Socialiste : Fin de parti ?

Dimanche 28 août 2011 // La France

Ils seront finalement six mais l’un d’entre eux n’est pas socialiste Jean-Michel Baylet, radical de gauche et les médias en ont choisi deux sur la foi des sondages. De fait, Ségolène Royal n’occupe plus le devant de la scène et Manuel Valls comme Arnaud Montebourg ne joueront que sur les marges le premier à l’aile droite, le second à l’aile gauche sur le thème de la « démondialisation ».

Martine Aubry et François Hollande sont donc en tête et les sondeurs tentent de nous tenir en haleine en publiant régulièrement les résultats d’enquêtes qui ne sont pas nécessairement d’une grande fiabilité. Avanéles primaires des Verts, un sondage donnait Nicolas Hulot en tête alors que les électeurs sympathisants étaient minoritaires parmi les personnes interrogées. Comme tous les Français peuvent participer aux primaires socialistes, il est difficile de faire le tri entre les intentions de vote des adhérents et des sympathisants socialistes et les calculs de citoyens d’opinions diverses qui entreront peut-être dans le jeu pour tenter d’éliminer un candidat trop fort ou pour marquer une préférence intellectuelle : par exemple des protectionnistes de droite pourraient aller voter en faveur d’Arnaud Montebourg.

La question récurrente des sondages montre que les primaires socialistes ne répondent pas aux espoirs mis dans cette procédure. Nous avons une fois de plus une bataille de pourcentages sur deux vedettes qui se distinguent surtout par leur stratégie de communication. Le 13 juillet, Martine Aubry et François Hollande ont présenté à la presse leurs équipes respectives et les commentateurs ont surtout souligné la différence de style : Martine Aubry a mobilisé des vedettes (Sandrine Bonnaire) et des personnalités connues (Axel Kahn) alors que les partisans déclarés de François Hollande sont tous dés responsables politiques notamment des proches de Dominique Strauss-Kahn comme Pierre Moscovici qui a été nommé coordinateur de la campagne.

Ces détails ne sont pas sans importance mais le fait est que la présentation de ces équipes a été faite le jour où cinq soldats français étaient tués en Afghanistan tandis que de nouveaux nuages venaient assombrir l’avenir de la zone euro. Or, sur ces deux questions cruciales, la réaction publique de Martine Aubry et de François Hollande était inaudible.

Ces primaires entraînent une dépolitisation du Parti. Cela prive tout simplement les adhérents socialistes du choix de leur candidat. Noyés dans le peuple de gauche, ou supposé tel,-ils ne seront plus que les rouages d’une machine électorale qui avait déjà cessé d’être un parti de militants : depuis plus de vingt ans, le Parti socialiste est un parti d’élus et de fonctionnaires travaillant pour ces élus.

Dans cette machine à élire un candidat de gauche, certains veulent s’affranchir de l’électorat traditionnel et se faire les porte-parole de groupes sociaux dynamiques et bien intégrés dans la société (les jeunes, les diplômés...) plutôt que des ouvriers. La vieille organisation socialiste, héritière de Jean Jaurès et de Léon Blum, évoluerait donc vers un parti démocrate à l’américaine, mais sans doute moins rapidement que si Dominique Strauss-Kahn avait été candidat à la présidentielle. Le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon profitera peut-être de cette évolution vers le centre-gauche ce qui pourrait mettre en péril le candidat socialiste lors du premier tour de l’élection présidentielle.

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