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« Prétendre que le racisme est une invention occidentale est consubstantiellement raciste »

Mercredi 11 mai 2011, par Gilles-William Goldadel // Le Monde

Avocat et essayiste français, spécialisé dans les affaires politiques et économiques, Gilles-William Goldnadel a fondé « Avocats sans frontières » association qu’il préside. Élu en 2010 membre du comité directeur du CRIF il préside également l’Association France-Israël. Réputé de sensibilité de droite, ami de l’État hébreu, Gilles-Wiliam Goldnadel est surtout connu pour sa liberté de parole et son anticonformisme. Dans son dernier ouvrage, « Réflexions sur la question blanche, du racisme blanc au racisme anti-blanc » il brise un nouveau tabou. Une plume vive et alerte qui met au jour des vérités que beaucoup se refusent à prendre en considération.

L’esclavage, la Shoah, les noirs, les juifs, autant de sujets rebattus à satiété. Mais pourquoi n’avait-on jamais évoqué jusqu’ici ce que vous appelez « la question blanche » ?

Précisément parce qu’on n’y a sans doute jamais songé. Ou qu’on a jamais osé l’exprimer. Moi qui, comme je le dis dans mon livre, me moque de ma couleur comme de ma première culotte de peau, je dis qu’il existe aujourd’hui une question blanche. Par une sorte de retournement sémantique, celle-ci prend la forme d’un préjugé de nature raciale, pour ne pas dire raciste. Les Occidentaux sont ainsi accusés non seulement d’avoir créé le racisme mais, en plus, d’en être les promoteurs historiques. Or, à notre époque où beaucoup de choses relèvent du domaine du virtuel, on peut gagner une guerre sans même avoir besoin de la livrer. Le « ressenti » fait l’opinion et cette opinion, relayée par les médias de masse, une quasi-unanimité. C’est pourquoi les Occidentaux sont condamnés avant même de pouvoir répondre. La plupart des grands problèmes de l’heure sont ainsi vécus à travers le prisme de cette question blanche qui n’est jamais posée, ni même, souvent, jamais consciente. Sans être un géopoliticien, je crois à l’inconscient collectif et si nous ne prenons pas conscience de ce qui nous afflige, nous allons périr. Nous n’avons pourtant pas à rougir, loin s’en faut, de la civilisation occidentale ! Soyons critiques, distanciés, ne nions pas les torts que l’Occident a causé à l’Orient. Seulement, relativisons-les car il n’y a aucune raison, sauf à être dans une démarche racialiste ou raciste, de payer ad vitam aeternam la facture qu’on ne cesse de nous brandir et que nous payons aujourd’hui avec des intérêts usuraires.

Vous parlez « d’histoire asservie », « d’esclaves occultés »...

L’un ne va pas sans l’autre et l’autre est la conséquence de l’un. Il n’est pas douteux que cette question blanche, vue à travers le prisme d’une idéologie victimaire anti-occidentale, se retrouve dans la manière biaisée dont on regarde l’histoire. Regardez la façon dont est systématiquement présentée l’histoire de la traite atlantique. Jamais n’est évoquée une traite pourtant antérieure et qui continue de sévir : je veux parler de l’asservissement des noirs par les Arabes, comme en Mauritanie encore aujourd’hui. On ne parle également jamais de la traite barbaresque qui jadis appartenait totalement à la mémoire chrétienne. C’est d’ailleurs elle qui a motivé en partie l’intervention occidentale en Alger. Tout cela est oublié, enfoui dans les oubliettes de l’histoire... Il ne s’agit évidemment pas de repasser la facture aux Arabes, mais de dire toute l’histoire.

Le racisme n’est donc pas - et loin s’en faut - l’apanage des seuls blancs...

Prétendre que le racisme est une invention occidentale est consubstantiellement raciste. Malheureusement, le racisme est une notion assez équitablement partagée entre tous les peuples de la planète. C’est une réaction, somme toute naturelle, un préjugé qui existe aussi bien chez les Blancs, chez les Arabes ou chez les Juifs. Tâchons donc d’être équitable, ce qui est une démarclŒ fondamentalement « anti-raciste ». Je tiens aux guillemets car, comme beaucoup d’autres, cette notion a été horriblement galvaudée par l’extrême-gauche qui a la chic pour pervertir tout ce qu’elle touche. L’écologie en est le dernier exemple en date. Mais je ne veux pas apparaître comme un moralisateur à géométrie variable. Je me définis comme un extrémiste de la modération, raison pour laquelle je suis accusé de tous les maux par les deux pôles de la radicalité. Extrémistes de gauche comme de droite partagent le goût du préjugé racialiste, le plaisir du flicage, de l’étiquetage, de la théorie du complot. Il n’est donc pas étonnant d’observer une grande porosité entre les extrêmes des deux bords.

À de nombreuses reprises vous évoquez dans votre dernier ouvrage « l’idéologie victimaire » et les « victimes de la victimisatlon schématique ». Qu’entendez-vous par là ?

Dans mes ouvrages, je ne cesse de remonter à la source de cette idéologie pathologique que j’appelle le « choc post shoahtique ». J’entends par là les conséquences de la médiatisation de la Shoah dans les années 60. Non pas que je sois contre le devoir de mémoire, ni conti le fait d’en faire la pédagogie, mais il ’ est créé autour de la Shoah et de sa mém ` e un confusionnisme, une concurrence mémorielle, qui a débouché sur la situation précedemment décrite. Ainsi du slogan de 68 : « Nous sommes tous des juifs allemands »... Plus victime que moi tu meurs ! Rien de plus gratifiant aujourd’hui que de faire partie des bataillons des victimes du racisme. Cette idéologie victimaire s’est constituée un panthéon diabolique Le Pen, l’hétérosexuel blanc et un panthéon de victimes l’immigré, l’homosexuel... Les « victimes de la victimisation schématique », ce sont les bourreaux. Et dans cette catégorie de bourreaux idéaux, le Français me semble une victime de choix, de même que le militaire occidental, comme, par exemple, le militaire israélien qui est ce que j’appelle un « blanc au carré ».

Pourquoi dites-vous du juif celui d’Israël si l’on comprend bien qu’il est le « dernier des maudits blancs » ?

Le drame juif est de toujours se situer à contre temps. Lorsque l’époque était au nationalisme exacerbé, le juif faisait figure d’apatride. Aujourd’hui, dans un climat général de dénationalisation occidentale - très à rebours d’ailleurs du reste du monde comme on le voit au Maghreb - le juif qui défend l’identité nationale d’Israël est anachronique. Vu autrefois comme un Levantin, il est aujourd’hui une sorte de « super blanc ». Il fait donc l’objet d’une super détestation qui s’accommode assez bien de l’antisémitisme d’aujourd’hui qui a su modifier son discours. Rejeté hier comme apatride, il l’est aujourd’hui comme nationaliste et belliqueux. Génie de l’antisémite qui a toujours signifié au juif : dis moi comment tu es, je te dirais comment je te hais !

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