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Sétif : enquête sur un massacre.

Samedi 4 août 2007, par Paul Vaurs // L’Histoire

À Sétif, le 8mai 1945, une manifestation tourne à l’émeute des Européens est tués. La répression sera terrible. L’événement reste méconnu et ses causes font débat entre les historiens. Tandis qu’aujourd’hui encore la France et l’Algérie s’opposent sur le bilan des victimes. Que s’est-il vraiment passé

Le 8mai 1945, alors que la France célèbre la victoire des Alliés sur l’A1lemagne nazie, une tentative d’insurrection défie le pouvoir colonial en Algérie. Depuis 1944, la perspective de la victoire alliée a accrédité un peu partout la thèse d’un renversement de l’ordre colonial, encouragé par la puissance américaine et par le message libérateur de la charte de l’Atlantique est perceptible en Algérie.

Ferhat Ahbas a créé en mars 1944 les Amis du manifeste et de la liberté (AML), sorte de front ouvert à tous les courants de l’opposition anticolonialiste qui revendiquent la reconnaissance d’une nation algérienne et d’une République autonome fédérée à la République française. L’organisation fait la part belle aux partisans de l’indépendance totale et immédiate, regroupés au sein du Parti du peuple algérien (PPA) de Messali Hadj, clandestin depuis 1939 et particulièrement actif dans le Constantinois, département traditionnellement rebelle à la colonisation française.

En mars 1945, le congrès des Amis du manifeste de la liberté, qui se tient à Ager,voit le triomphe des thèses extrémistes et désigne Messali comme le « leader incontesté du peuple algérien Dans un climat d’extrême tension, le secrétaire général Gazagne, puis le gouverneur général Chataigneau le font transférer dans le Safara, puis à Brazzaville. Divers incidents éclatent à Alger notamment le 1er mai.

Le 8 mai, jour de la capitulation allemande, alors que partout ailleurs la plupart des cortèges officiels se déploient sans incidents à Sétif, la manifestation dégénère au moment où la police tente de s’emparer des bande- arborés par certains manifestants. Une fusillade éclate, dont l’origine reste controversée. Des manifestants se ruent alors sur les Européens, faisant 29 morts et des dizaines de blessés. De violents incidents, ont lieu, l’après-midi même à Bône, puis à Guelma. L’insurrection s’étend ensuite aux campagnes, autour de Sétif jusqu’à la mer, et le lendemain autour de Guelma. La répression est terrible : supervisée par le général Duval, commandant de la division de Constantine, une reprise en main militaire de grande envergure est ordonnée, avec ratissage des zones insurgées, arrestations en masse, et souvent, exécution des suspects, bombardements aériens et navals, à laquelle s’ajoutent les représailles opérées par des milices européennes constituées notamment par André Achiary, alors sous-préfet de Guelma.

Le bilan officiel des opérations de répression, fixé arbitrairement à un maximum de 1 500 morts, suscite incrédulité. Des estimations officieuses donnent des chiffres beaucoup plus élevés (5 000 ou 6 000, de 6 000 à 8 000, ou encore de 15 000 à 20 000..) La répression à Guelma, dirigée par le sous-préfet Achiary. a été particulièrement meurtrière. Le bruit court que des centaines de personnes ont été arrêtées sans raisons sérieuses et fusillées par des miliciens pendant plusieurs semaines.

L’enquête sur la répression féroce qui a suivi les manifestations, menée peu après les évènements par Marcel Reggui, un Tunisien converti au catholicisme et établi à Guelma, elle a coûté la vie à trois membres de sa famille, en donne une idée effrayante. Mais si elle dénonce courageusement les responsabilités du sous- préfet Achiary ( lui seul a déclenché puis entretenu par ses exigences la plus impitoyable répression que l’Algérie ai jamais connut) et du préfet de Constantine Lestrade-Carbonnel, qui accepta de faire disparaître les cadavres des victimes dans des four à chaux, elle ne fournit pas une explication convaincante des faits en reprenant à son compte la thèse communiste du « complot colonialiste ».

