Cher(e)s ami(e)s internautes.

Merci pour votre fidélité ; les écrits quotidiens seront absents tout le mois de septembre. Vous pouvez cependant parcourir tous les dossiers créés depuis plus de 10 ans et qui figurent sur le site.

Dés le mois d’octobre il vous sera proposé un mensuel auquel vous pourrez participer en me faisant parvenir votre perception des affaires politiques, familiales, sportives ou autres.

Rien ne sera censuré, hormis des articles injurieux et calomnieux.

Je suis attaché aux valeurs chrétiennes, aux valeurs dites républicaines et à une monarchie parlementaire.

Vous pouvez nous contacter en cliquant sur ce lien >>

S’appauvrir en travaillant...

Lundi 27 février 2012 // La France

Drapeau de France

Contrairement à ce que pensent certains responsables syndicaux, le sommet social du 18 janvier ne fut pas un sommet pour rien.

Sur la forme, il a au moins permis à Nicolas Sarkozy de faire une nouvelle fois illusion en donnant l’impression qu’il maîtrise la situation, qu’il entend bien travailler jusqu’au bout de son mandat et que concernant l’emploi, préoccupation majeure de nos concitoyens, il a la ferme intention de prendre les mesures qui s’imposent pour inverser la tendance.

Cette réunion avait également pour but de présenter un président à l ’écoute des Français et défenseur ardent du dialogue social. Si l’impression qui se dégage de ce sommet est qu’il ne s’y est rien passé, c’est essentiellement parce que, au cours des deux semaines qui l ’ont précédé, Xavier Bertrand et Jean Castex ont passé une partie
de leur temps à déminer le terrain. Le ministre du Travail et le secrétaire général adjoint de l’Élysée (également conseiller social du président de la République) ont reçu tour à tour et en tête-à-tête les dirigeants des principales organisations syndicales. Ils sont convenus des sujets qui seraient abordés et même de la manière de les aborder… Les sujets susceptibles de fâcher ont ainsi été écartés.

Sur le fond, ce sommet a permis de clarifier les intentions du président de la République et de son camp, et confirmé l’analyse qu’il fait de la montée du chômage. Si la situation de l’emploi continue de se dégrader en France, ce ne serait pas à cause de l ’Allemagne ; pourtant, des institutions aussi différentes que l’Organisation internationale du Travail (OIT) et le Fond monétaire international (FMI) viennent de mettre en évidence (2) la responsabilité de la politique allemande dans la récession européenne actuelle.

Ce ne serait pas non plus à cause du libre échange  ; pourtant une analyse, même sommaire, des chiffres de la balance commerciale de notre pays permet d’établir une corrélation entre la détérioration de notre commerce international et l’entrée de la Chine à l’OMC. Ce ne serait pas non plus parce que la spéculation détourne des salaires (donc de la consommation et de l’épargne) et de l’investissement des sommes considérables. Non, si la situation de l’emploi continue de se dégrader en France, ce serait parce que notre économie n’est pas assez compétitive et que pour la rendre plus compétitive, il faut baisser le coût du travail. D’où deux mesures destinées à diminuer le coût du travail : la TVA dite sociale et les accords emploi contre salaire, dit accords de compétitivité.

Nous ne reviendrons pas sur la première largement évoquée dans le précédent numéro de Royaliste, sinon pour y apporter une précision importante.

En faisant reposer le financement de la protection sociale sur la consommation - par une augmentation de la TVA destinée à compenser l’exonération de la part patronale des cotisations sociales - les entreprises se livrent à un détournement de la partie de leur rémunération que les salariés acceptent de confier à la solidarité nationale pour que soient couverts collectivement les risques individuels de la vie : vieillesse, maladie, famille…

Concernant les accords emploi contre salaire, il s’agirait pour les entreprises en difficulté de diminuer provisoirement l’ensemble des salaires pour sauvegarder l’emploi et leur permettre de redevenir compétitive. Ce dispositif est monnaie courante en Allemagne et des expériences similaires ont déjà été tentées en France dans la métallurgie (chez Poclain Hydraulics, notamment). Dans de nombreux cas, les entreprises sont effectivement parvenues à rétablir leur compétitivité, mais, revers de la médaille, une fois la rentabilité revenue, les salaires n’ont pas retrouvé leur niveau antérieur, alors que les dividendes versés aux actionnaires ont augmenté.

On se souvient également de Continental Clairoix où l’accord a été dénoncé unilatéralement par la direction et a licencié les salariés alors qu’elle était de nouveau
bénéficiaire. Ces deux mesures participent à une offensive contre la protection sociale solidaire. Offensive relayée ces derniers temps par voie de presse par de grands patrons influents : Denis Kessler, Jean-Louis Beffa, Carlos Goshn… (3)

C’était le véritable enjeu du sommet social : imposer , avant l’élection présidentielle, des mesures qui, sous couvert, de relancer l’emploi, ont pour objectif de réformer le financement de la protection sociale, et sur lesquelles il sera, ensuite, difficile de revenir quelque soit le président élu.

Nicolas PALUMBO

(1) Depuis juin 2011 (hormis une accalmie en août), ce sont en moyenne mille personnes qui, chaque jour, viennent grossir les rangs des demandeurs d’emploi, soit trente mille par mois. Et encore ne s’agit-il que des chômeurs inscrit en catégorie (qui n’ont pas du tout travaillé au cours du mois écoulé). Et les prévisions pour 2012 ne sont guère plus encourageantes.

(2) Dans Les tendances mondiales de l’emploi 2012, l’OIT souligne que « la compétitivité accrue des exportateurs allemands est de plus en plus identifiée comme la cause structurelle des difficultés récentes dans la zone euro ». l’Allemagne « à repenser le rythme de [sa] consolidation budgétaire » parce qu’elle va « gêner l’activité économique, réduire l’acceptation par les peuples de ces adaptations et miner la croissance des marchés ».

(3) Respect vivement dans Les Échos (du 23 et du 24 janvier) et Le Figaro (du 23 janvier), deux quotidiens qui roulent pour Nicolas Sarkozy.

Répondre à cet article