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RÉVOLUTION ARABE : Ingouvernable Egypte.

Mercredi 14 décembre 2011 // Le Monde

2012 devrait encore être une année blanche pour la première puissance du monde arabe. Aucun gouvernement assuré ne semble en vue avec la reprise du mouvement du 25 janvier (2011) sur la place Tahrir au Caire.

Depuis la chute de Moubarak, le Conseil Suprême des Forces Armées (CSFA) avait stabilisé la situation, ce qui satisfaisait le protecteur américain, inquiet des dérives, mais les militaires se sont révélés incapables de réaliser l’ouverture attendue. Un pas en avant, deux pas en arrière : un référendum constitutionnel, mais ultérieurement assorti de « directives » supposées encadrer les réformes ; une assemblée mais pas tout de suite constituante, comme si l’on ne savait pas que des « états généraux » ne pouvaient s’ériger ipso facto en assemblée constituante ,des élections législatives devant commencer le 28 novembre mais s’étaler sur trois mois, une élection présidentielle promise mais reportée à l’issue du processus ; cent jours de transition devenus six mois et bientôt deux ans.

Derrière ces valses-hésitations, une négociation permanente du CSFA avec les forces politiques en vue d’un accord préservant le rôle dirigeant de l’armée, mais qui à chaque fois échoue : tant avec les Frères musulmans qu’avec les forces laïques ; une manipulation par le même CSFA des tensions internes (avec les coptes) et externes (avec Israël et les Palestiniens) comme une façon de demeurer au coeur du débat, l’élément indispensable de la stabilité du pays, le partenaire incontournable de la puissance américaine, qui assure le budget de la Défense.

Face à l’armée, y a-t-il quelqu’un qui sache ce qu’il veut ou plutôt ce qu’il doit faire demain ? Les-Frères musulmans sont supposés constituer la force la plus cohérente. Mais dans le but de protéger l’organisation des élections qu’ils sont censés gagner haut la main, ils ont relancé le mouvement contre l’armée, qu’ils voulaient avertir de ne pas interférer dans le scrutin, et ce faisant ils ont rouvert les portes de la contestation multiforme de forces démocratiques et de jeunesse qui, politiquement minoritaires, voyaient leur « révolution » leur échapper et ne savaient plus comment se remobiliser. Mais ces derniers, depuis janvier, n’ont pas réussi à donner à leur mouvement une traduction politique. Plus faibles aux législatives, car moins implantés dans les campagnes, ils privilégient les présidentielles qui, pensent-ils avec raison, feraient advenir une personnalité civile, séculière, de renom international, tels l’ancien directeur de l’Agence- atomique, El Baradei, mais bien éloigné des réalités, ou de préférence l’ancien secrétaire général de la Ligue Arabe Amr Moussa. Or en même temps, dans le cadre d’une constitution destinée à faire échec à la dictature ou l’autoritarisme, ses pouvoirs devraient logiquement être rognés. Face à l’armée et aux Frères, il serait néanmoins souhaitable qu’il dispose de larges pouvoirs d’arbitrage.

Bref, il n’y a pas de pilote dans l’avion égyptien. Il est trop tard pour le maréchal Tantaoui ou d’autres hiérarques militaires. Il est trop tôt pour la nouvelle génération Internet. Chacun sent que l’Egypte ne se portera pas bien d’une vague d’islamisation, plusieurs dirigeants des Frères en sont eux-mêmes conscients qui multiplient les assurances et les alliances. Mon tout s’appelle société bloquée, immobilisme, paralysie. Pendant ce temps, l’Egypte éternelle manque au Maghreb, au Moyen-Orient, à l’Afrique et au monde, au moment où elle serait le plus nécessaire dans les crises environnantes.

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