Si le déroulement des journées de mal 1945 semble assez bien connu, leur point de départ — une insurrection préparée par les nationalistes algériens, un mouvement spontané, ou encore une provocation colonialiste ? — ainsi que le bilan de la répression continuent à poser problème. Les débats parlementaires de l’Assemblée consultative provisoire, en juillet 1945, puis ceux de l’Assemblée nationale, en février 1946, ont apporté de précieuses informations sans élucider toutes les questions. Quant aux archives de la répression, elles sont restées inaccessibles jusqu’à la fin des années 1990, date à laquelle elles ont fait l’objet d’une première publication partielle dirigée par l’historien Jean-Charles Jauffret.

La révolte gronde dans le Constantinois.

Annie Rey-Goldzeiguer a retracé en 2002 les origines de la guerre d’Algérie pendant la Seconde Guerre mondiale, mais Jean-Louis Planche est le premier historien qui ait mené sur le sujet une enquête historique complète, à partir d’un minutieux travail dans les archives publiques et d’entretiens avec les acteurs et les témoins du drame, algériens et français. Les causes des événements d’abord. A l’époque, socialistes et communistes, en Algérie comme en métropole, y voyaient le fruit d’un complot ou d’une provocation colonialiste, C’était apparemment aussi la conviction du gouverneur général de l’Algérie, le socialiste Yves Chataigneau, qui faisait desmassacres le résultat d’un « complot préparé avec soin » ;mais il mettait lui en cause un complot nationaliste.

Jean-Louis Planche reprend l’hypothèse du complot. Mais, tirant argument du fait que « les victimes massacrées ( par la répression ) étaient inoffensives », il analyse la répression de mai 1945 comme « une folie meurtrière dc masse », qui « pourrait être inscrite dans une logique de terreur ». Il met aussi en cause la « par de responsabilité du régime de Vichy », dont la politique raciste aurait « exaspéré des tensions raciales qui auraient survécu au rétablissement de la république ». En conclusion, pour Jean-Louis Planche, le « massacre annoncé » de Sétif relève du phénomène pathologique « une psychose colonialiste où la frousse se mêlait à la haine », selon le mot d’un témoin.

Mais la répression se serait-elle abattue sans raison aucune ? Ce serait faire peu de cas de l’hypothèse d’une Insurrection nationaliste algérienne, voire d’un projet ou d’un rêve d’insurrection, à laquelle curieusement l’ouvrage de Jean-Louis Planche ne s’arrête pas. Celle-ci s’était pourtant imposée depuis longtemps aux principaux historiens, aussi bien français qu’algériens. Dès 1952, Charles-André Julien, dans son Afrique du Nord en marche, jugeait suspecte l’attitude des nationalistes algériens qui dénonçaient à juste titre la férocité de la répression coloniale, mais oubliaient de citer les victimes européennes de l’insurrection à Sétif et aux alentours « Si le PPA n’y fut pour rien,pourquoi donc le cacher ? Et comment peut-on ajouter foi à une propagande qui fausse la réalité au point d’omettre entièrement un événement d’une exceptionnelle gravité  ? « 

Ces Européens, Jean-Louis Planche en reconnaît bien le sort injuste « Trop lents, trop naïfs ou trop incrédules pour s’abriter d’une foule lancée dans une fuite aveugle, ils sont morts des s’être trouvés là.  » Il rappelle aussi l’horreur des blessures infligées par « le revolver, le couteau et le bâton gourdin « . Il s’inscrit donc en faux contre la thèse algérienne d’une manifestation pacifique menée par des Algériens désarmés. L’idée d’une insurrection armée circulait bien au sein du Parti du peuple algérien depuis le début de la Seconde Guerre mondiale. L’historien algérien Mahfoud Kaddache a montré qu’une fraction du PPA, le Comité d’action révolutionnaire nord-africain (Cama), exclue en 1939 parce qu’elle recherchait l’appui des Allemands en vue d’une insurrection, y avait été réintégrée en 1943.

