Rendre les Français à la France…

Vendredi 8 juillet 2011, par Karim Ouchikh // La France

Les bateleurs ne manqueront pas de se bousculer à l’approche du printemps 2012.

Déjà, ne se marchent-ils pas sur les pieds ? Grandes envolées, trémolos, grands écarts, torses bombées, coups de menton…

Vous aurez droit à « Tout » et la France à « Rien » ! De promesses en mensonges.

Ne pourrait-on pas prendre une autre voie ?

Notre ami Karim Ouchikh, vice-président du Rassemblement pour l’Indépendance de la France, appelle à une politique de rupture pour la France : quatre points non négociables !

Trois projets louables que nous sommes nombreux à partager…

De la « souveraineté ; du « rayonnement » de la France ; de l’ « autorité » de l’Etat.

Pour le quatrième ? Du « Peuple français, seul détenteur légitime de la souveraineté nationale »…

Nous sommes un peu, beaucoup, comme Joseph de Maistre qui précisait : « J’ai vu, dans ma vie, des Français, des Italiens, des Russes, etc. ; je sais même, grâces à Montesquieu, qu’on peut être Persan : mais quant à l’homme, je déclare ne l’avoir rencontré de ma vie ; s’il existe, c’est bien à mon insu. »

N’en est-il pas de même du « Peuple » ? Dès l’instant où l’on oublie que le « corps » vivant de la France est constitué de familles, de métiers…

Mais gardons nos fortes différences pour un proche avenir. Différences de « taille » !

Souveraineté, autorité de l’Etat (régalien…), rayonnement de la France… Quelle politique de rupture pour la France ?

Allégorie de la France sous la figure de Minerve (la Sagesse) qui foule aux pieds l’Ignorance et couronne la Vertu guerrière par Sebastiano Ricci

PRESIDENTIELLLES 2012

LES QUATRE POINTS NON NEGOCIABLES D’UNE POLITIQUE DE RUPTURE POUR LA FRANCE

Crise de sens, perte du sentiment d’appartenance collective, incapacité de se projeter dans l’avenir, délitement du principe du bien commun : en proie depuis bien longtemps à une insondable impuissance, la France est frappée de tous ces maux à la fois. Dès lors, à quelques mois des élections présidentielles, une seule question hante les esprits : parmi ceux qui seront demain en lice, quel candidat sera assez inspiré et suffisamment déterminé pour proposer sincèrement à nos compatriotes le cap nouveau qui redonnera à la France un rayonnement et une puissance aujourd’hui en berne ? Autrement dit, qui osera, devant pareil défi, rompre avec quarante ans d’une pratique politique délétère qui a mené notre pays, sous la férule des oligarchies de droite comme de gauche, dans une impasse à ce point épouvantable qu’elle risque de lui être fatale ?

Sous peu, de nombreux programmes politiques, qui se voudront pareillement frappés du sceau de l’ambition pour la France, vont être soumis à l’examen critique de nos compatriotes avant que, finalement, les Français n’en arbitrent le contenu dans les urnes. A l’aune du seul objectif qui vaille en définitive, celui des intérêts vitaux de la France, nos compatriotes vont donc devoir passer ces projets électoraux au crible d’un jugement intransigeant dont les ressorts reposeront au fond sur quatre propositions non négociables.

Le droit européen prime désormais sur la Constitution française
(Extraits d’un article de Hervé Gattegno et Christophe Jakubyszyn paru dans l’édition du 17 juin 2004, Le Monde

Dans une décision rendue publique mardi 15 juin 2004, le Conseil Constitutionnel indique qu’il s’interdit de censurer une loi qui ne ferait que transposer une directive communautaire en droit interne. L’annonce de la décision a été différée par crainte d’interférer avec le scrutin du 13 juin.

Le Conseil constitutionnel a franchi une étape essentielle dans la reconnaissance de la supériorité du droit communautaire sur le droit national. A la faveur d’une décision rendue le 10 juin au sujet de la loi sur l’économie numérique et la diffusion d’informations sur Internet - adoptée le 13 mai par le Parlement -, les neuf juges constitutionnels ont inscrit pour la première fois dans leur jurisprudence leur incapacité à statuer sur la compatibilité d’une directive européenne avec la Constitution française.
http://www.jurispolis.com/dt/mat/dr_fr_infl_ue.htm

Restaurer la souveraineté de la France, sans laquelle aucune politique authentique n’est possible

Aucun pays ne peut aspirer à conserver sa liberté politique, ni mener quelque politique nationale que ce soit, s’il ne dispose préalablement des instruments juridiques de son indépendance d’action. Entravées de toutes parts par des appartenances castratrices à de nombreuses institutions internationales ou par des engagements contraignants contractés en vertu d’accords multilatéraux, à l’exemple de l’Union européenne, de la zone Euro ou de l’OTAN, la France n’en finit plus de se perdre dans un entrelacs rigide d’obligations internationales qui la dépouillent implacablement de sa souveraineté normative, économique, monétaire ou militaire, pour le plus grand bonheur de puissances qui lui sont depuis toujours hostiles.

