Sarkozy chez Dos Santos

Fin d’une longue brouille.

Mercredi 20 août 2008 // L’Afrique

Le président français Nicolas Sarkozy s’est rendu vendredi 23 mai en Angola dans le but de refermer la page des années de brouille nées de l’affaire de l’Angolagate et renouer les liens entre les deux pays. Annoncé en février puis reporté, ce séjour express à Luanda, la première étape du train de la réconciliation lancé par le président français pour solder les contentieux accumulés par la France en Afrique, en attendant d’autres arrêts plus délicats souhaités en Côte d’ivoire, au Rwanda ou au Niger.

Depuis la visite de Jacques Chirac en 1998, les relations entre Paris et Luanda sont polluées par l’enquête ouverte par la justice française sur des ventes d’armes, entre 1993 et 2000, au président angolais José Eduardo Dos Santos, alors en guerre contre les rebelles de l’Unita de Jonas Savimbi. Même s’il n’est pas formellement poursuivi dans le procès qui s’ouvrira en octobre 2008, à Paris, le président José Eduardo Dos Santos a fort peu apprécié d’être associé à cette affaire. « L’Angola a été traité de manière indigne, accusé de trafic d’armes alors qu’il s’agissait d’acquisitions régulières d’armements par un Etat légitime et souverain », s’offusquait récemment le ministre angolais des Affaires étrangères Joao Miranda. Dos Santos était persuadé que ces ventes d’armes avaient le feu vert de la France. « Il en a beaucoup voulu à Jacques Chirac et à ses ministres de l’avoir laissé traîner dans l’opprobre », indique-t-on du côté de Luanda. L’Ire angolaise fut telle, que seule l’arrivée d’un nouveau président en mai 2007 a pu débloquer la situation.

« Nous avons beaucoup d’intérêts avec l’Angola. C’est une puissance régionale qui joue un rôle stratégique dans la stabilité de toute l’Afrique centrale t avoue-t-on à l’Elysée. » L’Angola, en effet, était intervenue de façon décisive à la fin des années 1990 pour soutenir les régimes menacés des deux Congo voisins. Ce qu’on n’avoue pas clairement à l’Elysée, c’est le marché de la reconstruction du deuxième producteur de brut d’Afrique à savoir l’Angola, dévasté par 27 ans de guerre civile, qui attise les convoitises. D’autre part, à l’heure où l’Angola vient d’investir plus de 6 milliards de dollars d’excédents pétroliers au Portugal, et ne cache pas de chercher d’autres opportunités d’investissement en Europe, la France avec ses « caisses vides » ne peut qu’être intéressée par une telle aubaine.

Il n’est donc pas exclu que l’Angola aide la France à résorber ses déficits dans les mois à venir, alors qu’en se rendant à Luanda, le langage officiel voulait que la France déclare « souhaiter aider l’Angola sur la voie de son développement ».

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