Quant à l’historien Mohamed Harbi, ancien militant du FLN, il a signalé que « l’idée d’une insurrection avait été soumise avant mai 1945 à Messali par le docteur Lamine et Asselah. Le 14 avril 1945, les responsables du PPA en discutent à Constantine lors du cinquième anniversaire de la mort du cheik Ben Badis. Hadj Cherchali et Mostefaï s’opposent à une insurrection. Mais la préparation psychologique des populations à une intervention armée est entreprise à travers tout le pays.

Le vrai bilan.

Si les victimes européennes des 8 et 9 mai l945ont été comptabilisées (102 morts, 110 blessés et 10 femmes violées), le nombre exact des victimes algériennes de la répression ne sera certainement jamais connu. Le chiffre de 45 000 morts avancé par la propagande officielle de l’État algérien ne repose sur rien. Quant à celui de 1 500 morts fourni par le ministre de l’intérieur de l’époque, Adrien Tixier, il est vraisemblablement inférieur à la réalité. L’historien en est réduit à parler de « milliers de morts ».

Mohammed Harbi avance aussi que, quelques jours avant le 19 avril 1945, Messali Hadj aurait reçu dans sa résidence forcée de Reibell, sur les hauts plateaux du Sud algérois, « la visite de Hocine Asselah et du docteur Lamine Debaghine, qui l’ont entretenu d’un projet d’insurrection auquel il a donné son accord. Bennaï Ouaï était chargé de son évasion. Un gouvernement algérien devait être proclamé et la ferme des Maïza, près de Sétif lui servir de siège. Le scénario ne se déroula pas comme prévu. Messali est interrogé par la police et transporté à El Goléa. »
Annie Rey-Goldzeiguer, d’abord sceptique, s’est également ralliée à cette version des faits : « Le soir du 16 avril 1945, Messali équipé de « grosses chaussures et d’un burnous » prend donc congé de sa fille et de sa famille, pour disparaître avec une escorte de fidèles. Il reviendra le lendemain épuisé, effondré. Il n’a trouvé ni équipement, ni armes, ni maquisards entraînés. Certains souvenirs de sa fille Djenina, alors enfant, permettent d’authentifier les faits.  »

Alors que s’est-il passé en mai 1945 ? D’après Mohammed Harbi, les colons, avertis de l’insurrection qui se préparait, auraient devancé le PPA et déchaîné une violence préventive. « L’interprétation la plus appropriée de ces événements est celle de P Muselli, qui, à l’Assemblée consultative provisoire (séance du 10juillet 1945), déclarait : « Il est prouvé que tout le système de l’insurrection étendait sa toile sur l’Algérie entière. Si cette insurrection n’a pas été générale, c’est parce qu’elle a été prématurée et que l’incident de Sétif, qui est à l’origine des événements, a éclaté inopinément.  » Ce faisant, Mohammed Harbi donne raison à l’un des porte-parole de la thèse colonialiste — les événements de Sétif sont la conséquence du projet d’insurrection algérienne —contre la thèse socialo-communiste.

Charles-Robert Ageron a rappelé à ce propos « qu’en histoire de la décolonisation toute insurrection manquée s’appelle une provocation, toute insurrection réussie, une révolution. « Un historien se contentera de noter impartialement que la tentative avortée en mai 1945 devait servir de répétition générale à l’insurrection victorieuse de la révolution de 1954-1962 ». Il paraît donc aujourd’hui bien établi qu’un projet d’insurrection nationale existait en mai 1945. Mais il est aussi généralement reconnu qu’aucune action n’était prévue pour le 8 mai précisément, du fait de l’absence de Messali Hadj, exilé au Sahara puis au Congo. Un ordre d’insurrection a bien été donné par la direction du PPA pour la nuit du 22 au 23 mai, puis annulé in extremis, mais il n’était qu’une vaine tentative de faire diversion à la répression.

