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Retraites - Une autre voie est possible.

Mettons la rémunération du travail et la création d’emplois au centre de la problématique des retraites.

Lundi 23 août 2010 // La France

De Manuel Vals à Éric Woerth, un argument est repris avec frénésie : « Puisque nous vivons plus longtemps, il faut travailler plus longtemps ». Et pourquoi ? Parce que si nous ne le faisions pas : « nous serions dans l’impossibilité de financer nos retraites ! ». L’unanimité s’est faite pour établir ce constat chez les oligarques de droite comme de gauche. L’argument est largement diffusé dans les relais médiatiques qui prétendent faire l’opinion. Mais cette dernière, constituée de millions de salariés du privé et du public, ouvriers, employés et cadres, reste aveugle et sourde. Elle préfère s’exprimer massivement dans la rue pour crier : « Là aussi, d’autres solutions sont possibles »

Dans le régime général, l’assiette de calcul des prélèvements de la retraite par répartition est constituée par des salaires. Or le montant global des pensions à payer s’accroît avec l’allongement de la durée de vie. Conséquence de cet allongement, le ratio entre le nombre de retraités et le nombre de cotisants se modifie à l’avantage des premiers. La réflexion conduite par les gouvernements successifs exclut comme une évidence que le volume global de cette assiette puisse s’accroître pour compenser cette tendance. Dans la pensée ultra-libérale, trouver des recettes par des prélèvements sur les plus fortunés serait un crime. Moins d’impôts, plus de profits, nous dit cette vulgate.

La vérité, c’est de dire qu’un accroissement des salaires et du nombre de créations d’emplois conduirait à un élargissement de l’assiette pour le calcul des prélèvements. C’est aussi d’affirmer qu’une juste politique fiscale assurerait des rentrées nécessaires pour contribuer à l’équilibre des comptes de nos finances publiques (suppression du bouclier fiscal, fin des exonérations de charges sociales accordées aux entreprises pour des contreparties dont l’efficacité reste à démontrer comme pour les heures supplémentaires, lutte contre l’évasion fiscale des plus fortunés...).

La France connaît une évolution démographique, favorable. Nous avons un taux d’inactivité élevé chez les jeunes qui s’explique en partie par l’accès à des formations longues (20,6 % en France contre environ 13 % dans l’OCDE - source Observatoire des retraites ). Nous avons un niveau de sortie du monde du travail chez les plus de 55 ans le plus élevé des pays industrialisés (Le taux des personnes inemployées âgées de 55 à 64 ans était de 59 % au premier trimestre 2010- source Insee). Ces réalités sont à percevoir comme des évolutions positives de notre société. C’est le chômage qui est la plaie intolérable. Créer des emplois, re-localiser nos entreprises, mettre en place une politique industrielle ambitieuse, là sont les priorités à aborder par un gouvernement. Alors les financements de notre système de retraite par répartition seront trouvés.

Mais pourquoi cette perspective du plein emploi est-elle exclue a priori ? Probablement pour affirmer que le transfert de la richesse créée vers le capital au détriment de la rémunération du travail sera maintenu comme l’exige le marché (comprenez la haute classe des possédants) et qu’en conséquence un chômage de masse est nécessaire pour faire pression à la baisse sur les salaires et justifier la remise en cause des avantages sociaux.

Depuis la réforme de 1993, celle de 2003 et maintenant le projet de réforme Sarkozy Fillon d’un passage de l’âge légal de 60 à 62 ans (en gardant à l’esprit que l’obtention d’une retraite à taux plein ne s’obtient aujourd’hui pour de nombreux salariés qu’à 65 ans révolus) ; c’est bien la mise en œuvre de l’idéologie ultra-libérale qui guide l’oligarchie sur un objectif unique d’accroissement de la rentabilité du capital par une ponction sur la rémunération du travail, les pensions de retraite étant bien évidemment partie intégrante de celle-ci.

Balladur avait pleinement réussi sa réforme. En portant dans le privé, pour le calcul des pensions, le nombre d’annuités de salaire de dix à vingt-cinq, il est parvenu à une baisse moyenne de celles-ci de l’ordre de 20 %... Alors que l’arrivée sur le marché du travail est de plus en plus tardif, que les périodes de perte d’emploi sont de plus en plus fréquentes et plus longues, le report à 62 ans aura un effet mécanique de baisse des pensions comparable. C’est sur une même orientation que Fillon conduisit sa réforme de 2003 en augmentant la durée de cotisation servant de référence pour percevoir une retraite à taux plein.

Reporter le plus tardivement possible l’âge de départ à la retraite et obliger à cotiser sur une plus longue période, sont en complète dissonance avec la réalité. En effet la durée effective d’activité professionnelle sera plus réduite pour de nombreux Français si le chômage de masse n’est pas résorbé. Nos comptes sociaux ne seront pas à l’équilibre en 2018, comme l’affirme Éric Woerth. D’autres attaques seront donc portées contre la retraite par répartition. Un seul résultat est attendu, le montant des retraites versés ira en diminuant. Tel est la finalité des réformes Balladur, Fillon, Sarkozy. Il restera à ceux dont les revenus le permettront d’obtenir une rente financière par des organismes complémentaires par capitalisation.

Au final, l’objectif est d’aboutir à un transfert du régime par répartition vers un régime par capitalisation. La France aura ses fonds de pension avec ses avantages fiscaux pour les plus favorisés ! Les réformes Balladur et Fillon ont mis en place ces systèmes. Ils s’appellent PERP et PERCO. Les versements dans un PERP sont déductibles du revenu imposable. Dans le PERCO les sommes versées par le salarié et provenant de l’intéressement ne sont pas imposables. L’idéologie ultra-libérale est à l’œuvre. Changeons de paradigme, ce ne sont pas les profits qu’il faut défendre mes mettons la rémunération du travail et la création d’emplois au centre de la problématique des retraites.

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