Innovation démocratique, une volonté politique pour retrouver des valeurs républicaines lutter contre l'injustice et conduire une politique de droite éclairée en France. Paul Vaurs
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>>Rwanda : La France sur le banc des accusés..La commission d’enquête rwandaise sur le rôle de la France à l’époque du génocide de 1994 a commencé ses travaux le 11 décembre. Les témoins défilent dans ce procès à charge. En ces heures de crise, où le David des Mille Collines a osé défier un Goliath membre du Conseil de sécurité, tout le monde, en apparence en tout cas, serre les rangs. C’est que la liste des griefs du Rwanda à l’égard de la France est longue. Pas de demande dc pardon pour le comportement de la France avant et durant le génocide, une coopération ramenée au niveau, zéro, plusieurs tentatives de blocage de l’aide internationale et une fin de non-recevoir opposée depuis douze ans à toutes les tentatives de rapprochement, à toutes les médiations encouragées par Kigali. Les autorités rwandaises, considérant que le mandat d’arrêt du juge Bruguière est une attaque frontale visant à déstabiliser le régime, estiment n’avoir plus rien, à perdre et passent donc à l’offensive. (Le Rwanda a rompu ses relations diplomatiques avec la France après la demande du juge Français Brugnière de poursuites contre le président Pan ! Kagame devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda, pour Sa "participation présumée " à l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion du président rwandais, Juvéna) l-Iabyarimana, dont la mort a marqué le début du génocide.) Les auditions publiques de la Commission d’enquête indépendante consacrée à l’implication dc la France dans le génocide constituent une première offensive. Une appellation qui peut surprendre, Car elle ne laisse aucune place au doute et à d’éventuels plaidoyers à décharge. Mais, alors que les témoins défilent,.soigneusement interrogés par les six membres de la commission sous la présidence de l’ancien ministre de la Justice Jean de Dieu Mucyo, les détails s’accumulent. Ceux qui témoignent ici sont des anciens miliciens biterahamwes, revenus de république démocratique du Congo (RDC) après des années d’exil et de combats. Ces hommes en tenue de sport, qui ne communiquent pas leur nom en public, sont les véritables auteurs du génocide. Tous appartenaient au groupe d’élite Turihose (Nous sommes partout). En 1490, ils étaient de simples paysans. En 1993, ils ont été recrutés dans tout le pays et formés avec méthode. Chemise à fleurs, voix posée, le "témoin numéro un" a été entraîné au camp de Mukamita, prés de <Iiisenyi. La vie y était dure lever à 5heures, deux heures de cross, suivies d’entrainement divers, comme le maniement de la kalachnikov, mais à dire la lutte à mains nues, à l’arme blanche. "Nous apprenions à tuer, avec nos mains seulement, raconte-t-il. En fin d’après-midi, après le repas et le football, venait la leçon d’histoire. Facile à retenir. "Les lhtsis sont les ennemis héréditaires des PLans, ils veulent retenir et diriger le pays. Comme ils sont rusés - de vrais serpents, la vigilance s’impose. Les infiltrés doivent être démasqués et abattus sans pitié", leur inculquait-on. ILS SONT RESTES AVEC NOUS DURANT TOUTE LA GUERRE Les professeurs d’histoire étaient des militaires. "Les Français n ’étaient pas loin le sergent rwandais prenait ses ordres chez eux, ils avaient un petit bureau dans le camp même. Et le week-end, on les retrouvait au bar de l’hôtel Tam Tam, à Giseny explique le témoin numéro un. Voilà pour la formation pratique et idéologique. Le témoin numéro deux, on survêtement blanc, appartenait au bataillon Zoulou, une troupe d’élite. "Dès 1993, des instructeurs français du Département d’assistance militaire a l’étranger (DAM !) nous ont appris à manier des mortiers. Nous, tous tirions, mais eux, ils faisaient tous les réglages, car il s’agissait d’armes perfectionnées. Ils sont restés avec nous durant toute la guerre et, et, niai, alors que nous manquions de munitions, nous sommes allés en décharger à Goma [en RDGJ, où un avion venait d’arriver de France. Nous avons chargé les munitions dans les camions d’un commerçant, Félicien Kabuga, puis nous sommes rentrés a Gisenyi et avons commencé à distribuer des grenades aux civils", se souvient-il. Le témoin numéro trois se rappelle, lui, du siège de Bisesero, la colline où les Tutsis survivants ont résisté jusqu’en juin, alors que se déroulait l’opérationTurquoise. Notre homme se souvient avoir bien accueilli ses fières d’artnes. « Ils se sont installés dans le camp de la gendarmerie et se sont fâches lorsque nous avons ramené le corps d’un de nos hommes que les Tutsis de Bisesero avaient réussi à tuer. Ils nous ont aidés à rassembler nos forces. Les gens sont venus de partout pour l’assaut, et les Français nous ont donné des armes. Ensuite, tous ensemble, nous sommes partis au Congo affirme-t-il. Dans de longs récits détaillés, à la rowandaise, les témoins suivants racontent leur exil au Kivu [dans l’est de la P.DC], les entraînements qui reprennent dans les camps de réfugiés, à Mugunga entre autres, où les Français continuent à dispenser des formations et à renforcer la volonté de revanche, puis la première guerre et la fuite vers Tingi-Tingi, sur la route de Kisangani [dans l’est de la RDC]. "Là aussi les Français nous ont aidés. Ils nous ont livré des armes dans un avion aux couleurs de l’UNICEF , rapporte l’un d’entre eux. Attendus plus tard dans la semaine, d’autres témoins diront comment des civils ont été largués au-dessus de la forêt de Nyungwe, des femmes raconteront comment leurs sauveurs" venus de France les livraient à leurs domestiques ou se servaient eux-mêmes... Fin décembre, la commission d’enquête se déplacera sur le terrain, puis elle publiera son rapport. ’Tout le monde comprendra alors pourquoi nous avons rompu avec la France", conclut son président jean de Dieu Mucyo. |