Sans plus tarder, la France doit donc restaurer son indépendance militaire, en s’extirpant du commandement militaire de l’OTAN et reconsidérer, si possible avec d’autres, sa politique européenne pour regagner pareillement ses marges de manœuvres perdues, en quittant sans regret la zone Euro, si stérilisante, puis en dénonçant un traité de Lisbonne à coup sûr irréformable : ces initiatives salutaires autoriseront notre pays, dès cet instant, à proposer à nos partenaires des institutions européennes rénovées conçues suivant un mode confédéral qui a si bien fait ses preuves jusqu’à présent (programmes Ariane, Airbus, CERN….). Les engagements internationaux qui imposent à notre pays des subordinations indésirables devront être tous remis à plat, puis soigneusement renégociés. De manière générale, à la logique multilatérale, qui préside depuis trop longtemps à la conduite boiteuse des affaires de la France, notre pays devra désormais y substituer partout une logique de coopérations interétatiques qui seule lui permettra de conserver la maîtrise plénière de son destin, en prenant soin à chaque instant de ne pas se lier inconsidérément par des engagements futurs dont elle n’aurait pas mesuré préalablement l’exacte portée contraignante.

Les instruments pratiques de sa souveraineté, la France doit très vite les restaurer, en renouant d’abord avec une politique étrangère ambitieuse et indépendante, conforme à ses intérêts historiques, ce qui suppose notamment, à l’échelle européenne, de réévaluer la légitimité de notre piètre partenariat avec l’Allemagne et de réorienter radicalement la diplomatie de notre pays vers une alliance stratégique avec la Russie et la constitution d’une Union méditerranéenne enfin débarrassée de son corset bruxellois. De la même façon qu’il lui faudra reconstituer un réseau diplomatique, aujourd’hui en déshérence, pour honorer sa volonté légitime d’accroître son influence et sa puissance internationales, la France doit, au plan militaire, refonder les ambitions de ses forces armées, en renforçant considérablement ses moyens opérationnels et ses capacités de projection, notamment en se dotant sans délai d’un deuxième porte-avions.

Affirmer partout la singularité française et défendre obstinément le rayonnement de la France

Alors que son modèle de société, à nul autre pareil, et que les traits de sa civilisation insigne sont également admirés hors de nos frontières, la France semble aujourd’hui désemparée, comme incapable d’honorer et de transmettre son inestimable héritage multiséculaire. Ce legs de l’Histoire, la France parviendra à lui donner un sens explicite auprès de toutes les couches de sa population dès lors que nos pouvoirs publics auront maîtrisé effectivement les dérives actuelles du peuplement de notre pays, notamment en mettant un terme définitif à une immigration incontrôlée qui, culturellement, défigure profondément les caractères homogènes de sa population.

Si elle veut défendre et faire partager son modèle de civilisation, la France ne fera pas l’économie d’un examen de conscience qui la conduira à discerner et assumer politiquement les traits intrinsèques de son identité. Chacun devra reconnaître ainsi que le modèle singulier de notre pays repose sur quelques caractères intangibles, toujours vivaces, que nul ne saurait lui discuter : un héritage historique indivis qui comporte une dimension chrétienne prééminente que les rigueurs du principe de laïcité ne sauraient en rien tempérer ; l’unité sourcilleuse d’un territoire dont la cohérence géographique se conjugue à la diversité de ses terroirs ; le poids déterminant d’un Etat puissant qui assume pleinement sa fonction régulatrice ; un style de vie qui porte l’empreinte d’une culture élevée et d’un brillant art de vivre ; un état d’esprit qui se signale, en toutes choses, par le sens de la mesure, le souci de l’équilibre et des justes proportions.

A un moment où les fondements traditionnels de la société française demeurent profondément minés par les replis communautaires de toute espèce, autant que par la fascination hypnotique que le modèle anglo-saxon dominant ne cesse d’exercer largement sur les esprits, chacun doit donc consentir à honorer partout ce socle identitaire autour duquel notre roman national est appelé, encore et toujours, à s’écrire authentiquement : en d’autres termes, la France doit affirmer sans atermoiement son refus catégorique d’entrer insensiblement dans une société multiculturelle dont le développement incontrôlé ne pourrait que menacer définitivement les marqueurs traditionnels de son identité profonde.

