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Socialistes - Et pourquoi pas l’audace ?

Vendredi 1er juillet 2011, par Sylvie FERNOY // La France

Quel serait le comble de l’audace pour un dirigeant du Parti socialiste ? Redevenir socialiste ! Certains caressent cette idée, qui ne manque pas de pertinence...

Rue de Solferino, on a été soulagé de voir la faiblesse du mouvement français des Indignés et son évanouissement rapide... et provisoire. Ouf ! Tout le monde va pouvoir se consacrer aux primaires. Ce qui est déjà compliqué parce que la cérémonie d’intronisation de Dominique Strauss-Kahn doit être remplacée par une vraie consultation du peuple de gauche. Si, en plus, ils avaient à se coltiner des dizaines de milliers de manifestants en colère, avant-garde d’un peuple qui en a marre de l’ultra-libéralisme, je vous laisse imaginer l’angoisse des aubrystes et des hollandiens, des cambadéliciens et des moscovicistes - sans oublier les adorateurs de Terra Nova, qui forment un courant transclientèle !

Mais nous avons eu un avant-goût de l’embarras de la gauche oligarchique face aux mouvements sociaux et politiques qui agitent l’Espagne, le Portugal et la Grèce. Ah ! la bonne Martine Aubry ! Elle comprend la désespérance du peuple espagnol, elle évoque avec componction la dissidence politique et sociale qui commence à s’éveiller en Grèce mais sans dire ce qui se voit comme le Parthénon à Athènes : le mouvement social espagnol conteste radicalement les recettes ultra-libérales de José Luis Zapatero, dont le parti a subi une cinglante défaite aux élections locales du 22 mai ; le mouvement social grec conteste radicalement les recettes ultra-libérales du gouvernement socialiste grec : le mouvement social portugais conteste radicalement les recettes ultra-libérales des socialistes portugais, qui ont été battus aux élections législatives du 5 juin. Dès lors, que peuvent faire les hiérarques socialistes ? Trois solutions sont actuellement esquissées :

  1. l’attitude compréhensive : on entend les plaintes des agonisants grecs et espagnols, on pleure des larmes de crocodile, on se bouche les oreilles pour ne pas entendre les noms d’oiseaux attribués à Zapatero et Papandréou et on continue de vanter les charmes du programme des socialistes français comme si l’euro n’était pas en crise terminale ;
  2. le chantage : on reconnaît que Zapatero, Papandréou et Socrates ont mal joué mais on lance du matin au soir des avertissements solennels : si vous critiquez le PS, vous faites le jeu de Marine Le Pen qui dénonce l’UMPS, donc vous êtes complice de Nicolas Sarkozy qui sera réélu contre la présidente du Front national si le candidat socialiste est éliminé comme Jospin le fut. Il faut donc voter pour le candidat de la droite du PS pour battre la droite : c’est l’argument qui va être seriné pendant des mois.
  3. Si le chantage est efficace, le président et sa majorité socialiste s’écrieront que les caissessont vides et imposeront un plan d’austérité qui, à la différence des mesures de droite, sera accompagnée du discours sur le care, d’exhortations au sacrifice et de mesures relevant de l’infirmerie sociale ;
  4. le socialisme : c’est une tendance très minoritaire pour le moment qui consiste à lutter’ contre la globalisation ultra-libérale. Ainsi Jean-Philippe Huelin qui pense que la solution pourrait venir d’une « Révolution interne à la social-démocratie européenne. On attendrait d’elle qu’elle invente un socialisme de transformation qui lui permette de gagner un soutien populaire dans la durée. On voudrait voir l’Internationale socialiste décréter une sorte d’état d’urgence idéologique, s’ouvrir à toutes les tendances progressistes et tenir des Etats généraux du renouveau ».

Nous aussi on aimerait. Point n’est besoin d’être socialiste ni de gauche pour participer à un débat sur les nationalisations et la planification démocratique, par exemple. Surtout, ce travail de refondation permettrait de donner des objectifs aux mouvements sociaux dans toute l’Union européenne.

Jean-Philippe Huelin écrit que cette refondation du socialisme n’est aujourd’hui qu’un songe. Mais demain ?

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