eu une belle conduite pen­dant la campagne d’Alsace de 1944-1945 s’est révélé un vérita­ble dirigeant aussi bien poli­tique qu’économique. Capable d’éliminer Aristote Onassis de la toute-puissante Société des bains de mer, il n’a pas hésité à tenir tête à plusieurs présidents français, notamment Charles de Gaulle, qui n’était pas loin de voir dans la princesse Grace le cheval de Troie des Etats-Unis ! et Jacques Chirac. Ceux-ci n’ont en effet pas pris beaucoup de gants avec la principauté lorsque ont surgi des conten­tieux, et c’est cela que n’a jamais pu supporter le prince.

C’est lui qui a donné à Monaco sa prospérité. Sa forme moderne était apparue au XIX° siècle, lorsque Charles III avait conclu une union douanière avec la France, vendu à celle-ci Menton et Roquebrune, obtenu le départ des troupes piémontaises, ouvert le casino et supprimé les impôts directs. Rainier III, lui agit en chef d’entreprise, atti­rant l’argent sur le Rocher. Aujourd’hui, on y compte 45 banques et 360.000 comptes avec 64 milliards d’euros de dépôts, sans oublier une ving­taine de sociétés de gestion de portefeuille. 80% des 2.000 chambres d’hôtel sont des qua­tre étoiles. Tout cela pour une population résidente de 32.000 personnes, dont seulement 6 .000 jouissent de la citoyenneté monégasque, vivant sur un peu plus de 2km 2, qui comprennent les 0,34 gagnés sur la mer du côté de Fontvieille.

Bien entendu, après la mafia ita­lienne hier, on parle aujourd’hui de la russe.

Pour renforcer sa position internationale, alors que la France est chargée de garantir son « intégrité » Rainier a fait entrer Monaco à l’Onu, en 1993 et au Conseil de l’Europe en 2004. Du coup, des dispositions ont été arrêtées contre le blan­chiment d’argent et la haute fonction publique n’est théoriquement plus réservée aux seuls Français. Mais son chef d’Etat est toujours « par la grave de Dieu prince souverain de Monaco. »

L’Europe compte maintenant un deuxième Albert II, après celui des Belges. Celui qui a si longtemps, selon la terminolo­gie en vogue sur le Rocher, le « prince héréditaire » va devoir maintenant affirmer sa position en fait, très discrètement, il a déjà marqué sa différence.

Peut-être qu’un de ses premiers objectifs consistera à se marier. Espérons ! pour l’avenir de la Principauté.

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