Si l’un des objectifs majeurs de la France est de rester fidèle au génie de sa civilisation, il lui appartiendra d’ordonner également à ce noble dessein ses politiques intérieures en matière culturelle et dans le domaine de l’enseignement et de promouvoir pareillement, hors de ses frontières, la langue française en forgeant une puissante politique de la francophonie.

Confrontée aux risques environnementaux, dont les menaces se mesurent désormais à l’échelle planétaire, la France est appelée enfin à renouveler son modèle de civilisation en plaçant l’écologie au cœur de politiques publiques qui seront dominées par quelques principes simples : une politique énergétique qui garantira à long terme la sécurité des approvisionnements de la France, grâce aux atouts de sa filière nucléaire ; une politique de développement économique respectueuse de notre environnement naturel qui prendra en compte la raréfaction des ressources énergétiques ; une agriculture sobre qui sera attentive aux impératifs de protection de la nature et de la santé publique ; un aménagement harmonieux du territoire qui s’opposera à toute extension urbaine et veillera à ne pas défigurer les paysages.

Rétablir l’autorité de l’Etat, sans le respect de laquelle le bien commun ne peut se réaliser

Trop souvent, nos compatriotes s’entendent dire, à l’heure de la mondialisation heureuse, que l’utilité des nations serait à ce point dépassée que la France serait bien inspirée, tôt ou tard, à se fondre dans un vaste ensemble continental européen pour mieux affronter les défis de la compétition internationale : suivant cette antienne, l’Etat et son appareil administratif forcément tentaculaire seraient ainsi devenus totalement obsolètes. Dans le même temps, à l’intérieur de nos frontières, chacun déplore l’impuissance des pouvoirs publics de notre pays à faire respecter partout l’autorité de l’Etat, tant il est vrai que nos institutions demeurent plus que jamais à la merci des féodalités de toutes sortes, médiatiques, syndicales, régionales, communautaires aussi bien qu’idéologiques.

Qu’on le veuille ou non, l’Etat doit donc se libérer de l’emprise durable de ces funestes citadelles et redevenir le garant impartial du bon fonctionnement des institutions qu’il n’aurait jamais dû cesser d’incarner. Clé de voûte des institutions, le président de la République doit ainsi disposer de la durée et bénéficier du crédit attaché naturellement à sa fonction éminente : le rétablissement du septennat renouvelable et le retour à une stricte pratique des institutions de la Vème République donneront au chef de l’Etat la stabilité, l’autorité et la dignité que requièrent les devoirs de sa charge. Aux côtés d’un Parlement dont la fonction législative doit être libérée de la tutelle des partis, l’institution judiciaire doit être dotée des moyens financiers qui la sortiront de son dénuement matériel actuel. La composition du Conseil constitutionnel devra être revue afin de garantir aux décisions de la cour suprême de notre pays l’impartialité et l’indépendance que ne lui assure que peu la participation en son sein de personnalités marquées politiquement. Enfin, la primauté du droit français sur tous autres droits, notamment européen, sera affirmée et défendue partout.

Plus qu’ailleurs, l’Etat occupe traditionnellement, depuis Colbert, une place centrale dans l’organisation de notre pays, aussi bien dans la régulation de l’économie que dans l’aménagement du territoire ou la mobilisation des intelligences. Ce rôle décisif doit être confirmé et amplifié en maints domaines : parce que l’Etat doit disposer des outils prospectifs de son ambition stratégique, la DATAR et la politique du Plan seront rétablis ; la réforme des collectivités locales sera révisée pour conforter, avec la commune et le département, les échelons territoriaux auxquels les Français demeurent attachés ; l’institution scolaire, les Universités et la Recherche seront mobilisés et mis au service d’une vision à long terme du développement du pays ; les services publics qui participent du modèle français, en luttant si bien contre la désertification des territoires, seront préservés pied à pied ; contre tous les fatalismes, une politique industrielle volontariste sera conçue dans le dessein de promouvoir les secteurs économiques d’avenir ; les entreprises stratégiques et les filières d’excellence (nucléaire ; industrie militaire ; aéronautique ; TGV…) seront sécurisés contre les atteintes prédatrices de toute sorte et soutenues massivement dans leur politique d’expansion économique, tandis que la nationalisation des banques de dépôt garantira aux particuliers et aux entreprises un accès facilité au crédit ; un protectionnisme clairvoyant sera instauré, si possible à l’échelle européenne, afin de protéger les entreprises françaises des excès d’un libre-échange qui a trouvé, à l’intérieur des frontières de l’Union européenne, son expression la plus aboutie ; enfin, pour ne plus avoir à subir l’obligation d’emprunter à des taux prohibitifs sur les marchés financiers et auprès des banques privées, l’Etat et les collectivités territoriales seront autorisés à souscrire des crédits auprès de la Banque de France.
   