Pour autant, aux yeux des responsables français, ce plan d’insurrection devait exister, De même, il a pu avoir un effet de « préparation psychologique » sur les foules de manifestants du 8 mai, ou tout au moins sur une partie d’entre eux, comme l’a signalé Mohammed Harbi. Le témoignage d’Abdelhamid Benzine, alors tout jeune lycéen à Sétif, qui a déclaré avoir failli déclencher une insurrection populaire avant le 8mai par sa seule prédication exaltée, va dans le même sens. On peut donc penser que, si l’organisation clandestine du PPA manquait encore de moyens d’action, la diffusion de la propagande indépendantiste a été plus rapide que la préparation de la lutte armée.

Reste le bilan des victimes algériennes. Le ministre de l’intérieur de l’époque, Adrien Tixier, parlait de 1 500 morts. Leur nombre a été porté à 45 000 par la propagande officielle algérienne. Au terme de son enquête, Jean-Louis Planche avance une estimation de 20 000 à 30 000 morts. Plusieurs fois affirmé,ce bilan est démontré à travers deux citations. La première est tirée d’un rapport du gouverneur Chataigneau au ministre de l’intérieur Adrien Tixier : « Faut-il accorder du crédit au nombre de 10 000 victimes indigènes dans la seule région sétifienne, comme l’indiquerait un informateur qui vient de parcourir cette contrée pendant un mois ? » La seconde provient d’un rapport du gouverneur Léonard en 1952 : « Ceux qui ont vécu la chose donnent des évaluations allant de 6 000 à 15 000. » On acceptera ce chiffre prudent, en le portant à 20 000 ou 30 000 car le cabinet du gouverneur ne disposait plus à cette date des archives concernant la région de Sétif », conclut Jean-Louis Planche.

Ce raisonnement me paraît fragile, d’abord parce que le gouverneur Chataigneau n’a rien osé affirmer, ensuite parce qu’il employait le mot ambigu de « victimes » au lieu de « morts. » Surtout, le fait que seuls les morts et les victimes européennes, aient été soigneusement comptés (102 morts, 110blessés et 10 femmes violées ; et que le nombre des morts algériens ait été arbitrairement limité par les autorités à un maximum de 1 500 ne change rien au fait que la seule méthode fiable reste un comptage aussi précis que possible, en chaque lieu. Il n’est pas admissible que deux méthodes aussi différentes et de fiabilité aussi inégale (vrai comptage et estimation non prouvée) soient employées sélectivement. Et même si le nombre prouvé des victimes algériennes reste inférieur au nombre possible, il faut s’en tenir au premier.

Le fait que les populations en présence aient eu également le sentiment d’être les victimes de la violence de l’autre ne prouve naturellement pas que le bilan doive être équilibré ; et il ne peut évidemment pas l’être (tout particulièrement à Guelma, où la violence, déclenchée après que les troubles de Sétif ont été connus par le sous-préfet Achiary, prévenu par téléphone, a été presque unilatérale).

Mais à la méthode hasardeuse proposée par Jean-Louis Planche on peut préférer la prudence manifestée par Claude Liauzu et Gilbert Meynier : « La seule conclusion que peut faire l’historien. Il y eut en effet des milliers de morts, mais s’il est honnête, il n’en dira pas plus  » Conclusion brutale, mais qui nous invite tous à la prudence. Prudence que justifie la revendication algérienne de repentance, presque ignorée en France, formulée en Algérie depuis 1990 par la Fondation du 8 mai l945 et à Paris par le président Bouteflika en juin 2 000 laquelle explique l’échec récent de la négociation du traité d’amitié franco-algérien autant que la loi du 23février 2005.

Pieds-noirs, le dernier tabou.

Né en 1949 à Oran, le réalisateur et producteur Daniel Leconte s’interroge : quelle place pour les pieds-noirs dans l’actuelle surenchère victimaire.

