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Rwanda : La France sur le banc des accusés..

Lundi 19 février 2007, par Paul Vaurs // L’Afrique

La commission d’enquête rwandaise sur le rôle de la France à l’époque du
génocide de 1994 a commencé ses travaux le 11 décembre. Les témoins défilent
dans ce procès à charge.

En ces heures de crise, où le David des Mille Collines a osé défier un
Goliath membre du Conseil de sécurité, tout le monde, en apparence en tout
cas, serre les rangs. C’est que la liste des griefs du Rwanda à l’égard de
la France est longue. Pas de demande dc pardon pour le comportement de la
France avant et durant le génocide, une coopération ramenée au niveau,
zéro, plusieurs tentatives de blocage de l’aide internationale et une fin
de non-recevoir opposée depuis douze ans à toutes les tentatives de
rapprochement, à toutes les médiations encouragées par Kigali.

Les autorités rwandaises, considérant que le mandat d’arrêt du juge
Bruguière est une attaque frontale visant à déstabiliser le régime,
estiment n’avoir plus rien, à perdre et passent donc à l’offensive. (Le
Rwanda a rompu ses relations diplomatiques avec la France après la demande
du juge Français Brugnière de poursuites contre le président Pan !
Kagame devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda, pour Sa
"participation présumée " à l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion du
président rwandais, Juvéna) l-Iabyarimana, dont la mort a marqué le début du
génocide.)

Les auditions publiques de la Commission d’enquête indépendante consacrée à
l’implication dc la France dans le génocide constituent une première
offensive. Une appellation qui peut surprendre, Car elle ne laisse aucune
place au doute et à d’éventuels plaidoyers à décharge. Mais, alors que les
témoins défilent,.soigneusement interrogés par les six membres de la
commission sous la présidence de l’ancien ministre de la Justice Jean de
Dieu Mucyo, les détails s’accumulent. Ceux qui témoignent ici sont des
anciens miliciens biterahamwes, revenus de république démocratique du Congo
(RDC) après des années d’exil et de combats.

Ces hommes en tenue de sport, qui ne communiquent pas leur nom en public,
sont les véritables auteurs du génocide. Tous appartenaient au groupe d’élite
Turihose (Nous sommes partout). En 1490, ils étaient de simples paysans. En
1993, ils ont été recrutés dans tout le pays et formés avec méthode.
Chemise à fleurs, voix posée, le "témoin numéro un" a été entraîné au camp
de Mukamita, prés de <Iiisenyi. La vie y était dure lever à 5heures, deux
heures de cross, suivies d’entrainement divers, comme le maniement de la
kalachnikov, mais à dire la lutte à mains nues, à l’arme blanche. "Nous apprenions à tuer,
avec nos mains seulement, raconte-t-il. En fin d’après-midi, après le
repas et le football, venait la leçon d’histoire. Facile à retenir. "Les
lhtsis sont les ennemis héréditaires des PLans, ils veulent retenir et
diriger le pays. Comme ils sont rusés - de vrais serpents, la vigilance s’impose.
Les infiltrés doivent être démasqués et abattus sans pitié", leur
inculquait-on.

ILS SONT RESTES AVEC NOUS DURANT TOUTE LA GUERRE

Les professeurs d’histoire étaient des militaires. "Les Français n ’étaient
pas loin le sergent rwandais prenait ses ordres chez eux, ils avaient un
petit bureau dans le camp même. Et le week-end, on les retrouvait au bar de
l’hôtel Tam Tam, à Giseny explique le témoin numéro un. Voilà pour la
formation pratique et idéologique.

Le témoin numéro deux, on survêtement blanc, appartenait au bataillon
Zoulou, une troupe d’élite. "Dès 1993, des instructeurs français du
Département d’assistance militaire a l’étranger (DAM !) nous ont appris
à manier des mortiers. Nous, tous tirions, mais eux, ils faisaient tous les
réglages, car il s’agissait d’armes perfectionnées. Ils sont restés avec
nous durant toute la guerre et, et, niai, alors que nous manquions de
munitions, nous sommes allés en décharger à Goma [en RDGJ, où un avion
venait d’arriver de France. Nous avons chargé les munitions dans les camions
d’un commerçant, Félicien Kabuga, puis nous sommes rentrés a Gisenyi et
avons commencé à distribuer des grenades aux civils", se souvient-il. Le
témoin numéro trois se rappelle, lui, du siège de Bisesero, la colline où les Tutsis survivants ont résisté
jusqu’en juin, alors que se déroulait l’opérationTurquoise. Notre homme se
souvient avoir bien accueilli ses fières d’artnes. « Ils se sont installés
dans le camp de la gendarmerie et se sont fâches lorsque nous avons ramené
le corps d’un de nos hommes que les Tutsis de Bisesero avaient réussi à
tuer. Ils nous ont aidés à rassembler nos forces. Les gens sont venus
de partout pour l’assaut, et les Français nous ont donné des armes. Ensuite,
tous ensemble, nous sommes partis au Congo affirme-t-il.

Dans de longs récits détaillés, à la rowandaise, les témoins suivants
racontent leur exil au Kivu [dans l’est de la P.DC], les entraînements qui
reprennent dans les camps de réfugiés, à Mugunga entre autres, où les
Français continuent à dispenser des formations et à renforcer la volonté
de revanche, puis la première guerre et la fuite vers Tingi-Tingi, sur la
route de Kisangani [dans l’est de la RDC]. "Là aussi les Français nous ont
aidés. Ils nous ont livré des armes dans un avion aux couleurs de l’UNICEF
, rapporte l’un d’entre eux. Attendus plus tard dans la semaine, d’autres
témoins diront comment des civils ont été largués au-dessus de la forêt de
Nyungwe, des femmes raconteront comment leurs sauveurs" venus de France les
livraient à leurs domestiques ou se servaient eux-mêmes... Fin décembre, la
commission d’enquête se déplacera sur le terrain, puis elle publiera son
rapport. ’Tout le monde comprendra alors pourquoi nous avons rompu avec la
France", conclut son président jean de Dieu Mucyo.

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