Si De Gaulle revenait et s’il voyait tous ces partis et cette chienlit ?

Samedi 31 décembre 2011 // La France

Plusieurs partis politiques ont d’ores et déjà annoncé des programmes de gouvernement détaillés pour l’après 2012, le parti socialiste, Vert Écologie et le Front national. L’UMP n’ayant pas de candidat officiellement déclaré n’a pas fait l’annonce officielle de son projet.

Ce qui frappe, c’est le décalage entre l’attente des Français et les annonces faites par les divers mouvements.

En effet, l’attente de sécurité demeure une priorité absolue des habitants de ce pays, au même titre que l’emploi ou le pouvoir d’achat. L’insécurité est omniprésente dans la vie quotidienne : succession de faits divers absolument monstrueux, persistance de la délinquance, cambriolages, vols avec violence et agressions physiques. Les Français ne supportent pas le climat de chaos et d’anarchie qu’engendrent la violence et la criminalité. L’insécurité ne se traduit pas seulement par des chiffres, auxquels on peut faire dire ce que l’on veut, mais par le constat d’une montée de la barbarie dans la vie de tous les jours, que rien ne semble pouvoir enrayer.

PAUVRETÉ DES PROGRAMMES

Face à ce phénomène, les programmes de tous les partis sont étrangement pauvres, vides de sens et de propositions réalistes, dans une campagne dominée par les questions économiques et financières.

Les socialistes se contentent d’annoncer le recrutement de 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires et de recréer la police de proximité. Accroître fortement les effectifs ne sert strictement à rien si les forces de l’ordre ne disposent pas de moyens, de pouvoirs supplémentaires pour combattre la délinquance. Cette solution augmentera le fardeau des déficits et de la dette publique mais elle n’aura pas une once d’efficacité sur le terrain. Le Front national propose quant à lui de « rétablir la peine de mort » et tout un saupoudrage de déclarations d’intention (« tolérance zéro pour la délinquance en milieu scolaire ») et de mesures dont on voit mal l’intérêt, comme le retour de la gendarmerie au ministère de la défense. Les verts-écologistes nagent dans le pur angélisme en axant leur projet sur une « meilleure réinsertion pour les détenus ».

COMMUNICATION, AFFICHAGE, IDÉOLOGIE

Bref, pour l’instant, on ne voit rien apparaître de sérieux dans les différents programmes qui soit à la hauteur de l’enjeu. On est dans la communication, l’affichage, l’idéologie. Rétablir la peine de mort, par exemple, ce qui nécessiterait un chantier juridique colossal (modifier la Constitution, dénoncer la Convention européenne des droits de l’homme), ne dissuadera jamais le voyou de quartier de racketter un enfant devant son collège, de bousculer une personne âgée pour lui voler ses économies, de brûler des voitures, de braquer un commercé, de violer et de torturer, etc.

INSUFFISANCE DES RÉPONSES JUDICIAIRES

Le fond du malaise sur la sécurité tient, chacun le sent bien, à l’insuffisance des réponses judiciaires contre la délinquance quotidienne et du nombre de places en prison. Les policiers vivent tous les jours des situations invraisemblables où de véritables bourreaux, brutes mufti récidivistes - jusqu’à 50 fois réitérants - sont relâchés dans la nature après avoir frappé, volé, terrorisé, persécuté et qui se retrouvent ainsi en toute liberté après avoir été interpellés, libres de revenir narguer et menacer leurs victimes et les forces de l’ordre.

REFONDRE L’ENSEMBLE DES LOIS ET DES TEXTES

La magistrature judiciaire est composée en majorité de gens honnêtes, compétents, et soucieux de bien faire, mais dont la formation, l’état d’esprit, les affinités idéologiques conduisent à privilégier systématiquement la réinsertion sociale des voyous sur la sanction et la dissuasion de leurs actes. On en sortira que par une refonte profonde, radicale du système pénal. Et d’abord, il est urgent de réformer le mode de recrutement des magistrats en privilégiant l’entrée dans la profession de personnes expérimentées, ayant vécu ces questions sur le terrain, voire ayant elles-mêmes souffert de la criminalité et de la délinquance : policiers, gendarmes, responsables associatifs ayant servi dans les quartiers et en quête d’une deuxième carrière.

Puisque des places en prison sont nécessaires, il faut en créer, passer de 50 000 à 100 000, cela coûtera cher, mais bien moins que de nouveaux fonctionnaires à vie... Et puis refondre l’ensemble des lois et des textes : le régime pénal spécifique des mineurs n’a plus de sens quand un quart des violences sont commises par des moins de dix-huit ans. Le principe de la responsabilité des juges et notamment des juges d’application des peines quand ils procèdent à une libération anticipée doit être posé une fois pour toute. Il faut que toutes les peines soient appliquées et les remises de peine réduites ou supprimées. Bref, chaque fois que les policiers arrêtent un malfaiteur, il faut que celui-ci soit mis hors d’état de nuire et sévèrement châtié, à la hauteur de l’infraction commise. Ces quelques idées n’épuisent évidemment pas le sujet mais elles correspondent à ce que l’on est en droit d’attendre d’un programme de gouvernement : des mesures réalistes et ambitieuses.

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