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SOMMETS DU G8.

Qu’on arrête de jouer l’Afrique au yoyo.

Mardi 3 juillet 2007, par Paul Tedga. // Le Monde

Nous, Africains, en avons marre qu’on utilise notre continent pour se faire bonne conscience ou se refaire une santé politique. Quand un dirigeant occidental est en mal de sympathie, c’est à travers l’Afrique qu’il recherche son retour en grâce. Plusieurs exemples le montrent. Je vous en citerai deux au hasard, qui vous viendront à l’esprit car ils sont encore d’actualité.

Regardez ce qu’a fait Bernard Kouchner, ce « french doctor » qui, parti de l’extrême gauche soixante-huitarde, vient d’atterrir dans l’équipe Sarkozy comme ministre des Affaires étrangères. Aux côtés de la candidate de la gauche Ségolène Royal, tous les Français l’ont vu tirer comme il n’est pas permis sur le candidat de l’UMP avec la force des mots qu’on lui connaît. Mais cela ne l’a pas empêché, le soir même de la victoire de Nicolas Sarkozy, de faire la manche sur les plateaux de télévision pour obtenir un portefeuille ministériel, oubliant au passage ses propos d’une rare violence contre celui qui, finalement allait devenir son patron.

Qu’on me pardonne d’être d’une nullité absolue en politique, mais de telles attitudes ne peuvent que donner une image bien piètre des hommes politiques qu’ils soient français ou autres. Je trouve le positionnement de Bernard Kouchner tellement choquant qu’il a occupé, pendant dix ans les postes de ministre de gauche aussi bien sous François Mitterrand que Lionel Jospin. J’en parle parce que pour faire oublier le tollé général que son entrée dans le gouvernement de Fillon suscite à gauche et même au-delà, il a (comme par hasard) ciblé l’Afrique, plus précisément, le Darfour qui nous fait mal à tous, pour faire oublier son pitoyable changement de veste politique. Cela dit, le monde occidental compte d’autres Bernard Kouchner.

En organisant le G 8 à Gleneagles en Ecosse, il y a deux ans, Tony Blair voulait changer son image de « caniche de Bush » que ses propres compatriotes lui avaient collé sur le dos, après l’implication, sans réflexion, de la Grande-Bretagne dans l’invasion de l’Irak, aux côtés des Américains. Pour essayer de faire baisser son taux d’impopularité (qui a heureusement continué au point qu’il a été obligé de céder le pouvoir à Gordon Brand à la fin juin 2007), il a pris son bâton de pèlerin pour sillonner les pays riches afin de les convaincre de ne pas tourner le dos à l’Afrique.

Pendant ses huit ans (à cette époque) passés à la primature britannique, sa politique africaine n’avait pourtant produit aucun résultat positif. À Gleneagles, il a obtenu le doublement de l’aide des riches aux pays pauvres d’ici à 2010, pour arriver à cette date à 50 milliards de dollars par an dont 25 milliards pour la seule Afrique. Mais cette augmentation n’a été que virtuelle : en effet, deux ans plus tard, au G 8 de Heiligendamm en Allemagne, les Africains n’avaient que leurs yeux pour pleurer : pas un centime n’a été donné pour alimenter l’initiative Blair.
Il est donc préférable que les chefs d’État africains cessent de se montrer pendant les Sommets du G 8.. Même pour ceux d’entre eux qui aiment les caméras occidentales, ce regroupement avec, les plus riches de ces mondes commence à être malsain pour l’image du continent. L’Afrique ne tire et ne tirera jamais rien de tels Sommets. Notre frère Youssou Ndour ne doit plus non plus s’afficher avec qui que ce soit pour demander l’annulation des dettes ou l’augmentation de l’aide aux membres du G 8. Car il demande ce qu’il n’obtiendra jamais. Je ne voudrais pas être méchant en disant qu’aucune décision quelle qu’elle fût, n’a jamais été prise au G 8 et être appliquée. Aucune. Sinon, qu’on m’en cite une seule depuis 1975 que ce type de Sommet a été lancé.

L’Afrique, c’est une litote, est un continent riche, le seul réservoir des matières premières inexplorées et inexploitées qui existe encore dans le monde. Ce que nous demandons à nos chefs d’État, ce n’est pas d’aller pleurer leur pauvreté devant leurs homologues du G 8.. Ce que nous demandons à nos chefs d’État, c’est d’être honnêtes envers eux-mêmes, en privilégiant l’intérêt de leur peuple dans chacune de leurs actions quotidiennes. C’est de ne pas cacher leurs ennuis quand on cherche à les mettre en porte à faux devant leur peuple. C’est de ne pas lui mentir, dans la réjouissance comme dans la souffrance.

Chaque fois qu’un dirigeant africain fait montre de bien servir son peuple, de privilégier l’intérêt de ses concitoyens, de dire Non quand l’intérêt de son pays dans une transaction n’est pas prouvé, il force le respect sur sa personne même quand son interlocuteur ne le lui montre pas.

Les Africains, qu’on ne se trompe pas, savent faire la part des choses. Dans le groupe des 53 chefs d’État qui les gouvernent, ils savent qui est qui, qui fait quoi, qui peut quoi ? Avis donc à ceux d’entre eux qui veulent que leur nom soit inscrit en majuscules dans les livres d’histoire du continent. La vraie histoire, pas celle écrite à la place des Africains.

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