Innovation démocratique, une volonté politique pour retrouver des valeurs républicaines lutter contre l'injustice et conduire une politique de droite éclairée en France. Paul Vaurs
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>>SADDAM." Portraits d’une vie de feu et de sang "
La mise à mort de Saddam Hussein, le 30 décembre 2006, prive l’Irak de l’examen des crimes les plus graves, qu’il avait perpétrés tout au long de son règne, et, dès même son ascension au pouvoir. C’est comme s’ils avaient voulu ajouter encore un peu de violence, télévisée celle-là, à celle que connaissent les Irakiens depuis quarante ans ; un peu comme si l’on avait voulu rester dans l’univers de celui que l’on a pendu ce samedi 30décembre à l’aube, dans une caserne des renseignements militaires, dans le quartier chiite- dAl-Qadimiya, au nord de Bagdad - un univers de brutalité absolue. Et la violence fut au rendez-vous de cette mise à mort scénarisée. À peines diffusées sur cassettes et autres gadgets de l’ère électronique, les mages de la pendaison de Saddam Hussein exacerbent le conflit qui ravage l’Irak depuis la chute du tyran le 9 avril 2003 et son arrestation le 13décembre de la même année. Sunnites d’un côté, contre chutes et Kurdes d’autre. Dès qu’il s’empare du pouvoir « vice-président en 1969 » (président en 1979), Saddam gouverne avec les siens. Les sunnites (un cinquième d’une population de quelque 26 millions d’habitants) et, dans une moindre mesure les chrétiens. Il martyrise les deux autres grandes communautés du pays. Les chiites (la majorité) et les Kurdes. Ceux-là hurlent leur joie à la scène saisie sur un portable équipé d’une caméra : Epaisse corde au cou, bien ajustée par l’un des bourreaux masqués, le dictateur avance sur la trappe visage découvert, calme ; la trappe s’ouvre dans un grand vacarme métallique. Saddam tombe dans le vide. Gros plan sur la tête du supplicié, pendu à bout de corde,du sang sur une joue, cou brisé yeux grands ouvert. Les sunnites voient dans la vidéo de la mise à mort la confirmation d’un « complot » ourdi contre eux. L’annonce de l’exécution de Saddam Hussein est suivie d’une série d’attentats perpétrés par des sunnites dans les quartiers chiites. Quelque cent personnes vont payer de leur vie celle que l’on vient de prendre à leur héros. Il va falloir les venger bien sûr. Les milices chiites s’en chargeront ; auxquelles répliqueront les sunnites etc. Même mort et enterré, le 31 décembre dans son village natal d’Al-Ojah à 180 km au nord de Bagdad, Saddam sème la terreur. Il en avait fait l’arme d’un pouvoir exercé par la torture, les disparitions, les exécutions sommaires, les déplacements de populations, enfin le crime de masse. Il fut sans doute l’un des tyrans les plus sanguinaires de l’histoire de la seconde moitié du XX° siècle. Né le 28avril 1937, dans une tribu sunnite, il adhère dès l’adolescence au parti Baas clandestin, une formation socialiste laïque ; prônant le nationalisme irakien et arabe. Au pouvoir depuis la fin des années 1960, Saddam Hussein profite du boom pétrolier de 1973 pour moderniser l’Irak, le rapprocher de l’URSS sans en faire un satellite, séduire nombre de pays occidentaux aussi, à commencer par la France, et même les Etats-Unis dans les années 1980. Mais son règne est d’abord marqué par la guerre : de 1974 à 1975 contre les kurdes d’Irak en quête d’autonomie sinon d’indépendance ; contre l’Iran de l’ayatollah Khomeiny de 1980 à 1988, campagne qui coûte la vie à quelque 300 000 Irakiens et ruine le pays ; contre ses Kurdes encore, avec l’opération dite « AJ-Anfal » où l’arme chimique est employée et qui se solde par la mort de 180 000 personnes, au bas mot ; contre le Koweït, envahi en août 1990 pour s’emparer du pétrole de l’émirat et « payer » sa guerre d’Iran,.. Jusqu’à l’invasion du Koweït, en 1990, aucune des entreprises sanglantes de Saddam Hussein, même celles qui relèvent du crime contre l’humanité, ne suscite l’opprobre des Occidentaux. Chassé du Koweït par une coalition militaire menée par les Etats-Unis, Saddam ne s’en remettra pas. Il martyrise encore les Kurdes et les chiites, massacrés dans le sud du pays, mais l’Irak est sous souveraineté limitée, sous tutelle onusienne et embargo international. C’est un pays exsangue que les Etats-Unis vont déstabiliser un peu plus en l’envahissant début 2003, au nom d’un double mensonge. Un prétendu arsenal d’armes de destruction massive et de supposés liens avec les islamistes d’Al-Qaida. Le reste de l’histoire est connu et tient en un mot : La violence, toujours la violence, avec ou sans Saddam Hussein.
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