Les crimes commis contre les pieds-noirs durant « la guerre d’Algérie sont parmi les derniers encore occultés — avec ceux perpétrés par le FLN contre des Algériens du MNA. Et pourtant, deux drames les ont particulièrement touchés. D’abord rue d’Isly, à Alger, le 26 mars 1962, peu après la signature des accords d’Évian. Dans un climat de terreur, à l’appel de l’OAS des pieds-noirs sont descendus dans la rue à la suite d’une provocation d’origine inconnue, l’armée tire sur la foule faisant des dizaines de morts parmi les Européens. L’événement a peut-être fait le même nombre de victimes que la répression de la manifestation d’Algériens à Paris en octobre 1961. Mais, alors que le second événement est aujourd’hui largement connu et commenté, rien de tel pour le premier.

Seconde tragédie le massacre d’Oran, le5 juillet 1962, deux jours après la reconnaissance officielle de l’indépendance et alors que le protocole sur le maintien de l’ordre prévu par les accords d’Évian n’a pas encore été signé. Ce sont cette fois 200 à 300 pieds-noirs pour les uns, jusqu’à 3000 pour les autres, la réalité se situant plutôt, selon des sources fiables, entre 700 et 800, qui sont assassinés par représailles par l’ALN (branche militaire du FLN) sous les yeux des soldats français qui ont reçu l’ordre de ne pas intervenir.

Plusieurs raisons à ce silence persistant. D’abord, il est toujours plus difficile de reconnaître des crimes commis au sein d’une même communauté, qu’il s’agisse d’Algériens ou de Français entre eux- Ensuite, on a du mal, en France, à considérer les pieds-noirs comme des victimes. On les a longtemps vus, de manière indifférenciée, comme des exploiteurs ne pouvant bénéficier d’aucune compassion — détail, bien sûr, une vision réductrice ; Les pieds-noirs étaient, certes, beaucoup plus riches que les populations « indigènes  », mais la plupart d’entre eux étaient bien plus modestes que les Français de métropole.

Il ne faudrait toutefois pas oublier que les pieds-noirs portent dans l’affaire quelques responsabilités. Ces hommes et femmes venus d’Alsace, de Corse, d’italie du Sud, d’Espagne, qui cherchaient une vie meilleure en Algérie, ont constitué une communauté qui, en dehors de quelques exceptions brillantes, a tout fait pour bloquer les tentatives de réforme. Ils se sont en quelque sorte, « clanisés ». Et ils ont largement appuyé les ultras qui parlaient en leur nom.
 
Arrivés en France, ils ont cependant eu le souci de s’intégrer à la société. Et cette population d’un million de gens s’est montrée particulièrement responsable, refusant les dérapages et les débordements auxquels l’OAS appelait pourtant. Aujourd’hui, alors que, dans différentes communautés (descendants d’Algériens, descendants de harkis, « descendants d’esclaves  »), on assiste à un retour de mémoire » et à des revendications de reconnaissance et de réparation, rien de tel chez les pieds-noirs. Bien sûr, dès les années 1970, certains politiques, à droite mais aussi à gauche (qu’on pense à Georges Frêche), « qui les a insulté » ont cherché à récupérer la voix des pieds-noirs par des manoeuvres électoralistes, la dernière en date étant le vote, en février 2005, de l’article de loi sur la reconnaissance du « rôle positif de la présence française outre-mer » dans les manuels d’histoire. Ils se sont appuyés pour cela sur quelques groupes actifs mais, au bout du compte, fort peu représentatif. Et, jusqu’à maintenant en tout cas, la grande majorité des pieds noirs a résisté à la surenchère victimaire et mémorielle à laquelle on assiste aujourd’hui.

« Ils ont bien du mérite tant ils continuent, trop souvent, dans ce grand mouvement de culpabilité française, à incarner le bouc émissaire idéal. Une manière commode, pour les Français, de reconnaître leurs torts dans le drame de la colonisation, tout en s’en dédouanant. Après tout, les fautifs, ce n’était pas les gens de métropole, mais ces pieds-noirs, à peine français... »

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