Redonner la voix au Peuple français, seul détenteur légitime de la souveraineté nationale

A bien des égards, la démocratie n’est qu’apparente en France depuis que ses oligarchies ont confisqué au peuple français les moyens de son expression et, de ce point de vue, les Français ne se souviennent que trop bien du mépris que Nicolas Sarkozy avait réservé au Non qu’ils avaient massivement exprimé lors du référendum du 29 mai 2005, lorsque l’actuel chef de l’Etat avait fait honteusement ratifier le 14 février 2008 par la voie parlementaire, avec le traité de Lisbonne, un texte dont le contenu semblable avait été pourtant clairement désavoué trois ans plus tôt par nos compatriotes.

A l’évidence, le Peuple français ne dispose en rien du droit de s’exprimer librement sur les questions qu’il juge capitales pour son avenir et ce n’est pas l’illusoire référendum d’initiative populaire, instauré en 2010 dans des conditions de mise en œuvre aussi peu praticables, qui démentira le bien-fondé de ce triste constat. A l’exemple de la Suisse ou des Etats-Unis, la France doit donc instaurer dans notre paysage juridique, sur tout sujet qui ne mettrait pas en cause les intérêts supérieurs de la Nation, la pratique salutaire du référendum d’initiative populaire qui lui permettrait enfin d’adopter, avec un seuil de déclenchement raisonnable de 500.000 signatures au plus, un projet qui ne recueillerait pas l’assentiment de la représentation nationale ou de rejeter celui que son personnel parlementaire se proposerait de voter au forceps sans se soucier de l’assentiment populaire. Au surplus, si le référendum d’initiative populaire était étendu à l’échelle communale, départementale ou régionale, la démocratie directe y gagnerait assurément.

Redonner sa voix au Peuple français, c’est aussi accorder à nos concitoyens le droit d’exprimer, lors des scrutins électoraux, un choix qui serait pris en considération sans distinction, y compris si celui-ci se manifeste, lors du décompte des suffrages, par un vote blanc. Dans le même ordre d’idées, l’introduction d’une part de représentation proportionnelle dans les assemblées parlementaires ne peut que garantir l’expression équitable de l’ensemble des formations politiques, surtout pour celles qui sont victimes quotidiennement d’un ostracisme médiatique.

N’en déplaise enfin à nos oligarques, le Peuple français veut pouvoir faire entendre sa voix, partout et à chaque instant. Or, depuis une quinzaine d’années, nos compatriotes dressent le même constat accablant : la liberté d’expression est devenue aujourd’hui en France un vaste champ de ruines. Une censure grandissante étouffe insidieusement le débat public et la libre manifestation des opinions individuelles. Si, d’ordinaire, la protection de l’ordre public ou des personnes vulnérables, le respect des droits des tiers et l’interdiction de promouvoir les crimes et les délits constituent en ce domaine des limites en tous points légitimes, des entorses à la liberté de chacun d’exprimer ses opinions sans entraves se multiplient que trop depuis une quinzaine d’années, à la faveur de lois précipitamment adoptées et dont le caractère liberticide fait peser une indiscutable menace sur l’intégrité de cette liberté fondamentale. Ces restrictions abusives en matière de liberté d’expression, la France doit s’en libérer, fut-ce partiellement, en prenant au moins trois mesures immédiates : remise à plat des lois mémorielles avec pour objectif de les abroger en tout ou partie ; suppression de tout organisme administratif assurant sournoisement la police de la pensée, à l’exemple de la défunte HALDE ; impossibilité pour les associations de lutte contre les discriminations d’agir en justice pour autrui, le droit d’exercer des poursuites judiciaires devant être réservé au bénéfice des seules victimes directes. C’est à ce prix que les Français recouvreront progressivement la capacité d’exprimer davantage leurs opinions.

Avec le sens de la mesure qui a toujours été le sien, la France doit maîtriser son destin contre tous les renoncements, en conduisant résolument une politique qui reposerait sur quelques orientations fondamentales : restaurer la souveraineté de la France, sans laquelle aucune politique authentique n’est possible et affirmer partout la singularité française en défendant obstinément le rayonnement de notre pays ; rétablir l’autorité de l’Etat, qui incarne le bien commun et redonner la voix au Peuple français, seul détenteur légitime de la souveraineté nationale. A l’approche d’un scrutin présidentiel qui, sur le registre des idées, s’annonce des plus disputés, les Français ne peuvent, à coup sûr, que se rallier majoritairement à ce programme de salut pour la France, ce pourquoi logiquement celui-ci ne peut être en rien négociable.

Karim Ouchikh
Vice-Président du R.I.F.

 

 

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